07 octobre 2009
Charles Juliet a dit (entre autres...;-))
Je lis pour le moment L'autre Faim, journal V de Charles Juliet (1989-1992)
Je tombe ce soir sur ces mots.. qui me touchent beaucoup...
Parce que c'est un peu moi ça...
"Il y a toujours eu au fond de moi une part farouche qui se raidissait, refusait d'obéir, de se soumettre, de se laisser dominer. Mes colères, mes révoltes, mes indignations n'explosaient pas. Elles restaient enfouies, entretenaient ce ferment qui m'imposait de me tenir sur mes gardes.
[...] le certain, c'est qu'au cours de ces années, j'ai toujours veillé à ce que mon noyau dur demeure inentamé. (c'est moi qui souligne)
Être encore un rebelle à ce jour, c'est peut-être maintenir un état de vigilance face aux forces de dépersonnalisation de l'époque (idem) Éviter qu'elles ne vous fassent déraper, ne vous tirent hors de votre voie, ne vous conduisent à trahir le meilleur de vous-même" édit. P.O.L p.87
Commentaires
Matinou
Oui c'est trop mignon ça...
J'ai rencontré Charles Juliet lors de la rencontre annuelle de l'APA (j'en ai parlé ici... été 2006)
Nous avions eu l'occasion de voir son livre "Lambeaux" adapté pour le théâtre...
C'était fabuleux
Et CH. Juliet nous a raconté un peu de son étrange histoire
Si tu cliques sur le lien des Causeuses (à droite) tu verras qu'on y parle beaucoup de cet auteur...que Marie-Thé et les autres causeuses aiment particulièrement...découverte
par cette heure d'insomnie, découverte de ma couette, je vous découvre.De lourdeur, mes yeux sont tombés sur votre première page, comme des billes mal accrochées en leur orbite.
Ils ont roulé sur vos phrases et c'en fut fini de mon demi-sommeil. Réveillée, je vous dis au-revoir et à bientôt!@hortensia... bienvenue chez Coumarine
Avec plus de temps j'irai à la rencontre de votre blog...
Au revoir donc...
@mab...ah? tu trouves cette peinture terrifiante? Ce n'est pas mon impression. En fait je viens de découvrir ce peintre d'origine néerlandaise, sur lequel Charles Juliet a écrit un petit livre dont il parle dans le journal "L'autre faim"
J'ai été voir quelques unes de ses peintures, elles sont parfois tourmentées, en effet, mais surtout pleines de couleur...
@Annick... ben ça ne m'étonne pas, te connaissant un peu
Mais c'est surtout la phrase soulignée qui me parle: cette attention à ne pas se laisser atteindre dans "son noyau dur", authentique... C'est une lutte, en fait...les paroles que tu rapportes ici de Charles Juliet sont magnifiques, exigeantes
beaucoup de citations de cet auteur ont énormément de force, dans la recherche de la liberté d'être
son histoire personnelle est une très belle illustration, je trouve, de la possible résilience d'un être humain (bien expliquée dans les ouvrages de Boris Cyrulnik)@Oui Tisseuse, l'histoire de Juliet est un magnifique exemple de la possibilité de résilience telle qu'en parle Cyrulnik
Et comme toi,j'ai été scotchée par la force de cette peinture et d'autres toiles de ce peintre que je ne connaissais pas
C'est tout l'avantage du Net, de pouvoir découvrir rapidement un artiste (ou n'importe qui) qu'on ne connaissait pas...
Bonne journée à toifaut-il qu'un homme comme lui l'écrive pour que le commun des mortels prenne conscience qu'être soi-même soit naturel????
Selon que l'on place cette citation :" écrire, c'est exprimer cette part de soi qu'on découvre chez autrui, cette part d'autrui qu'on reconnaît en soi-même." il est incroyable de devoir pousser l'humain à oser dévoiler sa propre personnalité !Effectivement, il y'a les gestes de bienséance qui freine la spontanéité....Oser est bien souvent ce que je dis aux personnes qui me sont chères...Osez ! Bougez-vous ! peut-être parce qu'un jour, j'ai osé faire de grands pas....
Je pense que l'écriture permet de se réaliser d'autant plus qu'elle affronte notre moi profond....écrire c'est aussi OSER !
L'essence même de l'humain est de rester lui-même !
Je crois que si on désire véhiculer une image faussée de sa personne, c'est que le mal être s'est emparé de tout son....être ! faut-il se fondre dans un moule de ressemblances?
Prendre de la hauteur, du recul face à ce monde de consommation ne serait-il pas plus judicieux?Certes, il y'a en nous autant de facettes...mais c'est ce que l'on nomme la richesse de la personnalité !
Quand aux autres, si nous faussons le dialogue alors, c'est une descente aux enfers pour chacun des interlocuteurs ! UN dialogue de sourds...un dialogue de fous !
Autant ignorer ces personnalités artificielles....Comment respecter les autres si l'on n'est plus soi-même...Etre soi, c'est se respecter en tant qu'humain ! Beaucoup ont besoin de se remettre en question...
Oser être sincère et oser être soi : je crois que c'est la clé du bonheur de s'accepter telle qu'on est, de ne pas tricher. Se dire qu'on vous aime pour ce que vous êtes....et si on ne vous aime pas et bien...tant pis !
Je suis devenue philosophe peu à peu...
J'aime beaucoup ce qu'écrit Charles Juliet à propos d'artises qu'il a côtoyé. Je ne connaissais pas jusqu'ici son journal. Et je me retrouve tout à fait dans ce qu'il dit. Rester fidèle à moi même, garder mon noyau dur inentamé, état de vigilance... Cela m'amène souvent à adopter des positions en marge du courant "politiquement correct".
Merci aussi pour cette très belle peinture de Bram Van Velde, un peintre que j'aime beaucoup, à propos de qui Charles Juliet a publié un très beau petit recueil !
Belle soirée.@Claude... oui il a un parcours qui sort de l'ordinaire...
@Bernie... je relève particulièrement cette phrase avec laquelle je ne peux être que d'accord:
"Je pense que l'écriture permet de se réaliser d'autant plus qu'elle affronte notre moi profond....écrire c'est aussi OSER !"
@fabeli...contente que tu apprécies...il y a tant d'auteurs valables, vraiment valables ..profonds...!
@teb..j'aime beaucoup ton commentaire: tu résumes en peu de mots l'essentiel de l'idée développée ici@Amélie...bienvenue ici
Oui cet auteur vaut la peine d'être découvert
Je te conseille "Lambeaux" (en livre de poche) poignent petit récit autobiographique
@AH Naline... tu connais! c'est en lisant Juliet que je découvre son amitié pour ce peintre hors du commun... je suis restée scotchée devant ses toiles...
Et ce que Juliet dit de Bram peintre est exactement ce qui peut s'appliquer à l'écrivain Juliet.
Fascinant!
@Coucou Charlotte la poseuse de questions... mais il est tard, je remets tout ça à demain... bisesj'avoue que je ne connais pas Charles Juliet mais je vais remédier à cela car les phrases que tu as mis en exergue donnent envie d'aller plus loin. Je lis et relis souvent "le murmure des fantômes" de Boris Cyrulnik qui parle beaucoup de résilience, de quoi méditer...
Quant au tableau, je ne sais quoi penser, couleurs trop froides pour moi,
bisous CoumarineBonsoir Coumarine, je viens enfin visiter ton blog, dans lequel je découvre quelques passerelles de sensibilité et cela me réjouit. Ton précédent billet me parle, oui. Et Charles Juliet aussi, ce qu'il dit de ce pouvoir à s'insurger qui est en nous, qu'il convient de ne pas chasser trop vite. Je te mets dans mes liens, puisque c'est comme
ça !!!!J'aime énormément ce tableau, je le trouve à la fois très pur et très chargé émotionnellement parlant.
Quant à la citation, ce qui m'interpelle c'est "ne vous conduisent à trahir le meilleur de vous-même".
C'est une bien belle ligne de conduite, car se trahir c'est trahir les autres, et rien que cela me semble insupportable.
La trahison est à mes yeux une chose affreuse, et je trouve cette quête de rester en phase avec soi-même, quoi qu'il advienne, vraiment intéressante et juste.
Amicalement,être soi-même pour, envers les autres demande d'oser.
comme d'hab, je ne développe pas.
bisous
ps : je reviens d'une formation à Paris. Petite anecdote : en arrivant devant l'immeuble de la formation, une femme me montre du doigt et dit un peu fort, un peu violement peut-être : "mais c'est elle la femme de Dieu."
rebisous@Louloute, c'est très curieux...ce tableau, on l'aime ou on l'aime pas...
Oui rester en phase avec soi-même est une quête qui en vaut assurément la peine
@Brigitte..tu sembles connaitre cet écrivain?
@Claire...la femme de Dieu? CIEL!!!
)))
@Tilleul, je reviens dHurtebise en effet, et j'ai vu le grand tilleul aux couleurs de l'automne. J'ai pensé à toi, bien sûr...Beaucoup de choses
Bonsoir Coumarine, je suis revenue plusieurs fois sans trouver de nouveau billet, mais viens de découvrir ma négligence: ça fait trois jours que je ne suis passée par ton blog et de ce fait, je n'ai rien découvert! Mal m'en a pris. J'aime beaucoup Bram vanvelde que je trouve magnifiquement expressif. Je dois avouer que je ne connais Juliet que par l'intermédiaire d'une amie très chère qui m'en a parlé il y a des années. Elle a l'art de découvrir les talents, entre nous soit dit! Mais je n'ai rien lu de lui. encore un auteur qui manque à mon enrichissement. Que conseilles-tu comme première lecture?
"le noyau dur inentamé" entièrement d'accord, c'est notre travail quotidien.
Bonne soirée et à bientôt!@Delphine... je suis un peu à la bourre pour le moment: peu de temps pour écrire ici et encore moins pour aller visiter les blogamis...
Je te renvoie à ce billet écrit en juin 2006
Tu comprendras tout de suite vers quel livre de Juliet je t'oriente...
http://coumarine.canalblog.com/archives/2006/06/09/2055179.html#
NB:"Lambeaux" est publié en livre de poche...Ces phrases de Juliet renferment beaucoup de moi. Cette part farouche qui se raidit, qui refuse, qui se révolte, cette tension qui m'habite, j'aimerais parfois m'en débarrasser, mais qui serai-je alors ?
Et d'où vient-elle, cette rage ? Lorsque je suis venu au monde, le médecin a dit à ma mère n'avoir jamais vu de nouveau-né aussi roide et furieux.
Bien à toi, Coumarine.Tu m'as donné envie de lire Charles Juliet.
Il n'y a qu'un seul livre de cet auteur à la médiathèque que je fréquente : "Lambeaux".
Je l'ai lu ce week-end.. c'est dense. L'écriture est belle. L'histoire est douloureuse.
On peut faire des suggestions d'acquisition dans cette médiathèque. Je vais leur suggérer d'acheter d'autres oeuvres de lui.Juliet sans contre-indication ...
Je ne peux que vous inviter à aborder cette oeuvre qui comporte de nombreuses facettes et témoignent de la trajectoire d'un homme qui a su trouver les mots pour vivre et assumer ses choix. Il y a beaucoup à lire , les poèmes et les entretiens sont aussi percutants que les tomes du journal ( Il y en a un nouveau en instance de publication). La Cause des Causeuses est à votre disposition pour vous parler de cet écrivain et de cette écriture. Merci Coum. de m'en donner l'occasion !
http://charlesjulietsurcauseuses.blogspot.com/


23:58
- 
Bonsoir Coumarine , je vais te raconter une petite anecdote ... Il y a quelques temps déjà , tu avais déjà cité Charles Juliet dans un de tes billets et comme j'ai des manques en littérature , je ne connaissais pas cet auteur , alors bien sûr je bondis sur mon clavier et Oh surprise , j'apprends qu'il habite à Lyon et de surcroit dans mon quartier . Ni une , ni deux je fonce à la Fnac chercher un de ses livres . Je me perds dans leur classement ou plutôt je flemme de chercher et je m'empresse de demander à la conseillère en littérature , une grande jeune femme brune aux cheveux longs , aux lunettes de couleurs vives , où je pourrais trouver Charles Juliet ...... elle sourit , un de ces rictus canaille et me dit ... " Retournez vous , il est juste là derrière vous , il feuillète quelques livres ... " .......
Je t 'embrasse
Matinou