15 mai 2008
Femme de maintenant, de hier et de demain
J'ai envie de te dire... à toi et à toutes les femmes qui passent ici, et qui s'attardent un moment à lire deux ou trois petites paroles inutiles:
Je t'en prie, installe-toi, je te servirai un thé à la menthe, où une boisson fraîche, je t'installerai à l'ombre de la tonnelle, il fait chaud par chez moi.
Tu viendras dans mon jardin, je te montrerai mes arbres, qui te salueront de leur fière splendeur, bien plus grande que toutes les mesquineries et désolations du monde extérieur.
Je t'en prie, installe-toi, tu es ici chez toi.
Et quand tu te seras posée un moment, quand nous aurons respiré ensemble au rythme de la même symphonie, quand nous aurons été attentives aux battements de la vie dans nos poitrines...
Alors... nous parlerons entre femmes de choses de femmes.
J'ai besoin de temps en temps d'un vrai temps de femmes...
Pas un temps où l'on parle de balais ou autres formules de nettoyage, pas un temps où l'on s'échange les meilleures recettes de cuisine, pas même un temps où l'on parle de nos hommes et de nos enfants toujours si omniprésents dans nos vies.
Non!
Un vrai temps de femmes.
Un temps où l'on touche le cœur du cœur, le cœur de la vie, par les paroles échangées en vérité, sans peurs, sans excuses, sans faux fuyants, sans fuite, sans mesquineries, sans jalousie.
Un temps de paroles qui comptent vraiment, de ces paroles essentielles. De ces paroles qui nous rendent à notre fierté d'être des femmes.
Nous parlerons, et nos paroles partiront dans le vent rejoindre toutes les paroles fondamentales des femmes des tous les pays, de tous les temps..
Et nous saurons dans le plus profond de notre ventre que nous faisons partie de cet immense cortège des femmes de toujours et de partout. Des femmes qui transmettent la vie, la portent dans tous les coins de la sphère humaine... comme une flamme haute, qui se transmet à la vitesse de nos quêtes fondamentales...
Et quand nous aurons parlé, alors nous nous tairons ensemble, et ce silence sera plus dense encore que toutes les paroles qui auront circulé entre nous
Nous nous tairons ensemble, nous respirerons la même brassée de profonde quiétude
Puis, nous pourrons repartir vers nos hommes, nos enfants, nos maisons, nos travaux et nos jours... pacifiées et fortifiées...
13 mai 2008
Le printemps s'est trompé de saison
Cette semaine le temps s'est donné des allures d'été.
Le matin tôt, une fraicheur un peu naïve fait encore illusion. Elle ne permet pas de prévoir la chaleur qui peu à peu va s'écraser sur le sol, d'autant plus lourdement que de toutes parts, elle se heurte aux pierres, aux dallages, au béton, à l'asphalte, aux murs gris de la ville bruyante. Et vient s'abattre sur les terrasses chapeautées d'immenses parasols colorés... La fête jaillit de partout dans la ville pour un jour sans voitures. Ou presque.
Et c'est fou comme cela rend les gens débonnaires, quand ils circulent à vélo, à pied, en caisses à savon, en rollers, à trottinette. Marcher librement au milieu des rues, est-ce cela qui rend libres?
Par chez moi, le sol est encore de terre, et d'herbe, et la chaleur ondule et louvoie, elle serpente jusque tout en haut des arbres auxquels elle s'accroche, permettant de la sorte une libre circulation de vents légers et les petites danses frémissantes des feuilles traversées par le soleil.
Par chez moi, on peut encore respirer... il y a la forêt pas loin qui abrite l'ombre bienvenue.
Cette semaine le temps s'est donné des allures d'été.
Et j'ai regardé perplexe, la pleine floraison des lilas, et celle des pommiers, et tous les arbres fruitiers et les arbustes de printemps qui fleurissent en ce moment à cœur joie, à branches explosées de partout de cent mille éclats de fleurs...et j'ai soupçonné un combat singulier entre les deux saisons qui sans doute finira comme toujours, par des orages qui se prendront trop au sérieux...
Le printemps s'est trompé de saison...ou alors est-ce l'été qui n'a plus toute sa tête?

09 mai 2008
L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers
Demain, aux Editions Traces de vie, je présente officiellement ce roman autobiographique
Je dis officiellement, parce que ce livre est sorti officieusement depuis presque un mois, et que il a déjà été lu par certains d'entre vous...
En voici la quatrième de couverture:
Ceci est une histoire de femmes.
Trois femmes, trois destins qui se mêlent et s'entremêlent, dans un méli-mélo de récits d'autrefois, comme des échos assourdis qui de loin en loin se cherchent et s'opposent.
Trois femmes, trois destins qui se tricotent et se détricotent, imbroglio d'histoires du passé renaissant au présent, dans des étreintes essentielles appelées à durer.
Trois femmes qui se suivent à la queue leu leu...éternel cortège de la féminité. Car après elles, il y en a d'autres qui suivent et suivront encore, parce que c'est la loi de la vie, la loi des ventres féconds et des bras en berceau, et cela, à l'infini.
Ceci est une histoire de femmes.
Une histoire de vieux chagrins oubliés dans des photos sépia et des souvenirs inconsistants.
Ou presque.
Ceci est pourtant une histoire d'amour...
"J'ignore où se cache ma vérité, sans doute dans un tiroir oublié, ou peut-être plusieurs, oui c'est ça, beaucoup de tiroirs oubliés, d'armoires poussiéreuses, de greniers inquiétants, de caves fermées à double tour. Serrures têtues. Clés rouillées, corrodées, rongées, qui tournent rauque, qui tournent fou..."
Demain on m'a demandé de présenter mon livre autour d'un thème qui me passionne, et qui est exactement le thème que j'aurais choisi pour parler de ce livre: "Réalité, fiction et vérité"
Ce livre n'est ni fiction, ni reflet de la réalité... Il est exploration de MA vérité. Je reconstruis des pans de l'histoire de ces femmes (dont l'enfant "Elle" c'est à dire la petite Nicole) dans une recherche libératrice qui est MA vérité, celle qui me constitue...Et j'y vais parfois par des chemins buissonniers, dont mes frères (par exemple) pourront à juste titre me dire que j'ai affabulé, inventé, que tout est sorti de mon imagination...
J'ai beaucoup aimé écrire ce livre... parfois avec des larmes dans les yeux, car il touchait des cordes profondément sensibilisées en moi. Je l'ai écrit avec tout mon cœur...l'écriture en est assez différente de celle de Tout d'un blog (plus classique). Ici je me donne des libertés littéraires, j'ai plongé dans une écriture créative, parfois avec une certaine audace...
Je suis fière et heureuse de vous présenter L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers
Armel Job en a fait une préface tout en sensibilisé et en humanité
Je voudrais ici le remercier publiquement
C'est lui qui le premier m'a reconnu un certain talent d'écriture. Il était le président du jury de la Fureur de Lire 2003 dont je fus une des lauréates avec ma nouvelle "Cuisine intérieure"
Si vous voulez la lire, elle se trouve en ligne ici
Je suis donc arrivée très tard à l'écriture, puisque j'ai fait le choix de me consacrer à mes 5 enfants
Mais comme disait l'autre, il n'est jamais trop tard pour bien faire...et mon "bien faire" d'aujourd'hui est d'écrire...
07 mai 2008
Un condensé de doutes et de puissance
Je suis je crois, un condensé de doutes et de puissance......
Fragile parfois à l'extrême, je me surprends à frémir d'une inflexion de voix, d'un froncement de sourcil, de deux mots que j'espérais et qui ne sont pas prononcés, d'un mail attendu et non reçu, ou pas comme je l'espérais...(m'enfin...il ou elle m'oublie ou quoi? C'est quoi ce truc?)
"Puissante" cependant, et parfois à l'extrême, parce que quoi qu'il arrive, je continue mon chemin, avec assez de courage pour traverser les obstacles, et franchir les passages nuageux, les sentiers assombris. (et les ubacs...fallait absolument que je replace ce mot, les adrets, ce sera pour le prochain billet! )
"Puissante" car j'aime au fond les défis que me lance la Vie, même s'ils font mal, même s'ils me laissent parfois un peu essoufflée (pfffffff) ou sonnée au bord du chemin. (repffffffffff). J'ai dans ma poche des mouchoirs solides (un instant, je me mouche) pour essuyer mes larmes, j'ai des ami(e)s qui m'aiment vraiment pour m'aider à voir clair, à aller de l'avant. (merci toi...et toi...et toi...!)
Je suis je crois, un condensé de doutes et de puissance...
Un condensé de doutes quand je reste parfois des heures à hésiter devant mon clavier avec les mots qui cognent dans la tête, mais les doigts paralysés, incapables de m'y mettre, de taper le premier mot qui enclencherait la délivrance, comme la rupture de la poche des eaux provoque le travail de la naissance.
Doutes quant au thème du livre qui couve en secret dans ma tête et mon coeur. J'ai commencé, les premiers mots me sont venus facilement, dans un enthousiasme un peu euphorique, mais depuis deux jours, c'est le silence, le doute, les interrogations angoissées, les remises en cause incessantes...
Je retrouve les doutes si noirs que j'ai connus plus d'une fois l'année dernière quand j'ai mené de front l'écriture de deux livres, fort différents de ton et de thème. Tout d'un blog (voir ci-contre)...et le suivant dont il est plus que temps que je vous parle. Ce sera pour demain! (zêtes curieux? moi aussi! )
Et toujours je m'en suis sortie... c'est pour cela que je crois que je suis "puissante", (mince, faut le dire, hein!) j'ai confiance en moi, en mes possibilités, je sais que j'y arriverai, que les moments de doute sont des passages obligés, qui produisent, quand ils sont dépassés, un regain de force et de fécondité. Tant pis si on me trouve présomptueuse, je préfère rester dans un sillage de pensées positives (vantardes) que de sombrer dans un découragement dévastateur. (na! voilà!)
Et pourtant...
Je suis pour le moment dans une période de doutes, incapable d'aligner deux mots cohérents, de ces mots qui, quand ils sont écrits, me donnent une satisfaction profonde, l'impression d'avoir écrit "juste", d'avoir écrit vrai...
J'essaie de ne pas m'en faire, parce que je sais que c'est un prix à payer, l'écriture chez moi est douloureuse (aie ouille) à me demander si je ne suis pas masochiste, et si je n'aurais pas intérêt à cesser le plus vite possible ce pensum insupportable!
Mais ne plus écrire est tout aussi douloureux... alors, je fais quoi?
Vous inquiétez pas, je connais la réponse...
04 mai 2008
Elle est pas belle la vie?
Avec un ami, je suis allée rire cet après-midi...(ben oui! )
En plein centre de la ville, en plein soleil... (faut le faire...)
C'était la journée des clubs de rire, clubs qui se propagent un peu partout...comme quoi...!
Bon c'est vrai que avant tout, on voulait faire des photos, capter des moments de foule, ou de personnes dans cette foule, des attitudes, des gestes...
Mais on s'est très vite pris au jeu: rire ça fait du bien! et puis c'est contagieux!
Et voir une petite foule rassemblée sur la place de la Monnaie à Bruxelles se mettre à rire de bon cœur suite aux mini scénarios proposés par les animateurs...ça devient irrésistible
On ne rit pas assez paraît-il. Il est vrai que il n'y a pas beaucoup de raisons de rire...
Mais bon...
Il paraît que rire n'apporte que des bénéfices... physiques et moraux.
Ce que j'ai aimé, c'est que les animateurs ne nous entrainaient pas dans des "rires" artificiels (genre, bruits de gorge forcés)... Non! Ils mimaient des mini histoires, qui invariablement nous amenaient au rire, quand il fallait les reproduire...
Exactement comme on peut rire comme des fous dans une réunion d'amis, où on rit de tout et de rien...
Allez un exemple: le rire du camembert oublié dans le frigo...le rire du pingouin qui rencontre sa pingouine, le rire des crèpes...le rire de la fenêtre qui s'est bloquée...
Vous voyez...des trucs TRES malins, super intello...! (oups)
Flamands et Francophones, on a ri ensemble..or vous savez combien le sujet communautaire est plus que brûlant en Belgique en ce moment...
Et ça aussi c'était bon...
Mais je vais vous dire: rire, c'est fatigant!
J'ai marché beaucoup au petit matin quand la forêt est encore déserte
Et cet AP, j'ai ri de bon cœur...tout en faisant des photos...


02 mai 2008
Quand l'essentiel s'écrit tout au bas de la page
Il y a des mails (et des lettres mais elles deviennent rares les vraies lettres...) avares de mots, rapides, efficaces, qui vont à l'essentiel, surtout ne pas perdre de temps en petits mots inutiles. Et hop! On passe au mail suivant... Il y en a cinquante qui attendent...
Il y a des mails (et des lettres mais elles deviennent rares les vraies lettres...) qui prennent le temps de prendre leur temps. Qui écrivent de vraies paroles, des paroles nourrissantes pour celui qui les reçoit, tout comme pour celui qui les écrit. Des mails (et des lettres..) qui disent, qui racontent, qui donnent un bout de soi, qui n'ont pas peur des mots, qui font du bien...voilà c'est dit! Qui font du bien à écrire, et à recevoir...
Il arrive parfois que tout au bout du bout de ces mails (et de ces lettres..) il y ait tout-à-coup un petit PS, un truc de dernière minute, un petit truc de rien du tout, que l'auteur du mail (ou de la lettre) s'avise soudain de rajouter, comme ça, un peu vite vite...comme s'il avait presque oublié d'en parler...
Et souvent, avez-vous remarqué? dans ce PS se trouve quelque chose de capital, une information importante, parfois même très importante, auquel le mail tout entier aura mené l'air de rien...

Alors bien sûr il s'agit de ne pas louper ça! D'être attentif. De ne pas se laisser distraire par les apparences: un petit PS en bout de mail (ou de lettre) il arrive qu'on n'y fasse pas vraiment attention, qu'on le lise vite, sans réaliser que là, se trouve quelque chose d'essentiel, peut-être le plus essentiel, le truc que l'auteur du message avait absolument envie de communiquer.
Cela m'est arrivé encore il y a deux ou trois jours: un mail d'une personne qui me donne de ses nouvelles, un mail détaillé et intéressant, un mail qui me fait chaud au cœur...
Puis la signature.
Puis ...comme perdu là tout en bas...un PS: ah ! au fait...et là l'information donnée comme en catimini qui pour moi est la plus importante du mail...
Je donne toujours une attention particulière aux PS des messages que je reçois...toujours...
01 mai 2008
Ne pas oublier de s'envoler...
La plainte se resserre dans des aigus trop stridents
puis elle s'assagit, se tempère, s'aligne sur la gravité.
La porte de la cage s'est largement ouverte...
Les notes frissonnent, s'ébrouent,
poursuivent la danse disloquée
de tous ces gens hagards
qui se hâtent vers leur âme.
Plus vite. Plus vite...
On risque d'étouffer à s'attarder ainsi
dans les coins désertés de ce lieu menaçant
On risque de mourir à piétiner ainsi
l'ombre de son espérance égarée on ne sait où.
Ne pas oublier de s'envoler, le marquer en grand dans son agenda
Les notes se trompent de symphonie,
elles s'égarent dans les trous sans fond,
là où des araignées féroces déchirent
le ventre des femmes espérantes
d'un nouvel enfant à naître
T'ai-je dit que je t'aimais?
Les doigts s'obstinent à tricoter consciencieusement
un ouvrage symphonique de la première importance.
Et la patience s'est assise au premier rang
pour surveiller les travaux de fondation.
pour surveiller la naissance de l'âme...
J'ai caracolé ce soir au gré d'un clavecin, d'une flûte et d'un violoncelle...
Et ces quelques mots, je les ai notés fébrilement au fil de la musique
Je me suis laissée posséder par elle...
C'est tout...
.
29 avril 2008
Et maintenant, que vais-je faire...?
Je le dis et le redis, je veux sortir des marasmes et des détresses qui ont parfois été les miennes et me tourner résolument vers des chemins plus lumineux.
J'ai décidé d'opter pour les lignes de crête, les écumes des vagues, les canopées qui ondulent au soleil, et de délaisser les racines noueuses et les boues des chemins engorgés. Je veux sillonner l'adret de la montagne, en délaisser l'ubac. (beaux termes n'est-ce pas?)
Va-t-en savoir pourquoi, c'est juste que j'en suis là pour le moment.
Seulement voilà. Il y a un petit problème...
L'écriture qui est la mienne, a la plupart du temps, arpenté les
ubacs. Parfois rageusement. Bien souvent dure et intransigeante dans
sa dureté même, l'écriture qui est la mienne s'est souvent promenée dans des chemins de violence
froide, de sensibilité à fleur d'orage...
Mes textes primés et/ou
publiés ne sont pas tendres, ils rompent avec l'image que je donne
d'une personne souriante et gentille. Quelle violence dans tes mots
m'a-t-on déjà dit... comment est-ce possible?
Et bien, faut croire que c'est possible, puisque c'est comme ça que j'ai fonctionné jusqu'à maintenant. Et que j'aime écrire en définitive... cette écriture me permet d'expulser toute la fougue qui est en moi...
Mon deuxième livre qui va sortir officiellement le 10 mai (j'en parlerai bientôt) est de ce type: il explore l'humain dans son intensité souffrante, il gratte des plaies à vif, il émeut beaucoup paraît-il (dixit l'éditeur)
Et me voilà aujourd'hui au seuil d'une nouvelle aventure d'écriture. J'ai un projet, un objectif... il me faut juste commencer
MAIS...
Comme pour le moment je ne veux plus écrire "violent", j'ai l'impression que je perds mes mots, que je perds le TON et la couleur de mes mots...
Et se pose pour moi une question grave (et essentielle)
Peut-on vraiment être dans la vie une femme positive et aimante et écrire en plongeant à corps perdu dans les détresses et les chagrins, qui quelque part sont aussi les miens? Car il ne faut pas se leurrer, on écrit toujours au plus proche de soi...
Est-ce que je ne risque pas de replonger dans les marasmes et les chagrins que je refuse désormais?
Si je renonce à ma façon d'écrire (très différente de celle que j'adopte sur ce blog...) ne vais-y pas y perdre en qualité d'écriture?
Ma façon d'écrire n'est ni crue ni violente dans les mots...elle n'est pas choquante, elle ne cherche pas à l'être non plus...ce n'est pas à ce niveau que cela se passe
Cependant elle produit des chocs, c'est indéniable... elle est dense, incisive et souvent sombre, elle s'émeut et émeut...
Il faut que je me donne la permission d'écrire comme je le sens... c'est tout, mais ce n'est pas si simple...
27 avril 2008
De l'importance d'oublier où l'on s'est (é)garée...!
Il n'y a pas si longtemps, je me gare dans un immense parking souterrain. Je fais tranquillement mes courses et au moment de récupérer ma voiture...je réalise que j'ai oublié complètement où la bêbête se trouve...
Tout en parcourant le parking avec mes achats, pressée de rentrer because un petit besoin pressant...je me traite de tous les noms, tous plus colorés les uns que les autres, heureusement que personne ne pouvait m'entendre
Ça volait bas... la colère contre moi-même devait sortir par des mots pas piqués des vers
Bon d'accord, il y avait de quoi...rien de plus stupide que d'arpenter les rangées de voitures à la recherche de la sienne, ne pas la trouver, s'énerver...et de me crier dessus: plus c**** que ça tu meurs!
En m'entendant...soudain j'ai réalisé que je n'étais pas sympa avec moi, que jamais je ne traiterais quelqu'un d'autre de ces noms d'oiseaux...jamais. Je serais sans doute contrariée par la distraction de l'autre (surtout si j'ai un petit besoin pressant, pas oublier!) d'accord, mais je n'injurierais personne comme je m'en donnais à coeur rageur envers moi...
J'ai réalisé que ce n'était pas qu'une question de mots ponctuels sur un coup de colère contre moi mais que cela allait bien plus loin... jusqu'à rejoindre un manque de confiance en moi (rien que ça hoho!)
Alors j'ai pris une décision qui n'a l'air de rien, mais qui change pas mal l'air que je respire (en mieux of course)
J'ai décidé de ne plus jamais m'injurier, ni me maltraiter en paroles ou en action...!
Je refuse désormais de me dire dès le matin des choses négatives qui vont
saper mon moral: du genre je suis trop grosse, j'ai des boutons, plein
de rides, je suis moche, mal coiffée, affreuse à voir, j'ai rien foutu
aujourd'hui, je suis complètement nulle etc
Je décide d'agir plutôt.
Si je considère que je ne suis en effet pas très bien coiffée, je fais ce qu'il faut pour ne plus l'être.
Si j'ai tendance à grossir, je ne me fais pas des reproches stériles
qui ne servent à rien, j''essaie d'agir en conséquence: adopter une
alimentation plus équilibrée, marcher tous les jours. Des petites choses qui me semblent faciles
Si je trouve que je remets trop à demain les choses que j'ai à faire,
je me dresse un petit planning réaliste que j'essaie de respecter et je
fais de mon mieux
Et ainsi de suite...
C'est-y pas beau tout ça??? Je vais vous dire, je n'ai que rarement des moments de déprime depuis que j'ai pris cette décision: agir plutôt que me maltraiter quand des choses vont moins bien. Et si je ne m'y tiens pas, je me pardonne (oui oui, on peut faire ça) plutôt que de me juger la plus mauvaise, la plus nulle.
Et je me dis que demain est un autre jour... où tout sera possible...
Je préfère garder mon énergie et mon courage pour tout ce qui est relationnel, et qui concerne mon quotidien avec ceux que j'aime... mais ça c'est une autre histoire...
Edit 0h6': de l'importance de faire des billets de bonne conduite positive...on s'y croirait presque
Demain est vraiment un autre jour
25 avril 2008
Traîtres coquillages
M'aventurer sur le sable neuf à marée basse
m'y lancer les pieds en fête, à corps pressé, à cœur heureux,
et me plier soudain en deux, en marchant sur des coquillages,
beaux comme des dieux
mais qui coupent, coupent, coupent...
Il y a ce soir lutte ridicule
entre moi et disons...moi
Il n'y a pas de vainqueur, mais pas de vaincu non plus
Ecoute...
Emmène-moi danser le tango sur la crête des nuages
et valser là-haut avec les cerfs-volants bleus
S'il te plait...


22:10 - 
Les bouquins de Coumarine