Meilleur = Authentique - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

27 octobre 2007

Meilleur = Authentique

Vos commentaires sur mon billet précédent provoquent en moi plein de réactions.

Il est évident que quand je dis que "écrire rend meilleur", je n'évoque pas une seule minute le point de vue moral. Il est capital pour moi que ce ne soit pas ce message là qui passe...comprenez-moi bien!

Je parle plutôt de cette impression d'être en connexion, en lien, en connivence profondes avec l'Humain dans tous ses aspects, douloureux, heureux, joyeux, terribles, émouvants, tendres, vibrants,  pourvu qu'ils résonnent dans l'authenticité.. voilà, pour moi, c'est là le maître mot= l'authenticité
Quand un écrit (que ce soit moi qui l'écrive ou que je le lise) respire cette authenticité (y compris dans la fiction bien sûr...), il me rapproche de l'Humain et me rend automatiquement "meilleure", càd plus accomplie, plus complète, comme si je recevais des paquets d'humanité supplémentaire que je peux ouvrir et faire miens pour grandir, par ma réflexion, ou simplement en me laissant vibrer à un texte, même douloureux...difficile à expliquer

Bien sûr cela ne concerne que les livres ou écrits qui me parlent d'une manière ou d'une autre, je peux passer mon chemin, indifférente devant des textes qui vont parler à d'autres, mais qui ne me touchent en rien....il faut de tout pour faire un monde...
J'ai appris d'ailleurs à abandonner en cours de route la lecture d'un livre qui n'éveille rien en moi...le temps est précieux, et je n'ai plus de scrupules à laisser sur le bord du chemin un auteur ou un livre qui ne me parle pas.

De la même manière, écrire moi-même me rend plus "complète", plus "accomplie" (c'est cela que j'appelle improprement "meilleure"). Dès que j'écris, je suis en connexion avec les zones les plus profondes de moi-même, des zones qui me sont révélées parfois par le fait même que j'aligne des mots sur l'écran ( ou le papier mais c'est plus rare maintenant. Il m'est arrivé plusieurs fois, quand je me laisse écrire sans contrôler avec mon cerveau rationnel, d'être la première étonnée de ce qui sort de mes mains qui écrivent, comme si elles avaient soudain une vie propre qui ne demandait qu'à s'exprimer...Etonnée, mais parfois plus que cela, inquiète de la violence, ou des chemins de traverse inattendus, ou tant d'autres surprises qui m'attendent parfois au bout de mes phrases
mais je sais que c'est moi aussi ça, et si j'accepte profondément ce qui s'écrit là, alors oui, je me sens meilleure, càd grandie, càd sur mon chemin d'accomplissement

Ce qui ne veut pas dire que écrire ne soit pas parfois TRES douloureux: j'ai souvent évoqué ici  ce chemin de croix qui est parfois le mien.. quand les mots me désertent, quand mes mains sont incapables de se mettre à taper le moindre mot alors que je suis là, derrière le clavier et que ces mots gonflent en tumeur, dangereusement.
Parfois au contraire, je vis de véritables moments de grâce, quand tout se met à couler harmonieusement comme si la Vie me traversait et venait féconder au passage mes zones qui le demandent, qui sont prètes à l'accueillir

Je réalise que tout cela est très difficile à expliquer, que pas mal d'entre vous comprendrez avec votre propre expérience de vie, de lecture  et d'écriture, qui n'est pas forcément la mienne

J'ai essayé en tous cas, et je répète avec une conviction émue; oui, écrire est pour moi une façon d'être au monde, intensément et en vérité


Commentaires

    Je comprends bien ce que tu veux dire.
    Je réïtère tout de même ce que je disais hier : il faut avoir une belle âme pour faire cette analyse, pour avoir chevillé au corps le besoin, la nécéssité d'accomplissement. Parce que l'essence de la vie est de se réaliser. D'ailleurs j'emploie le mot âme et pas le mot coeur.

    Posté par Aédia, 27 octobre 2007 à 12:44
  • Oui Aedia l'essence de la vie est de se réaliser (d'aimer et d'être aimés)...n'est-ce pas ce que tous recherchent, même en se trompant de chemin...?? en se trompant parfois très fort de chemin hélas...
    En empruntant les chemins du pouvoir, du fric, de la cruauté...
    Zut c'est parfois si difficile de rester ce que tu appelles une belle âme, envers et contre tout...

    Posté par Coumarine, 27 octobre 2007 à 12:58
  • J'ai lu attentivement tes deux textes, Coumarine, ils continuent de me troubler.

    Je sais ce qui me trouble. En te lisant, je sais qu'il y a un terreau commun, chez toi comme chez moi. Un terreau d'émotions, de sensibilité, d'authenticité (oh oui... Mais je pense qu'on est tous authentiques, on est ce qu'on peut d'ailleurs)... Un amour égal pour la lecture, pour l'écriture, voire, de l'intérêt pour les gens qui écrivent. Mais j'ai l'impression de m'éloigner de ce chemin-là, celui de l'écriture. Et ça me fait tout drôle. Il reste la créativité (dans le fond, c'est le fait de créer qui a toujours été important pour moi... Créer, travailler, s'améliorer, et bien sûr, le monde en bénéficie - à quoi servirait (à mes yeux et aux tiens aussi je pense, un monde où l'on n'apporterait pas sa petite pierre, un peu de bonté, d'authenticité, de délicatesse, et de beauté...) Un monde qui en a tellement besoin...

    Mais bon, cela ne m'empêche pas d'aller lire les textes de nos participants, sur PP. Je lis ta fatigue et j'espère que tu te reposes un peu. Ton épaule? La kiné? Les marches? Porte-toi bien, et continue d'envoyer des Petites Paroles sur la Toile, toi qui es dans ce chemin-là...

    Posté par Pivoine, 27 octobre 2007 à 13:07
  • Une belle âme ?

    Mais n'avons-nous pas tous une belle âme au départ? Ou une âme? A nous d'en faire une belle âme ou une âme pauvre, si on ne la soigne pas. A nous de choisir la voie sombre ou la voie claire. Celle où nous sommes nous-mêmes mais il nous arrive, effectivement, si souvent, de nous tromper.

    Questions d'âme ou d'amour, je voudrais souvent qu'il y ait surtout un peu plus, beaucoup plus d'amour de par le monde...

    Posté par Pivoine, 27 octobre 2007 à 13:10
  • beaujour Coum.

    "on est ce qu'on peut d'ailleurs"...

    oui c'est cela, on est différent
    certains joyeux,
    d'autres tristounets,
    certains pensifs,
    d'autres trés actifs,
    tous différents,
    et pourtant si ressemblants.

    "n'avons-nous pas tous une belle âme au départ"
    alors il faut du temps.
    pour l'un c'est immédiat,
    pour l'autre c'est plus tard,
    pour elle, c'est difficile,
    pour lui, c'est facile.

    mais,
    pour tous il est important
    "d'être en connexion, en lien, en connivence profondes avec l'Humain"
    être authentique, et retrouver le meilleur...

    merci à tous les com. qui traduisent si bien tes paroles.
    bon WEnd, et prends bien soin de toi,
    affectueusement
    rsylive

    Posté par rsylvie, 27 octobre 2007 à 14:07
  • être authentique c'est ça , c'est laisser parler le plus profond de soi et accepter d'écouter ce qu'il a à dire, écrire et lire c'est éprouver des ressentis explorant toute la palette des émotions

    Posté par chrysalide, 27 octobre 2007 à 17:27
  • Murir c'est peut être aussi se laisser porter par les mots des autres...

    Posté par heure-bleue, 27 octobre 2007 à 18:55
  • " (..)d'être en connexion, en lien, en connivence profondes avec l'Humain (..)"
    bien perçu ainsi..
    accepter de lever des pans du rideau, c'est courageux et généreux...
    atome, at home, mot-à-mot...comme des respirations qui relient les Humanités possibles ...

    Posté par soupe-pause, 27 octobre 2007 à 19:02
  • merci à tous

    encore pour ces commentaires si riches et variés...et désolée encore une fois de ne pouvoir répondre nommément à chacun
    Bon dimanche...n'oubliez pas de retarder votre montre

    Posté par Coumarine, 27 octobre 2007 à 22:51
  • beaujour COUM.

    t'as vu j'suis matinale !!!
    et en plus j'ai pas retardé ma horloge...
    c'est tellLL'ment bon de regarder le cadran et se dire:
    J"ai ENc0re 1 HEure ....
    (c'est pas un peu ça,
    les p'tits bonheurs de la vie ?)

    bisous et bon dimanche à toi, aussi
    affectueusement
    rsylvie

    Posté par rsylvie, 28 octobre 2007 à 08:53
  • Je sens parfaitement ce que tu exprimes, et en même temps je ne puis m'empêcher de m'interroger.
    Dans leur acception de "vérité" ou de "pureté", les mots "authentique" et "authenticité" me font parfois un peu peur: je crois les comprendre, comme toi je pense les percevoir chez certains et moins chez d'autres... Mais qu'est-ce que ça signifie ?
    En d'autres termes, je poserais la question ainsi: y a-t-il des personnes "authentiques" alors que d'autres ne le seraient pas, ou sommes-nous tous, à des degrés divers, l'"authentique" de quelqu'un d'autre ?...

    Posté par Vertumne, 28 octobre 2007 à 11:43
  • C'est assez paradoxal de penser qu'écrire permet d'être plus proche de l'autre, malgré la distance, le délai entre l'écrire et la lecture, le ressenti différents des mots par chacun.
    Authentique, ça me va bien.

    Posté par Rebert, 28 octobre 2007 à 11:50
  • Bonjour !

    Ton billet d'aujourd'hui (plus encore que le précédent) me fait penser à la phrase de Kafka : "Ecrire, c'est sauter en dehors du rang des assassins".

    Bises et bonne fin de journée !

    Posté par Flo Py, 28 octobre 2007 à 17:22
  • Je ne sais pas que penser de ce que tu écris. "Ecrire rend meilleur"... je viens de terminer Sade "Justine ou les malheurs de la vertue". L'écriture a t'elle rendu cet homme plus sage ??? hmmm pas sur, en tout cas elle lui a permis d'exister et de faire exister ce qu'on appelle le sadisme ... Mais je te taquine un peu, il est évident qu'écrire oblige à une réflexion importante sur soi et sur les autres et cela ne peut qu'avoir des effets bénéfiques.

    Posté par Christine_, 28 octobre 2007 à 19:34
  • Je me retrouve tellement dans ce que tu décris!

    Posté par val, 28 octobre 2007 à 20:20
  • @Vertumne..."y a-t-il des personnes "authentiques" alors que d'autres ne le seraient pas, ou sommes-nous tous, à des degrés divers, l'"authentique" de quelqu'un d'autre ?..."
    être l'authentique de qqun d'autre...intéressant comme réflexion, à réfléchir
    (merci!)

    Rebert...écrire permet de dire bien plus et plus profondément parfois que quand on se voit, non?
    c'est sans doute pour cela que qd des "virtuels" se rencontrent, ils ont souvent l'impression de se connaitre déjà bien, et ils échangeront d'emblée plus en profondeur...enfin c'est mon expérience

    Posté par Coumarine, 28 octobre 2007 à 23:23
  • Bonsoir Flo py...ça alors cette phrase de Kafka, je ne la connais pas (c'est dans son journal?) et je ne sais pas si je la comprends très bien...

    @ Christine...voilà c'est ça...tout se situe dans la réflexion au sujet de soi-même et du cheminement qu'on accepte de faire (il est plus facile de se laisser vivre, sans se poser de questions...)

    @Val...si tu me comprends, cela me fait plaisir

    Posté par Coumarine, 28 octobre 2007 à 23:27
  • @ Coumarine

    Alors là, je suis confuse : je ne saurais te donner plus de précision. Cette phrase, je l'ai retenue parce qu'elle m'a énormément plu. Je l'ai entendue (il y a plusieurs mois, sur France Culture, je crois, dans une émission sur Kafka), et non lue.

    Bises et bonne nuit !

    Posté par Flo Py, 28 octobre 2007 à 23:37
  • Flo py...mais comment tu l'expliques cette phrase (qui me touche aussi mais je ne sais pas trop pourquoi)
    Est-ce que cela voudrait dire que écrire c'est retrouver son innocence fondamentale?
    (ton blog à plusieurs mains...est splendide...tu es qui dans les photographes?)

    Posté par Coumarine, 28 octobre 2007 à 23:48
  • Je lis ce texte après avoir écrit le mien "écrire, toujours"et je constate qu'il y a bcp de points communs entre eux. Plutôt que de me rendre meilleure, je dirais que l'écriture me rapproche de moi-même. Formule qui peut paraître un peu pompeuse, peut-être. Mais n'est-ce pas cela, l'authenticité : être soi-même ?...

    Posté par Danielle, 30 octobre 2007 à 00:40
  • Oui, Danielle cela m'a frappée aussi de te lire, et de voir que nous avons souvent plein de points communs...merci de ton passage

    Posté par Coumarine, 30 octobre 2007 à 09:32
  • Autant dire que tu as toute ma reconnaissance, et à tous les sens du terme...
    Impression due j'ai le même horizon que celui qu'offre ces lignes, cela ne t'étonnera sans doute pas.
    C'est ça : tu as toutes mes reconnaissances... et un peu plus que ça, dans les différences qui sont ici fécondes, qui n'excluent pas...
    J'espère que ma Reine fait de beaux rêves... (ce serait quand même la moindre des justices )

    Posté par D&D, 02 novembre 2007 à 03:37
  • C'est très vrai ce que tu dis, bien qu'il y'ait comme tu le sous entend des milliers de façon d'être à l'écriture, c'est un phénomène si individuel, finalement, comme nos personnalités. Cela se nourrit de tant de choses, également. Parfois, c'est un besoin. Et en tant que tel ça compte. Si je n'écrivais pas je sais que je me sentirai vain. Complétement. Cela me fait peur, parfois.

    Posté par Querelle, 06 novembre 2007 à 16:22

Poster un commentaire