Les presque riens - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

15 octobre 2009

Les presque riens

Il y a de ces presque riens qui disent presque tout...
Un regard qui se perd, une mimique à peine ébauchée, un geste esquissé, une parole pour rire, deux mots sur un papier perdu.
Des presque riens. Des micro communications, des dialogues amorcés. C'est rien, trois fois rien...

Et pourtant, pour celui (ou celle) qui sait voir, entendre, percevoir, capter..
Pour celui (ou celle) qui a un minimum d'intuition, d'attention à l'autre, qui possède des antennes qui vibrent, ces presque riens disent presque tout
Énormément en tout cas.

Et parfois ce presque tout est un truc géant, genre cri dans la nuit,  qui parce qu'il n'est pas perçu, va se noyer quelque part dans la plus complète indifférence...
Et parfois même, quand c'est trop tard, on se dit qu'on n'a rien vu, rien compris. Forcément. On regardait pas! On avait les yeux collés sur les choses à faire absolument, ou sur son portable qui doit sans retard envoyer un message, ou sur son écran qui ne supporte pas que le regard dérive vers la droite ou vers la gauche, là où peut-être l'autre se tient avec ses presque riens.

Il faut un certain talent, et un désir certain pour brancher les écouteurs spéciaux des presque riens vers l'autre.. et entendre les presque tout.
C'est étonnant comme on peut parcourir le jardin de autres avec de gros sabots aveugles et sourds

J'ai cette faculté de comprendre à demi-mots ce qui ne s'est même pas encore dit, mais qui se lit sur le visage, se devine dans une moue et même au travers de quelques mots reçus par l'écran
Parfois je n'ai pas le courage, ou le temps, de relever ce que j'ai cru comprendre.
Mais parfois oui.
Et c'est porteur, très. Chaque fois.


cailloux


Commentaires

    Intuition!

    Ressentir par réflexe intuitif! On dit que les femmes sont plus douées que les hommes dans cet exercice délicat! Je ne sais... Mais il faut beaucoup d'attention à l'autre pour voir l'invisible... Et cela apporte souvent de la joie! Celui qui n'osait peut-être rien dire s'en trouve parfois apaisé! C'est un don qui vient de l'amour que l'on éprouve pour ce qui est humain!
    Amitiés.

    Posté par Papa de Lili, 15 octobre 2009 à 11:52
  • @Alain Papa de Lili...tu as les mots délicats pour me renvoyer ce que tu perçois de mon billet
    Je crois en effet qu'il y a de l'amour dans l'intuition..
    Merci à toi

    Posté par Coumarine, 15 octobre 2009 à 12:39
  • il me semble que cette attitude-là est quelque chose qui s'apprend...
    Ce n'est probablement pas une question d'identité de sexe !
    D'ailleurs, pour ma part, la personne qui m'aura le plus influencé dans le sens de cette attention-là, fut un homme !

    Posté par alainx, 15 octobre 2009 à 12:49
  • Parfois ça peut aussi mettre très mal à l'aise. J'ai refilé ça à ma deuxième fille et l'apprenti s'en sert souvent à mauvaise escient. Je discute souvent avec elle de nos impressions, nos ressentis.

    Posté par Catherine, 15 octobre 2009 à 14:15
  • @Alainx... je crois aussi qu'on peut affuter sa manière aimante d'aborder le monde.
    Et je suis prête à reconnaître que l'intuition vrai n'est pas le seul apanage des femmes...
    Même si dans la réalité des faits, on la rencontre plus souvent chez les femmes...

    @Catherine... oui tu fais bien de relever cela: qu'on peut jouer à l'apprenti sorcier...parfois la discrétion s'impose... il faut pourvoir sentir cela et agir à bon escient...

    Posté par Coumarine, 15 octobre 2009 à 14:26
  • J'ai connu un gars qui disait « non...rien » pour « je t'aime ».

    Joli texte, le titre ferait une bonne consigne.

    Posté par joye, 15 octobre 2009 à 15:19
  • Je le comprends à la lettre, ton texte du jour. Il se dit parfois plus de choses dans un regard qu'en 20 minutes de conversation, et ce geste discret, dirigé vers une partie du corps, parle plus qu'une longue description clinique... Je côtoie ces minimas lors de ma pratique, ils me sont d'une aide inestimable.

    Posté par Med'celine, 15 octobre 2009 à 15:25
  • Je n'ai rien de particulier à ajouter sur ta note. Je suis assez nulle en intuition, sans doute parce que je reste trop centrée sur moi. Par contre, je sais que j'exprime beaucoup plus (volontairement ou non) par le regard et les attitudes que par les mots.

    Mais je voulais dire..Ta photo ! Que de souvenirs...ces petits galets colorés si beaux quand ils sont mouillés...mais quelle tristesse quand ils sèchent et deviennent tout gris ! Une de mes grandes déceptions d'enfant (bon, j'exagère peut-être un peu, là:p) (et oui, je savais qu'il suffisait de les remouiller une fois à la maison, mais c'était plus pareil...Finalement, c'est un peu comme les fleurs que l'on coupe)
    (oui, si ça se trouve, ces galets photographiés ne viennent pas de la mer, ou alors, ils ne sont pas mouillés mais vernis, ou alors, ils restent jolis même secs...mais j'avais envie de te faire part de mes émotions en les voyant, c'est tout je les reregarde, et je trouve qu'on dirait des bonbons... Miam ! s'ils viennent de la mer, ils doivent être tout salés, en plus:p)

    Merci, Coumarine, de m'avoir fait repenser à tout cela

    Posté par sel, 15 octobre 2009 à 16:07
  • C'est un sixième sens qui s'apparente à la sensibilité...qui pourrait se traduire ainsi, par rapport à l'autre: Je te sens...
    C'est vrai que cela suppose un lien affectif

    Posté par charlotte, 15 octobre 2009 à 17:58
  • ouverture

    très beau texte bien vrai: l'amour ou l'ouverture à l'autre permet en effet très souvent de percevoir le non-dit. Mais pour ça, comme tu le rappelles très justement, il faut se libérer du portable, lever les yeux de son écran pour soutenir ou relever le regard de l'autre, et écouter, avec les oreilles, les yeux et le coeur. S'oublier. Pas toujours évident quand on a soi-même des soucis...

    Posté par Delphine, 15 octobre 2009 à 18:57
  • Des presque riens qui ne coûtent pas grand chose et valent toutes les richesses du monde !
    Il y a malheureusement aussi des presque riens qu'il faut vite oublier, quand il s'agit d'un regard fourbe, d'un oeil noir, de sous-entendus, de non-dit...

    Posté par naline, 15 octobre 2009 à 20:35
  • Ces presque rien qui veulent dire quelque chose qu'on n'ose ou ne peut formuler, et ces autres, involontaires, qui viennent de l'inconscient…
    Ton billet m'a ramené à mon fils, à ce qui lui échappait parfois et qu'il s'empressait de dissimuler. Une forme de fuite, je sais, mais de quelle manière s'y opposer ? Si j'avais su… oui mais je ne savais, ne savais que c'était si grave. Et je me disais que la prochaine fois… mais la fois suivante c'était de nouveau la fuite…
    Impuissance !

    Posté par Mimi, 15 octobre 2009 à 21:14
  • @Joyce... tiens c'est une bonne idée ça, pour une consigne d'écriture...merci!

    @Med'céline...oui ça ne m'étonne pas que tu sois particulièrement attentive à ces "minimas" lors de ta pratique médicale: je suppose que tu as développée ce talent.!

    @sel... cette photo je ne sais plus très bien où je l'ai prise. Mais il est un fait c'est que les petits galets et autres cailloux, je les aime énormément
    Pour faire ressortir leurs veines (que l'on voit si bien en effet quand ils sont mouillés) moi je les vernis...effet garanti! Pour toujours c comme s'ils étaient mouillés, donc plus jamais ternes, et avec leurs veines de différentes couleurs..C'est magique!
    Tu partages avec moi ce même amour des beaux petits galets...)

    Posté par Coumarine, 15 octobre 2009 à 21:45
  • @charlotte... oui un lien affectif, mais pas forcément...bien souvent par exemple dans un restaurant, je perçois des choses qui se passent à la table voisine...
    parfois je me fais peur ) avec mon intuition très développée...

    @Delphine... bien sûr quand on est pris par ses soucis et ses préoccupations, ce n'est pas évident d'ouvrir ses écoutilles à l'autre...

    @Naline...il y a de tout dans ce bas monde, le pire et le meilleur )

    @Mimi...tu ne me croiras peut-être pas mais en écrivant le 2ème & de ce billet, j'ai pensé à toi.
    Me suis demandé si ton fils avait laissé poindre quelque chose de son mal-être...
    Je pense d'ailleurs souvent à toi... tu sais, avec beaucoup de vraie compassion
    Je t'embrasse, Mimi

    Posté par Coumarine, 15 octobre 2009 à 21:51
  • Pas facile de garder les yeux grands ouverts pour capter ces presque riens.
    Je crois bien que pour mieux voir, il faut d'abord se taire.

    Posté par fabeli, 15 octobre 2009 à 22:06
  • mes blogs ont pour indication : des petits riens et des petits touts.
    Des presque riens, des presque touts et je suis sûre comme toi que les premiers sont plus bavards que les seconds.
    Quand aux pierres, j'en ai toujours dans mon sac.
    bisous

    Posté par Claire, 15 octobre 2009 à 22:26
  • "Il disait rien mais on voyait qu'il pensait des bêtises" je ne sais plus qui a dit ça, mais j'aime beaucoup, ben oui, un geste peut laisser entrevoir le dedans de soi, qui geste qui veut dire quelque chose... Quelle que soit la chose...

    Posté par brigitteGiraud, 15 octobre 2009 à 22:30
  • Et parfois.. on est trop fatigué pour voir, ou plutôt, trop pour réagir ...
    Mais parfois aussi les gens retiennent leurs signes ...

    Posté par teb, 15 octobre 2009 à 22:50
  • les cailloux ... comme le petit Poucet, j'en ramène un, voire plus, en souvenir d'une plage, d'un pays visité, d'un lieu que j'ai aimé...et je les expose dans un endroit - presque rien que pour moi-

    Tu dis si bien ce que beaucoup pensent ou éprouvent que je ne rajouterai pas grand chose, si ce n'est que souvent il m'arrive aussi de pressentir sans le formuler par crainte que l'autre valide mes pensées ou me contredise.

    Posté par Loulotte2, 15 octobre 2009 à 22:55
  • @fabeli... comme je trouve vrai ce que tu écris là: apprendre à se taire, pour être capable de voir les presque riens, qui sinon se perdraient dans le fracas de la vie stressée...

    @Clairette... c'est vrai! ce sont les presque riens qu'il est intéressants d'écouter
    (toi aussi tu aimes les belles petites pierres?)

    @Brigitte...un geste parfois si ténu qu'il passe inaperçu, et cependant un oeil observateur et intuitif peut y deviner un sens...oui...

    @teb..oui c'est tout à fait vrai! Parfois on est trop fatigué, ou trop remplis de ses propres soucis pour aller vers la personne qui fait montre de presque rien...

    Posté par Coumarine, 15 octobre 2009 à 23:00
  • @loulotte... j'ai aussi comme je le dis plus haut, des petits cailloux ou galets que j'ai vernis, et qui sont là rien que pour moi: ils me tiennent compagnie
    Merci aussi pour tes gentilles paroles...

    Posté par Coumarine, 15 octobre 2009 à 23:02
  • Des presque rien qui parfois creusent un fossé remplis de ressentis non formulés, d'actes manqués et de négligence envers autrui.

    Posté par mab, 16 octobre 2009 à 06:18
  • @mab... t'ai-je déjà dit que j'aimais ta fidélité?

    Posté par Coumarine, 16 octobre 2009 à 18:33
  • Comme d'habitude Coum, tu trouves ce petit rien qui fait de ton texte un témoignage de ta générosité. Si tu es tellement intuitive, c'est parce que tu prends du temps pour écouter et voir les autres.

    Posté par tilleul, 16 octobre 2009 à 18:45
  • Ouille, si tu comprends, captes, à demi-mots, je n'en mettrai plus que des huitièmes alors !
    OK, c vendredi soir, les meilleures vannes ont été lachées --------> Je sors

    Posté par Filo Filo, 16 octobre 2009 à 19:16
  • C'est tout à fait vrai que les petits riens disent beaucoup.

    Tout comme les petits riens forgent de riches existences...

    Posté par Louloute, 16 octobre 2009 à 20:51
  • Bonne soirée à vous, Tilleul (merci!) Filo (mais nonnnnnn, pas sortirrrrrrrrrr) et Louloute

    Posté par Coumarine, 16 octobre 2009 à 21:14
  • Je vois très bien , comprends ces presques riens
    L'autre jour , une femme à une caisse , désagréable avec la caissière , recherche mon appropation
    elle me fixe , je détourne les yeux , et je les pose vers la caissière , blessée
    Son regard , un sourire et elle est apaisée
    Il n'y a pas eu de mots , juste de la communication gestuelle

    Comme toi , je pense savoir user et voir ces petits riens
    Tu les mets en mots de mannière remarquable
    bon WE à toi

    Posté par Jeanne, 17 octobre 2009 à 14:09
  • @Jeanne...ah oui! là tout s'est "dit" dans un regard...
    (merci pour ton compliment qui me fait grand plaisir)

    Posté par Coumarine, 17 octobre 2009 à 18:23
  • Ce soir, j'ai suivi ton conseil avisé et je suis allée sur le site et fait connaissance (un début de ) avec Charles Juliet qui écrit :

    "écouter l'autre, c'est le faire exister".
    On tombe tellement sur des gens (amis) qui ne savent pas écouter;
    A peine, tu veux un peu leur confier ton mal-être qu'ils te parlent d'eux mêmes et toi, tu ne parles plus... tu écoutes !

    quant à cet auteur et poète, je sais que très vite, je vais découvrir ses poèmes, ses livres. merci Coumarine.

    Posté par bEcassine, 17 octobre 2009 à 23:46
  • Mes parents avaient

    pour principe de ne pas mêler leurs enfants à leurs "histoires d'adultes"... et, toute petite fille, j'ai senti, ressenti... puisque rien n'était dit.

    J'en ai gardé quelque chose... et parfois, il se passe des semaines, voire des mois, entre ce "presque rien" que j'ai ressenti, et ce "presque tout" qui arrive à la surface.

    Pas reposant, dans certaines situation ! Je présume que je ne dois pas te faire un dessin !

    Je te souhaite un excellent dimanche... bizzz...

    Posté par Turquoise1960, 18 octobre 2009 à 10:30

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