Pour citer Philippe Claudel - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

24 juin 2008

Pour citer Philippe Claudel

Une amie m'envoie par mail cette citation de Philippe Claudel... J'aime cet auteur et cette citation me parle beaucoup, je vous la propose à mon tour:

"On ne sait jamais ce que font nos romans quand nous leur avons tourné 
le dos. Les livres que l'on écrit rencontrent des douleurs qu'on ne 
soupçonne pas. On aligne des mots en ne songeant qu'à nous-mêmes, et 
ceux-ci finissent malgré nous par rejoindre des plaies, les panser 
parfois, les aviver souvent. C'est bien là le sublime exhaussement de 
la vie sur le continent toujours mort de la littérature et de ceux qui 
la font."

Je sais, parce qu'on me l'écrit, que mes deux livres m'ont désormais totalement échappé... ils font leur propre chemin, chemin que je ne soupçonnais pas.
Merci à Kaliuccia d'avoir donné ses réactions, plus que cela, ses ressentis suite à la lecture de l'Enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers
Merci aussi à Daniel Simon pour son commentaire pertinent au sujet des deux livres (vous remarquerez, pour ceux qui ont lu le livre... que Daniel (qui est le directeur de la collection JE des éditions Couleur Livres, ne manque pas d'ajouter son avis personnel au sujet des médias du Net dans son commentaire concernant Tout d'un blog (clin d'oeil à toi Daniel si tu viens par ici)

Daniel a toujours des avis passionnants qu'il défend avec passion...C'est un homme et un écrivain attachant


 


Commentaires

    Dans le même esprit je suis toujours surprise d'entendre les auteurs parler de leurs personnages comme des êtres totalement indépendants qu'ils ne maitrise pas du tout.

    Posté par mab, 25 juin 2008 à 07:01
  • mab

    ta remarque est très intéressante
    Il y a en effet deux types d'écrivains essentiellement
    Ceux qui préparent scrupuleusement leur roman, prennent des notes détaillées sur leur personnage (physique et caractère) et se documentent à fond pour bien connaître le lieu et l'époque dans laquelle ils vont placer leur intrigue
    Il y en a d'autres (dont je fais partie) qui se mettent au clavier en laissant le personnage vivre sa vie...Ils sont souvent les prmeiers surpris de ce qu'il se passe...
    Le ou les personnages habitent à l'intérieur d'eux et vivent leur propre vie (sans aucun doute issue de leur inconscient)
    Même si l'auteur jure ses grands dieux que son texte n'a rien d'autobiographique, que tout est issu de son imagination...ce n'est jamais totalement vrai (je ne mets pas en cause la sincérité de l'auteur)
    Les choses naissent de quelque part, parfois du plus profond de son coeur

    Posté par Coumarine, 25 juin 2008 à 09:18
  • Le hasard des rencontres

    Dans la vie, le hasard des rencontres font les amitiés.

    Dans la lecture, le hasard nous font rencontrer des auteurs, des personnages. Et, généralement, on est surpris car ils alimentent notre propre réflexion sur une préoccupation qui, quelques fois, se révèle être un souci inconscient.

    Dans l'écriture, le hasard nous permet de rencontrer des lecteurs "fidèles" qui nous permettent d'aller au plus profond de nous-même.

    Bonne journée
    Fanfanc26

    PS : La piscine se profile à l'horizon

    Posté par fanfanc26, 25 juin 2008 à 09:36
  • Les livres c'est comme les enfants : on fait de sont mieux pour qu'ils soient parfaits et on les laisse s'envoler pour qu'ils vivent leur vie

    Posté par madamedekeravel, 25 juin 2008 à 11:58
  • de SON mieux (mon Dieu quelle horreur !)

    Posté par madamedekeravel, 25 juin 2008 à 11:58
  • Oui on ressent déjà cela avec quelques mots sur un blog ( que les mots parlent et vous échappent..)
    alors un livre, j'imagine bien ce que cela doit être....

    Posté par catherine, 25 juin 2008 à 17:59
  • Coumarine, ton livre "tout d'un blog" ,je l'ai lu et apprécié avec grand plaisir. Le nouveau après tout ce que j'en ai lu dans le ligueur ou chez Pivoine, je dois dire que je n'ose pas trop me lancer justement tellement j'ai peur de ce qu'il me dira..

    Posté par catherine, 25 juin 2008 à 18:02
  • Le livre est un chemin

    Quand nous avons lu un livre le chemin est encore long. Peut être retourne t'il dans un coin de notre étagère, peut être sera t'il prêté à une autre personne qui fera de ce livre un autre chemin. Et que dire de l'auteur au-dela d'un merci d'avoir pris le temps et le risque de rédiger ces pages, que c'est vrai ce livre n'est plus sien mais traverse des frontières.
    Je vais acheter tes deux livres. Ecrire est certainement une passion où les lettres, les mots deviennent une phrase dont chacun peut y inscrire un sens, un ressenti,... A demain Françoise

    Posté par françoise, 25 juin 2008 à 18:49
  • ce que dit Philippe Claudel est aussi vrai pour toute parole plus ou moins publique, dans un cercle large comme dans un cercle restreint. Avoir l'occasion de faire cette expérience crée quelque chose de complexe dans la relation aux autres. Il faut parfois gérer les retombées inattendues. Celles qui sont positives c'est commodes...Les autres c'est une autre paire de manches...

    Posté par alainx, 25 juin 2008 à 19:41
  • @Fanfan...la vie, la lecture, l'écriture...tout cela se confond des fois...même la piscine )

    @madamedeK...c'est fou les farces que les claviers peuvent nous faire quand même hein!
    ceci dit, on compare souvent une oeuvre achevée qui se détache de son auteur à un accouchement
    même joie et même baby blues

    @Catherine...tu fais comme tu veux, bien sûr, mais va lire le commentaire que Alainx a fait de mon roman...c'est celui dans lequel je retrouve le mieux ce que j'ai voulu faire...
    N'ai pas peur, ce roman est une histoire d'amour, mais comme toutes les histoires d'amour, elle fut parfois difficile

    Posté par Coumarine, 25 juin 2008 à 23:51
  • @Françoise, je me retrouve particulièrement dans les commentaires que tu fais...
    Les livres sont faits pour circuler...mais parfois les auteurs (c'est mon cas) doivent décider de les laisser partir...sans savoir ou et comment ils "vivront")

    @Alain...c'est sûr...pareil pour la parole publique...
    Les retombées sont déjà là pour moi...si tu savais le nombre de gens qui viennent "voir" qui est Coumarine...
    Cela fait peur des fois...ces gens qui s'attardent longuement parfois et épluchent tout tout tout
    Bon mais c'est vrai que ce soir, je suis pas au mieux de ma forme...

    Posté par Coumarine, 25 juin 2008 à 23:56
  • A partir du moment qu'un artiste (qui exerce un art) fait partager son travail avec les autres, il lui échappe, ce n'est plus sa "chose". Le mot de Philippe Claudel illustre parfaitement cela. D'autres trouvent aussi par projection d'eux-même des choses dans les oeuvres qui ne sont pas dans l'intention initiale de l'artiste. Parfois que grand damne de celui-ci.

    J'avais lu quelque chose sur les personnages. Un personnage est réussi quand il échappe à son créateur qui ne peut plus faire de lui ce qu'il veut sans logique et sans cohérence.

    Posté par Farfalino, 26 juin 2008 à 00:01
  • Un auteur...

    Caumarine,
    Il est parfois difficile de cerner completement un auteur...D'après moi, même dans une oeuvre fictive, l'auteur arrive rarement à ne pas ''s'autobiographier'' (?) au moins un peu !
    Ses personnages auront toujours un certain éclairage, inspiré par son moi...
    Bien sur cela ne s'appliquera pas aux biographies, qui elles, d'elles-mêmes, racontent une vie, et des évènements historiques ou autres.
    Lecteurs, nous aimons ou non l'auteur. Transpire par ses écrits, sa personnalité et celui-ci nous tend la main, et alors, nous embarquons (ou non).
    Je comprends qu'un auteur doive se sentir un peu vidé, quand ''en fin ''son ouvrage semble ne plus être totalement a lui. C'est un peu une cage ouverte enfin, et de voir - presque soulagé -s'envoler ses phrases qui vont être les compagnons de certains!
    Dans ton commentaire à Mab, tu as absolument raison...J'aime ta facon de nous expliquer que toi, assise devant ton clavier...tu laisses plutôt aller ton imagination, et donne liberté à tes personnages...Intéressant! je t'aime beaucoup!
    Bisous !

    Posté par Jaca, 26 juin 2008 à 00:02
  • Coum', te souviens-tu de cette parole qui dit que qunad on parle en vérité, on touche la vérité de l'autre ? Nous en avions parlé il y a quelques années (déjà !).
    Bises.

    Posté par telle, 26 juin 2008 à 11:10
  • @farfalino, je te cite
    "Un personnage est réussi quand il échappe à son créateur qui ne peut plus faire de lui ce qu'il veut sans logique et sans cohérence."
    c'est très vrai ça...du moins pour moi!

    Jaca...bien sûr il y a toujours une part personnelle dans un roman, même de pure fiction, même quand l'auteur s'en défend...
    Et alors...la magie opère ou pas...on aime ou pas en tant que lecteur...

    OUI telle, je me souviens de cela
    Et je recopie ta phrase encore une fois, tellement elle me parle:
    "quand on parle en vérité, on touche la vérité de l'autre ?
    C'est terriblement vrai ça...
    Et quand un auteur n'écrit pas "vrai" cela se sent
    Mais il y a toujours des snobs pour crier au chef)d'oeuvre!

    Posté par Coumarine, 26 juin 2008 à 21:54

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