Ce n'est pas la vérité! - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

26 août 2007

Ce n'est pas la vérité!

Je suis retournée voir Copying Beethoven cet après midi.
Avec toujours autant d'émotion. Avec le coeur qui battait plus vite au rythme de cette musique puissante, avec tout mon corps blotti dans le bonheur, avec les yeux rivés sur la beauté des images en connexion absolue avec la musique, avec la faim de ne rater aucune des paroles dites par les personnages principaux, comme s'ils allaient me révéler une idée capitale pour moi, pour ma vie...


Puis une fois rentrée chez moi, j'ai été rechercher sur le Net tout ce qu'on dit, tout ce qu'on sait à propos de cette 9ème symphonie, et de la fugue dont il est tant question durant le film.

J'apprends que le personnage féminin de la copiste, tout en liberté, tout en légèreté, tout en soleil,  est pure fiction... Anna Holtz n'a jamais existé!

Mon mari à qui j'apprends la chose est déçu et même choqué: ce film il l'a aimé comme moi, mais il rechigne fort à l'idée que la réalisatrice a complètement inventé  le personnage qui aurait éclairé les trois dernières années de la vie du Maestro, que la genèse de sa dernière grande oeuvre racontée comme cela n'est qu'invention. La vérité historique est mise à mal...
"Quoi? elle a tout inventé" m'a-t-il dit sur un ton de reproche, comme si du coup il allait désavouer ce film merveilleux. Sa réaction m'a surprise, il m'a semblé comme blessé, comme s'il avait été roulé. Comme si on l'avait trompé...

Pour moi, habituée à écrire dans la fiction, à inventer ou à habiller d'improvisations imaginaires des "vérités" ou des faits réels , non seulement cela ne me gêne pas, mais je trouve au contraire fabuleux de pouvoir créer de la beauté, de l'authenticité de cette manière. Tant de vies de grands ou moins grands hommes ont fait l'objet (ou le sujet) de films ou de livres, dont la teneur tant esthétique que formelle est parfois bien différente si pas contradictoire selon le regard de l'artiste. Quand il s'agit d'Art, je n'en ai cure de la vérité, de la vérité objective et intrinsèque qui d'ailleurs serait bien en peine de défendre sa cause ... je sais qu'elle échappe à la réalité des faits, qu'elle est insaisissable, qu'elle se modèle et se pétrit dans le regard et les mains de l'artiste, que l'art est appelé à transformer, déformer même les choses pour bousculer nos regards empêtrés dans l'habitude du quotidien. C'est là sa vocation. Et décrire ou peindre minutieusement des faits "réels", c'est encore de l'art quand c'est fait par un artiste qui donne à voir son propre regard des choses. Fou ou raisonnable, illuminé ou grossier, sombre ou lumineux peu importe, l'Art lui échappe en quelque sorte, pour vivre de sa propre vie...

(à suivre peut-être, selon vos réactions)


Commentaires

    vision-réaction

    J`ai regardé ce film ce matin. Ce fut une joie pour l`oreille au réveil.J`ai déja lu sur la vie de Bethoven pour avoir à enseigner la musique (jamais lu sur Anna Holtz et ni autre artiste du genre au féminin à cette époque). J`enseigne maintenant l`histoire , éthique et culture religieuse. A travers ces cours il est important d`impliquer d`avoir un esprit critique i.e. ne pas gober tout sans une implication personnelle à la recherche de la vérité,enfin celle qui se base sur des documents,reportages ou autres informations authentique.C`est pourquoi mon ami et moi ce matin nous nous sommes posés la question si Anna Holtz a vraiment existé. C`est alors que j ai navigué sur internet pour démystifier ce qui pourrait pour des auditeurs ou auditrices naifs comme prendre pour acquis ce film comme un fait historique.
    J ai apprécié le film pour la musique et la reconnaissane en mots de ce qu`est l`art de la musique et l`art tout court.Un peu de fantaisie et d`amour aide à atténuer cette angoisse encore plus intense que Bethoven a probablement du subir en réalité.
    Un aspect de plus que cela m`a apporté est le fait de lire qu`on a du ajouter et changer la réalité en ajoutant une femme et tous les sentiments qui peuvent en découler pour avoir l`argent nécessaire à la production. On pourrait en faire un film...

    Posté par Viv, 04 mars 2009 à 15:41
  • quelle beauté

    J'ai vu ce film hier et je suis venue chercher des précisions su Anna Holtz, et c'est comme cela que j'appris qu'elle n'existait pas.
    Malgré cette "adaptation" je continue à trouver ce film absolument merveilleux dans la beauté de ses images et dans l'émotion qu'il suscite. Complètement fanatique des dernières œuvres de Beethoven, surtout de ses 5 dernières sonates qui sont critiquées pendant quelques secondes! dans le film et dont on entend que 2 ou 3 mesures (le conformisme existait déjà)je suis enchantée d'avoir eu le plaisir de voir ce film. Je le reverrais surement.

    Posté par NIHAO, 09 septembre 2009 à 11:29
  • Le jeu de dupe

    Certes, si un opus a tous les atours d'une reconstitution historique rigoureuse, alors apprendre après coup qu'il s'agit d'une fiction peut laisser un sentiment amer... presque de colère.

    Le même sentiment qu'on eu 3 Belges sur 4 quand en décembre 2006 la RTBF annonçait la fin de la Belgique dans une mise en scène un peu trop subtile pour la populaschtroumph.
    Et chacun de tempéter, de rouspéter, de s'indigner... mais plus de s'être fait avoir que d'autre chose... Chacun était faché sur lui-même, comme si on ne se pardonnait pas d'y avoir cru. Le crédule est un naïf, personne n'a envie d'être naïf ou alors, au plein su de son plein gré.

    Ce n'est que plus tard qu'on peut digérer et retenir le bon de ce que le réalisateur - ou les journalistes - ont proposé.
    Et ouvrir le débat dans la sérénité. A la lumière des difficultés actuelles qu'éprouve le pays à former un gouvernement, on se dit qu'il y avait une dimension visionnaire dans l'éMission spécial de décembre, visionnaire comme l'oeuvre de Beethoven.

    Fred Lambin

    Posté par fred lambin, 27 août 2007 à 09:39
  • par pure curiosité intellectuelle, quelques recherches m'ont permis de savoir que en réalité c'est deux étudiants qui ont cotoyé beethoven dans ses dernières années de vie et donc dans la génèse de cette symphonie. l'auteur du film signale d'ailleurs qu'elle a du se résoudre à faire naître le personnage de anna holtz pour pouvoir financer son film, un supplémentaires sur la vie de compositeur. certes cela peut paraître troublant dans un fim qui relate la vie d'un être humain ayant REELLEMENT existé que l'on modifie ainsi VIRTUELLEMENT une existence réelle, fut-ce pour la beauté d'une oeuvre, et c'est peut-etre cette dimension intrusive qui a dérangé votre mari, même si bien sûr de toute façon la vérité n'est jamais vraie, dès sa formulation en mots, en images, elle est déjà modifiée inconsciemment, et ensuite parfois consciemment. pour ma part je ne suis pas choquée de cette libre interprétation, mais peut-etre l'auteur de ce film aurait dû le signaler...

    Posté par mercidemavoirrem, 27 août 2007 à 09:49
  • Le poète a dit la vérité

    Fred tu me fais penser à cette phrase d'une chanson de guy Béart: "Le poète a dit la vérité, il doit être exécuté"
    Bcp de vrais artistes, parce qu'ils sont "dérangeants" dans leur vision du monde ne sont pas reconnus de leur vivant, et même mis à mal
    Tu parles de cette émission de la RTBF...presque une prophétie sur ce qu'il se passe aujourd'hui dans notre pays...

    Posté par Coumarine, 27 août 2007 à 10:01
  • elle part de peu de choses

    mercidemavoir...je suis aussi allée me renseigner et j'ai lu cette info
    A. Holland la réalisatrice n'est pas partie de rien: il y a les deux jeunes gens envoyés en renfort pour la copie du manuscrit de la 9ème en effet
    Et puis il y a aussi ce micro événement qui s'est passé en fin du concert dirigé par Beethoven, concernant une jeune femme et dont je ne veux pas donner le détail ici pour ménager la surpris pour ceux qui auraient l'intention d'aller voir ce film.
    Tu as raison il y a une différence entre un film "reconstitution historique" rigoureuse (et encore, il y aura toujours le point de vue plus ou moins exprimé de l'auteur selon l'angle duquel il parle et décrit les choses) et une oeuvre de création...
    qui entre alors dans le domaine de l'Art
    A.Holland ne trompe personne sur ses intentions: le caractère fictionnel est annoncé dans le générique (à la fin je crois)
    Elle part donc de peu de choses pour construire une oeuvre de fiction sur base d'un personnage réel...

    Posté par Coumarine, 27 août 2007 à 10:08
  • beaujou'

    j'ai lu ton article en 2 fois, et donc les com. par le meme fait, du coup je connais l'évolution de la réflexion.
    mais je comprends celle de ton époux.
    comme lui j'aurais été énormément déçue d'apprendre ceci.
    comme si on m'avait trompée intentionnellement.

    il faut dire que trés discréte et peu curieuse de savoir "le comment du qu'est-ce qui a fait que", je ne lis jamais ou trés rarement les génériques de film. du coup je serais aussi passée au travers des précieuses infos,,,, et pour sur, je me serais emballée comme une folle en criant au scandale.
    merci pour une fois, j'aurais évité le ridicule de la situation.

    Posté par rsylvie, 27 août 2007 à 10:58
  • Que Anna Holtz ait ou non existé m'est complètement égal.Je le savais d'ailleurs au départ.
    Je me suis entièrement projetée dans ce personnage, je m'y suis reconnue dans l'admiration immense qu'elle voue à son maître (ici, de musique)dans son désir plus ou moins avoué de lui ,son désir de lui ressembler ,de faire un avec lui dans la musique, dans leur besoin réciproque l'un de l'autre.
    La scène du lavement est à rapprocher d'une scène similaire dans "Cage" mais j'ai préféré celle çi :c'est une scène superbe de purification de lui par elle.
    J'ai adoré ce film ,je te l'ai déjà dit.J'irai moi aussi le revoir.
    Depuis j'écoute sans cesse cette musique.
    J'ai fait écouter l'hymne à la joie, à ma petite fille de 8 ans :elle m'a dit avec un certain effroi:" Il va se passer quelque chose de terrible."
    Je lui ai répondu : oui c'est la Joie!
    C'est terrible, la joie quand elle s'exprime ainsi : c'est de l'ordre de l'extra humain,( où là tout est volupté).... du divin?

    Posté par Charlotte, 27 août 2007 à 11:36
  • visionnaire...

    simplement pour compléter ce que Fred écrit. Il y a déjà un film totalement visionnaire, "Le mur" d'Alain Berliner, (le même réalisateur qui a fait "Ma vie en rose") depuis quinze jours à peu près, je pense souvent à ce film, "Le mur" qui fait référence à d'autres murs (Berlin, Israël/Palestine). Si vous avez l'occasion un jour de voir ce film (qui n'est pourtant pas un grand film, certainement pas comme "Ma vie en rose", n'hésitez pas). Il y a pas mal de productions belges peu connues sur la situation historico-socio-économique belge. (Mobutu, roi du Zaïre; Femmes-machines; Le mur; ...)

    Posté par Pivoine, 27 août 2007 à 11:41
  • vous avez dit vérité ?

    mais :
    "qu'est-ce que la vérité ?" demandait Pilate....
    N'est-elle pas souvent ce qu'on en décide ?
    *vérité historique ? construite par les historiens.. selon leur point de vue... leur orientation politique, leurs convictions...

    *vérité judiciaire ? la vérité du dossier dit le juge.... par forcément LA vérité....

    *vérité révélée du croyant ? dieu existe... c'est écrit...

    *vérité de l'écrivain ? (visionnaire ou non !)"Cette histoire est totalement vraie puisque je l'ai inventée", disait (à peu près...) Boris Vian...

    * vérité du prophète ? Vous allez voir ce que vous allez voir !!

    *vérité du monde virtuel ? Mais qui est donc "vraiment" Coumarine ?? (ou alainx... ou... qui vous voudrez !!...)

    La fiction n'est-elle pas aussi une vérité.... ?
    plus vrai que nature dit-on parfois !

    Posté par Alainx, 27 août 2007 à 12:17
  • Sylvie...mais il n'y a pas de ridicule quand simplement on lit un livre ou on voit un film en se laissant vibrer...
    Mon époux, ben...il est déçu. encore que...cela ne l'empêche pas d'avoir aimé le film...


    Charlotte;..ah là je suis bluffée par la réflexion de cette petite fille de 8 ans...comme si elle avait saisi la quintessence de cette musique...Oui il se passe quelque chose de terrible, et dans le film , c'est très bien rendu!!

    Posté par Coumarine, 27 août 2007 à 14:28
  • Pivoine..merci de cette info...por tous ceux qui s'intéressent à l'avenir de la Belgique...

    Alainx, tu dis en détails ce que j'ai essayé de dire en flou...toutes ces vérités se contredisent même parfois...il faut souvent écouter au plus intérieur de soi pour être en connexion avec SA vérité,, indépendamment de ce qui se dit et s'affirme à l'extérieur, mais ça c'est une autre histoire...
    Je crois fondamentalement que la vérité n'existe pas...mais l'authenticité oui...
    Et puis qui est réellement Coumarine? peut-être 30%cent de la personne réelle que je suis...comme toi sans aucun doute...et encore, la personne que je suis (mon identité réelle) sait-elle qui elle est en réalité?)
    Cela me fait penser à la part de fiction quand on écrit par exemple un récit autobiographique...mais c'est un sujet qui mérite une nouvel article..

    Posté par Coumarine, 27 août 2007 à 14:35
  • Ah oui, coumarine,
    ça m'intéresse bien cette question fiction/vérité dans le récit autobio !

    Posté par Alainx, 27 août 2007 à 16:05
  • Le plus important ici, selon moi, c'est comment la musique a touché ceux qui ont vu le film (un ami m'a dit le plus grand bien de ce film, disponible ici sur DVD si j'ai bien compris et non sur grand écran). Ayant eu la difficile (mais fort inspirante) tâche d'écrire des notes de programme sur la Neuvième l'année dernière, je peux affirmer que, s'il y a une oeuvre de Beethoven qui se prête à de multiples inteprétations (tant au niveau de l'universel, du politique, du social, de l'humain, de la foi, du métaphysique), c'est bien celle-là. Le miracle, l'essentiel, c'est qu'elle puisse encore susciter autant d'émotions après tant d'années.
    « Seuls l’art et la science élèvent l’homme jusqu’à la divinité. » (Beethoven)
    « Le jour où l’humain sera éduqué au son de la Neuvième, alors l’art de Beethoven sera enfin de retour à la patrie dont il est issu : la vie. » (Engels)

    Posté par Lucie, 27 août 2007 à 16:27
  • Je crois aussi que j'aurais eu le sentiment, assez contrariant, de m'être fait avoir...

    Cela me rappelle le très beau film de Kieslowski, "La double vie de Véronique", où il est question du compositeur "Van den Budenmayer", dont en entend la superbe musique tout au long du film... J'avais demandé partout à la médiathèque des disques de ce compositeur (je n'étais pas le seul, m'avait-on dit)... Eh bien, il n'existait pas ! Cette musique était composée par le compositeur attitré de Kieslowski, Zbigniew Preisner !

    Une autre anecdote : je suis allé visiter, avec des amis picards, le centre historique minier de Lewarde, dans le Nord. Visite guidée avec un ancien mineur, wagonnets, ascenseur qui descend à 480 mètres sous la terre, visite des galeries, explications... puis le guide annonce que l'ascenseur est en panne et qu'on va devoir remonter à pied... Et voilà qu'on voit la lumière au fond de la galerie, la lumière du jour ! On n'avait pas quitté le niveau du sol, on était montés dans un faux ascenseur, qui avait un peu tangué, avec une "image" des parois qui défilaient derrière les grilles... et tout le monde était tombé dans le panneau !

    Posté par nuages, 27 août 2007 à 16:36
  • Alain, je compte faire un billet sur ce sujet qui m'intéresse aussi, et plus que cela...

    Lucie...bienvenue sur mes Petites Paroles et merci de ce commentaire
    Voilà c'est ça...tu évoques la PUISSANCE de cette oeuvre...je trouve fabuleux qu'une enfant de 8ans (voir le commentaire de Charlotte) dise en écoutant le disque: il va se passer quelque chose de terrible
    En fait c'est cette impression qui m'a menée de bout en bout du film...

    Nuages...le dernier exemple que tu donnes me semble plus de l'ordre d'une reconstitution d'un lieu de travail de jadis...cela peut être intéressant mais n'a rien à voir avec l'art me semble-t-il
    par contre ce que tu dis de la double vie de Véronique...mais en quoi ça dérange que dans une oeuvre de fiction on invente un compositeur?
    Pourquoi ne pas se laisser partir dans ces inventions jubilatoires?
    Dans les bouquins, au cinéma, on n'est pas dans un bureau de police où chaque fait est passé à la loupe

    A tous je trouve vos commentaires très intéressants, merci de rentrer dans le "jeu"

    Posté par Coumarine, 27 août 2007 à 18:04
  • Lucie il semble que le film va être incessamment distribué en France...

    Posté par Coumarine, 27 août 2007 à 18:05
  • ... Ce qui prouve que certains compositeurs de musiques de film peuvent presque égaler d'autres bien plus célèbres. (Ca me fait penser à un rêve que j'ai fait un jour, ou plutôt une nuit, après avoir vu "Amadeus", j'ai entendu -en rêve- une musique sublime, absolument sublime, telle que je n'en presque jamais entendue dans la réalité. Si j'avais été compositrice, j'aurais pu la transcrire.

    Je trouve aussi la deuxième partie du comm de Nuages très intéressante. Le non passage dans la 3ème dimension... Là, on est en plein dans la réalité virtuelle. Décidément, le mythe de la Caverne est partout.

    Mais sans doute pas dans l'oeuvre de Beethoven ! Là, on est dans l'art pur. (Et genre grandiose)...

    Posté par Pivoine, 27 août 2007 à 18:52
  • Je me sens frustrée de ne pas l'avoir vu et de ne rien pouvoir en dire.
    Comment nait le sublime ?
    Se reveillent t'ils un matin et tout est là dans un coin de la tête ne demandant qu'à naitre sur le papier ?
    Je le pense....la plupart écrivaient au bureau (lire: n'écrivaient pas au piano).....tout était là...tout avait pris corps dans leur tête...nul besoin d'écouter....nul besoin même d'entendre pour Beethoven qui était presque sourd à la fin de sa vie.

    Posté par kloelle, 27 août 2007 à 20:12
  • Je suis tout à fait d'accord avec Coumarine, faire le procès de la fiction, c'est refuser l'art. L'art est fait d'artifices, l'art est trompeur, et on adore ça ! Merci pour cette belle tribune

    Posté par Chiara, 27 août 2007 à 21:02
  • Pivoine...tu es peut-être une compositrice sans le savoir )

    kloelle... dans le film, il dirige sa symphonie en étant sourd... grand moment...!
    et pour composer, il prétendait qu'il entendait la musique dans sa tête, tellement fort dit-il, qu'il en est devenu sourd

    Bonsoir et bienvenue dans mon univers Chiara, où tu verras qu'il y a souvent ce genre de discussions passionnantes...
    Je te rejoins...l'art ne s'inquiète ni de la "vérité", ni de l'objectivité, et c'est très bien comme ça

    Posté par Coumarine, 27 août 2007 à 21:51
  • Je me souviens du Don Giovanni de Joseph Losey qui avait inventé un personnage muet qui n'existe ni dans la pièce ni dans l'opéra mais relève l'esprit du film par un mystère; quel est le rôle de ce valait qui ne dit rien mais est présent comme pour modifier le destin du héros ?
    Qu'importe la vérité historique si le propos est juste, son illustration doit être laissée libre aux artistes.

    Posté par berlioz, 27 août 2007 à 22:39
  • Je me pose la même question qu’Alain X : quelle vérité ?
    Il s’agit ici d’une histoire romancée comme c’est souvent le cas et pas d’un manuel d’histoire.
    C’est comme une peinture où l’artiste peint SA vision intérieure de ce qu’il a devant lui.
    Entre la vérité artistique et la vérité historique je choisis la première, celle qui parle à l’émotion.
    Et ce film magnifique est de l’émotion pure, une alchimie parfois violente de fortes personnalités et de musique. J’en suis sorti sur un nuage.

    Posté par Asterie, 28 août 2007 à 07:24
  • berlioz...(contente de te revoir ici)
    Tu vas dans le même sens que Astérie...ici il ne s'agit pas de vérité historique (ce que la réalisatrice ne prétend pas faire...)

    Astérie, oui j'aime ce que tu dis je m'y retrouve complètement: c'est une alchimie de fortes personnalités, d'une musique puissante, et d'images d'une très grande beauté

    Posté par Coumarine, 28 août 2007 à 09:43
  • Qu'est-ce que la vérité (bis...)

    La « vérité artistique » n'est-elle pas plus pérenne que la « vérité scientifique » ?

    Posté par Alainx, 28 août 2007 à 11:40
  • Qu'est-ce que la vérité (bis...)

    Je reprends... J'ai cliqué trop vite... !

    La « vérité artistique » n'est-elle pas plus pérenne que la « vérité scientifique » ?
    ce que la science démontrait hier comme intangible n'est plus avéré le lendemain...

    L'expression de l'artiste, dans sa vérité créatrice de l'instant, demeure à jamais ...

    Posté par Alainx, 28 août 2007 à 11:43
  • "Dans les bouquins, au cinéma, on n'est pas dans un bureau de police où chaque fait est passé à la loupe" ....

    Mais ce n'est évidemment pas ma conception ! Je ne suis pas un cartésien borné ! Il peut cependant y avoir une surprise, voire une déception, quand ce qui semble être un film historique, ou une visite d'un fond de mine, s'avère finalement être une invention complète... Autre exemple, les films où toute l'histoire se révèle à la fin n'avoir été qu'un rêve !

    Posté par nuages, 28 août 2007 à 12:44
  • Je sais Nuages que tu n'es pas un cartésien borné...mais c'est dommage de se sentir déçu quand on réalise qu'on s'est laissé non pas "tromper" (je trouve que le truc de la mine dont tu parles, c'est tromper...)mais emmené sur d'autres rivages que ceux de la "vérité", de la réalité pure et dure...
    A. Holland avertit en fin de film que son histoire n'est pas conforme à la vérité pure et dure...je n'ai pas été déçue, une fois le film terminé, j'ai au contraire été subjuguée par la vision de cette réalisatrice qui a fait passer un message fort...
    Peut-être après tout, n'aimerais tu pas ce film...il parait qu'aux USA il n'a tenu l'affiche que deux ou trois semaines


    Alain...oui tu dis les choses comme je les vois..comme je les ressens..mais il faut bien reconnaitre que la vérité créatrice de l'artiste, n'est parfois reconnue que bien plus tard, quand les gens sont capables de mieux comprendre son langage original
    Ce fut le cas pour la grande fugue de Beethoven dont on n'a découvert la beauté que plus tard

    Posté par Coumarine, 28 août 2007 à 14:06
  • La vérité de l'art, je crois que c'est encore ce qu'en dit Aragon (oui ça date ) qui me séduit le plus : du "mentir vrai". Cocteau disait lui "Je suis un mensonge qui dit la vérité"... Peut-être que la vérité en art, c'est proche de la "justesse" finalement.

    Posté par Chiara, 28 août 2007 à 18:46
  • je pense que peut-etre ce qui peut paraitre déroutant c'est que de la fiction fasse irruption au milieu de la vie d'un etre humain qui a existé en chair et en os,mais ce savant mélange entre réalité et interprétation artistique intervient dans la magie qui émane du film

    quant à la question de la vérité... y compris dans l'autobiographie. dès qu'on parle d'un fait, dans la façon dont on le voit, dont on le vit dont on le traduit en mots, il y a tout de suite un éloignement de la réalité primaire du fait, à cause de ce que l'on est, de ce que l'on a vécu, et aussi je pense de ce qu'a vécu celui qui lit ou regarde ou écoute. alors à mon sens la vérité n'a pas d'existence propre il n'y a pas une vérité unique (sauf en mathématiques...)

    Posté par mercidemavoirrem, 28 août 2007 à 20:26
  • Vous m'avez convaincu que je dois voir ce film. En ce moment je viens de l'ordonner a amazon.
    D'autre part je pense qu'il est bon, quelquefois necessaire, remplir les vides qu'ils existent dans la vie ou dans les faits. Il faut inventer, creer, unir ou rattacher les points. On peut se tromper, bien sur, mais ils servent a une spece de cloture...
    Ca ne veut pas dire qu'on doit sustituer la realite avec des speculations, mais speculer c'est pas du tout mauvais si on n'a pas d'autres moyens d'acceder a la verite...
    Pourquoi pas?

    Posté par Fernando, 29 août 2007 à 02:21
  • beaujou'

    oups, un p'tit com. qui n'a rien avoir avec le thème principal.
    mon 3/4 s'amuse à me voir tapoter sur le clavier et semble prendre un peu à la légère l'importance que peuvent avoir certains échanges par le biais de cette technique nouvelle...
    c'est pourquoi, j'ai voulu à son insu (bien sur c'est plus drole) lui réserver cette surprise d'un message rien que pour lui, et des com. rien que pour lui)
    quand je vogue sur la blogosphère. Je m'amuse à constater que beaucoup d'épousées auraient tendance à cacher leur engouement pour ce moyen de communication.
    comme s'il était inavouable et quelque peu voyeuriste de s'exprimer de la sorte !
    tiens, un sujet pour un prochain article ?
    à méditer.
    en tout cas ,merci pour ton passage et bonne journée à toi aussi,
    à+ rsylvie

    Posté par rsylvie, 29 août 2007 à 09:56
  • Chiara, merci de me rappeler ces grands auteurs, qui savaient de quoi ils parlaient...
    La "vérité" en art, c'est la justesse, l'authenticité, je le crois vraiment...

    mercidemavoirrem...je ne pourrais pas mieux dire ce que je pense en ce qui concerne la "vérité" de l'écrit autobio...merci pour tes mots que j'apprécie BCP!

    Posté par Coumarine, 29 août 2007 à 12:34
  • bonjour Fernando...merci pour tes mots (je t'admire d'être capable d'écrireaussi bien dans une langue qui n'est pas la tienne...

    Sylvie...je lirai donc ton prochain article avec intérêt..

    Posté par Coumarine, 29 août 2007 à 12:38
  • comment cela !

    toujours par remise de la surprise !

    Posté par rsylvie, 31 août 2007 à 14:08
  • Encore une fois, quelle belle tribune, vivement la suite !

    Posté par Chiara, 31 août 2007 à 19:56
  • sylvie...)

    chiara...c'est fait...

    Posté par Coumarine, 31 août 2007 à 23:22

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