15 décembre 2009
Une histoire de fantômes
"Ne pas donner son cœur aux fantômes. Les fantômes, ce ne sont pas les morts, certes non, ce sont les vivants quand ils se laissent emmailloter par les bandelettes de leurs soucis." Christian Bobin, Autoportrait au radiateur
Hier soir en me couchant, je me demandais d'où me venait cette tristesse diffuse qui me prenait tout entière comme le froid intense qui gèle le corps et l'âme.
Je me le demandais et je ne trouvais pas. Si, je me disais que c'était l'approche des fêtes et l'excitation qui prend de toutes parts la ville et les magasins, et qui comme chaque année provoque en moi une tentation de repli en attendant que ce soit fini, tout en faisant au mieux tout ce qu'il y a à faire et à préparer pour les retrouvailles familiales.
Mais non, cela ne suffisait pas à expliquer cette tristesse...
Puis je suis tombée sur cette phrase de Bobin, et j'ai compris:
Hier coup sur coup, j'ai été en contact avec deux "vivants emmaillotés par les bandelettes de leurs soucis".
Et je me suis laissée emmailloter à mon tour...
Le problème, c'est que ces deux personnes, je les aime, profondément.
Je ne veux ni ne peux les "abandonner" quand elles vont moins bien. Je désire être présente à leur côté, être là, tout simplement...
Pas toujours facile de trouver le bon équilibre, la bonne distance: être là, bien sûr, évidemment... mais ne pas me laisser sombrer avec ces personnes dans les soucis et les découragements.
D'autant plus qu'aujourd'hui, elles vont peut-être mieux et moi, je pourrais rester avec cette impression de malaise diffus...
Trop bête...
12 décembre 2009
Un corps, ça parle énormément...
Le corps...
Etre consciente de ce que vit mon corps alors que je suis prise par une colère (surtout intérieure), une angoisse, un grand désir, un ennui profond, un découragement, une excitation...
Quand un sentiment prend naissance en moi, je peux me demander comment et où il se traduit physiquement...
Bien de fois, je ne le sais pas, je suis incapable de le conscientiser
Mais parfois, oui, et c'est alors que ça devient intéressant: ça se passe dans ma tête, dans mon épaule qui me fait souffrir pour le moment, dans mon dos, dans mon estomac, dans le ventre...
Et ce qui est vraiment amusant, c'est que la sagesse populaire sait tout cela depuis belle lurette...
- on se prend la tête, on se met martel en tête (et le marteau cogne, provoquant des maux de crâne sans raison précise, enfin... c'est ce qu'on croit!
- on a un chat dans la gorge... mais que fait-il là ce chat? C'est quoi cette pénible sensation de picotement dans la gorge, qui nous oblige à toussoter au moment de prendre la parole, comme pour expulser un corps étranger, qui dérange, dont on voudrait absolument se débarrasser?
- on se fait de la bile... en général, pour un rien, certains sont passés maîtres dans cette fabrication de bile, moi par exemple qui m'en fait bien trop vite pour un petit tracas qui va se révéler anodin... ou même inexistant! Ou alors on se fait du mauvais sang, ce qui n'est guère mieux, je vous l'accorde. Mais au fait, qu'est-ce qui fait qu'un sang est mauvais? Hein? Répondez à cette question SVP? Un mauvais sang, c'est quoi exactement? Serait-ce un sang d'encre? le sang veineux? le lourd, celui qui est impur de toutes les crasses qui se sont accumulées et pas expulsées...
- Et quand on a le coeur gros, est-il réellement plus gros que la normale. Pèse-t-il si lourd dans la poitrine, ce coeur, qui nous fait soupirer à fendre l'âme...
- Bon alors, que dire de mes jambes coupées une fois par mois au moins, ou de mes bras qui tombent sans que je leur en ai donné la permission? Et quand j'en ai plein le dos.... c'est quoi qu'il y a sur mon dos? des paquets de quoi trop lourds à porter ? Et pourquoi je m'obstine à porter des trucs qui me cassent le dos? On se le demande, hein!
- alors quand on est mal dans sa peau, il est temps de faire peau neuve...d'accord? Juste pour être bien dans sa peau...
Ce qui est intéressant, c'est d'écouter les gens quand ils parlent de leurs découragements ou soucis... ils utilisent leur corps pour en parler, et l'expression employée en apprend long sur l'objet de leur malaise
Peinture Charpentier
09 décembre 2009
Jouer les terroristes...
Parfois j'ai peur...
Mes petits-enfants sont de chouettes enfants, ouverts, joyeux, curieux...
Ils sont élevés par de jeunes adultes (mes filles et leurs maris) qui leur donnent un cadre sécurisant, (càd qu'ils ne cèdent pas à tous leurs caprices), ferme (càd qu'ils restent inflexibles dans ce qu'ils permettent et défendent quand ils ont décidé que c'était bon pour l'enfant), mais aussi tendre, affectueux et surtout dialoguant (ils peuvent écouter et essayer de comprendre quand l'enfant parle de lui, de ses ressentis).
bref des parents par-faits! (Normal, ce sont mes filles et beaux-fils!)
Les enfants dont l'âge s'échelonne entre 12 et 8 ans, sont ...ex-tra! Normal ce sont mes petits-enfants!
Mais quand je vois le monde dans lequel ils évoluent, avec ses lois de la facilité, du tout tout de suite, mais aussi de l'agressivité qui sévit même à l'école, du je m'enfoutisme qui règne un peu partout, chez les adultes avant tout... j'ai peur pour eux.
L'éducation est certes importante, mais il y a aussi l'influence pas toujours bonne, des copains, et de l'entourage, école, profs. Des jeunes qui jouent à des jeux ultra violents sur les consoles de jeu, dans lequel le joueur est un terroriste qui doit lutter contre les forces de l'ordre, avec bien sûr les armes des terroristes, explosifs, tueries etc... tout cela en trois dimensions, ce qui rend les choses incroyablement réalistes...
Le joueur dans ce cas, n'est pas le bon qui doit éliminer les méchants (comme dans les bons vieux James Bond) mais le mauvais qui doit éliminer les bons... Comment s'y retrouver dans cette morale à l'envers...?
On se plaint de ce,que les jeunes sont violents... mais on leur met en main les "armes" pour le devenir... Ne suffit-il pas de regarder les journaux télévisés pour savoir combien la violence est omniprésente et ce qu'elle engendre comme souffrances de tous ordres? Pourquoi en faire un jeu ?
On leur donne des occasions de jouer les terroristes, les gangsters, les meurtriers...puis si le jeune passe à l'action, alors on table sur une politique sécuritaire et répressive... on multiplie les centres pour ado qui pètent les plombs...
Le problème est plus haut... bien sûr. Si des commerçants fabriquent et vendent ces jeux, c'est qu'il y a demande... POURQUOI? Mais POURQUOI donc...?
(pourquoi l'argent est-il à ce point le moteur du monde...? = question désespérée et sans réponse...)
03 décembre 2009
C'est en haut que j'accrocherai mon âme...
En bas, sur les trottoirs de ma ville, sur les sols sillonnés un peu partout de tant de détresses, c'est gris, c'est sale, c'est béton, c'est poussière, c'est chimique.
En bas, il y a les mégots écrasés, les chewing-gum collants, les crachats séchés, les taches d'urine contre les murs et les poteaux, les crottes des chiens malpolis. Et les arbres qui agonisent...
En bas, mille problèmes plissent les visages, voûtent les dos, crispent de chagrin les corps un peu tordus.
En bas, il y a les guerres imbéciles, le sang qui gicle, l'avion qui s'écrase, les terres inondées, les maisons qui s'écroulent.
En bas, il y a des couteaux et des armes à feu qui se promènent désœuvrés et des chiens aux dents voraces.
En bas, dans les chambres obscures il y a des mains qui cherchent les petits corps qui n'osent se défendre.
En bas, il y a les ongles arrachés, les bras écartelés, les cris d'agonie qui n'en finissent pas.
En bas, il y a les yeux cruels de tous les prédateurs du monde, les rictus moqueurs de tous ceux qui bavent leur fiel.
Je vous le demande : comment vivre encore sur cette terre désespérée et je suis si loin d'en avoir cité tous les chagrins...
Alors mes yeux s'il vous plait, tournez la tête vers le haut et accrochez-vous là...
En haut, il y a cet infini du ciel qui s'écoule en paquets de tendresse bleue, mouchetée de nuages coquins. Et les étoiles bien sûr, petites présences vigilantes et fidèles. Et Madame la lune qui s'y croit de se gonfler d' importance au fil des jours.
En haut il y a du courage pour cueillir à pleines respirations la lumière et la chaleur, pour ramener sur la terre un regard transformé.
Un regard meurtri, lacéré sans doute par tant de violence, tant d'absurdité, tant de détresses, mais transformé, capable de regarder en face le grand chagrin des hommes et des femmes et leurs sordides bêtises.
C'est en haut que mon âme se dilate, s'ouvre aux vents des aventures tonifiantes, apprend la confiance, vibre d'audace. Apprend à se poser les bonnes questions. En haut, je vois large, je vois la vie entière, celle de hier, d'aujourd'hui, celle de demain. En haut je me détache s'il le faut, sereinement. Et en haut, c'est parfois tout simplement au plus profond de moi-même, quand j'accepte de m’y rendre...
J'ai besoin de respirer le ciel pour pouvoir continuer à mener les justes combats, à mon humble façon, parfois fougueuse, parfois paisible.
Bien sûr, là-haut il y a les orages et les tempêtes et les nuits d'insomnie qui traversent les cieux déchaînés, déchirés. Il y a les questions sans (encore) de réponse, qui grattent et coincent... Mais ces orages, en balayant les scories inutiles, donnent une chance à de nouveaux possibles, aux lucidités retrouvées. Ils donnent une chance à l'espérance si malmenée en bas...
Oui, j'ai besoin de lever mes yeux vers là-haut. Sinon, c'est simple, je suffoque, je me noie, je meurs...
Ceci est la publication d'un ancien billet, qui pour moi, est d'actualité aujourd'hui encore, demain sans aucun doute...et sûrement après-demain...
Photo Coumarine
10 novembre 2009
Que serais-je sans moi
Vous connaissez ce poème d'Aragon mis en musique par Jean Ferrat, poème qu'il a écrit pour son grand amour Elsa Triolet?
Installez-vous, écoutez le début (qui est le refrain chez Jean Ferrat)
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant?
que cette heure arrêtée au cadran de la montre
que serais-je sans toi que ce balbutiement?
C'est magnifique n'est-ce pas?
Reconnaître ce que l'on est, ce que l'on devient, grâce et avec l'amour de l'autre...
Sans toi dit le poète, je ne vis pas dans la plénitude de qui je suis, je ne suis que balbutiement, heure arrêtée, cœur dormant. C'est toi qui m'encourages à déployer mes ailes et à vivre au plus large de moi-même. Ton regard aimant sur moi ouvre ma vie, invente mes richesses, colore mes espérances
Oui c'est magnifique...
Hier j'ai fait une expérience étonnante. J'ai chanté ces mots en changeant le pronom TOI par le pronom MOI.
Que serais-je sans moi...
Non pas comme une proclamation d'un ego surdimensionné du genre je me suis faite toute seule, je me suffis à moi-même, je n'ai besoin de personne. Pas davantage comme une affirmation un peu désespérée quand effectivement il n'y a personne pour nous raconter notre beauté, notre bonté... non ce n'est pas ça du tout, comprenez-moi bien.
J'ai simplement, courageusement et humblement, (car il faut du courage et de l'humilité pour faire ça) chanté ces mots en reconnaissant que tout se trouve en moi, la beauté et la bonté de ma personne, que je n'ai pas à la chercher sans cesse autour de moi et auprès des autres, que je n'ai pas à mendier la permission d'exister, la permission d'être et faire ce qui est bon pour moi d'être et de faire...
Je suis moi... quelle chance j'ai... que serais-je sans ce moi qui m'habite et ne souhaite que grandir en sagesse et en fantaisie, en créativité, et développer au maximum toutes ses qualités bien présentes en germe ou en pousses fragiles.
Se dire à soi-même: merci d'être, et merci d'être qui tu es. Apprendre à s'aimer aujourd'hui telle que l'on est, pour pouvoir déployer ses zones d'ombres et de replis.
Bien sûr c'est là le seul et unique chemin pour aller vers les autres et les aimer dans une attitude juste (donner/recevoir) et pas dans une revendication éplorée et sans fin d'être aimée et reconnue
Oui, que serais-je sans moi...
Peinture de Françoise Collandre
30 octobre 2009
La lettre sur le dos
Y aurait-il, épinglée sur mon dos depuis toujours, écrite par un ancêtre, aïeul ou parent, une lettre que je ne puis lire (forcément!) et qui m'étiquette, me conditionne...?
Je soupçonne que cette lettre se trouve sur mon dos, elle pèse si lourd, elle pèse des tonnes... me donne des maux de dos, de tête, de cœur, de pieds qui n'avancent pas... mais j'ignore ce qui se trouve écrit là, je ne puis le lire moi-même...
Et si quelqu'un m'en parle, parce qu'il a tenté de déchiffrer cette lettre si mal écrite, ses mots seront déformés, accommodés à sa sauce personnelle...
Tiens je me demande tout-à-coup...
Ce qui est vrai pour moi, l'est-il pour mes enfants, le sera-t-il pour les enfants de mes enfants...?
Quelle est la lettre que dans mon inconscient (mon inconscience) j'ai épinglée sur leur dos à eux, à laquelle ils n'ont pas accès librement, et qui leur donne maux de dos, de ventre, de pieds qui n'avancent pas...?
Où se trouve la liberté de chacun d'entre nous?
Peut-on un jour déchirer cette lettre (est-ce souhaitable d'ailleurs, peut-être que cette lettre est notre colonne vertébrale...) et réécrire une histoire qui serait vraiment la nôtre?
Photo Coumarine
23 octobre 2009
Mauvaise conscience
Quand je sors de table, il m'arrive d'avoir mauvaise conscience, de me sentir vaguement coupable.
Non je ne mange pas toujours équilibré, diététique, écolo et tout ça
Non je ne mange pas systématiquement cinq légumes et fruits par jour
Oui je mange parfois des crasses, genre chocolat, bonbons d'apéritif et tous ces trucs (et quand je commence, difficile de m'arrêter parfois...;-)
Oui je mange parfois au delà de ma faim, simplement par gourmandise, c'est malin bonjour les petits kilos!
Même chose concernant d'autres domaines dans lesquels je n'assure pas toujours
Par exemple ce qui concerne l'entretien de la "machine"
Non je ne vais pas marcher tous les jours ma demi-heure comme je me l'étais juré, au début de l'année...
Non je ne fais pas les étirements et autres exercices abdominaux comme je devrais...
Oui je néglige des RV chez le dentiste et autres bourreaux
Et oui, je suis trop sédentaire et ne bouge pas assez...
Même chose concernant la "vie de mon âme", ma vie intérieure, à laquelle je voudrais accorder plus de place, plus de temps.
Non je ne me pose pas assez en dehors du stress et de l'activisme qui m'entoure
Non je ne ferme pas ma porte pour me recentrer alors que j'en aurais le plus grand besoin
Non je n'écris pas tous les jours dans mon cahier secret mes pensées et sentiments intimes, simplement pour y voir plus clair et ne pas me laisser bouffer par la vie...
Même chose quand je ne respecte pas le programme que je me suis donné pour avancer dans mes projets.
La journée se passe parfois sans que je sois parvenue à faire quoi que ce soit de valable, sans avoir avancé... et c'est bien sûr un cercle vicieux. Parce que je me décourage alors, et me juge nulle et pas capble avec l'envie de tout envoyer promener...
Alors oui, il m'arrive de me coucher avec ce vague sentiment de culpabilité.
De me coucher en me jurant que demain, je prendrai mieux ma vie en main...
Et devinez ce qui se passe le lendemain, deux fois sur trois? (ou plus...)
Je me recouche à nouveau avec ce vague sentiment de culpabilité...
Zut alors...
Photos Coumarine
13 octobre 2009
"...et que demeurent vivantes les mémoires"
Ainsi concluait une conteuse que j'ai entendue un jour, raconter la légende d'Ys
Je réfléchis à cette phrase: "...pour que demeurent vivantes nos mémoires"
La mémoire de quoi? du passé qui nous a enchantés ou au contraire qui nous a blessés? de la leçon qu'on peut en retirer? (il faut savoir tirer les leçons du passé, dit-on...)
Pourquoi est-il bon que nos mémoires demeurent vivantes? Y-a-il obligation ou intérêt à dire, à garder trace? Y-a-il un héritage, une expérience de vie à transmettre absolument ? Faut-il parler à ceux qui nous suivent de ce qu'ils n'ont pas connu? Pourquoi transmettre les horreurs, les blessures, les difficultés de tous ordres? Ne vaut-il pas mieux les oublier définitivement? (mais qui peut prétendre que tout cela ne survit pas dans la mémoire de nos corps?) Ceux qui nous suivent n'ont-ils pas assez avec leurs déchirures de tous ordres, celles qu'ils doivent vivre dans le présent, sans encore ajouter dans leur sac à dos les histoires de leurs ancêtres?
La transmission est-elle nécessaire pour que l'Histoire et les (nos) histoires ne se répètent pas? N'est-il pas vrai que les histoires finissent toujours par se répéter jusqu'à redevenir l'Histoire... Il y a de cela tant et tant d'exemples... pourquoi les génocides se répètent-ils encore et encore?
N'a t-on pas à construire le présent pour que le futur soit le meilleur possible? Garder la mémoire vivante, n'est-ce pas risquer de ruminer sans cesse de vieux aliments cent fois vomis?
Garder la mémoire vivante ne répare rien, et surtout pas l'irréparable. Pourquoi retourner cent fois vers le feu qui a brûlé, consumé jusqu'à l'essence même d'un l'être humain?
Les paroles de mémoire sont si souvent comme des paroles minuscules qui viennent se perdre dans le fracas des fureurs et des colères, des tempêtes et des tsunamis..
Parler, raconter? Quand la gorge est serrée et ne peut pas prononcer les paroles qui déchirent?
Écrire, témoigner? Quand l'encre se dilue dans les larmes que l'on cache pourtant pour ne pas être moqué?
Pourquoi certains lancent-ils sur le Net des mots émouvants qu'ils ne confieraient à aucun de leurs proches?
Et pourquoi donc les enfants se taisent-ils le plus souvent et ne
"transmettent"-ils pas ce qui les blesse, sinon par une somatisation
que leur entourage est incapable de "lire" le plus souvent?
Voilà bien des questions, que j'ai conscience de mélanger d'ailleurs...je ne fais qu'ouvrir un coffre qui recèle bien des interrogations, certaines qui sont comme des culs de sac, d'autres des entonnoirs vers des portes qui libèrent...
Il n'est pas je crois, de réponses sur mesure...
15 septembre 2009
Un homme en danger
Lu aujourd'hui
"Un homme qui tombe, un homme à terre est un homme en danger: il réveille des instincts féroces et excite le rire avant la pitié"
Primo Levi Lilith
07 septembre 2009
Qui connaît-on vraiment?
Dans son commentaire à mon billet qui parle de son dernier livre "Tu ne jugeras point", voici ce qu'Armel Job écrit:
"Mon idée à moi, c'est qu'on ne sait pas qui sont les autres, qu'on vit
plus ou moins chacun dans sa bulle, qu'il est impossible d'entrer dans
la tête ou dans le cœur d'autrui, fût-il le plus proche de nos
proches. C'est assez évident comme idée, mais nous vivons malgré tout
la plupart du temps, comme si nous savions pertinemment qui sont les
autres. Nous les munissons en général d'une petite étiquette et nous
les rangeons dans les tiroirs de la commode bien commode qui nous sert
de jugement. La tâche du romancier, qui par la fiction a accès aux
secrets de tous, c'est d'ouvrir les tiroirs, d'arracher les étiquettes,
afin de nous faire prendre conscience de la précarité de nos opinions."
Ses personnages qu'on imagine comme ci ou comme ça... finissent toujours par nous surprendre. Ils se sont pas en définitive, comme nous avons cru qu'ils étaient, comme nous les avons un peu trop vite jaugés, jugés...
Cela désinstalle, désarçonne... qui est cet autre qu'on croyait si bien connaître?
Et si rien des "secrets" intérieurs de l'autre n'apparaît au dehors, parce qu'il a décidé de se taire, ou pour tout autre bonne ou mauvaise raison... alors à fortiori, on croit connaître et aimer quelqu'un qui est bien différent de celui (ou celle) qu'on imagine de bonne foi aimer et connaître tel qu'il est...
C'est ce thème qui apparaît de manière récurrente dans tous les romans de Armel Job...
Et cela me parle très fort.
J'ai connu des gens qui à la suite d'une "confession" ou d'une "indiscrétion" sont apparus à cent mille lieues de ce qu'on croyait connaître d'eux, dans le positif comme dans le négatif.
Moi-même, qui apparaît ici avec toutes les qualités de coeur que vous soulignez (et merci pour cela...) savez-vous qui je suis réellement?
Mes secrets indicibles qui seront enterrés en même temps que moi et pourriront dans ma tombe?
Mes petites lâchetés et autres jalousies dont je ne parle guère sur ce blog?
Mes belles petites actions dans l'ombre dont je ne parle pas davantage parce que ... parce que.. c'est comme ça!
Et ici il s'agit de la Toile ouverte à tous les vents du monde entier... on peut imaginer qu'on se protège du tout venant en taisant ce qui ne doit pas se savoir!
Mais dans le quotidien de ma vie, mes proches les plus proches ont-ils une idée réelle de la personne que je suis au fond de mon cœur?
Et moi? est-ce que je sais qui ils sont en réalité?
"je te connais comme ma poche"
Je te connais comme si je t'avais fait" ai-je si souvent.entendu... moi-même, je crois avoir fait le tour de mes enfants et conjoint...
Je crois vraiment que ce sont là des paroles inconscientes et prétentieuses.





