Récit d'une adoption - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

22 octobre 2008

Suite et fin...(tournage de la vie en + sur l'adoption)

- nouveau "plateau" comme on dit, nouveau témoignage, qui s'avère une histoire très douloureuse

Celui de Celine Giraud

Adoptée à 15 jours par une famille belge, elle grandit dans l'amour de ses parents adoptifs. Sans problèmes majeurs en ce qui la concerne. Comme la plupart des enfants adoptés, surgit en elle le désir de savoir qui sont ses parents naturels. Ce désir naît le jour de la naissance de sa fille à elle... Elle part au Pérou dont elle est originaire, mène l'enquête dans "son" orphelinat et découvre avec stupéfaction qu'elle a  en fait été volée à sa mère naturelle, et avec elle une vingtaine d'autres enfants qui sont partis en adoption un peu partout en Europe. Cette jeune femme considère sa mère adoptive comme sa mère, je le dis et le redis (ça m'a rassurée de voir que d'autres que ma fille considèrent leur mère adoptive comme leur mère tout simplement...) mais il y a la douleur de cette femme péruvienne et de toutes les autres qui un jour ont "perdu" leur enfant... Un trafic d'enfants ni plus ni moins!

Elle a écrit son livre-témoignage pour dénoncer le scandale.... L'organisme "voleur" a été dénoncé et poursuivi. Et elle a créé une association d'aide pour ces familles éprouvées...
Quant à la mère adoptive qui se trouvait sur le plateau aux côtés de sa fille, elle a dit en quelques mots très sobres mais très denses,  ce que cela fait de croire adopter un enfant orphelin ou abandonné, et de découvrir qu'ils ont été  à l'origine d'une telle souffrance: la culpabilité est là, bien présente...et pourtant eux aussi ont été bernés!
J'ai aimé la discrétion et la paix qui émanait de cette mère et de sa fille...
Et encore une fois j'ai regretté que davantage de place ne soit pas donnée à ces personnes qui avaient un message d'humanité à nous donner...

- il y a eu un jeune homme coréen parfaitement heureux dans sa famille adoptive et qui n'a jamais éprouvé le besoin de retrouver ses origines. Cela ne le concernait pas, il se sentait parfaitement Belge, sans autre questionnement. Mais là c'est le père naturel qui a fait des recherches pour retrouver son fils donné en adoption par sa femme, malgré ses réticences. Lui ne le souhaitait pas et regrettait. Le jeune homme s'est donc retrouvé contacté puis invité dans une famille coréenne TRES aisée, bien plus que sa famille adoptive...
Et...cela n'a pas été si facile que cela, la reprise de contacts...les mœurs du Belge qu'il est devenu n'étant pas du tout les mœurs des Coréens ...

-il y a eu enfin un Indien, qui a épousé une indienne du même orphelinat que celui d'ou il vient. leur hsitoire est spéciale aussi dans ce sens qu'ils ont l'accent belge, et se sentent Indiens, souhaitent retourner un jour en Inde... Là je n'ai pas tout suivi, je serai curieuse de regarder l'émission...

Quant à Marie-Ange notre fille qui a un air de famille avec les autres enfants, personne ne peut deviner qu'elle a été adoptée: il faut le savoir! Son histoire est encore tout à fait différente. Elle a simplement été accueillie chez nous pour un dépannage de courte durée, qui au fil du temps s'est transformé en dépannage longue durée, puis en adoption à la demande même du père légal (à ce moment)
Elle aussi a souhaité rencontrer sa mère naturelle...et c'est toute une histoire, bien sûr

J'ai regretté qu'elle n'ait pas eu un temps de parole aussi long que la jeune femme en guerre contre son adoption... Elle était comme la référence à laquelle l'animatrice demandait sans cesse son avis
Elle a dit et répété qu'elle n'avait rien demandé, qu'elle aurait préféré rester dans son orphelinat dans lequel elle était heureuse... et qu'elle s'est sentie arraché à son univers familier. Je peux la comprendre mais quand elle répète qu'elle n'a rien demandé...je pense que c'est comme nous tous qui n'avons pas demandé à naître
Bref, cela m'a légèrement énervée que tant de temps de parole lui soit donné. Je me demande ce que cela donnera au montage

Il y avait pour terminer deux spécialistes "psy". Une dame dont j'ai oublié le nom et la spécialité et un pédopsychiatre (Jean-Marie Gauthier) dont j'ai apprécié les interventions. Mais lui aussi n'a pas eu assez de temps de parole, quel dommage!
Au repas, et après le tournage, lors du verre de l'amitié, nous avons eu l'occasion d'échanger... un échange très riche...
Entre autres livres, il est l'auteur de "De la guerre des boutons jusqu'à Harry Poter"...... livre qui compare l'évolution de la jeunesse depuis le début du 20 siècle (année de parution de la guerre des boutons= 1908) jusqu'à maintenant... Je vais recevoir ce livre incessamment et je me réjouis de lire cette étude...

En guise de conclusion:  l'adoption, surtout internationale n'est pas un acte anodin et l'amour contrairement aux idées reçues et toutes faites, ne suffit pas. Les souffrances tant du côté des parents en demande vitale d'enfant, que du côté des enfants qui sont déracinés, et en portent  pour toujours la trace sur leur visage et dans leurs gênes...sont parfois énormes. Certains parents peuvent être dépassés, les problèmes sont spécifiques et s'ajoutent aux problèmes de l'adolescence. La quête d'identité est particulièrement prégnante

Voilà un peu longuement racontée l'histoire de cette soirée assez mouvementée, aussi du côté des sentiments vécus par tout le monde...
Merci de m'avoir lue jusqu'au bout

 

Posté par Coumarine à 22:19 - Récit d'une adoption - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Premières impressions... (la vie en +)

Sur le plateau, plusieurs intervenants, plusieurs histoires d'adoption très différentes, mais toutes avec leur lot de difficultés et toutes cependant avec leur lot d'amour (encore faut-il s'entendre sur le terme "amour")

- Un couple témoigne: il ne peut pas avoir d'enfant... (c'est le cas de ma fille ainée. C'est un véritable crève-coeur, dont on ne mesure pas la souffrance incroyable. Ma fille ainée a pleuré sans s'arrêter pendant une année entière, au milieu des examens, des stimulations ovariennes, des fécondations in vitro, des échecs...et du parcours de combattant qu'a été l'adoption de ses deux enfants)

Ce couple donc, ne peut avoir d'enfant...je sais ce que cela signifie comme souffrance, comme vide, comme manque... Il va donc s'adresser à un organisme agréé pour suivre la filière normale des candidats à l'adoption

Trois enfants venus d'ailleurs (je ne sais plus exactement de quel pays) Trois enfants qui ne sont plus des bébés, et donc avec un passé qui leur est propre, et qu'on ne peut nier

La barrière culturelle, celle de la langue, des habitudes alimentaires, d'un environnement très différent, d'une autre couleur de peau, d'un amour soudain offert sans limite  et qui peut déranger l'enfant, qui dans son orphelinat, n'est habitué ni au luxe dans lequel les familles européennes vivent, ni à l'amour débordant qui soudain fond sur eux

Oui on a parlé de cela, l'amour immense que les parents adoptifs "offrent" à leur enfant peut n'être qu'un manque terrible que eux cherchent à combler... L'enfant a moins besoin d'amour que de sécurité, du moins dans un premier temps, et de respect de qui il est. Pas facile pour des parents qui voudraient tant que leur enfant devienne LEUR enfant

- Il y a eu aussi un couple d'homosexuels qui ont adopté une petite fille tout bébé, aujourd'hui âgée de 11 ans. C'est une adoption belgo-belge, pour laquelle je n'ose pas donner mon avis de peur de me faire lyncher.

(le sujet de l'émission n'étant pas d'ailleurs l'adoption par des couples homosexuels, l'animatrice l'a bien rappelé, ce n'était pas là le débat...mais il portait autour du désir (ou non) pour l'adopté de retrouver ses parents naturels...

Je retiens de leur intervention que cette petite fille par ailleurs aujourd'hui mignonne et qui semble équilibrée, a le grand désir de retrouver sa mère biologique, ce qui lui sera permis à 18 ans (et pourquoi pas plus tôt? quelle est cette frontière de l'âge? Est-elle légale? Je ne sais...

Ensuite il y a eu le témoignage d'une jeune adulte qui porte sur son adoption un regard très critique. On lui a donné beaucoup de place dans l'émission, je le regrette. Certes elle a des choses très intéressantes à dire, et elle oblige sûrement à une réflexion poussée sur les adoptions des enfants venus d'autres continents.

Je n'en dis pas plus: je vous mets le lien sur une interview à partir du livre qu'elle a écrit à partir de son expérience. Très intéressante...

(à suivre)

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19 octobre 2008

Quatre enfants, ça occupe énormément (1)

Au départ, c’est l’histoire d’un couple comme n’importe quel couple. « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». Ainsi se terminent les contes de fées et commence cette histoire ordinaire.

Un couple et de beaux enfants : deux filles, puis le garçon tant attendu, celui qui va perpétuer le nom. Important pour le père, de transmettre son patronyme. La mère elle, est simplement contente d’avoir un fils. Le patronyme et tout ça, ça lui est égal, d’ailleurs elle préfère son nom à elle. Bien, deux filles, un garçon, c’est une belle famille. Et donc on arrête là d’accord ? Et pourtant, surprise inexpliquée de la vie, une fille vient deux ans plus tard, changer le trio en quatuor.

C’est une belle famille. Une belle famille nombreuse. Une famille plus que nombreuse. Qui demande de la disponibilité, du temps, qui réclame du courage, de l’endurance, de la résistance, de la fermeté. La femme choisit de s’occuper à temps plein des enfants. L’homme carbure pour assurer les besoins des siens. Ils ont tous deux du courage plein leurs poches, qu’ils sortent abracadabra tous les jours depuis le lever en fanfare de la petite troupe jusqu’à son coucher tambour battant. L’homme et la femme n’arrêtent pas. Parfois même ils sont carrément débordés, entre travail, enfants, maison à aménager, engagements aussi, comme si avoir quatre enfants n’était pas un engagement en soi et de tous les instants !

Rien ne les destine à adopter un cinquième enfant, ils ont les bras, le cœur et la maison déjà suffisamment remplis de rires d'enfants, de disputes, de cauchemars la nuit, de soucis le jour… Courses. Repas. Lessives. Ménage. Médecin, dentiste, kiné. Conduire les enfants à l’école. Les rechercher. Les conduire la gym, à la bibliothèque, à la piscine, au foot. Nouvelles chaussures. Et le reste. Profiter des soldes, c’est fou comme ils grandissent vite. Raconter des histoires, aider aux devoirs, écouter, consoler, soigner les bobos petits et les bobos plus graves, ceux qui se soignent en clinique, angoisser, stresser et rire aussi... beaucoup même certains jours!

Bref, quatre enfants, un couple qui rame parfois et même souvent, mais au total une famille heureuse, on va dire ça comme ça…

Parfois surgit dans leurs conversations la possibilité d’un cinquième enfant. C’est un peu de la folie non ? Les temps sont durs à tous points de vue n’est-ce pas ? Alors cette folie, ils la gardent bien au chaud de leurs questionnements. Sujet tabou auprès des proches. Déjà qu’on les regarde comme des denrées rares, des gens pas comme les autres : avec les quatre petits, ils ne passent pas inaperçus. Ça fait des queues à la caisse du super marché, par exemple, et pas que là. Il y a des gens qui regardent ça de travers. Il y a des gens impatients que les enfants dérangent. Donc un cinquième enfant c’est vraiment une idée folle à écarter d’urgence en ces temps de disette et de surpopulation mondiale… Une idée à classement vertical…

(à suivre)

Mais mardi ou mercredi je vous dirai sans doute un mot du tournage de l'émission... (si ça vous intéresse)

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18 octobre 2008

Il était une fois

Lundi prochain, ma fille adoptive (ainsi que toute la famille) est convoquée sur les plateaux de la RTBF1, en tant que témoin pour l'émission "C'est la vie en +". Le thème de l'émission portera sur l'adoption, vue du côté des adoptés principalement. Il y aura des témoins heureux de leur adoption et d'autres non, ou moins, qui soulèveront sans doute les problèmes inhérents à toute adoption. Et il y en a bien sûr, pas besoin de faire de l'angélisme.

Cela fait trois mois qu'en vue de ce tournage (l'émission sera diffusée en novembre), ma fille (et nous aussi, dans une moindre mesure) est "suivie" par l'équipe de tournage. Ils étaient là entre autres à son mariage...(avec son accord bien sûr)
Un autre petit adopté de notre famille, à savoir le fils de ma fille ainée, sera présent et du haut de ses neuf ans aura son petit mot à dire...L'enfant est le filleul de ma fille adoptive...

J'ai le cœur un peu serré... la journaliste est adorable et nous entoure très bien depuis trois mois.
Témoigner d'une histoire d'amour, ce n'est pas simple. Pour ma fille c'est important. jJespère de tout mon cœur que nous trouverons les mots justes. Dans la simplicité...


J'avais promis à ma fille adoptive de lui écrire un peu de son histoire. J'y ai travaillé avec soin...
Je la publierai ici en petites tranches, jour après jour...
Bonne lecture


MA_voiture

Il était une fois…

Non ce n’est pas comme ça qu’il me faut commencer cette histoire, car ces mots-là sont ceux qui débutent un conte de fée. Or, ce n’est certes pas un conte de fée dont j’entreprends ici l’écriture. Parce que les contes de fée, même s’il y a des vilaines sorcières et des loups garous, ont tous une fin. En général heureuse : une fin qui soulage, qui permet  de respirer, une fin où tout est bien qui finit bien.

Ici il n’y a pas de fin. Il s’agit d’une histoire sans fin. Une histoire comme on peut sans doute en lire dans les livres, mais qu'on trouve surtout dans la vie. Encore que. Les histoires comme ça, on ne les remarque pas. Elles se confondent au hasard des soleils et des grisailles de toutes les histoires ordinaires. Dans lesquelles il y a parfois du blanc, parfois du noir. Parfois des cauchemars, parfois des éclats de rires. Parfois des tempêtes, parfois des conquêtes de l’impossible. Du tout et du rien. Du très ordinaire souvent.  Et tout-à-coup de l’inhabituel et du très précieux.

(à suivre)

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08 septembre 2008

Une belle journée

Ce fut une belle journée...
Tout y a concouru: le temps, les gens, les acteurs principaux souriants et heureux, le repas, l'atmosphère bon enfant, la longue cadillac blanche, les sourires, le montage fait par les autres enfants pour parler de leur soeur à leur manière avec humour et tendresse, le discours du père de la mariée qui a fait sortir quelques mouchoirs, les rires et le bon vin, tout je vous dis...tout...!
Je ne vous en dirai pas davantage, du moins ce soir
Je suis fatiguée et heureuse du bonheur de ma fille et de son mari

mariage_MA_023
MA_voiture

Vous savez que les gens qui ignorent que ma fille est adoptée, trouvent qu'elle ressemble beaucoup à mes autres enfants... amusant hein!

Au fil des années, elle a acquis les mimiques, les façons de s'exprimer de ses sœurs et de son frère...

cela me touche en fait beaucoup quand on souligne cette ressemblance

Une belle photo encore sur mon blog photos

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03 septembre 2008

Une adoption...un mariage

Tous les jours il y a des lecteurs qui aboutissent sur ce blog en faisant une recherche à partir du mot "adoption"

J'ai en effet raconté ici, en quelques billets, une histoire qui court sur pas mal d'années... l'histoire de ma dernière fille, accueillie en dépannage pour quelques semaines (!) puis adoptée à l'âge de 7ans. Ben oui! Au départ le simple dépannage d'une famille en difficulté, (nous ne pensions pas avoir un autre enfant, nous en avions déjà quatre...ouf!) qui se transforme en accueil longue durée, puis en adoption légale. (cela me fait bizarre de résumer en quelques mots des années à la fois difficiles et souriantes...comme quoi les mots ne sont pas la vie, quand elle est vécue minute après minute.

Ces billets se trouvent dans la catégorie ad hoc... lààààà à droite, regardez bien...il y a je crois une dizaine de billets

Ma fille se marie samedi prochain, dans deux jours donc... Et pendant tout le temps de préparation du grand jour, elle a espéré que sa mère biologique avec laquelle elle a repris contact il y a quelques années (c'était une enfant du centre de la ville, elle a fait les recherches, l'a retrouvée, a repris contact avec elle, et cela s'est plutôt bien passé...) viendrait à son mariage. Elle était invitée... elle était la bienvenue...

Cette femme avait dit oui... mais elle a depuis, sombré dans une grave dépression et ne se sent pas le courage ni la force de venir (c'est vrai que cela ne doit pas être facile pour elle, même si ma fille l'a rassurée, et que les contacts entre elles deux sont bons... mais surtout elle lui a dit combien c'était important pour elle). Son frère de sang ainsi que sa femme, seront par contre présents. Et ma fille en est très heureuse.

J'aurai l'occasion d'en reparler...

Ce soir je voulais dire ceci: un enfant adopté, même heureux dans sa famille d'adoption (ce qui est le cas de ma fille, ce n'est pas moi qui le dit, mais elle... n'oublie pas un seul jour qu'il est adopté.

Il faut qu'elle vive au jour le jour avec cette réalité le mieux possible. Une réalité à intégrer

Cela veut dire ce que cela veut dire: elle a été d'une façon ou d'une autre "abandonnée", elle n'a pas été élevée par sa famille naturelle, elle est pour toujours, tiraillée entre deux pôles, deux fidélités...
Même si elle a été aimée par une famille aimante, même si nous sommes se parents de coeur comme elle dit, même si mes enfants l'aiment sans faire aucune différence, c'est une blessure indélébile... Et encore: elle a cette chance d'avoir pu sereinement reprendre contact avec sa mère de sang, et que cela se soit bien passé. Elle a pu lui poser toutes les questions qui restaient des points d'interrogation  lancinants, entre autres le fameux POURQUOI (pourquoi n'as-tu pas pu ou voulu t'occuper de moi?), et QUI est son père biologique... C'est comme ça, et il vaut mieux que les parents adoptifs le sachent...

Ma fille me l'a dit il y a une heure encore avec beaucoup d'émotion, qu'elle y pensait tous les jours... Et particulièrement ces jours-ci où elle prépare son mariage, où elle espère mettre en route un bébé (elle a fait une fausse couche au printemps dont elle a mis du temps à se remettre (comme si être mère, cela allait être compliqué pour elle...)

Je suis en train d'écrire son histoire en détails...comme une histoire passionnante et difficile, qui est la sienne. Tout sera écrit noir sur blanc, et d'autres pourront la lire...
Elle le sait et m'en est reconnaissante, même si elle connait le maximum bien sûr... elle apprendra des détails qui seront j'en suis sûre importants pour elle. Elle l'attend avec impatience comme une occasion de pouvoir se situer dans la vie, dans SA vie
Elle aura ce trésor à transmettre à ses futurs enfants... elle réalise combien c'est important, quand elle voit l'impact qu'a eu sur mes 5 enfants (elle y compris) la lecture de L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers...

(Comme c'est important de SAVOIR!)

Ce sera mon cadeau très précieux pour elle... et du même coup pour mes autres enfants qui tous sont entrés avec amour dans cette histoire, pas ordinaire, c'est le moins qu'on puisse dire...

 

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08 avril 2008

Il vient du Vietnam, elle de la Chine...

Notre fille ainée et son mari font tous deux partie d'une famille nombreuse...ils en ont été heureux et souhaitaient avoir plusieurs enfants.

La vie en a décidé autrement... je dis là en deux mots des années de larmes, un deuil douloureux à faire...

Après des années d'essai et de traitements médicaux lourds et déprimants, ils ont opté pour l'adoption. Et leurs deux merveilleux enfants sont des enfants asiatiques, l'ainé vient du Vietnam, la deuxième vient de Chine.

Cela aussi dit en deux mots, parce que en Belgique (et en France aussi semble-t-il) le chemin vers l'adoption est un véritable parcours de combattant, les futurs parents ayant à donner leurs preuves!!! (je sais, c'est dans le but de protéger les enfants, mais cela dépasse tout ce qu'on peut imaginer...)

Ma fille ainée a  vu la nécessité vitale de sa petite sœur adoptive de SAVOIR tout ce qui a trait à ses parents biologiques, d'avoir les réponses aux questions qu'elle se posait

Et elle a fait le maximum pour réunir le plus d'éléments concrets concernant la toute petite enfance de leurs enfants dans leur pays d'origine... cela intriguait d'ailleurs (et dérangeait) les autres candidats à l'adoption partis avec eux et qui eux, souhaitaient au contraire en savoir le moins possible...peur qu'un jour leur enfant ne reparte et les quitte...(toujours l'enfant pour soi! à soi!)

Ma fille et son mari ont des lettres écrites par les puéricultrices de leurs enfants qui dans l'orphelinat se sont occupées d'eux, qui décrivent un peu les premiers mois de leur vie... autant de trésors gardés avec respect

Ma petite fille chinoise vient de fêter ses huit ans. Mais la date de son anniversaire n'est pas connue avec précision. Comme la petite fille de Cabrel, on l'a trouvée, enroulée dans une couverture au carrefour d'une grande ville... (tous les mots de la chanson de Cabrel décrivent si bien la réalité vécue par ma fille, son mari et les deux enfants)

Ma petite fille sait cela, elle en parle librement.. et n'en souffre pas trop...du moins pour le moment...
Mais elle veut tout savoir sur son pays d'origine...tout...et ce n'est pas simple! Elle entend les difficultés entre Chine et Tibet...elle en souffre...elle entend que "son" pays ne respecte pas les droits de l'homme ...elle en souffre... elle sait les péripéties de la flamme olympique... elle n'aime pas ça...
Comme elle souffre aussi de toutes les injustices qui se passent ici, dans son pays d'adoption

Elle est intelligente et éveillée

N'allez pas croire que c'est une enfant "souffrante" pour autant, elle est pleine de rires et de talents...

Comme son frère qui lui s'intéresse à son pays d'origine le Vietnam... la carte du monde se trouve dans leur chambre à tous deux...au fond ce sont des enfants ouverts au monde...et à ses problèmes

 

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06 avril 2008

L'enfant adopté a besoin de SAVOIR

Alainx nous donne les paroles de la belle chanson de Cabrel, hymne à la femme qui a porté dans son ventre la petite fille que le chanteur a adoptée. Alain fait mention de l'histoire de l'adoption de notre plus jeune fille que j'ai racontée longuement ici.

Tous les jours arrivent sur mon blog des gens qui viennent chercher des renseignements et du réconfort concernant l'adoption qu'ils envisagent... Et très régulièrement je reçois un mail inquiet me demandant si c'est aussi nécessaire que je l'affirme, de réunir pour l'enfant le maximum de renseignements concernant ses origines.

Et je réponds inlassablement OUI, cent fois OUI
L'enfant qu'on adopte, n'est pas à nous (et finalement aucun enfant n'est à nous...mais donné à la Vie, à LEUR vie...) Il ne sert à rien de faire semblant que sa vie commence au moment de son adoption...Il y a son avant qui reste capital... la psychogénéalogie nous en apprend beaucoup à ce sujet...

Notre fille adoptive (allez lire son histoire, elle intervient avec ses mots à elle) a repris contact avec sa famille biologique. (bien sûr, c'était assez facile parce que c'est une enfant d'ici, que nous avons dans un premier temps, simplement accueillie chez nous pour dépanner une famille en difficulté; cela devait au départ ne durer que quelques jours...)

Notre fille, comme tous les enfants adoptés, désirait connaitre les circonstances liées à sa naissance, et surtout le pourquoi: qu'est ce qui s'est passé qui a fait qu'elle ait été "laissée en accueil", puis donnée à l'adoption. Besoin de savoir, besoin essentiel...je pourrais en parler longuement...Les sentiments liés au sentiment d'abandon sont violents et peuvent faire des ravages. Elle a eu des moments d'angoisse profonde liés à cette question du pourquoi? Pourquoi ai-je été abandonnée...pourquoi n'ai-je pas été aimée...Question récurrente malgré nos mots sans cesse répétés, ce n'est pas toi qui est à l'origine de "l'abandon", ce sont tes parents qui pour une raison que nous n'avons pas à juger, n'ont pu s'occuper de toi... (difficile aussi de faire passer ce message sans accabler des gens qui sont ses parents de sang et que la vie a malmenés...qu'aurions-nous fait à leur place, dans les difficiles circonstances de vie qu'ils ont connues?...c'est une bonne école pour apprendre à ne jamais juger!

La reprise de contact s'est faite dans la prudence et la simplicité...nous restons ses parents qu'elle aime, sa mère de naissance, reste sa mère de naissance. (Le père est DCD) Simple non? (Résumé comme ça en deux mots c'est simple, mais dans le quotidien de ce que nous avons vécu...ce fut un parcours de combattant...dont le maître mot de tous les côtés, le nôtre, celui de la mère (mais oui, celui de la mère AUSSI), celui de notre fille, est : l'amour)

Notre fille se marie en septembre...elle aura à ses côtés, ce jour-là, sa famille adoptive et sa famille de sang... elle en est heureuse, et nous aussi avec elle. Avouez que c'est une histoire à raconter à Delarue...les deux familles réunies en bonne entente, et sans esprit de compétition... Nous savons que cela se passera bien...

Et puis il y a les deux enfants adoptés de ma fille ainée...dont l'histoire ressemble plus à celle décrite par Francis Cabrel

J'en parlerai demain...

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30 novembre 2007

A propos des adoptés

Hier, jour ordinaire
je reçois quasi en même temps deux mails privés
Longs, ces gens ont des choses à me dire
Je les lis avec attention

L'un de quelqu'un qui apprécie mes Petites paroles (inutiles) et prend la peine de m'expliquer pourquoi
Je reconnais que cela fait du bien, en tout cas m'aide à continuer, à y croire dans les jours de doute
Et il y en a...plus que jamais au fil des jours

L'autre concerne l'histoire de l'adoption de ma fille que j'ai racontée longuement (pour les curieux voir dans les catégories)
Tous les moments n'ont pas été faciles, il y a eu pas mal de galère, de doutes, de remises en question, de souffrance pour l'enfant, pour la famille
Et pour moi, la mère...aussi

Je reçois hier un mail qui me dit que je m'exprime en tant que mère adoptive...qu'on ne sait pas si l'enfant est heureux, qu'on ne donne pas le droit à la parole à ces enfants "pris" d'ailleurs (ce n'est pas exact,  ma fille s'est exprimée ici...mais il ne l'a pas lu apparemment)

L'auteur du mail a écrit un (deux?) livres sur son adoption "ratée", sur le "vol" par ses parents de l'enfant qu'il était, cueilli dans son pays d'origine pour combler des besoins possessifs d'amour d'enfant, besoins douloureusement frustrés.

C'est un sujet douloureux et délicat...qui peut donner lieu à des débats longs et pénibles..

Connaît-on la souffrance des couple stériles, de ceux qui tentent en vain d'avoir un enfant...? et si l'on se décide pour l'adoption,comment savoir si on fait bien? il faut beaucoup de lucidité pour aimer dans la justesse, que ce soit son conjoint, ses enfants, ses enfants adoptés et même son chien...aimer VRAI et pas aimer possessif, c'est le combat de chacun, non?

Je crois en effet qu'il y a des parents dévoreurs...mais ce n'est pas l'exclusivité des parents adoptifs, non?

Notre fille est au départ une enfant qu'on a accueillie pour un temps limité, le temps pour les parents de retrouver l'équlibre suffisant et qui leur manquait pour reprendre une vie de famille normale
Nous avions déjà quatre enfants, cela nous suffisait, nous n'étions certes pas en manque, simplement ouverts et accueillants
L'accueil s'est transformé en adoption, ce sont les parents eux-mêmes qui le demandaient (oui, je sais c'est un cas un peu spécial...et pas courant)

Celui qui m'a envoyé le mail se trouve être dans la position d'un adulte adopté (enfant venu d'ailleurs, donc "coupé " de ses racines) Il m'écrit de manière assez dure...que je dis des inepties, que je juge sans le connaître, qu'il a écrit des livres et qu'il fait des conférences pour avertir les adoptants des dangers de l'adoption et pour "aider" les adoptés. Il dénonce cet humanisme niais qui croit tout résoudre par les bons sentiments..je le comprends...

Mais j'ai perçu y très vite que les reproches qu'il me faisait n'étaient pas d'abord dirigés contre moi, mais qu'ils étaient l'expression de sa souffrance et de sa colère..

Ce qui me désole, c'est que malgré mes efforts (réels vous pouvez me croire) d'essai de "dialogue", d'ouverture, d'assurance que je ne jugeais rien ni personne (peut-on juger, jauger des souffrances, de quelque coté qu'elle viennent?) ce monsieur est resté dans son discours revendicateur, poursuivant son idée fixe de se sentir jugé et mal compris

Ce qui me désole c'est que pour dialoguer, se comprendre, il faut être deux...avec des pas à faire chacun et que accuser l'autre de dire des inepties, agresser l'autre n'a jamais fait progresser aucun dialogue.
J'ai d'ailleurs arrêté l'échange...de guerre lasse
Et j'ai essayé de ne pas "souffrir" des propos échangés qui m'ont fait mal, j'ai tenté de dormir en paix

Je me suis demandé comment il pouvait "aider" les autres tant qu'il restait manifestement dans sa problématique de colère non digérée

J'ai décidé de ne pas modérer les commentaires, il a donc le droit à la parole, je lui demande simplement de s'exprimer sans agresser, dans un souci de vrai échange
Je suis sûr qu'il a des choses à nous apprendre...
Et je le dis sans aucune ironie..et sans rancune


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09 mars 2007

Histoire d'une adoption (suite)

Je me pose une question:

Ça sera comment quand ma fille adoptive aura un (ou des) enfants? (en supposant qu'elle fabrique ses enfants dans son ventre, comme disaient mes enfants quand ils étaient petits)

Ma fille adoptive, j'oublie le plus souvent qu'elle est adoptée...elle fait tellement partie de la famille, tout comme les autres...c'est une enfant du pays, je veux dire qu'elle ne vient pas d'ailleurs, et les gens qui ne savent pas qu'elle est adoptée, trouvent qu'elle ressemble très fort à ma deuxième fille, comique hein!

Mais...comment seront ses enfants? Ils n'auront pas notre sang, bizarre quand même...

Et sa mère biologique, avec laquelle elle a repris contact et qu'elle voit de temps en temps, qu'elle appelle par son prénom, me réservant le nom de Maman...elle sera AUSSI la grand-mère des futurs enfants de M...

Ah oui! je me demande comment ça sera...franchement... une situation pas banale ça!

Posté par Coumarine à 18:29 - Récit d'une adoption - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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