Les silences de Kaila - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

14 février 2007

Gouttes de tendresse

La pluie tourne dans le vide des rues étranglées. Gouttes d'absence.

Elle dort.

La pluie danse dans la pénombre des temps anciens. Gouttes d'évasion.

Elle s'envole.

La pluie hésite, tente en vain de tisser des velours de quiétude. Gouttes de détresse.

Elle se tait.

La pluie se bat, se rebelle, combat, frappe, cogne, blesse. Gouttes de violence.

Elle meurt.

Dans les rues, un cercueil gris, il est vide. La morte s'est enfuie. Loin. Inconnue à cette adresse.

Le silence bouge sec et dur, il tremble, s'évanouit à l'usure.

Elle rêve un peu fou.

La pluie fait reculer le désert.

Elle chante.

Juste une note. Peut-être deux. Comme ça. Pour rien. Pour la tendresse...

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15 novembre 2006

Gris, morne, pressé, silencieux

Elle glisse dans l'univers froid et sombre du métro. L'escalator l'entraîne vers le fond. A côté d'elle, du monde, derrière elle du monde, devant elle du monde...Rien que du monde qui s'enfourne avec elle dans cet antre, glissement mécanique, rien que du monde gris, terne, pressé, silencieux, morne. Chacun dans son monde.

Arrêt sur image. Le quai long comme un jour sans pain. Elle s'est figée, comme tout le monde. Elle attend la rame, comme tout le monde, mon dieu qu'il y a du monde, gris, terne, silencieux, pressé. Comment ils font tous pour être mornes et affairés en même temps?

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Il arrive le métro. Bruit d'acier. Les portes s'ouvrent. Un flot de monde sortant, un flot de monde entrant. Ça pousse de partout ce monde, il l'enferme, la coince, la serre, l'étouffe. Au secours. L'air est resté là-haut!

Elle arrime une main sur la main courante. Pleins de mains se greffent sur la sienne, avec des ongles noirs, rouges, bleus, des mains moites, sales, des fines, des vertes, des mûres et des pas mûres. Des mains au bout desquelles il y a du monde gris, terne et pressé. Un monde agglutiné et pourtant enfermé dans sa tour d'ivoire. Deux petits bouchons de musique collés sur les oreilles. Abonnés absents. Sourires à la musique. Et tout ce monde piétine en se balançant au gré des secousses. A gauche, à droite, chorégraphie obligatoire, aucune originalité.

Elle fait comme tout le monde, se balance à gauche à droite, serre la barre pour ne pas tomber, tente de s'écarter des odeurs des sueurs, n'y arrive pas, ferme les yeux, s'évade dans son monde...

Là elle doit descendre, pardon monsieur, pardon madame, elle est dans le flot sortant, elle suit le mouvement qui remonte, le mouvement de tout ce monde gris et pressé, et si morne...

Pas un sourire, pas un mot, rien, ça doit être ça l'enfer.

En haut de l'escalier, de l'air, enfin!
Et un mendiant qui tend une main sale...

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06 novembre 2006

Sorcière ou princesse

lilyaCorneli

Photo de Lilya Cornéli

La nuit, en s'endormant, elle ouvrait sa mémoire.

Elle entrebaillait la porte de chêne lourd de sa grande armoire et s'y glissait en silence. Il ne fallait surtout pas que quelqu'un soupçonne qu'elle allait pendant deux ou trois heures partir dans les profondeurs de sa vie, qu'elle alllait selon son humeur se déguiser sorcière ou princesse.

Elle se nichait bien serrée dans une couverture qu'elle avait placée là pour accueillir ses rêveries solitaires. Elle s'abandonnait à l'ivresse de partir dans sa tête. Promesses d'aventures jamais déçues pour la fillette qui alors devenait audacieuse et rebelle.

Qaund elle décidait de s'habiller princesse, ses yeux se coloraient de douceurs bleues et de paroles de miel. Elle s'allongeait sur la couverture, les lèvres tendues pour recevoir le baiser qui l'éveillerait à la vie qu'elle appelait de toute son âme. Parfois même, elle ouvrait les bras (et les jambes ...mais chuuut, il ne faut surtout pas le dire à la mère sévère) dans l'appel éperdu des caresses qui tiraillaient son ventre de si étrange façon parfois...

Quand une journée pétrie d'interdictions  la conduisait à devenir sorcière, elle se redressait au contraire, les pupilles dilatées et vengeresses, amazone ou louve, elle ne savait pas trop.  Alors elle était un peu effrayante, la fillette aux prunelles grises, à la chevelure noire  ébouriffée.

Et s'il arrivait que sa mère entrât dans la chambre de ses insomnies vagabondes, elle lançait les bras au ciel, se plaignant de ne pas reconnaître comme sienne , cette enfant si différente qu'on aurait pu la croire engendrée par une vraie sorcière, d'un temps révolu, de celles qu'on condamnait au bûcher, vous voyez...

C'est ce qu'elle disait en criant, en  reconduisant l'enfant de force dans le lit déserté et froid.

Et le fillette déjà louve, prenait cela pour un compliment.

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12 octobre 2006

Princesse ou Sorcière

lilyaCorneli

La nuit, en s'endormant, elle ouvrait sa mémoire.

Elle entrebaillait la porte de chêne lourd de sa grande armoire et s'y glissait en silence. Il ne fallait surtout pas que quelqu'un soupçonne qu'elle allait pendant deux ou trois heures partir dans les profondeurs de sa vie, qu'elle alllait selon son humeur se déguiser sorcière ou princesse.

Elle se nichait bien serrée dans une couverture qu'elle avait placée là pour accueillir ses rêveries solitaires. Elle s'abandonnait à l'ivresse de partir dans sa tête. Promesses d'aventures jamais déçues pour la fillette qui alors devenait audacieuse et rebelle.

Photo de Lilya Corneli

La suite sur Kaila

Posté par Coumarine à 16:47 - Les silences de Kaila - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 septembre 2006

Kaila, louve ou déesse de la lune

alone

"De grands miroirs renvoyant son image à l'infini...la louve timide s'étonne de se voir surprise par tous ces visages indiscrets. Elle scrute, se reconnaît, se rassure...

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Kaila est le nom que la pianiste Hélène Grimaud a donné à une de ses louves au New York Center Wolf Center.

Kaila évoque la déesse du ciel dans une légende Inuit.

Je me suis approprié ce nom qui me parle et  me rappelle un livre que j'ai dévoré: "Femmes qui courent avec les loups" de Clarissa Pinkola Estes, et qui raconte les histoires et les mythes de la Femme Sauvage

"Femme sauvage" je me sens, bien souvent en porte à faux avec le quotidien.

Kaila est donc la face littéraire de Coumarine, une face parfois un peu sombre, mais l'écriture ne s'éclate-t-elle pas dans le sombre souvent, et dans l'émotion à tous coups?

Kaila, ce sont des mots comme Coumarine les aime, dans le mystère, le poétique,  l'étrange, le rêve...

C'est un projet littéraire qui me tient à coeur, j'y ai simplement supprimé des notes vraiment trop sombres (ceci pour ceux qui lisent Kaila depuis un certain temps et qui n'y retrouveraient pas certaines notes.)

Bonne lecture, pour ceux qui le veulent

Posté par Coumarine à 16:05 - Les silences de Kaila - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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