L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

23 juillet 2009

A l'endroit, à l'envers

Pour quelqu'un qui se reconnaîtra...

Une aquarelle que j'aime énormément.
Blottie dans un coin de mon bureau.
Je n'ai qu'à tourner la tête à gauche...
elle est là, à l'endroit, ou à l'envers, comme l'enfant...

Elle est double, elle est jumelle, elle est l'une et l'autre
Ou peut-être ni l'une, ni l'autre

C'est une histoire de miroir ou de chaise vide...

Tiens, il y a la lumière qui se reflète là, dans le coin gauche de l'aquarelle
Je ne l'avais pas encore vue: elle s'est invitée sur la photo, à mon insu...

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Photo Coumarine

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03 décembre 2008

La chute

C'est un dimanche à la campagne. Il y a là, encore immobile sur la route, une carriole tirée par deux chevaux. Le père piaffe d’impatience, ou alors ce sont les chevaux, on ne sait pas trop. L’air est électrique. Les chevaux sont nerveux. Ou alors c’est le père, on ne sait pas trop. Le père brandit déjà le fouet. Le fait claquer dans l’air. Mais l’air est à l’orage. Lourd, inquiet, nerveux. Les deux enfants sont montés dans la carriole. Ils sont excités, ils rient, se taquinent, s’asticotent... Les chevaux piétinent, impatients. Les sabots cognent sur la terre desséchée. Le fouet virevolte, frappe l’air qu’il déchire… L’homme est énervé, il attend sa femme qui comme toujours est en retard.

La voilà enfin ! Elle court, elle vole, elle s’envole, la robe légère soulevée par le vent. Le vent qui s’est fait violent. La mère s'apprête à monter à son tour pour rejoindre ses enfants sur la plage arrière de la carriole, quand soudain les chevaux s'ébranlent, frappés sèchement par le fouet du père... la mère tente de s’arrimer, mais elle trébuche. Brutalement. Choc du corps qui tombe mais reste accroché à l’arrière de la carriole qui continue impitoyablement d’avancer.

Les enfants voient leur mère traînée par terre. Le temps s’écoule au ralenti. La carriole  continue d’avancer comme si de rien n’était. Rires suspendus. Terrifiés, glacés par la peur, le garçon et la fille entendent leur mère crier de douleur et supplier le père d'arrêter cette carriole. Ils crient aussi. ARRETE PAPA... Hurlements. Le cœur qui bat la chamade. Douleur. Les chevaux s’immobilisent enfin. Le père, la mère, le fils et la fille sont figés dans cet étrange silence qui suit toujours le tohu-bohu des catastrophes.

C'est alors que la fillette entend les paroles que sa mère prononce comme dans un souffle: "cette chute causera ma mort". L'enfant a douze ans. Deux ans plus tard, alors qu’elle semblait depuis longtemps remise de cet accident, la mère "tombe" malade, sombre dans la dépression, commence à perdre l'usage de ses jambes, doit s'aliter de plus en plus souvent, laissant sa fille prendre en charge le ménage et les soins à la malade. L'enfant n'a que quatorze ans...

Extrait de "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers". N.V.
Editions Traces de Vie, avril 2008

Ce soir à 17H,  à L'espace Wallonie-Bruxelles (rue Marché-aux-Herbes, 25 à 1000 Bruxelles), trois auteurs belges sont interviewés sur leur dernier opus. Dont moi à propos de l'Enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers. Vous êtes les bienvenus...l'entrée est libre et le petit verre de l'amitié est offert ensuite

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10 octobre 2008

De l'écriture d'un récit de vie

Un mail reçu ce matin...

Ce petit mot pour vous dire que j'ai adoré votre livre "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers".  J'ai aimé l'écriture, le contenu, la sensibilité.  Ce livre m'a émue jusqu'aux larmes par moments, m'a fait du bien et m'a mise en contact avec des souvenirs de ma propre enfance.  Je suis vraiment heureuse de vous avoir rencontrée et j'espère que vous me tiendrez au courant de vos prochaines écritures...  Bon vent à vous.  M."

Puis-je vous dire que ce mail est un parmi tous ceux que j'ai reçus de la part de lecteurs de mon livre.

Pourtant mon frère ainé m'a écrit être outré et blessé. Il ne m'a pas adressé la parole le jour du mariage de ma fille. Qu'il se sente blessé, c'est son droit, sans doute mes mots ne sont-ils pas tous faciles à lire....mais la relation est rompue: le dialogue est pour le moment impossible

Mon autre frère refuse de le lire, influencé par son ainé..Il a peur je crois d'être confronté à une histoire (la mienne) qui risque de le déranger dans ses certitudes. C'est son droit, bien sûr! Au moins il ne m'attaque pas! Mais le dialogue est tout aussi impossible!

Mon cousin du côté paternel parle même de diffamation. Il m'envoie force mails pour me "prouver" que j'ai tort, que lui connaît la vraie vérité! Il faut dire que son indignation porte sur la seule page qui parle de nos grands parents communs, puisque je parle essentiellement des trois générations de femmes de ma famille maternelle.

Je ne crois pas avoir attaqué qui que ce soit comme ils m'ont font le reproche... Non je ne crois vraiment pas!
Je n'ai pas prétendu faire vérité historique et à plusieurs reprises, "dialoguant "avec Eugénie, ma grand mère maternelle morte bien avant ma naissance, je lui dis que je m'inquiète d'affabuler, de dire des n'importe quoi...
Toujours elle me rassure (ben oui) me disant qu'il est peut-être important que je raconte ma vérité à moi, celle des ressentis... alors je recommence sans cesse...

Pour mes enfants, ce livre a été important..ils me l'ont dit et redit encore quand ils m'ont vue catastrophée par l'ampleur que prend la crise familiale: une rupture, ni plus ni moins...
Je me sens mal avec ça...ma mère s'étant disputée à longueur de vie avec ses frères,  voilà que je reproduis malgré moi les mêmes schémas... alors que je déteste les conflits et que toujours j'ai mordu sur ma chique dans ma famille d'origine

Ce livre, je n'ose en parler à mon entourage. PERSONNE dans cet entourage qui me connait de visu (voisinage  par exemple) n'est au courant ni de la publication de ce livre, ni de l'autre d'ailleurs..) C'est comme une épée de Damoclès...tout le monde va-t-il réagir comme ma fratrie, me montrer du doigt pour ce que j'ai osé dire? ("Mais enfin Nicole...comment oses-tu publier tout ca???)

Ce livre voyage surtout chez vous, amis français qui me connaissez par mon blog...et si vous saviez comme je vous en remercie!
Mais c'est tout, ici en Belgique il n'est pas en librairie, on n'en parle pas...je n'en parle pas  c'est presque comme un "objet honteux". c'est presque comme s'il n'existait pas...

Durant le WE à Paris, je participe à une table ronde sur le pourquoi et le comment du récit de vie. Pourquoi écrire, lire et publier un récit de vie?
L'expérience douloureuse que je vis me convainc qu'un récit de vie n'est pas à mettre dans toutes les mains...ne peuvent l'apprécier que ceux qui ne connaissent pas l'auteur, et qui découvrent simplement un récit qui leur parle.
Car à aucun moment ceux-là ne se diront en lisant et en pensant à l'auteur qu'ils connaissent: Oh! Mon Dieu! comment ose-t-elle écrire ça? Il n'y a pas de jugement sur une personne, il y a lecture émue de la part de gens qui se reconnaissent dans un vécu raconté avec émotion et humour parfois.

De la même façon que je suis de plus en plus persuadée qu'un journal intime sur le Net ne peut s'écrire que dans l'anonymat le plus complet et sans commentaires ni à recevoir, ni auxquels répondre.: les amitiés qui naissent finissent par tout fausser, et on en dit de moins en moins. C'est normal en fait: un journal intime sur le Net, est public par le fait même qu'il soit publié...

C'est cela en gros dont je parlerai samedi lors de cette conférence
Et en ce qui me concerne, c'est ma dernière expérience d'écriture d'un récit autobiographique

Je termine en faisant quelque chose que je ne pensais pas faire jamais: je crois que ce livre fait du bien, comme celui de G. Ringlet fait du bien...
Ceux qui l'ont lu...parlez-en autour de vous...faites-en une pub, proposez à l'offrir pour  Noel ou que sais-je
Ou parlez en dans vos blogs littéraires...

J'ai besoin d' un réel coup de main...

Voilà qui est fait!

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25 août 2008

Trois lectrices heureuses et une auteure qui l'est aussi!

Deux billets parlent aujourd'hui de L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers
Le premier est de Tisseuse dont j'aime fréquenter le blog, dont j'aime lire les commentaires quand elle vient chez moi. Merci Tisseuse...de tout coeur...

Le deuxième est publié sur un blog de lecture: Martine est "tombée" par hasard sur mon livre Tout d'un blog, en a lu la quatrième de couverture, a acheté le livre, l'a aimé, est venu visiter mon blog, a découvert que j'avais dans mes cartons un autre livre: L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers.
Cela lui a donné l'envie de le lire...elle s'est adressée à moi puisque le livre n'est pas diffusé en France.
Et j'ai découvert le billet qu'elle lui consacre...
Merci aussi à toi, Martine que je ne connaissais pas avant que tu t'adresses à moi pour te procurer le livre

Un troisième avis qui représente beaucoup pour moi, m'est arrivé ce soir via un mail chaleureux. Merci à toi...

Poussez la porte de ces blogs qui parlent du livre..mais pas que pour cela, aussi parce que ce sont des blogs qui en valent la peine...aussi, je suis fière  d'y être référencée

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24 juin 2008

Pour citer Philippe Claudel

Une amie m'envoie par mail cette citation de Philippe Claudel... J'aime cet auteur et cette citation me parle beaucoup, je vous la propose à mon tour:

"On ne sait jamais ce que font nos romans quand nous leur avons tourné 
le dos. Les livres que l'on écrit rencontrent des douleurs qu'on ne 
soupçonne pas. On aligne des mots en ne songeant qu'à nous-mêmes, et 
ceux-ci finissent malgré nous par rejoindre des plaies, les panser 
parfois, les aviver souvent. C'est bien là le sublime exhaussement de 
la vie sur le continent toujours mort de la littérature et de ceux qui 
la font."

Je sais, parce qu'on me l'écrit, que mes deux livres m'ont désormais totalement échappé... ils font leur propre chemin, chemin que je ne soupçonnais pas.
Merci à Kaliuccia d'avoir donné ses réactions, plus que cela, ses ressentis suite à la lecture de l'Enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers
Merci aussi à Daniel Simon pour son commentaire pertinent au sujet des deux livres (vous remarquerez, pour ceux qui ont lu le livre... que Daniel (qui est le directeur de la collection JE des éditions Couleur Livres, ne manque pas d'ajouter son avis personnel au sujet des médias du Net dans son commentaire concernant Tout d'un blog (clin d'oeil à toi Daniel si tu viens par ici)

Daniel a toujours des avis passionnants qu'il défend avec passion...C'est un homme et un écrivain attachant


 

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05 juin 2008

Traces de Vie...

A propos de "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers"

Mon intention profonde en écrivant ce livre a été de faire un voyage en écriture pour rejoindre les femmes de ma famille maternelle souffrante. Un voyage de réconciliation et d'initiation pour mes enfants et petits enfants afin qu'ils puissent librement vivre leur présent (et leur avenir du même coup..)

Mais ce livre dépasse le simplement personnel pour rejoindre l'universel. En racontant l'histoire et les questionnements de ces femmes ainsi que de la petite fille  ELLE, il semble que  les femmes et les hommes  peuvent tous être touchés de voir écrits là leurs propres questionnements, leurs propres "itiné-rances"

Je réalise qu'il faut aujourd'hui que j'accepte de donner plus largement ce livre à la lecture, de le LAISSER PARTIR, accepter qu'il m'échappe et fasse désormais son propre chemin.

Ce qui n'est pas facile, croyez-le.

La diffusion de ce livre est confidentielle, les Editions Traces de Vie sont une petite maison d'édition débutante qui n'a pas encore de diffuseur. Le "travail" est fait par l'éditrice et les auteurs eux-mêmes
Ce qui veut dire concrètement que les livres sont distribués au compte goutte dans les librairies, sur commande essentiellement, et ne seront pas diffusés en France.

Si vous souhaitez vous le procurer, voici ce qu'il convient de faire
- ou vous adresser à Traces de Vie...
- ou vous adresser à moi, Coumarine

Le livre coute 15 euros.  Chez Traces de vie comme chez moi, il vous en coûtera 18 euros pour les Français, 17 euros pour les Belges (la différence s'expliquant par les frais de port...)

Un petit mail pour me le demander et communiquer votre adresse: coum.coumarine@gmail.com
Le mail de Traces de Vie: tracesdevie@hotmail.com

Ces derniers jours trois billets de blogs ainsi qu'un commentaire sur mon blog (Causeuse) parle de cet enfant à l'endroit ou à l'envers

Lorraine, Pivoine, Alainx, ainsi que Causeuse

A découvrir si le coeur vous en dit...

Posté par Coumarine à 16:03 - L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mai 2008

L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers

Couverture


Demain, aux Editions Traces de vie, je présente officiellement ce roman autobiographique
Je dis officiellement, parce que ce livre est sorti officieusement depuis presque un mois, et que il a déjà été lu par certains d'entre vous...

En voici la quatrième de couverture:

Ceci est une histoire de femmes.
Trois femmes, trois destins qui se mêlent et s'entremêlent, dans un méli-mélo de récits d'autrefois, comme des échos assourdis qui de loin en loin se cherchent et s'opposent.
Trois femmes, trois destins qui se tricotent et se détricotent, imbroglio d'histoires du passé renaissant au présent, dans des étreintes essentielles appelées à durer.
Trois femmes qui se suivent à la queue leu leu...éternel cortège de la féminité. Car après elles, il y en a d'autres qui suivent et suivront encore, parce que c'est la loi de la vie, la loi des ventres féconds et des bras en berceau, et cela, à l'infini.
Ceci est une histoire de femmes.
Une histoire de vieux chagrins oubliés dans des photos sépia et des souvenirs inconsistants.
Ou presque.
Ceci est pourtant une histoire d'amour...

"J'ignore où se cache ma vérité, sans doute dans un tiroir oublié, ou peut-être plusieurs, oui c'est ça, beaucoup de tiroirs oubliés, d'armoires poussiéreuses, de greniers inquiétants, de caves fermées à double tour. Serrures têtues. Clés rouillées, corrodées, rongées, qui tournent rauque, qui tournent fou..."

Demain on m'a demandé de présenter mon livre autour d'un thème qui me passionne, et qui est exactement le thème que j'aurais choisi pour parler de ce livre: "Réalité, fiction et vérité"

Ce livre n'est ni fiction, ni reflet de la réalité... Il est exploration de MA vérité. Je reconstruis des pans de l'histoire de ces femmes (dont l'enfant "Elle" c'est à dire la petite Nicole) dans une recherche libératrice qui est MA vérité, celle qui me constitue...Et j'y vais parfois par des chemins buissonniers, dont mes frères (par exemple) pourront à juste titre me dire que j'ai affabulé, inventé, que tout est sorti de mon imagination...

J'ai beaucoup aimé écrire ce livre... parfois avec des larmes dans les yeux, car il touchait des cordes profondément sensibilisées en moi. Je l'ai écrit avec tout mon cœur...l'écriture en est assez différente de celle de Tout d'un blog (plus classique). Ici je me donne des libertés littéraires, j'ai plongé dans une écriture créative, parfois avec une certaine audace...
Je suis fière et heureuse de vous présenter L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers
 
Armel Job en a fait une préface tout en sensibilisé et en humanité
Je voudrais ici le remercier publiquement
C'est lui qui le premier m'a reconnu un certain talent d'écriture. Il était le président du jury de la Fureur de Lire 2003 dont je fus une des lauréates avec ma nouvelle "Cuisine intérieure"
Si vous voulez la lire, elle se trouve en ligne ici

Je suis donc arrivée très tard à l'écriture, puisque j'ai fait le choix de me consacrer à mes 5 enfants
Mais comme disait l'autre, il n'est jamais trop tard pour bien faire...et mon "bien faire" d'aujourd'hui est d'écrire...


Posté par Coumarine à 11:55 - L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers - Commentaires [52] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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