05 avril 2009
La passion selon Mel Gibson...
Hier, comme souvent à l'approche de Pâques, on redonnait à la deux (TV Belgique) un film sur la Passion.
Et hier, on a eu droit à La passion selon Mel Gibson (!)
Je n'avais pas vu le film lors de sa sortie en 2004, le sujet ne m'intéressant pas outre mesure...
Hier soir assez tard, en quittant mon écran d'ordi, je vais vers mon mari pour passer un petit moment ensemble. Il regarde la TV... mes yeux se portent sur les images, et je vois...je vois des images ignobles, révoltantes, écœurantes
On en était au moment du chemin de croix...
J'ai vu là des images de torture incroayble, qui insistaient lourdement sur le sang, la violence, la haine.
J'ai bondi de colère et de fureur
Au cours de cette promenade de haine sanglante vers le Golgotha (à vomir) il y avait de courts moments de flash back, revenant sur les paroles du Christ à la dernière scène (dernier repas avec ses amis)
Et dans ces moments, tout à coup, changement de décor: une musique mièvre, un personnage mielleux, avec une voix de fausset illuminé, une attention béate quasi stupide de la part de ses amis...tout ce que j'exècre...(comme les images pieuses du passé, avec le cœur sanglant du Christ dans sa poitrine de beau jeune homme tout de blanc habillé, pour mieux faire ressortir le coeur rouge, qui saigne, pour nous, pauvres pécheurs, amen...)
Parce que voyez-vous, la personne du Christ, ses paroles rapportées dans les évangiles, de préférence ceux qui ne sont pas reconnus par la toute puissante Eglise, à savoir l'Evangile de Thomas, et celui de Marie-Madeleine...(et on s'en fout qui a véritablement écrit ces textes, en eux-mêmes ils sont très nourrissants), donc la personne du Christ telle que je m'en fais une idée à travers ces textes, je déteste quand on le présente sous une forme suave, yeux au ciels, déconnecté de la Terre... et coincé dans un corps toumignonzolizentil.
Je déteste tout autant quand on le présente sous un aspect torturé, sanguinolent et doloriste, pauvre mec qui a souffert le martyre pour les hommes (tant d'autres ont souffert tout autant). Ce qui conduit les âmes sensibles à éprouver des sentiments de culpabilité féroce. Comment a-ton osé faire ça? Ah ! oui! c'est pas nous, c'est les juifs! Ouf...trois fois ouf!
Moi, ça ne me rapproche pas du tout de la foi! Au contraire, je m'enfuirais bien en hurlant de tristesse, de dégout...
Mais je le dis et le redis au cas où on ne m'aurait pas bien comprise: La personne du Christ EST importante pour moi: je vis (j'essaie du moins de vivre) selon les valeurs dont il parle sans cesse et dont le monde a tant besoin: le respect de l'autre dans sa différence, l'amour inconditionnel, l'exigence d'un tel amour, tout ce qui grandit l'âme ET le corps...
