La chanson des jours - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

17 février 2010

La chanson des jours

Alors elle a commencé à chanter cette chanson inconnue qui hantait ses oreilles depuis si longtemps.

Inconnue dans sa mémoire immédiate, pas possible de lui donner un nom, de la situer dans le temps, de se souvenir du moment où elle l'avait entendue pour la première fois.
Pas possible, non et ça l'énervait: elle avait beau se gratter la mémoire, il n'y avait que les toutes premières notes qui d'emblée lui remontaient du cœur aux lèvres.
Puis, plus rien.
Le couac, le trac.

Alors elle s'acharnait, fredonnait encore et encore  les deux ou trois premières notes, elle avait le reste sur le bout de la langue, puis plus rien, la langue fourchait, se dérobait...
La chanson avortait, une fois encore.

Sans cette chanson se disait-elle avec un petit sourire triste, je perds toute mon enfance, vous savez l'enfance des bonheurs tendres. Sans cette chanson, ma vie est tronquée de quelques-unes de ses notes ensoleillées.
Deux ou trois notes de musique tellement évidentes qu'elle n'a pas pris le soin de les noter quelque part, même pas dans le grand cahier des jours...

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Commentaires

    Elle n'a pas pris soin de les noter... moi non plus... Mon grand-père chantait beaucoup, en travaillant (il était tailleur) mais aussi pour appaiser ses petits-enfants parfois grincheux. Et il me reste des bribes, quelques paroles, quelques notes éparpillées...

    Posté par naline, 18 février 2010 à 07:43
  • J'ai une chanson à moi aussi. Une chanson que j'ai découvert tardivement vers l'âge de 20 ans. Une chanson dont la mélodie m'enchante. Une mélodie sur laquelle j'avais écrit des petits mots d'amours pour mes enfants quand ils étaient bébés, des paroles différentes pour chacun d'eux, et que je leur fredonnait en les berçant dans mes bras.
    Ce n'est pas une mélodie de mon enfance. C'est une mélodie de mes 20 ans qui ne me quitte jamais vraiment. C'est une mélodie douce et chaloupée des jours heureux.

    Posté par Annick, 18 février 2010 à 08:21
  • C'est une mélodie vagabonde donc impossible à héberger quelque part.

    Posté par Prax, 18 février 2010 à 08:59
  • @naline...un grand-père tailleur... oh! un métier qui n'existe plus aujourd'hui! Les chansons de ton aïeul sont bien d'autrefois aussi..!

    @Annick... ce genre de chanson auxquelles on est attachée, l'est pour des raisons qui vibrent de bonheur en nous...
    qu'elles datent de l'enfance ou plus tard, ou même d'aujourd'hui; Il est des musiques de maintenant auxquelles je suis très attachée...

    @Prax...j'aime ce que tu dis; une mélodie vagabonde ne s'enferme pas, ne se possède pas, peut-être simplement dans le coeur

    Posté par Coumarine, 18 février 2010 à 09:27
  • Il n'y a pas que les chansons pour se rappeler notre enfance.....Je me souviens du tablier de ma grand-mère...
    Le principal usage du tablier de grand-mère était de protéger la robe qu'elle portait en dessous, mais il faisait bcp plus que ça. Il servait de gant pour retirer une poêle brûlante du fourneau. Il était merveilleux pour essuyer les larmes des enfants, et à certainse occasions, pour nettoyer les frimousses salies.
    Depuis la cuisine, il servait à porter les miettes de pain qu'elle secouait dehors pour la volaille de même que le grain qu'elle jetait aux poules. Depuis le poulailler, le tablier servait à transporter les oeufs, les poussins à réanimer et parfois les oeufs fêlés qui finissaient dans le four. Quand les visiteurs arrivaient, le tablier servait de cachette aux enfants timides. Et quand le temps était frais, Grand-mère s'en emmitouflait les bras. Ce bon vieux tablier faisait office de soufflet, agité au dessus du feu de bois. C'est avec lui que Grand-mère transportait les pommes de terre et le bois sec jusque dans la cuisine. C'est aussi avec lui qu'elle pouvait transporter une brassée de lessive ou encore essuyer la corde à linge. Depuis le potager, il servait de panier pour les nombreux légumes; après que les petits pois aient été récoltés, venait le tour des choux. En fin de saison, il était utilisé pour ramasser les pommes tombées de l'arbre.
    Quand des visiteurs arrivaient de façon impromptue, c'était surprenant de voir avec quelle rapidité ce vieux tablier pouvait faire disparaître la poussière. Quand venait le temps de servir le repas, Grand-mère allait sur le perron agiter son tablier, et les hommes aux champs savaient aussitôt qu'ils devaient passer à table. Sur la bavette du tablier de Grand-mère, il y'avait tjs deux aiguillées de fil (blanc et noir) au cas où il y'aurait eu un bouton à recoudre ou un point à refaire sur un ourlet ou une couture. Le tablier de semaine de Grand-mère était usé, racommodé du côté droit. Le dimanche, son tablier était sans réparation, ni reprise. Grand-mère utilisait aussi son tablier pour poser la tarte aux pommes à peine sortie du four sur le rebord de la fenêtre afin qu'elle refroidisse.
    De nos jours,moi, sa petite-fille la pose là pour la décongeler.Il faudra de bien longues années, avant que quelqu'un invente quelque objet qui puisse remplacer ce bon vieux tablier qui servait à tant de choses.

    Posté par bernie.83, 18 février 2010 à 11:40
  • C'est fou tout ce qu'on a remarqué de "nos beaux jours" sans y faire attention. Oui, on a perdu des morceaux, de chansons, d'images, de journées dont on se souvient si bien sauf de ... est-ce que ma soeur était déjà née?, ou est-ce que mes cousins étaient venus?

    Mais ce sont comme des albums de photos parfois déchirées, ou un disque rayé. On peut quand même regarder encore et écouter un peu. Et le bonheur d'alors est palpable, amène un sourire et ce bien-être désormais fugace: je suis immortel, rien ne peut m'arriver...

    Posté par Edmée De Xhavée, 18 février 2010 à 12:39
  • Quand j'étais enfant, ma mère chantonnait toujours pendant qu'elle cuisinait. Immanquablement, je lui demandais "qu'est-ce que tu chantes, Maman ?" et elle avait l'air de tomber du ciel comme si je la sortais d'un rêve et elle me répondait qu'elle n'en savait rien. Elle chantonnait parce que son esprit s'évadait, sans doute des mélodies de son enfance ou de sa jeunesse.

    Posté par Hermione, 18 février 2010 à 13:36
  • Ma grand mère et mon père (son fils donc) sifflottent ou fredonnent (chacun sa technique) toute la journée, notamment quand ils sont concentrés sur autre chose (faire à manger, bricolage, etc.).

    Quand j'étais ado, cela m'agaçait, cela brisait ce silence que j'aime tant. Maintenant, je cherche à retrouver des bribes de chansons que j'ai connues et aimées, comme eux sans doute.

    Peut être que je fredonnerai moi aussi à voix haute dans quelques temps? Pour l'instant mes chansons ne sont que murmures dans ma tête...

    Ces notes de musique me paraissent très personnelles, comme une seconde nature. Et quand ils bafouillent, c'est que quelque chose ne tourne pas rond, ou du moins pas comme ils le voudraient...

    Alors qu'est-ce qui ne va pas comme elle le souhaite?

    Bonne continuation

    PS: J'aime beaucoup le commentaire de Bernie, il est très beau, très touchant. Il me rappelle tant de souvenirs!

    Posté par Louloute, 18 février 2010 à 15:23
  • On connaît la chanson, disait l'autre... Oui, mais non. On ne connait pas la chanson, on a juste sur la langue le goût du souvenir qui l'accompagne en orchestre...
    C'est très beau.

    Posté par Cameron, 18 février 2010 à 16:08
  • Il me semble qu'à chaque instant de ma vie, je pourrais associer une musique, une chanson, un refrain, ou même un bruit ou une ambiance sonore. Je comprends ta frustration de ne plus te souvenir, mais songe au bonheur quand elle te reviendra. Ce sera comme plonger dans le soleil.

    Posté par Berthoise, 18 février 2010 à 16:42
  • Avant, je sifflotais tout le temps, c'est fini aujourd'hui... Kenzo (le chat) ne le supporte pas et comme j'habite chez lui ...

    Posté par Walrus, 18 février 2010 à 17:18
  • touchants ces témoignages , touchants et étranges étrangers pour moi.
    Pas de chanson dans ma mémoire, juste de rares paroles, quelques poésies et des yeux tristes. Un monde feutré.

    Par contre j'ai lu ( je ne sais plus où) une phrase dont j'aimerais qu'elle soit vraie : " il n'est jamais trop tard pour avoir une enfance heureuse, la deuxième fois dépend de vous et de personne d'autre".

    Posté par nicole 86, 18 février 2010 à 19:24
  • Ce n'est pas qu' une chanson d'enfance qui me manque, c'est la chanson que mon père chantait à chaque réunion de famille, je devrais dire c'est mon père qui me manque à travers elle.

    Certaines musiques ou certaines chansons, comme pour vous tous donnent la nostalgie d'un temps déjà enfui.

    la tienne de chanson, Coumarine, tu l'as retrouveras... un jour !
    as-tu pensé à fredonner les quelques notes dont tu te souviens à un musicien ,habitué des chansons anciennes ? que sait ?

    bonne chance.

    Posté par becassine, 18 février 2010 à 22:05
  • Chers Tous

    Je suis malaaaaaaaaaaaade
    donc voilà, j'ai lu vos commentaires qui me touchent tous...certains m'ont fait sourire...
    merci à vous!

    Posté par Coumarine, 18 février 2010 à 22:23
  • Le temps collectionneur de souvenirs aux étals débordant les jours de nostalgies, au marché de la mémoire, ouvrant les malles empoussiérées des 'hier et de jadis', ne sachant s’il faut oublier ou continuer à s’attendrir, brader son passé ou s’en encombrer.
    cette chanson que tu cherches, c'est peut-être un peu tout cela ?

    Posté par Loulotte2, 18 février 2010 à 22:26
  • Tu es malade? Rassure nous, rien de grave? C'était pour chanter la chanson de Serge Lama, peut-être. Moi je suis loin mais je me connecte un peu, à dose homéopathiques, et je ne manque jamais de venir te lire.
    J'ai souvent essayé de me rappeler la chanson la plus ancienne de mes souvenirs. Il me semble bien que c'est celle de France Gall "poupée de cire poupée de son". Je crois que je faisais du manège et que cette chanson braillait dans ce manège, cependant qu'à chaque tour je cherchais des yeux la silhouette de ma mère. La peur qu'elle disparaisse de mon champ de vision m'ôtait tout le plaisir de cette attraction si prisée par les enfants...Cette chanson reste donc attachée pour moi à un souvenir mi-figue mi-raisin et je ne l'écoute jamais sans un frisson

    Posté par célestine, 19 février 2010 à 00:30
  • Tous mes voeux de vrai rétablissement.
    Laisse à ton corps le temps d'évacuer tout se qui l'encombre et prends soin de toi.

    Posté par nicole 86, 19 février 2010 à 08:53
  • J'espère que ce n'est rien de grave. Bon rétablissement et prends bien soin de toi. Je t'embrasse

    Posté par Nadine, 19 février 2010 à 09:41
  • c'est comme une petite musique de vie

    Posté par Bérangère, 19 février 2010 à 13:41

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