Doutes... - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

28 janvier 2010

Doutes...

Là-bas, le vent efface le chemin.
Vite partir, fuir sans doute.

Mais les pieds se meuvent lourdement, et s'embourbent
Car ce n'est pas une vraie terre...

Ce n'est pas une terre pour marcher avec le soleil dans les yeux et le cœur. avec les frissons de bonheur quand on respire la beauté.
Ce n'est pas une terre qui serait faite d'arbres et de buissons, de vendanges et de moissons, de récoltes et de pâtures, de crocus et de colza, de coquelicots aussi, pas oublier les coquelicots...
Ce n'est pas une terre de rencontres, une terre de partage.

Non.
C'est une terre de désert, qui se défile au large des rondeurs sans cesse redessinées par le vent.
Une terre qui brûle les pieds. Qui brûle toute espérance.
Où l'on s'enlise pour quarante jours de désolation...et peut-être plus

Bruits des hommes qui s'agitent, discutent, se battent
à moins qu'ils ne dansent? à moins qu'ils ne chantent?
Comment savoir? Tant de fois je me suis fourvoyée...

S'approcher du chant.

Il y a là une statue puissante
Muette, aveugle, sourde
Une idole...
Mes yeux affamés se fixent sur son regard vide, qui s'est creusé par des siècles d'attente
Mes yeux s'obstinent à le scruter et tentent un face à face.

Face à face stérile. Le Dieu est sans bouche. Sans nombril. Sans sexe.

Sans âme.

Mes regards ne s'accrochent qu'au brouillard
Doute, absence-présence

Je rêve de bras vivants
d'une parole habitée...
Et d'un regard bleu

Portrait8

dessin trouvé sur le Net, sais pas de qui


Commentaires

    Superbe

    J'aime beaucoup Coum, tout.

    Je rêve de bras vivants
    d'une parole habitée...
    Et d'un regard bleu

    Posté par NarB, 28 janvier 2010 à 12:13
  • La foi, c'est la mer d'Aral....

    Posté par alainx, 28 janvier 2010 à 12:22
  • une foi qui ne doute pas est une foi morte !

    Posté par Bérangère, 28 janvier 2010 à 12:24
  • je ne suis pas certaine de tout exactement comprendre de ton texte, Coumarine, et pourtant, il me touche. Ah le désert du doute, dont on voudrait fuir, mais sans y parvenir, ah, le rêve de bras vivants...et le Dieu-idole...
    Oui, cela me "parle", assurément.

    (et tu en es bien avancée, je sais:p)

    Posté par sel, 28 janvier 2010 à 14:21
  • @Sel...
    tu vois, je ne crois pas important de comprendre tout ce qu'un auteur (oups quel grand mot!) a voulu dire...
    L'auteur a écrit
    Et le lecteur lit
    Il se laisse toucher ou pas...
    Et le lecteur seul sait ce qui le touche...
    c'est ça qui est important
    et qui satisfait l'auteur...

    Posté par Coumarine, 28 janvier 2010 à 14:24
  • "Le Dieu est sans [.]sexe."
    alors il/elle n'est pas basque ! Dans la mythologie basque, les orages et tempètes sont directement liées aux orgasmes de la déesse mère.

    Posté par Prax, 28 janvier 2010 à 15:11
  • @Prax... oui la Déesse mère...
    Elle est intéressante celle-là
    Bien plus que le Dieu-Père
    Mais je parle là en tant que femme
    La déesse mère a un ventre, un sexe, un nombril
    OUIIIIi

    Posté par Coumarine, 28 janvier 2010 à 15:33
  • "J'ai souvent fait ce rêve étrange et désolant..." ou je cours sur une plage avec la soleil dans les yeux pour échapper à une horreur qui me poursuit et que je ne peux distancer car mes pas s'enfoncent de plus en plus dans le sable... Nulle fois je n'y ai rencontré de dieu!
    C'est en nous, je crois, qu'il faut trouver le "Deus ex machina" qui aide, soutien et apaise.
    Il n'y a pas d'idole universelle! Pas plus que d'église!
    Amitiés.

    Posté par Papa de Lili, 28 janvier 2010 à 15:34
  • je voulais voir du sable et j'ai vu du sable et le désert est une chose fantastique, d'une sensualité chaude, ronde.
    Bisous

    Posté par Claire, 28 janvier 2010 à 17:25
  • Pourtant je l'ai longtemps cherché mais je sais qu'Il existe et que son regard est là, transparent. Te rappelles-tu cette histoire de l'enfant à qui Il lui avait dit qu'il était à ses côtés et qui ne voyait qu'une trace de pas sur le sable. Il l'accusait de l'avoir abandonné. Mais Il lui expliqua alors qu'Il le savait fatigué et le portait dans ses bras pour le soulager...
    Je ne suis pas sûre de te retrouver sur ce point, mais la certitude repose sur ce qui a été doute.

    Posté par delphine, 28 janvier 2010 à 18:14
  • Ce que j'aime dans ce texte c'est qu'à la lecture j'image de suite. Je suis (du verbe suivre) le texte en avançant avec un personnage aux pas lourds, dans un air chaud, lourd aussi, à la découverte de dunes rondes, il avance lourdement au fil des mots juqu'à rencontrer d'autres hommes... J'aime cette lecture.

    Posté par Chris, 28 janvier 2010 à 18:45
  • Je rêve de bras vivants... une phrase qui me parle beaucoup.

    Je rêve de douceur et de soleil.
    De collaboration, de paix et de partage.

    Il faut rêver très forts, et les rêves deviennent alors réalité !

    Posté par naline, 28 janvier 2010 à 19:50
  • ... sans s à fort, bien sûr !

    Posté par naline, 28 janvier 2010 à 19:50
  • C'est un très beau texte, de la Coumarine que j'aime, que j'ai découverte et appris à aimer au fil des mots, au fil du temps. Une Coumarine toute en retenue, en filigrane, jamais sûre de rien, frôlant le sol de ses ailes de papillon qui se brûlent parfois à la lumière trop vive d'un désert sans connivence. Mais dieu n'est pas dans la bouche vide d'une idole précolombienne, il n'est pas dans la poussière soulevée par le vent, il n'est pas dans l'écume au dessus des flots. Il est tapi au fond des êtres , dans cette part de nous qui nous rend si pathétiques et si sublimes, et qui s'appelle le sens du mystique.Et qui nous permet de survivre à l'insondable gouffre de nos doutes.Inconfortable, certes, mais en même temps, formidable et éternelle leçon de tolérance: personne ne peut rien affirmer avec certitude, ni dans un sens ni dans l'autre, nous sommes donc tous à égalité. Quand les hommes auront compris cela, le monde ira peut-être mieux...
    Bises
    Célestine

    Posté par celestine, 28 janvier 2010 à 19:59
  • Je mettrais un petit "d" à ce dieu sans bouche, sans nombril et sans sexe.
    Très beau texte Coumarine...
    Mais je n'aime pas du tout le dessin.

    Posté par charlotte, 28 janvier 2010 à 21:45
  • @Papa de Lili...je te rejoins... c'est en nous qu'il faut contacter le plus accompli, l'Intime...
    pas à l'extérieur, ou auprès d'une idole qui a les yeux vides

    @Clairette... tu aimes le désert sensuel? A moi il me fait peur par son immensité infinie...

    @Delphine, je ne vois plus Son regard transparent, il s'est absenté de ma vie et je le regrette
    Enfin je crois...

    @Chris... merci pour ta lecture toujours en "sympathie"...

    @Naline...crois-tu que quand on rêve, les rêves deviennent réalité?
    Comme vous m'en faites des réflexions qui mériteraient un approfondissement!!

    @Célestine...tes mots sont forts et me touchent
    Oui je crois que c'est au fond de notre part la plus vulnérable, confrontée sans cesse à nos doutes que ce trouve le sens du "divin"...
    Tu le dis merveilleusement bien... MERCI

    @Charlotte...oui un d à cet être qui n'est pas vivant
    (moi au contraire je trouve le dessin très expressif... comme quoi...)

    Posté par Coumarine, 28 janvier 2010 à 22:33
  • Et pourtant ces hommes riront, retrouveront les "dames bleues" dansant dans la lumière. Et la statue fondra, sous le soleil. Ensuite, les rêves…

    Posté par Vertumne, 28 janvier 2010 à 22:52
  • Le grand doute, ou la paisible certitude. Un Dieu au quotidien, tout simple, sans façons, cette petite vibration chaude qu'on a parfois au ventre quand Il nous parle. Cette sensation d'éternité, malgré la mortalité qui nous guette "ici". Ce désir de bien faire, et la grande joie quand on a "résisté à la tentation" de mal faire...

    Cet écho qui vient de notre tréfond et qui s'étend sans bruit de l'un à l'autre.

    Posté par Edmée De Xhavée, 29 janvier 2010 à 00:02
  • Si doute il y a c'est un pas vers la foi.

    Posté par mab, 29 janvier 2010 à 07:55
  • Texte superbe.
    Mots forts "bras vivants, parole habitée".

    Depuis longtemps je rêve de désert, d'étendue infinie, de sable roux. Le désert m'attire. Peut être que j'y trouverais une idole "habitée", une réponse, un réconfort, un apaisement (et non pas le vide et la stérilité évoquée ici).

    Je connais deux biodanseuses qui tous les ans vont marcher dans le désert de Tunisie et qui en reviennent transformées et épanouies.

    Posté par Annick, 29 janvier 2010 à 08:31
  • Poupoupidou ! Un petit remontant Coumarine ?
    Je reviens du désert et il me semble encore flotter dans "l'air couleur miel"...

    Posté par myriam, 29 janvier 2010 à 10:20
  • Où est-il, ce Dieu, quand ceux d'Haïti, hurlent leur misère ... Ils n'ont que ça : croire en Lui ... et ne pas comprendre pourquoi tant de morts et de souffrance qu'ils n'ont jamais méritée ... Les autres, nous, croupissons dans notre indifférence, oubliant que ce sont nos "ancêtres" qui les ont parqués sur cette terre "tremblante" et hostile, eux qui venaient des forêts africaines ... voir leur histoire que je rappelle sur mon blog de ce jour ...

    Posté par doulidelle, 29 janvier 2010 à 11:32
  • C'est beau...mais pas très gai...un petit coup de mou.... Bisous

    Posté par manoudanslaforet, 29 janvier 2010 à 16:15
  • 25cm de neige en 1 jour, collège, lycée (pas les écoles!)fermés en catastrophe, paysage magnifique, route silencieuse, oiseaux chantant dans ce désert blanc qui se prépare et qui engloutit tout depuis la nuit dernière. Silence pesant mais tellement agréable. Silence blanc mais pas éblouissant. Terre disparue sous ce manteau. C'est aussi un désert celui-ci.La neige qui ne cesse de tomber efface toutes les traces humaines.
    Bon d'accord rien à voir avec la beauté de ton texte, Coumarine. J'avais pourtant envie de te partager cet instant.

    Posté par Chris, 29 janvier 2010 à 18:31
  • Le doute, je l'ai aussi en moi... mais dernièrement, suite à un événement bien précis et douloureux, j'ai perçu des signes qui m'ont rassurée et apaisée, et qui ont éloigné de moi ce doute bien légitime...

    Posté par Françoise, 29 janvier 2010 à 21:37
  • @Ahhhhh Vertumne, j'aime quand le poète en toi me répond...

    @Edmée...je ne sens plus trop cette vibration-là...elle m'a quittée depuis une bon moment...elle reviendra je l'espère!

    @mab...tu crois? tu crois vraiment? Mais ai-je envie encore de la foi?

    @Annick...oui j'emploie ici la métaphore du désert pour signifier le vide
    Mais j'ai bien conscience que vivre une expérience de désert doit être une expérience riche...

    Posté par Coumarine, 29 janvier 2010 à 22:09
  • @myriam... j'ai presque envie de t'envier...ça doit être une expérience fabuleuse...

    @doulidelle... si nous les hommes croupissons dans notre indifférence... je crois que ce n'est pas la "faute" de Dieu
    Je n'ai jamais reproché à Dieu s'il existe le mal et la souffrance...Le paradis sur terre n'existe pas
    Mais vous faites bien de nous secouer... on a besoin de cela...

    @manou... ben c'est juste écrire... pas dans le mou de préférence...bisous aussi)

    Posté par Coumarine, 29 janvier 2010 à 22:14
  • @chris... j'espère que le colis parti arrivera à bon port en bon état!!! oups j'ai un peu peur!
    Dans les Ardennes belges il y a aussi énormément de neige rendant la circulation très dangereuse
    Je devais m'y rendre demain, mais je renonce...)
    Mais tu as raison de parler plutôt de la beauté et du silence du paysage pris sous la neige, au lieu des problèmes de circulation!!

    @Françoise... ça m'intéresserait vraiment beaucoup d'en savoir plus. L'as-tu raconté sur ton blog???

    Posté par Coumarine, 29 janvier 2010 à 22:18
  • J'en ai parlé très succinctement dans ce petit poème :
    http://justequelquesmots.blogspot.com/2010/01/il-etait-la.html
    J'ai eu d'autres signes que je raconterai sans doute prochainement, maintenant que la douleur s'estompe légèrement. Oui, je crois bien que je ferai un billet à ce propos. Parfois, j'hésite, car j'ai peur de passer pour une "illuminée" auprès des gens trop cartésiens... mais il faut que j'arrive à assumer ce que je suis et ce que je ressens, sinon à quoi bon ?

    Posté par Françoise, 29 janvier 2010 à 22:43
  • @Françoise...je suis allée lire... et suis très touchée
    Non tu n'es pas une illuminée
    Bien d'autres ont vécu une expérience de ce type
    Je te lirai avec intérêt (je n'ose pas dire avec passion...)

    Posté par Coumarine, 29 janvier 2010 à 23:09
  • histoire d'en rire de Dieu et de notre attente :
    Un prêtre est en train de se noyer, les pompiers passent et lui disent : on va vous sauver.
    Le prêtre refuse en disant que Dieu le sauvera.
    Le prêtre s'enfonce toujours plus, les pompiers repassent, même question, même réponse.
    Quand le prêtre se rend compte qu'il est réellement en danger , il implore : Mon Dieu pourquoi m'abandonnes-tu ?
    Et là, il entend une voix qui lui dit : he couillon, je t'ai envoyé deux fois les pompiers.

    bisous

    Posté par Claire, 30 janvier 2010 à 09:22
  • et celle-là plus poétique.
    Un jour, un homme arriva au Paradis et demanda à Dieu s'il pouvait voir sa vie, aussi bien les joies que les moments difficiles. Et Dieu le lui accorda.
    Il lui fit voir toute sa vie, comme si elle se trouvait projetée le long d'une plage de sable. Et lui, l'homme, se promenait le long de cette plage.
    L'homme vit que tout le long du chemin il y avait quatre empreintes de pas sur le sable, les siennes et celles de Dieu. Mais dans les moments difficiles, il n'y en avait plus que deux. Très surpris et même peiné, il dit à Dieu :
    - “Je vois que c'est justement dans les moments difficiles que tu m'as laissé seul...”
    - “Mais non, lui répondit Dieu, dans les moments difficiles il y avait seulement les traces de mes pas à moi, parce qu'alors, je te portais dans mes bras...”
    bisous

    Posté par Claire, 30 janvier 2010 à 09:27
  • Je me suis laissée bercer par tes mots...
    Merci Coum.

    Posté par Fauvette, 30 janvier 2010 à 12:45
  • Un petit coucou en passant pour te souhaiter un bon dimanche.

    Posté par Un petit Belge, 31 janvier 2010 à 11:34
  • @Clairette...)

    @Fauvette et Petit Belge... je vous embrasse

    Posté par Coumarine, 31 janvier 2010 à 16:23
  • découverte

    Chère Coumarine,
    c'est en sirotant mon café ce matin(me suis offert un 4/5è temps, quel plaisir!!) que je t'ai découverte dans un magazine.Je trouvais l'article intéressant, me suis empressée de te rejoindre sur ton blog .J'ai donc lu et relu ton écrit (poème pour moi)ainsi que les commentaires de tes "amis": je me joindrais volontiers à vous, je trouve très beau ce que tu as écrit et intéressants, les commentaires. En lisant le texte , j'imaginais les images. J'ai passé une semaine dans le désert tunisien (grand Erg Oriental)L'infini, oui, les dunes qui se déplacent(c'était beau) la lourdeur des pas, oui. Mais aussi, "des rencontres" inattendues et fortes, vraies autour d'un puits d'eau, inoubliable. La cérémonie de "partage" du thé. Souvent, j'étais seule mais... heureuse face à cette immensité impressionnante qui m'a mise enfin en accord avec moi-même.(faudrait d'ailleurs que j'y retourne)Et puis, c'était beau, si beau et pas triste du-tout.(enfin, pour moi)
    Si je puis le suggérer..allez y , Coumarine, ce désert vous sera source d'inspiration pour de nouveaux poèmes.
    amicalement , christine

    Posté par christine, 12 février 2010 à 15:33
  • merci Christine d'avoir la curiosité de me "découvrir" à partir de la revue...
    Cela me fait plaisir que tu retrouves dans mes mots l'atmosphère du désert que tu as aimé...

    Posté par Coumarine, 12 février 2010 à 17:04

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