Tuer le temps - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

04 janvier 2010

Tuer le temps

Je lisais quelque part ces trois mots: je tue le temps
Tuer le temps, voilà qui m'interpelle...

Est-ce que tuer le temps, c'est faire n'importe quoi quand on s'ennuie? qu'on ne sait pas quoi faire d'intéressant? qu'on attend avec impatience que le temps s'écoule pour arriver -enfin- à demain, ou à plus tard?

Mais si on TUE le temps, il est mort alors, non?

Ah oui! on parle de temps mort. Le pauvre. Un temps où il ne se passe rien. Rien.
Un temps où on ne vit pas, un temps où le temps s'écoule entre parenthèses...

Par opposition aux temps forts, aux temps de la vie qui vit...

Je ne tue jamais le temps. J'ai trop de respect pour lui, même dans les moments où je pourrais avoir envie de gommer l'instant que je vis pour arriver plus vite à l'instant qui va venir, parce que ces moments sont difficiles...
Mes temps ne sont jamais morts, jamais.

Autrefois oui, je tuais le temps. Je ne pouvais faire autrement, du moins le croyais-je
Quand j'étais petite fille et que j'attendais que mon enfance se passe, que j'attendais de passer enfin à la  vraie vie.

Mais j'ai compris depuis quelque chose d'important, que le temps n'aime pas qu'on le tue, qu'il se relève blessé ou moribond quand on le laisse mourir comme ça.
Et un temps moribond est un temps avec lequel on ne peut plus rien faire de bon... Il est passé, définitivement, amputé de  toutes ses possibilités. Et ça... c'est con!

Enfin, c'est mon avis...

Il a neigé à nouveau. je suis allée prendre quelques photos de "mon" petit étang. C'est curieux, alors que il se trouve à deux pas de la civilisation, on dirait que c'est un lieu complètement désert.
Le temps ne se tue pas là. Il se vit, mordu par le froid... dans le silence... dans la plénitude, dans la reconnaissance d'être bien vivant.
Là, je marche le visage fouetté par le froid, je marche comme si j'étais la personne la plus heureuse de la terre. Ce qui bien sûr, n'est pas forcément vrai. Cela se vit dans le moment présent. Point.

Jourdan_janv

Jourdan_janv

Jourdan_janv

Photos Coumarine


Commentaires

    Heureusement que tu ne tues pas le temps... Un temps mort, c'est une fracture d'éternité! Encore faut-il être capable d'habiter, d'habiller le temps... et quand on oit le thermomètre, on se rend compte que certains arrêtent de vivre dès qu'il fait froid ... Or la nature est si belle à ces moments! J'en ai profité hier ... 19km autour du lac d'Eupen avec des incursions dans quelques fagnes désertées des touristes... Un vrai bonheur!

    Posté par fcplume, 04 janvier 2010 à 17:26
  • et c'est mon avis aussi .
    Lors d'une formation , il nous avait été demandé d'être attentif à l'emploi du mot " temps " durant une semaine . Et comme exercice , nous devions remplacer le mot " temps " par le mot " vie" Le choc révélateur ! J'avais écrit un billet à ce sujet .

    Oh, Coumarine , tes photos m'inspirent . Tu as vraiment de la chance avec ce lieu magnifique, accessible sans voiture ! Quelles belles photos paisibles . Je comprends que tu puisses te sentir la plus heureuse de la terre dans ces conditions .
    Je t'embrasse ...et bon étang , encore et encore .

    Posté par julie, 04 janvier 2010 à 17:59
  • Tuer le temps ? Avec nos petits poings ?
    Il y a quand même des gens qui ne doutent de rien.

    Posté par Prax, 04 janvier 2010 à 18:05
  • Aujourd'hui j'ai passé mon temps à attendre pour rien...pour personne.
    Si j'avais su, j'aurais pas perdu mon temps à l' attendre.

    Posté par charlotte, 04 janvier 2010 à 18:16
  • Le poète et moi...
    -Bonjour
    -Bonjour
    -C'est vous le poète?
    -Non, pourquoi?
    -On m'avait parlé d'un poète
    -....
    -On dit que les poètes ont leur propre façon de voir les choses
    -Qui t'a dit ça?
    -Heu...enfin je ne sais pas, c'est me semble-t-il quelque chose que l'on dit
    -Moi je dirais que chacun à sa façon de voir les choses donc chacun est un peu poète c'est ça?
    -Heu, peut-être
    -(rire) va savoir, moi, j'aime la poésie c'est tout, donc je la vois, c'est peut-être ça
    -Vous êtes vraiment poéte alors?
    -J'aime la poésie, c'est déjà beaucoup
    -Pouvez-vous m'écrire quelque chose?
    -Je n'écris pas la poésie, je la lit
    -Vous la lisez?
    -J'essaye de transcrire ce que me dise les feuilles
    -Vous traduisez?
    -En quelque sorte mais seulement pour moi
    -Pourquoi?
    -C'est une langue personnelle, ma langue
    -Ah? et quelle est cette poésie?
    -Celle des feuilles
    -Oui? mais qui a-t-il d'écrit dessus?
    -C'est elles qui écrivent
    -....?
    -Regarde la haut et écoute les feuilles dans les arbres, balayées par la bise, chaque jour d'une nouvelle façon, d'une autre couleur, selon la force, la direction du vent...C'est une langue éphémère et unique mais infini, rebâtit chaque matin, détruite tous les soirs...
    -Mais c'est ça la poésie?
    -Mais la poésie est ce que l'on en fait, c'est ce que l'on trouve beau sans raison?
    -Sans raison?
    -Si la beauté n'a pas d'explication elle est poésie. Si tu cherches à trouver quel mélange de couleur a utilisé le peintre pour donner feu au soleil couchant, le tableau perd immédiatement toute poésie. Irrémédiablement!
    Alors moi je regarde les feuilles, je les lis, c'est elles qui sont beauté et moi je vois dans cette beauté une poésie, je la vois, je ne cherche pas à comprendre, elle vient à moi !!
    -Je....C'est un peu difficile à comprendre...vous faites ça souvent?
    -Tous les jours
    -Mais, vous n'avez pas l'impression de perdre votre temps
    -Le temps n'a aucune importance
    -C'est à dire?
    -C'est ce que l'on en fait
    -Mais justement...
    -Et bien...Je prends cette phrase au pied de la lettre
    -Mais, ce que vous faites n'a aucun sens et puis qu'est ce que ça vous apportes? Aucun argent, aucune gloire ou compagnie?
    -Et bien j'aime faire cela, donc j'y consacre tout mon temps, je ne perds pas du temps, j'ai l'impression au contraire de le trouver, d'être face à lui, de le maîtriser, je ne suis effectivement pas de ceux qui s'agitent, craignant la mort et la perte de leur précieux temps qu'ils passent à courir sans but vers la fin et qui ont finalement peur du temps qui s'écoule. Moi, je n'ai pas peur de lui puisque je l'utilise pour faire ce que j'aime le plus au monde, cette liberté équivaut à faire durer le temps à l'infini, alors la mort pourra venir, elle me trouvera plonger dans le bonheur depuis toujours.
    Je devrai avoir alors beaucoup de tristesse à quitter cette vie de plénitude?
    -Non, puisque, quoi que j'eus fait, je n'aurai pu mieux utiliser le temps qu'il m'avait été accordé...
    -Oui...je crois que je comprends, c'est une question de point de vue.
    -...Oui, peut-être que tu as raison, mais le tien, j'ai l'impression n'a rien de poétique
    -Je ne sais pas, je pense que je vais vous laisser
    -Bon voyage
    -Au-revoir.

    Posté par bernie.83, 04 janvier 2010 à 19:26
  • Je fais partie de la rece de ceux qui ne savent pas ce que c'est que tuer le temps (peut-être parce que j'essaie de ne pas promouvoir la violence ...).
    Parce que j'ai toujours mille et une choses à faire, une pile de livres qui m'attendent, des amis dont je souhaite prendre des nouvelles, des souvenirs à écrire, de la musique à écouter, des expos à visiter, des chemins à fouler... sans parler du repassage, du nettoyage et des autres tâches ménagères auxquelles je n'échappe pas.
    Temps morts ? Je ne connais pas...
    Pourtant, progressivement, avec les ans, j'essaie d'apprendre à prendre le temps.
    Prendre le temps pour mieux goûter le temps présent.
    Un difficile apprentissage pour moi...

    Posté par naline, 04 janvier 2010 à 20:21
  • Quand je vois les dégats que le temps fait avec les années, j'aurais bien envie de le tuer.
    Oh temps suspends ton vol!

    Posté par charlotte, 04 janvier 2010 à 20:49
  • Moi aussi, il me semble que lorsque j'étais petite fille je tuais le temps, pour comme tu dis, que l'enfance se passe (vite!).

    Maintenant, est-ce que je tue le temps? Non, je crois que ça ne m'arrive plus vraiment.

    Posté par valerie, 04 janvier 2010 à 20:51
  • @fc... c'est ça que j'aime: marcher là où les touristes ne viennent pas. Quand même 19 km!! Ca je suis pas capable de faire dans le froid
    parce que c'est vrai ce que tu dis: on se terre un peu qd il fait froid comme ça!!!

    @Julie...changer le mot temps par le mot vie!!! oups, ça peut mener loin ça!!
    Oui Julie, j'adore mon endroit de nature. Que ce soit en automne, en été ou en hiver, il m'attire pareillement...et je ne suis pas la seule, comme tu le sais! )

    @Prax... j'adore tes commentaires chaque fois décalés... je me prends au sérieux, et toi, tu viens balayer tout ça!
    Allez, c'est toi que j'adore tiens!!!

    @Charlotte...c'est malin d'attendre pour rien )

    Posté par Coumarine, 04 janvier 2010 à 21:03
  • @Bernie... le sens de ton histoire se trouve dans le dernier paragraphe... quand on vit pleinement le temps ne s'écoule jamais de manière stérile...
    Tu sais à quoi je pense en te lisant?
    Que tu devrais ouvrir un blog...tu as largement de quoi l'alimenter...)

    @Naline...ah oui! prendre le temps, c'est bien différent que de "tuer le temps"
    prendre le temps est un choix librement consenti...
    Tuer le temps n'est pas un choix... c'est qqch qu'on subit...

    @Charlotte...ah oui! apprendre à vieillir aves ses rides... pas simple!

    @Valérie... jeune adulte, épouse et mère, ça m'étonnerait que tu aies à tuer le temps!
    Mais je crois que tu as bien compris ce que je voulais dire: petite fille j'attendais de VIVRE, parce que le temps de mon enfance n'était pas un temps de vie...;-(

    Posté par Coumarine, 04 janvier 2010 à 21:12
  • Qu'elles sont belles tes photos, j'ai l'impression d'être dans le froid sec à admirer cette magnifique nature et sans tuer le temps, mais au contraire en prenant tout mon temps pour respirer, admirer, me laisser pénétrer de cette beauté.
    Tuer le temps, non, je crois que cela ne m'arrive jamais, tout au plus laisser passer le temps pour prendre du recul, vivre l'instant ou me préparer à autre chose.
    Prenons le temps de vivre à fond chaque instant de cette année qui a commencé. Merci pour tous tes mots, tes réflexions qui font avancer et réfléchir dans le partage.

    Posté par Calliprune, 04 janvier 2010 à 21:24
  • Tuer le temps... C'est un drôle de concept. Alors que la plupart du temps on court après!

    Posté par Louloute, 04 janvier 2010 à 21:29
  • Hier lorsque j'ai vu la neige ( paresseuse, je méditais dans mon fauteuil, enfin un anglais aurait dit daydreaming qui est l'un de mes mots préférés) j'ai crié "il neige",même si personne n'était là pour entendre mon exclamation...
    Plus tard, je suis restée scotchée à regarder les flocons dancer comme des lucioles dans la lumière des réverbères. Spectacle totalement irréel de légéreté, précieux parce qu'il n'est pas possible de capter sur une pellicule, précieux aussi par sa rareté dans ma région. Un long moment de plénitude. J'avais perdu toute notion de temps et celà était bon.

    Posté par nicole 86, 04 janvier 2010 à 21:29
  • @Calliprune... ça me fait plaisir de te voir ici...
    Oui j'aime bien mes photos, j'aime faire passer mon "amour" de cet endroit qui me comble.
    Je sais que j'ai de la chance... la ville et la campagne tout à côté l'un de l'autre...

    @louloute... c'est vrai, beaucoup de monde court après le temps
    Et pourtant je ne suis pas sûre que tous ceux qui courent après le temps, parfois désespérément, ne sont pas en train de le tuer parfois...)

    @Nicole...quand on perd la notion du temps... alors c'est qu'on est en plein dedans, en train de le vivre intensément.
    As-tu lu les livres de Mihaly Csikszentmihalyi (ouf!) sur l'expérience optimale (qui est justement ce moment où on est si fort et si pleinement dans une activité qui nous fait plaisir, qu'on en perd toute notion de temps.
    C'est ce que tu décris là, qd tu as observé la danse des flocons...Et c'est une expérience de bonheur, que j'ai voulu aussi traduire par cette impression d'être la plus heureuse de la terre qd je marche dans cette belle nature...

    Posté par Coumarine, 04 janvier 2010 à 21:39
  • Coumarine, je reprends tes mots parce qu'il n'y a pas d'autre pour qualifier ça: "tuer le temps c'est con". Tu as tout dit, dans ces quelques mots, même si tout ce qui les entoure est beaucoup plus poétique et imagé, ils disent la même chose: c'est con. Pire, c'est scandaleux: nous qui avons la chance de vivre, on ne peut chercher à passer le temps! Cherchons plutôt à le remplir, pour nous et pour les autres. Une petite fille que je connais et qui se sait condamnée à comme logo sur son GSM un seul mot "VIT". Elle ne tue pas le temps, elle cherche à retenir chaque minute et à la vivre pleinement.

    Posté par delphine, 04 janvier 2010 à 22:01
  • Aah! J'adore les deux cygnes... C'est extra comme photo! C'est mieux de sortir que de geler chez soi (j'ai ouvert les radiateurs mais j'ai froid quand même!!!) (Enfin, on m'a élevée dans l'idée qu'il faut sortir... Et non rester chez soi!) J'aime plutôt bien savourer le temps... Peut-être s'agit-il des temps apparemment inutiles (quand on attend un métro par exemple) et encore, ce n'est qu'une apparence peut-être...

    Posté par Pivoine, 04 janvier 2010 à 22:07
  • Il y a pire que tuer le temps, c'est de ne pas en avoir. J'ai horreur des gens qui me disent: oh, oui, ce serait bien, mais je n'ai pas le temps". Il faut être le temps, pas l'avoir, et encore moins le tuer. Avoir le temps c'est la vraie richesse.

    Posté par Damien, 04 janvier 2010 à 22:47
  • @ Coumarine,
    etrange : hier j'ai cherché les livres disponibles cet auteur que je ne connais pas à partir d'une référence trouvée sur un blog américain ; les anlais disent : serendipity et ce mot qui n'a aucun équivalent français est devenu très récemment sérendipité.
    Et aujourd'hui, tu confortes mon souhait de découvrir ces livres ...

    Tu éprouves cette plénitude en marchant, alors que je l'associe davantage à la contemplation.
    Mais celà peut aussi m'arriver lorsque je passe "longtemps" à éplucher des légumes, le sens du toucher ( et parfois du goût) s'ajoute alors aux autres sens.

    Lorsque nous tuons le temps, lorsqu'il y a un temps mort, note vie nous échappe, elle est inaboutie, mais nous ne sommes que des humains et cela m'arrive ( de moins en moins). Savoir que je connaitrai encore ces moments d'absolu, suffit à me faire patienter et d'ailleurs, il y en a de plus en plus, au fur et à mesure où il faut de moins en moins de conditions pour qu'ils arrivent.
    Bonne soirée à tous.

    Posté par nicole 86, 04 janvier 2010 à 22:54
  • @Delphine...je suis émue par ce que tu racontes au sujet de cette fillette...elle connaît en effet le prix de la vie...!merci de nous partager cela!

    @Pivoine... les deux cygnes se sont aventurés sur l'eau gelée... et ils patinaient carrément... glissaient, tombaient... ils étaient drôles comme tout!

    @Damien... en effet quand on n'a pas le temps, c'est qu'on CHOISIT de ne pas l'avoir
    Il est évident qu'il y a des choix à faire. Bien sûr! Mais ce n'est pas exact de se retrancher derrière l'excuse de ne pas avoir le temps.
    J'aime ton expression: "il faut être le temps, pas l'avoir"...oui c'est ça être immergée dans le moment présent à vivre à fond...

    @Nicole...oui c'est amusant, comme quoi il n'y a pas de hasard
    Oui je ne connaissais pas le terme que tu mentionnes. J'ai les livres de l'auteur en question: on a traduit le concept par "l'expérience optimale" C'est un sentiment que nous pouvons tous connaître qui est un moment d'immersion totale dans ce qu'on fait (et est). Ce sentiment, c'est du bonheur
    Même dans des conditions de vie difficile, on peut connaître ces moments.
    Ah oui! c'est passionnant. Les livres sont édités en pocket evolution (donc pas cher)

    Posté par Coumarine, 04 janvier 2010 à 23:11
  • Bon, Coum... Une chose une sûr, tu l'as dit toi même,un temps mort est un temps qui se réanime avec: "comprendre quelque chose d'important"

    Hum... ton petit étang est superbe et je ne suis pas d'accord avec toi à propos de:
    "mordu par le froid..." dans le silence... dans la plénitude, dans la reconnaissance d'être bien vivant.
    Ton petit étang ne semble pas souffrir de morsure...

    et puis:
    Là, je marche le visage fouetté par le froid.
    Et tu dis que tu en es heureuse ?

    Heu... Au fond, tout au fond de toi, tu détestes le froid toi non ?

    Posté par Catherine, 05 janvier 2010 à 07:30
  • Passer le temps oui même en s'ennuyant à mourir, c'est parfois salutaire mais le tuer jamais, la vie du temps qui passe est bien trop courte.

    Posté par mab, 05 janvier 2010 à 07:47
  • @Catherine...ben l'étang est mordu par le froid puisqu'il est pris par le gel...
    ET c'est curieux que tu aies l'impression que je n'aime pas le froid. Parce que bien emmitouflée, avec un ciel bleu comme c'était le cas qd j'ai pris les photos...je suis vraiment bien...
    )

    @mab...c'est vrai et en vieillissant c'est encore plus vrai... le temps passe à une allure folle

    Posté par Coumarine, 05 janvier 2010 à 08:28
  • J'ai toujours ressenti ça enfant , j'attendais enfin de maitriser ma vie , mon temps

    je ne sais pas non plus ce que c'est que l'ennui , la passivité
    ce temps me manque aussi , mais je ne cours pas après ,

    ce qui n'est pas fait aujourd'hui , ce sera pour demain , ou pour après

    je te la souhaite douce et belle cette année qui pointe

    Posté par Jeanne, 05 janvier 2010 à 08:53
  • Ton texte m'a fait penser aux poèmes d'Aragon :
    « les chambres. Poème du temps qui ne passe pas ».
    ce sont des vers dédiés à Elsa (Aragon vit alors dans l'angoisse de la mort annoncée d'Elsa). Il est aussi dans la désillusion de ses engagements politiques. On pourrait dire d'une manière moderne qu'il "déprime magnifiquement" en transcendant son mal dans une poésie d'une intensité poignante, qui bouleverse jusqu'au tréfonds de l'âme.
    J'en parle, à cause du rapport au temps.
    Dans le présent de son écriture, Aragon ne cesse d'évoquer la mémoire de temps d'amours intenses qui ne sont plus.

    Est-ce qu'il arrive un moment dans notre vie où le temps se trouve comme suspendu. Ce temps final « entre la solitude et la tombe » (sic). Ces instants où il ne sera plus question de tuer le temps, mais où le temps lui-même s'approchera pour nous tuer...

    « J'écris pour oublier dans mes pas
    Pour effacer mes pas pour
    Me perdre et que ces vers ne soient
    Rien qu'ouverture du silence.
    Ne plus entendre le couteau depuis toujours qui me travaille
    Le coeur ».
    (...)
    puis, suite à tout un élan lyrique d'un possible avenir radieux :

    « Oh que le ciel sera pourpre et pur au-dessus
    De notre absence et le temps
    Nulle part n'aura d'horloge

    Il fera beau. »

    (...)
    « Il fera si beau de mourir quand ce sera
    Le soir d'enfin mourir d'enfin
    D'enfin mon amour d'à mourir le soir d'enfin
    Mourir. »

    Comme si ce poème était pour occuper le temps avant que la mort ne vienne.

    « parce que tout passe, mais non point le temps d'avoir aimé, d'aimer encore, jusqu'à ce souffle dernier, bientôt, ce dernier mot proche et terrible. »
    (Ainsi termine-t-il, n'ont pas ce long poème, mais une sorte d'ajout qu'il laisse à la fin à l'occasion de la relecture de l'épreuve de l'imprimeur).

    [c'était la minute littéraire d'Alainx, dont on aura compris qu'il aime Aragon, mais ne sait pas bien en parler...]

    Posté par alainx, 05 janvier 2010 à 10:54
  • C'est depuis que je suis plus apaisée avec moi-même et avec la vie que je mène que je ne cherche plus à "tuer" le temps. Encore que, même à l'époque, ce n'était pas le mot juste. Il est bien trop violent et actif par rapport à ce que c'était. Mais disons que je faisais de mon mieux pour que le temps passe le moins lentement possible. j'ai souvenir de grasses matinées uniquement par peur du long week-end à suivre...(mais j'ai découvert aussi que ce n'était pas si désagréable, en fait, les grasses mat':p)

    Aujourd'hui, même mon temps libre est plus "actif" : si je lis, c'est pour le plaisir de lire, pas juste pour m'échapper de la lenteur du temps. Bon, d'accord, il m'arrive de regarder la télé plus pour décompresser qu'autre chose, mais même. Ce n'est plus la même chose. Tant mieux.

    Posté par sel, 05 janvier 2010 à 11:08
  • Réalise-t-on que le temps est précieux : personne ne sait ce qu’il en reste … on le gaspille inutilement comme s’il était sans fin … pourtant personne ne connaît le jour et l’heure de sa fin … C’est peut-être bientôt ! … Bonne année quand même !

    Posté par doulidelle, 05 janvier 2010 à 13:22
  • Bravo!

    Un bien joli texte sur le temps. Je suis d'accord: il trop précieux pour le tuer.
    Mon blog est principalement en anglais mais si cela ne vous dérange pas, allez voir: www.bluamaryllis.wordpress.com
    Bonne Année!
    Maryse

    Posté par Maryse, 05 janvier 2010 à 16:37
  • ... Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,
    Suspendez votre cours !
    Laissez-nous savourer les rapides délices
    Des plus beaux de nos jours !

    " Assez de malheureux ici-bas vous implorent ;
    Coulez, coulez pour eux ;
    Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
    Oubliez les heureux.

    " Mais je demande en vain quelques moments encore,
    Le temps m'échappe et fuit ;
    Je dis à cette nuit : " Sois plus lente " ; et l'aurore
    Va dissiper la nuit.

    " Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
    Hâtons-nous, jouissons !
    L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
    Il coule, et nous passons ! ....

    extrait du "Lac" de Lamartine. C'était la seconde
    littéraire de Charlotte

    Posté par charlotte, 05 janvier 2010 à 17:02
  • Le temps : une authentique richesse, tout comme la santé. Alors tuer le temps... insupportable idée, si se suicider peut être un tue temps, là d'accord.
    Gagner du temps, en perdre... comprends pas, on est dans le temps, point.

    Bleck

    Posté par Bleck, 05 janvier 2010 à 18:05
  • Quel plaisir de lire ton texte Coumarine. Et aussi tous ces commentaires plus riches les uns que les autres. C'est très intéressant de lire le rapport au temps de chacun. Certains en manquent, certains en ont trop, certains en ont eu trop et ont su l'apprivoiser... oui oui oui tout cela me plait bien. Merci Coumarine de lancer de si belles idées. Je retiendrai le commentaire de Damien et sa jolie expression "Il faut être le temps, pas l'avoir". Pour moi, c'est bien ça. Je suis le temps que je m'offre.
    Comme certains ici, j'ai tué le temps pendant l'enfance pour que cela avance plus vite parce que "ce n'était pas un temps de vie" comme tu l'écris Coumarine, j'ai fait des grasses mat pour ne pas voir un week end trop long, j'ai passé des soirées TV sans sens pour ne pas voir la nuit tomber...Aujourd'hui, je vis le temps beaucoup mieux. Finalement, nous avons peut-être tous à n moment donné un passage de temps à tuer? C'est super de pouvoir se dire que ce n'est qu'un passage pour mieux l'apprécier ensuite. bonne soirée.

    Posté par Chris, 05 janvier 2010 à 19:18
  • Je n'ai pas le souvenir que je souhaitais devenir adulte quand j'étais petit, mais mon enfance a été très heureuse avec des grands-parents retraités qui avaient justement le temps de jouer et se promener avec nous (pendant que nos parents travaillaient).

    Par contre, c'est au début de ma vie professionnelle que j'ai tué le temps pendant deux ou trois ans : j'étais célibataire chez mes parents, je n'avais plus de travaux d'école à faire le soir, pas de connexion Internet à cette époque, et la semaine au soir, je ne savais pas quoi faire...

    Aujourd'hui à 30 ans, je n'ai plus aucun problème à occuper mes temps libres, tant mes centres d'intérêt sont nombreux, sans oublier la tenue d'un blog qui prend du temps mais apporte tellement de satisfactions. Je me sens en fait beaucoup plus épanoui à 30 qu'à 20 ans où je me cherchais.

    Posté par Un petit Belge, 05 janvier 2010 à 20:09
  • @Jeanne...merci...on est fort semblables finalement...

    @Alainx...un très grand merci pour ta minute littéraire. Elle est tellement passionnante que tu me donnes l'envie de me plonger (de me replonger) dans la poésie d'Aragon que je ne connais pas comme tu le connais...
    cette phrase me parle et me touche:
    "Ces instants où il ne sera plus question de tuer le temps, mais où le temps lui-même s'approchera pour nous tuer..."
    C'est clair et si vrai. Et tellement évident! Il faut juste le dire... et alors:
    "Ne plus entendre le couteau depuis toujours qui me travaille
    Le cœur"
    Ce vers me parle aussi...

    @Sel... il me semble que si par ex on regarde la télé simplement pour décompresser, c'est un temps "vivant", car salutaire...

    @doulidelle... ah oui! ça! nul ne sait combien de temps il nous reste. Qui sait, demain c'est peut-être fini! Et ça me sidère de penser à ça!!!

    Posté par Coumarine, 05 janvier 2010 à 21:12
  • Bonsoir Coumarine,

    Rien de bien pertinent à écrire ici, après tous ces commentaires si riches et si intelligents qui ont été déposés.

    Juste te dire que j'aime ton texte.
    ______

    Cette nuit peut-être la neige dans ma Bretagne.
    Alors peut-être demain quelques photos vêtues de blanc.

    Posté par Annick, 05 janvier 2010 à 21:20
  • @Maryse, bonsoir et bienvenue!
    Oui j'ai vu que votre blog est en anglais, avec deux (pour l'instant) billets en français..
    Je comprends l'anglais, mais je ne peux le parler encore moins l'écrire...
    (toujours étonnée qd je me vois en lien dans un blog qui m'était inconnu... merci pour votre confiance!)

    @Charlotte, merci de rappeler ici ce poème fameux de Lamartine, dont nous nous souvenons tous pour l'avoir appris par cœur à l'école )

    @Oui Bleck... on est dans le temps...point!

    Posté par Coumarine, 05 janvier 2010 à 22:59
  • @Chris... merci à toi, je trouve comme toi que c'est très intéressant de lire le rapport au temps différent que vit chacun des commentateurs... Je suis heureuse que vous acceptiez d'en parler...
    (je réponds demain à ton mail...)

    @Petit Belge...merci aussi de donner ton témoignage... c'est vrai ce que tu dis: la tenue d'un blog prend du temps, oh! oui!!!

    @Annick...la trace de ton passage me fait toujours plaisir, tu le sais... )
    Et je viendrai voir les photos de la neige sur ta Bretagne chérie!!

    Posté par Coumarine, 05 janvier 2010 à 23:05
  • un temps mort... je n'avais jamais fait le lien avec tuer le temps.

    C'est drôle mais je ne tue jamais le temps, je me prosterne au contraire devant lui, sacrifices à l'appui, pour lui demander de rester encore un peu... Le tuer ? mais que ferions-nous sans lui ?

    Très belle année, pleine de moments vivants et émouvants. Je t'embrasse.

    Posté par telle, 05 janvier 2010 à 23:21
  • Bjr Coumarine. Je n'ai rien à rajouter, sinon qu'en ayant pris le temps de te lire ainsi que tes lecteurs, j'ai passé un exellent moment qui fait partie de ce fameux temps que la vie nous offre. Il faut cependant un temps pour tout, chaque chose en son temps...il y a des périodes dans notre vie où on n'en pas le temps, il y en a où on le tue...et puis arrive le moment où on vit avec son temps...plus doucement, plus sereinement et là on ne sait plus très bien si c'est le temps qui passe ou si c'est nous qui passons à travers le temps...mais ce qui est sûr c'est qu'on respecte le temps...on apprend même à prendre du temps pour ne rien faire, pour se retrouver seulement dans le silence et c'est merveilleux. Merci Coumarine pour ce billet sur le temps.

    Posté par Josiane, 06 janvier 2010 à 05:37
  • Pradoxe

    Parfois, on court après le temps, parfois on voudrait le retenir, d'autres fois, on attend qu'il passe, ou on espère qu'il revienne... La clé c'est de vivre au mieux l'instant présent, mais ce n'est pas simple non plus. C'est une vraie question que tu poses-là Coumarine! Mais c'est le mois des bonnes résolutions, tiens, je vais de nouveau essayer de vivre le moment qui passe, sans viser déjà demain... y a du travail!

    Posté par eneri, 06 janvier 2010 à 09:13
  • je me pose (pause) beaucoup de questions sur le temps et sa course. Je sais le temps que j'ai eu, j'ignore celui qui me reste. Des fois cela m'angoisse, d'autres ça me rassure. Une chose est certaine, je ne tue jamis le temps, je le prends.

    bonne année de ma Bretagne à Ta Belgique !

    Posté par Bérangère, 06 janvier 2010 à 10:21
  • J'adore m'ennuyer.
    Enfin, sentir le temps qui s'écoule lentement et ne rien avoir à faire. J'aime bien attendre.

    Posté par Berthoise, 06 janvier 2010 à 11:15
  • Je n'aime pas trop cette expression en fait.
    Même si parfois avec certaines personne le temps s'étire, et n'en finit plus de passer !

    Bonne année ma belle !

    Posté par Fauvette, 06 janvier 2010 à 13:43
  • A une époque,

    j'avais dans mon équipe un Africain, qui arrivait en retard tous les matins...

    Un jour que je lui en faisais la remarque (d'une façon probablement beaucoup moins douce que tous les jours précédents), il m'a répondu : "Béa, ne te tracasse pas... en Afrique, le temps est circulaire... il n'est jamais perdu... puisque ce qui passe aujourd'hui reviendra demain"...

    Je suis restée sans voix... tellement cette autre notion du temps est différente de la nôtre... et nous oblige à mettre nos priorités ailleurs, autrement, dans une sorte d'intemporel.

    En sommes-nous capables ?

    Bizzz... passe une excellente soirée.

    ... et meilleurs voeux pour une année 2010... où le temps s'écoulera sereinement pour toi... vivant !

    Posté par Turquoise1960, 06 janvier 2010 à 18:41
  • On ne tue jamais le temps on le passe... soit en s'agitant soit en le regardant soit en le vivant....Mais comme d'habitude tes mots sont jolis...merci et tous mes voeux...

    Posté par manoudanslaforet, 06 janvier 2010 à 19:33
  • Ai-je perdu mon temps à écrire un long commentaire, alors que je repasse ce soir et que je ne le vois pas...Trahie sans doute par une défaillance de la technologie.Non je n'ai pas perdu mon temps parce que tu m"as fait réfléchir, chère Coumarine, et n'est ce pas le plus important?

    Posté par celestine, 06 janvier 2010 à 20:13
  • Je suis aussi, choquée par cette expression, c'est un signe de non intérêt pour quoi que ce soit, d'un grand vide intérieur, d'un réel ennui...
    Merci pour vos belles images
    Jackie

    Posté par Jackie, 06 janvier 2010 à 21:12
  • @Telle...qd on est une jeune femme, mère de plusieurs enfants, on n'a pas de temps à tuer, c'est sûr...
    Je t'embrasse et te souhaite aussi une belle année...

    @Josiane... c'est amusant ton commentaire, tu as cité plein d'expressions dans lesquelles entre le mot temps... il y en a!

    @Eneri... voilà en effet une très bonne résolution...puisses-tu t'y tenir )

    @Bérangère...merci pour tes voeux venus de ta Bretagne...

    @Berthoise..c'est tout un art de s'ennuyer sans avoir l'impression de perdre son temps, mais au contraire, de le gagner en intensité...

    Posté par Coumarine, 06 janvier 2010 à 22:27
  • @Fauvette... oui c'est vrai, avec certaines personnes, lors de certains événements, le temps tire en longueur... Bonne année à toi aussi!

    @Turquoise...ah! oui! c'est beau ça! le temps est circulaire... C'est vrai que les Africains ont un autre rapport au temps que nous...

    @manou...tous mes voeux pour toi aussi, et merci pour tes mots!

    @Célestine...c'est super gentil ce que tu m'écris là... bon d'accord, le repassage sera pour demain...

    @Jackie... ben voilà! toi aussi tu es "choquée" par cette expression...oui elle est signe de vide...de non-intérêt... pas drôle

    Posté par Coumarine, 06 janvier 2010 à 22:42
  • tuer le temps ou tu es le temps ? je veux tuer le temps ! tuer le temps des horloges, le temps du travail, des rendez-vous, le temps programmé, le temps social, tuer ce temps là pour en créer un autre. Je veux tuer le temps pour entrer dans l'éternité du rêve et de l'amour !

    Posté par Baladine, 07 janvier 2010 à 10:17
  • Moi aussi, comme Célestine mon commentaire d'hier a disparu....
    Je recommence ma petite leçon de vocabulaire dont je cherche le sens ent te lisant

    " J'ai fait mon temps "
    " Donner du temps au temps"
    " Avec le temps, tout fout l'camp" ( Ferré )

    etc....

    Posté par Amanda, 07 janvier 2010 à 10:19
  • beausoir COUM.

    quelle expression !
    c'est vrai maintenant que tu le dis (l'écris)
    comme c'est dure de sens et si parlant à la fois.
    pour moi, tuer le temps (ce que je n'ai jamais su ou eu le temps de faire jusqu'à lors) est quelque chose d'impensable tant cela est négatif dans ma tête.
    à mon sens tuer le temps, c'était s'emmerder !
    "oups pardon!"
    mais maintenant que tu le dis, oui ce peut être plus agréable, comme apprendre à regarder passer un nuage, ou un escargot sortir de sa coquille !
    en fait, dans ce sens là, c'est beau !

    douce soirée à toi

    Posté par rsylvie, 07 janvier 2010 à 17:07
1  2    Dernier »

Poster un commentaire