Une histoire de fantômes - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

15 décembre 2009

Une histoire de fantômes

"Ne pas donner son cœur aux fantômes. Les fantômes, ce ne sont pas les morts, certes non, ce sont les vivants quand ils se laissent emmailloter par les bandelettes de leurs soucis." Christian Bobin, Autoportrait au radiateur

Hier soir en me couchant, je me demandais d'où me venait cette tristesse diffuse qui me prenait tout entière comme le froid intense qui gèle le corps et l'âme.
Je me le demandais et je ne trouvais pas. Si, je me disais que c'était l'approche des fêtes et l'excitation qui prend de toutes parts la ville et les magasins, et qui comme chaque année provoque en moi une tentation de repli en attendant que ce soit fini, tout en faisant au mieux tout ce qu'il y a à faire et à préparer pour les retrouvailles familiales.

Mais non, cela ne suffisait pas à expliquer cette tristesse...
Puis je suis tombée sur cette phrase de Bobin, et j'ai compris:
Hier coup sur coup, j'ai été en contact avec deux "vivants emmaillotés par les bandelettes de leurs soucis".
Et je me suis laissée emmailloter à mon tour...

Le problème, c'est que ces deux personnes, je les aime, profondément.
Je ne veux ni ne peux les "abandonner" quand elles vont moins bien. Je désire être présente à leur côté, être là, tout simplement...

Pas toujours facile de  trouver le bon équilibre, la bonne distance: être là, bien sûr, évidemment... mais ne pas me laisser sombrer avec ces personnes dans les soucis et les découragements.
D'autant plus qu'aujourd'hui, elles vont peut-être mieux et moi, je pourrais rester avec cette impression de malaise diffus...

Trop bête...

rain_20in_20NY


Commentaires

    "Trop bête"... se laisser emmailloter par le mal-être des autres...

    Il faut te "démailloter" en allant contacter la joie... Et si tu ne rencontres personne qui soit pleine de joie aujourd'hui, je te suggère une musique bien gaie, bien vivante à écouter assez fort et bougeant un peu pour décoller les bandelettes et les faire tomber à terre.

    C'est ce que l'on a fait hier soir: se "secouer" pour évacuer tous les soucis de l'année qui se termine.

    Posté par Annick, 15 décembre 2009 à 10:53
  • Au fait.. l'illustration est très belle.

    Posté par Annick, 15 décembre 2009 à 10:54
  • amusante cette note que je comprends très bien. Il est vrai que certaines personnes sont des poisons...ils te bouffzent l'énergie, la joie. Mais comme tu le dis on ne peut pas les laisser tomber et finalement, en sortant de chez eux on respire et on est heureux de ne pas être comme...eux !

    Posté par Bérangère, 15 décembre 2009 à 10:56
  • @Annick... il y a encore toujours en moi des relents de culpabilité quand je veux être dans la joie
    Non pas la joie artificielle des fêtards
    Mais la joie profonde qui nourrit l'a^me et le coeur, et le corps aussi
    Comme si je ne pouvais pas me donner la permission d'être "heureuse" (malgré mes soucis, bien réels!) quand tant de gens souffrent, quand le monde va si mal...
    Mais oui, je fais ça... bouger sur une musique que j'aime, marcher à pas rapides dans "mon" petit parc...
    (je ne sais plus de qui est cette peinture...)

    @Bérangère... non il ne s'agit pas de gens "poisons", simplement de personnes que j'aime, prises dans un mal être dont elles ont des difficultés à sortir...
    Je les écoute, mais je me laisse prendre par leur mal-être...d'autant plus que je les aime... si ce n'était pas le cas...je me désintéresserais de leurs découragements
    c'est à moi trouver la bonne distance, être capable de conserver ma propre joie!

    Posté par Coumarine, 15 décembre 2009 à 11:07
  • @Bérangère encore...et loin de moi la tentation de les juger et de me réjouir de n'être pas comme eux!!
    Parce que ça m'arrive aussi de me laisser prendre dans de telles bandelettes, et alors je suis tellement reconnaissante que ceux qui m'aiment ne se détournent pas de moi...!

    Posté par Coumarine, 15 décembre 2009 à 11:10
  • Montaigne a dit : "qui craint de souffrir souffre déjà de ce qu'il craint."

    Savoir écouter celui ou celle qui souffre sans pour cela souffrir avec, est un acte humainement à la portée de tous. Ce ne sont pas ceux qui semblent avoir le plus souffert qui auront cette aptitude de l'amour simple et sans intérêt.
    Nous apprenons bcp de nos douleurs et de celles des autres; notamment l'humilité face à l'implacabilité de la vie ! Valeur qui fait cruellement défaut à bcp d'entre nous.
    Donc, soyons épicuriens, vivons l'instant présent, sa douceur et partageons le avec ceux qui ont mal
    La vie est faite d'une multitude de souffrances; nous avons la capacité d'enchaîné les instants de bonheur et de souffrance; malgré que nous soyons diffèrents, la guérisson se fait tjs : le remède s'appelle "le temps"... Certaines personnes se bloquent à un instant...
    Je pense aussi, que pour certains, la souffrance, c'est l'absence de l'Autre, alors que d'autres se plaisent à vivre seuls, pour d'autres le problème matériel est un critère indispensable à leur vie alors qu'il y'a des gens qui ne sont pas matérialistes, encore pour d'autres, s'occuper de leurs enfants est un fardeau pendant que des êtres souffrent de stérilité...La liste est longue...
    Belle journée ! ici, sous le soleil !!

    Posté par bernie.83, 15 décembre 2009 à 12:33
  • "La permission d'être heureuse".

    Pendant tant de temps, ma fille ne s'est pas donnée la permission d'être heureuse... et tous mes discours étaient vains pour lui faire comprendre que ce n'était pas en se rendant malheureuse elle-même qu'elle allait aider les personnes malheureuses... surtout que pour elle c'était une dimension universelle du malheur qui l'interdisait de se permette d'être heureuse.

    Ouf.. Elle commence à dépasser cela.

    Posté par Annick, 15 décembre 2009 à 13:27
  • Ah tiens j'ai connu ça il y a quelques temps, de me laisser emporter dans le malaise pour "mieux" soutenir ceux qui n'allaient pas bien.

    Ce qui est une idée fausse, finalement, il faut prendre un peu soin et de son âme pour être disponible pour les autres.

    Mais tout comme la fille d'Annick, je commence à peine à comprendre et dépasser ce stade...

    Et ce n'est pas toujours évident, parfois on se laisse prendre malgré soi, mais, comme tous les apprentissages de la vie, c'est un bel exercice!

    Posté par Louloute, 15 décembre 2009 à 14:34
  • J'aime beaucoup la toile qui illustre ton billet, naturellement ton billet est chouette mais je voulais souligner ce choix de peinture... Superbe !

    Bleck

    Posté par Bleck, 15 décembre 2009 à 16:20
  • On ne peut pas porter le poids du monde sur ses épaules... Mais...

    @ Coumarine : Par expérience, je sais combien c'est dur de trouver la bonne distance dans ces cas-là. Même quand ce ne sont pas des gens qu'on aime, ce sont des personnes humaines, ce sont des parties vivantes de l'humanité. Alors, quand en plus ce sont des gens qu'on aime, "profondément",... je sais, je sais bien ce dont tu parles.
    Mon amie, cette personne que j'aime aussi profondément, comme moi et comme la fille de Annick, s'est pendant de longues années presque interdit le bonheur, devant tant de gens qui souffrent. Mon amie, en plus, a embrassé une carrière médicale. Son impuissance répétée devant des cas de maladie et devant la mort l'a forgée plus rapidement que moi. Un jour où je me désolais, comme à notre habitude, elle m'a regardé dans les yeux, et elle m'a dit : « Prince, tu ne peux pas porter le poids du monde sur tes épaules ». Ma transformation et ma croissance ont commencé là, mais sans entacher ma compassion. Dur dur, ça aussi.
    Mais ça, c'est pour les "autres". Je n'ose pas revenir à ceux qu'on aime profondément, parce que là les mots trouvent très peu de place...

    @ Bernie : Je ne pense pas que l'épicurisme puisse être un appui durable. Les propos de Coumarine me semblent être plus profond que ça. Et puis, savoir écouter celui qui souffre sans souffrir avec lui, je ne suis pas sûr que ce soit autant à la portée de tout le monde. Ce sont plutôt les extrêmes qui me semblent très accessibles : soit on verse rapidement dans le superficiel qui frise l'ignorance pour éviter de souffrir («il souffre ? ah, ok... ben la vie continue... il guérira...»), soit on souffre avec n'importe quel "autre" qui souffre, sans marquer la frontière d'avec notre personne et notre droit au bonheur individuel. Il s'agit de trouver le juste milieu.

    Posté par Prince, 15 décembre 2009 à 16:20
  • La compassion n'est pas soufrir avec l'autre, c'est savoir être là avec l'autre qui souffre.
    Tout cà c'est vrai, mais ce ne sont que des mots.
    On fait ce qu'on peut avec ce qu'on est.
    Je crois Coumarine que tu fais très bien. Et puis tu es comme tu es cad sensible donc tu prends à corps et à coeur les soucis de ceux que tu aimes.


    Mais si les psy se mettaient à pleurer avec leurs patients qui pleurent, à cause de leurs histoires tristes à pleurer... cela donnerait quoi?
    Tu n'es pas psy , moi non plus.
    Donc on se donne le droit de pleurer à cause de et avec ceux qu'on aime.

    Posté par charlotte, 15 décembre 2009 à 16:45
  • Les mots ont un sens...
    La philosophie d'Epicure dit Cicéron(pour peu qu'on est étudié la philosophie) remplit la vie du sage. Il substitue aux chagrins qui nous affligent des idées agréables.
    C'est pas le sujet du billet mais je pense que le mot épucurien est employé dans ce sens là...
    Je trouve la photo très belle !!!

    Posté par alberte, 15 décembre 2009 à 17:53
  • "Et je me suis laissée emmailloter à mon tour" Tu veux te faire attacher ? ficeler sur le lit ?

    Madame veut du bondage
    Elle qu'on croyait si sage.

    Posté par Prax, 15 décembre 2009 à 18:12
  • J'adore cette phrase. Merci!

    Posté par Catherine, 15 décembre 2009 à 19:27
  • Dans le froid du soir hivernal, j'ai vu les étoiles s'allumer et embrasser Coumarine, tendrement...

    Posté par Jacques, 15 décembre 2009 à 19:41
  • Eh bien, je pensais à quelque chose dans le genre de ce que Charlotte a dit... Ca fait partie de toi d'être comme ça, alors eh bien, elles vont peut-être mieux aujourd'hui, ces personnes chères et toi tu iras sans doute mieux aussi ce soir ou demain ou après-demain et ainsi de suite... Je crois que la sensibilité au mal-être (et d'ailleurs à la joie) des autres ou du monde fait partie de nous même, sinon, nous ne créerions pas comme nous créons...

    Posté par Pivoine, 15 décembre 2009 à 19:53
  • Partie ce matin à la nuit noire. Revenue tardivement à mon chez moi, à la nuit noire. J'étais un peu entourée par les bandelettes de mes soucis, aujourd'hui.
    Et la lecture de ton billet m'a réveillée : surtout ne pas se laisser momifier ! Merci, Coumarine !

    Posté par naline, 15 décembre 2009 à 20:29
  • Certaines personnes sont fortiches pour se charger des soucis des autres...
    Elles appellent ça "solidarité"
    Je crois que la bonne attitude, c'est essayer d'aider sans prendre tout sur son dos...
    Mais boudiou que c'est difficile de faire le tri dans nos émotions...
    Ceci dit, on est comme on est et ce n'est sans doute pas plus facile de se dire qu'on est ... égoïste ...

    Posté par teb, 15 décembre 2009 à 22:28
  • Bonjour. Je viens du blog d'Ariaga, et lisant le commentaire de Coumarine que j'ai trouvé juste, je découvre cette note dans laquelle nous sommes nombreux à pouvoir nous reconnaître. Ou plus exactement, c'est une expérience commune et pourtant intime, comme une double contrainte entre notre affection, notre empathie d'une part, et l'instinct de santé, de survie d'autre part. On remarque aussi que certaines personnes vont mieux après s'être épanchées de leurs malheurs personnels : elles en sont provisoirement allégées, comme si l'auditeur avait récupéré le "mistigri".
    Deux voies pour les aimants et les soignants : soit apprendre à se "nettoyer" après ces contacts psychiques "toxiques" (d'où les conseils de loisirs, de sortie dans la nature), soit trouver en soi (en Dieu pour les croyants) le moyen de transmuter le mal en bien.

    Posté par Arianil, 15 décembre 2009 à 22:44
  • Le talent de Coumarine est de provoquer la réflexion dans chacun de ses billets. C'est comme un petit atelier de philosophie. Bien agréable, dans ce monde "de zapping et de fast-food de la pensée", de trouver un havre de méditation, où l'on puisse se poser les problèmes "posément" si j'ose ce pléonasme.
    Ce sujet m'interpelle ô combien! Car j'ai moi-même enduré tant de fois ce dilemme: dois-je compatir jusqu'à m'engloutir dans la détresse de l'autre, ou me protéger pour mieux l'aider à la supporter? J'ai choisi définitivement la deuxième solution parce qu'elle est la plus efficace. Il vaut mieux lancer une bouée et ramener le noyé sur la rive en le tirant avec une corde, que de se jeter avec lui dans les rapides au risque de se retrouver soi-même emporté par les flots. Mais il est vrai que lorsqu'on aime énormément, on ne réfléchit pas toujours à la meilleure solution...et on se jette à l'eau étourdiment.

    Posté par celestine, 15 décembre 2009 à 22:44
  • Ce soir...

    Je découvre vos nombreux commentaires, je les lis comme toujours avec beaucoup d'attention et je vous trouve formidables dans votre diversité

    Si comme tu le dis Célestine, chacun de mes billets provoque la réflexion... vos commentaires sont riches et apportent énormément

    Je suppose bernie qu'en disant "épicurisme" tu penses "vivre le moment présent, ne pas en égarer toute l'intensité.. Dans ce cas, je te rejoins.
    Je serais assez d'accord avec Prince (bienvenue ici...) sur le fait qu'il n'est pas facile d'écouter et d'accompagner VRAIMENT quelqu'un qui parle de son mal-être... La tentation est grande de balayer ce qui apparait comme menaçant. Je le sais, ça m'est plus d'une fois arrivé...
    Ou alors, comme je l'écris dans ce billet, de plonger avec celui qui souffre
    J'ai beaucoup apprécié ton commentaire Prince...
    Oui Pivoine et Charlotte, vous me connaissez, vous savez cette sensibilité qui est la mienne et qui perçoit parfois ce qui n'est pas dit... Mais vous savez aussi que c'est cette sensibilité aussi qui me mène vers la créativité...

    Merci et bienvenue à toi Arianil...
    Oui apprendre à se "nettoyer"... et ne pas croire que c'est se séparer de la personne souffrante pour autant...

    Teb, Louloute, on est bien d'accord, ce n'est pas facile de prendre la bonne distance...

    Cette peinture, Bleck, Annick, Alberte (à qui je souhaite aussi la bienvenue) je l'aime aussi beaucoup! Je l'avais un jour enregistrée dans mes images, mais je ne sais plus quel en est l'auteur. Si quelqu'un peut me renseigner...

    Prax, parce que tu crois que je suis sage? mon dieu si tu savais, je mets beaucoup de soin à apparaître comme cela ici dans ce blog )

    Et toi Jacques, j'aime tes mots gentils et tendres, ils me font du bien...Et je vais te dire: tu viens trop rarement

    Ai-je oublié quelqu'un?
    Oui, Naline;..contente que tu aies pu sortir de tes bandelettes, mais le contraire de toi m'aurait étonnée, tu es une optimiste fondamentalement!
    Et enfin Catherine... oui oui, je t'ai vue... moi aussi j'ai été touchée en plein coeur par cette citation de Bobin

    Posté par Coumarine, 15 décembre 2009 à 23:13
  • Bobin : toujours extrêmement juste dans l'humain...

    Dans ce sujet, Coumarine, on est absolument dans la notion de juste distance pour l'écoute, l'empathie, la compassion, le conseil
    il s'agit de ne pas confondre empathie et confusion avec l'autre

    ce qui est bien plus difficile sur le plan personnel (surtout s'il s'agit de quelqu'un de la famille, ou d'un ami très proche), que sur le plan de la relation d'aide professionnelle, sachant malgré tout que cela reste un "piège" classique : être "éponge" de la douleur de l'autre, et se sentir plombé, ou vidé après !

    il est bon de s'interroger sur les bénéfices que l'on trouve dans l'écoute et l'aide de l'autre : je me sens utile ? je me sens plus fort ? je fuis mes propres difficultés ? je ne peux être aimé que dans ce rôle ? cette douleur résonne en moi parce qu'elle est similaire à la mienne ?
    probablement un peu de tout ça....et bien sûr de bons sentiments, d'inquiétudes légitimes, de bons élans du coeur

    et bien évidemment être vigilant à ne pas laisser pénétrer la douleur de l'autre à l'intérieur de nous, et si c'est le cas, il est nécessaire de se ressourcer soi-même, car il n'est utile à personne de se retrouver exsangue après avoir soutenu l'autre !

    Posté par Tisseuse, 16 décembre 2009 à 07:58
  • petite phrase grande de sens caché, je la fais mienne pour diverses occasions, qui hélas ne manquent pas.

    Posté par mab, 16 décembre 2009 à 08:54
  • Eh bien moi, à l'inverse, c'est horrible à dire, mais j'ai tendance à beaucoup (trop?) me protéger. Je me semble bien égoïste, en disant cela...

    J'avais une amie qui souffre beaucoup de sa situation personnelle. cela a duré des mois, des années...on discutait, elle me disait son mal-être, plus d'une fois, elle m'a parlé de mettre fin à ses jours (sauf que j'habite au loin)...C'est terrible, mais là encore, voyant que rien de ce que je pouvais dire ou faire ne pouvait l'aider, nos liens se sont distendus (enfin, pas seulement à cause de cela, c'est plus compliqué, bien sûr), puis rompus, parce qu'elle a mal compris cette distance que je prenais (ce que je peux comprendre à mon tour), et qu'elle prenait aussi, parce qu'elle ne cherchait pas non plus à me contacter.

    Bref, c'est du long racontage de vie...mais je voulais le dire puisqu'il semblerait que je sois dans une situation différente de la majorité des commentateurs. cette réaction est le fruit d'une évolution, mais au final, cela fait de moi une égoïste, assez solitaire, en prime (ben oui, du coup, ces gens, je ne les vois plus). Je vis dans un cocon, c'est pour le moment le seul moyen que j'ai trouvé d'être heureuse...
    Entre hyper protection et les bandelettes dont tu parles, Coumarine, pas facile de trouver le juste milieu...

    Posté par sel, 16 décembre 2009 à 10:29
  • (Ceci dit, j'aime beaucoup le commentaire de Bérengère ! C'est vrai qu'ensuite, on mesure encore mieux sa chance...)

    Posté par sel, 16 décembre 2009 à 10:33
  • Peut-être le zen ?
    Hier après-midi, je suis allée rendre la dernière visite à mon maître zen qui est en phase terminale et n'en a plus que pour quelques heures ...
    Hier soir, le gros chat angora a courroucé mon zom et ce dernier a décrété qu'il ne voulait plus le voir ...
    Hier encore, j'étais prise d'une crise d'allergie canon ...
    A mon grand étonnement, j'ai bien vécu le tout, alors que d'habitude, tu le sais, je suis plutôt réactive (ping-pong).

    Posté par Filo Filo, 16 décembre 2009 à 11:02
  • Et moi, j'aime beaucoup le commentaire si bien tissé par Tisseuse
    Comme en écho à ma petite réflexion...

    Posté par Prince, 16 décembre 2009 à 11:50
  • Bonjour,
    je me retrouve à la fois dansle billet de Coumarine, les commentaires de Bérangère et de Tisseuse. En tant que prof, je pratique aussi l'écoute dans le cadre de ma profession et même si je parviens (presque) toujours à maintenir la distance indispensable, je ressens parfois douloureusement certaines résonnances avec des éléments de ma vie personnelle et je dois alors faire un vrai travail sur moi pour être de nouveau dans la distance juste. J'ai aussi du mal à faire percevoir aux ados cette juste distance car pour eux il est difficile de distinguer mes différents niveaux d'intevention : l'écoute, l'instruction, l'évaluation des travaux et aussi l'orientation.

    je voulais aussi dire que lorsque je suis à titre individuel en état de fragilité, je reçois davantage de demandes d'aide dans le cadre de mon métier : est-ce que les élèves qui ont un souci sentent que je ne suis en cela proche d'eux, est moi qui à ce moment là entend mieux parce que j'ai besoin d'un situation valorisante ( celle de l'aidant) ? je n'en sais rien , mais je ne peux que noter la répétition de ceci. Je dirais même que ces dernières semaines j'ai su que je n'allais pas très bien parce que je recevais de nombreuses demandes d'aide ( dans des cas très lourds où je evais "rattrapper" des erreurs faites précedemment dans le lycée). les demandes ont fonctionné comme un baromètre de mon état personnel dont je n'étais pas (encore) consciente. Troublant. J'y réfléchis mais j'aimerais bien d'autres points de vue.

    Posté par nicole 86, 16 décembre 2009 à 12:20
  • Une phrase que je découvre et qui me donne matière à réflexion. Justement, aujourd'hui...
    Merci, Coumarine.

    Posté par fabeli, 16 décembre 2009 à 14:16
  • Des fantômes, j'en ai plein mes nuits et mes désespérances, d'une autre nature peut-être… dont quelques sourires me mettent à l'abri, parfois…

    Posté par Vertumne, 16 décembre 2009 à 17:32
  • @Tisseuse...merci pour ce commentaire..
    Tu fais la différence entre l'empathie que l'on peut témoigner à quelqu'un... et tu proposes à notre réflexion quelques questions intéressantes pour nous interroger sur le pourquoi de notre empathie
    Tu parles aussi de l'écoute attentive que l'on peut donner à quelqu'un qu'on aime... là c'est assez simple, on la donne cette écoute, simplement parce qu'on l'aime et qu'on veut être auprès de lui (d'elle)
    Le danger étant ici bien plus important de ne pas se laisser submerger par le mal-être de l'autre, et c'est difficile car soi-même on souffre de ce que la personne qu'on aime n'est pas bien...

    @sel... je me suis aussi distancée de personnes toujours négatives qui avaient sur moi une influence malsaine
    On est pas obligée de subir sans cesse le rayonnement négatif de ce genre de personnes...
    Mais encore une fois, c'est différent qd il s'agit de qqun de vraiment proche et qu'on aime...

    @filo...je suis émerveillée de voir combien la pratique du zen t'a apporté bcp de sérénité...

    Posté par Coumarine, 16 décembre 2009 à 23:24
  • merci d'être revenu, Prince

    @nicole, lis ma réponse à Tisseuse
    N'est-ce pas encore différent quand c'est qqun de très proche qui nous parle de son mal-être? Alors qu'on souffre soi-même en plus de le ou la voir mal en point?
    C'est étrange ce que tu dis concernant la "demande" d'empathie plus grande qui t'est faite qd tu es en situation de fragilité...
    J'expérimente plutôt l'inverse, comme si les gens sentaient qu'ils pouvaient venir vers moi qd je me sens forte
    Si qqun a un avis la dessus?

    @fabeli...)

    @Vertumne...dire sans dire...toujours énigmatique et bref dans tes commentaires...
    Tiens une fois n'est pas coutume, je t'embrasse...

    Posté par Coumarine, 16 décembre 2009 à 23:30
  • Bjr Coumarine. J'ai lu ton billet hier soir mais comme j'avais pris le chemin pour rendre visite à Alain et à Pierre, je viens ce matin me joindre à tes réflexions sur les "fantômes". Je me rends compte à l'instant que je pourrais laisser chez toi un commentaire semblable à ceux que j'ai laissés chez eux. Aussi, je vais seulement tenter de te donner mon avis sur ton dernier commentaire. Ce que tu expérimentes me semble vrai...car quand je me sens forte, quand les fantômes ne m'habitent pas, j'ai plutôt envie d'aller vers ceux qui sont dans la détresse et quand mes fantômes se réveillent, c'est l'inverse...j'ai besoin de la force des autres...C'est un juste milieu à trouver, un équilibre, une distance à tenir...pas se laisser envahir, mais aussi essayer de ne pas envahir l'autres ou les autres avec ses propres soucis. C'est trouver une présence quand ça va pas bien et être présent, être là quand l'autre (ou les autres) n'est pas au mieux de sa forme. L'essentiel serait de ne pas tomber trop bas pour éviter de décharger "ce trop" sur l'autre, ce qui aurait l'effet d'entraîner l'autre vers le bas, alors que le but c'est quand même d'essayer d'aller vers le haut...c'est une question de "dosage"...et c'est pas toujours facile! que ce soit avec nos enfants, avec nos parents, avec nos amis, avec nos relations diverses. Trouver les mots justes, les actes justes, au bon moment..la condition humaine est très complexe! Etre en accord avec ses propres convictions semble être le meilleur chemin pour continuer...quelque soit la décision que l'on prend...sinon le tourment est là...

    Posté par Josiane, 17 décembre 2009 à 06:54
  • … il était temps !!!

    Posté par Vertumne, 17 décembre 2009 à 07:57
  • … et pourquoi ça ne deviendrait pas une coutume, finalement ? Tiens, allez, moi aussi !

    Posté par Vertumne, 17 décembre 2009 à 08:43
  • @ Josiane : Très bien, ta réflexion. On sent de bout en bout la perpétuelle recherche du juste milieu "salutaire". Et pour finir en beauté, « Etre en accord avec ses propres convictions semble être le meilleur chemin pour continuer ». Mais même cela est difficile quand une autre notion entre en jeu : aimer. Et c'est justement cette nuance qui rend la tâche encore plus difficile, ou plutôt délicate (je me garderai bien d'aborder ici le légendaire combat entre le coeur et la raison). C'est sans doute ce qui justifie (et est justifié par) la fin de ta phrase précédente : « la condition humaine est très complexe!».
    Certes, principes et convictions ne sont pas pareils, mais ça me rappelle vaguement une citation dont j'ignore l'auteur (si quelqu'un peut m'éclairer...) : "Appuyez-vous sur vos principes, ils finiront par céder".

    Bisous à tous!

    Posté par Prince, 17 décembre 2009 à 09:23
  • @ prince :Oscar wilde

    Posté par alberte, 17 décembre 2009 à 16:03
  • merci à Josiane et Prince pour cet échange..
    Trouver le juste milieu... voilà la voie de la sagesse
    Tu as lu Prince? alberte t'a donné la réponse à ta question
    J'ai tapé sur Go*gle la citation en question: j'ai eu tout de suite la réponse...)
    Comme je le dis dans mon livre... Go*gle est la meilleure et la pire des choses..)

    merci alberte )

    VERTUMNE... mais pourquoi on a pas commencé plus tôt? je sais la réponse...tu m'intimides )
    Donc... dans mes bras, mon cher Vertumne...

    Posté par Coumarine, 17 décembre 2009 à 18:04
  • Venant de chez Pat, je trouve une magnifique illustration digne de Caillebotte, le peintre...

    Posté par jeandler, 18 décembre 2009 à 10:34
  • Merci, Alberte.
    Moi, aussi "addict" d'internet, il m'est arrivé d'oublier que "Google est mon ami"! (rires).
    Les cordonniers sont les plus mal chaussés

    Posté par Prince, 18 décembre 2009 à 23:57
  • Ne pas prendre tout le mal de vivre des autres sur nos épaules, mais lorsque quelqu'un de proche, une amie va mal, prendre du temps pour l'écouter, se garder de conseils parfois mal avisés ou maladroits, seulement l'écouter et être disponible en cas de besoin ; lui faire un coucou rapide, trouver un prétexte pour garder le contact - pas toujours facile je l'accorde à mesurer la bonne dose ;
    on fait souvent ce que l'on peut, "comme on le sent" comme j'essaie de le faire au quotidien avec une amie qui perd son mari un peu plus chaque jour (Alzheimer) ; il est encore jeune, bel homme mais hélas... Elle recule le jour où elle ne pourra plus du tout le garder, elle a un courage formidable mais elle est épuisée moralement et bientôt physiquement,

    Posté par Becassine, 20 décembre 2009 à 16:35
  • bonsoir Coumarine,

    as-tu lu "la voyageuse de nuit de Françoise Chandernagor ?
    Je viens de le terminer, beaucoup des sujets que tu publies s'y retrouvent, autrement c'est certain, mais si tu as l'occasion, lis-le, tu comprendras.

    bonne soirée Coumarine

    Posté par loulotte2, 20 décembre 2009 à 18:54

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