La lettre qui n'arrivera jamais... - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

30 novembre 2009

La lettre qui n'arrivera jamais...

Tu écris une lettre.
Plus exactement tu commences à écrire une lettre.
Tu as pris une feuille de papier blanc, vierge encore.
Tu as dans la main ton stylo Mont Blanc dont tu as vérifié la cartouche d'encre.
Tu t'installes à ton bureau.
Tu empoignes le stylo.Tu poses la main sur le papier blanc, vierge encore.
Tu écris la date dans le coin supérieur droit.
Puis au milieu... Cher Simon (ou Geneviève, ou Armand, ou ...)
Tu commences à écrire quelques mots, laborieusement.
Très vite tu t'interromps, ton regard se lève vers un point imprécis devant toi.
Tu réfléchis
Tu réfléchis encore
et encore.
Tu fronces les sourcils.
Ça ne va pas que ce tu as écrit, alors tu poses le stylo Mont Blanc, tu prends la feuille de papier sur laquelle les dix lignes déjà écrites te narguent.
Tu froisses brutalement cette lettre qui n'en sera pas une et tu jettes le papier dans la corbeille.

Tu soupires.
Tu reprends une autre feuille, en soupirant encore.
Tu écris la date dans le coin supérieur droit... puis au milieu le cher Simon...ou Geneviève...ou Armand, ou.....
Puis de nouveau, tu froisses brutalement la feuille que tu jettes dans la corbeille.

Simon (ou Geneviève, ou Armand, ou...) ne recevra jamais la lettre qu'il (ou elle) attend...

Avec les mails, c'est la même chose. Certains mails sont écrits trois fois, réécrits une quatrième, ou même une cinquième...et jamais envoyés...

stylo

Photo trouvée sur flickr


Commentaires

    Tous ces mots que l'on n'a pas dits, pas écrits, de peur de froisser, pour ne pas blesser, par lâcheté, par paresse, par peur...
    Mais il est parfois tellement difficile de trouver le bon ton, les mots justes, les formulations bienveillantes. Difficile aussi d'exprimer nos sentiments, nos besoins, sans accuser ni blesser.
    Et quand les Simon, Genevière ou Armand ne sont plus là, combien de fois ne nous arrive-t-il pas de regretter de ne pas leur avoir plus souvent dit qu'on les aimait, plus souvent dit merci.
    Nous sommes tous un peu des handicapés de la parole.
    Belle journée, Coumarine !

    Posté par naline, 01 décembre 2009 à 06:35
  • Si tous les papiers froissés pouvaient se déplier et parvenir à leur destinataire ça ferait sans doute du vilain dans les chaumières.

    Posté par mab, 01 décembre 2009 à 06:41
  • - Coumarine, tu es une fille toi, non ??

    Moi, sur ma fiche d'état civil il est notifié que je suis un homme et par exemple ou bien j'écris ou bien je n'écris pas... autre chose, je ne possède pas de Mont Blanc ou pire je l'ai perdu (normal, je suis un garçon)... (c'est tout à fait curieux d'ailleurs, hier après midi alors que je cherchais un stylo et bien j'ai pensé à ce fameux Mont Blanc que je regrette... et ce matin nous en parlons...)

    Bleck

    Posté par Bleck, 01 décembre 2009 à 08:19
  • … et ça peut durer une vie !!!

    Posté par Vertumne, 01 décembre 2009 à 08:36
  • Les hésitations, les tentatives infructueuses et les états d'âme que tu évoques à propos des lettres ou des mails.... j'ai les mêmes mais pas en présence d'un papier et d'un stylo ou d'un ordinateur ! Non, non, moi c'est.... avec un téléphone !!! je ne compte plus les appels passés où j'ai finalement raccroché au nez de mon interlocuteur !!! Maintenant j'évite.... avec l'affichage du numéro....

    Posté par liaht, 01 décembre 2009 à 08:44
  • Mont blanc ou Bic, même combat! La corbeille à papier garde le secret de nos tentatives épistolaires et c'est peut-être aussi bien comme ça...Pourtant ces choses que l'on n'a pas su écrire seraient peut-être bonnes à dire...

    Posté par fabeli, 01 décembre 2009 à 08:51
  • Et ça te fait plaisir de faire souffrir ces pauvres destinataires ! Je vois, Madame est une adepte des pratiques déviantes :tu attaches tes victimes et tu les laisses attendre. Du bondage intellectuel !

    Posté par Prax, 01 décembre 2009 à 09:10
  • Mon seul remède c'est de changer de papier et de stylo. Souvent ça amène des idées nouvelles.

    Et en cas de force majeure, le bruit de la mer en fond sonore et un bâtonnet d'encens (ou une bougie parfumée ça aide aussi) pour amener des souvenirs ou des pensées différentes.

    L'environnement joue beaucoup dans l'écriture, j'en suis persuadée!

    Posté par Louloute, 01 décembre 2009 à 09:46
  • @naline...tu as tout bien expliqué des raisons pour lesquelles on hésite et finalement on renonce à envoyer la lettre ou le mail
    Et c'est sûr que qd c'est trop tard... on peut le regretter très fort!

    @mab... ton commentaire me parle aussi:il est évident que certaines lettres ont gagné à ne jamais être envoyées... de celles qui auraient fait un tort certain, et causé bcp de souffrance

    @Bleck.. je ne possède pas un Mont Blanc...j'avais juste envie d'utiliser ce stylo un peu mythique plutôt que de parler de bic..
    Maintenant, c'est curieux que hier justement tu aies pensé à ton stylo perdu...
    (et je le confirme, je suis bien une fille!!!!!)

    Posté par Coumarine, 01 décembre 2009 à 09:49
  • @Vertumne... oui, il y a une lettre en particulier qui attend depuis des années que je l'envoie...
    Sans doute ne le ferai-je jamais, le temps de prescription est dépassé...

    @liacht...ouiiiiiiii le tél, pour moi c'est idem. Il m'arrive de raccrocher avant d'avoir parlé, ou sans mettre aucun message sur le répondeur...
    C'est fou ça hein!

    @fabeli... bonnes à dire (écrire) pas bonnes à dire (à écrire) qui sait finalement?

    Posté par Coumarine, 01 décembre 2009 à 09:53
  • @Prax...du bondage intellectuel... hihi!
    Mais je ne fais souffrir personne moa! Le plus souvent les destinataires ne savent même pas que j'avais l'intention de leur écrire..
    Au contraire, je les épargne, suis-je bonne...!

    @louloute...en ce qui concerne l'écriture en général OUI l'environnement pour moi aussi est capital...j'ai mes petites habitudes d'ailleurs auxquelles je tiens beaucoup...

    Posté par Coumarine, 01 décembre 2009 à 09:57
  • Si les sentiments ont parfois plus de mal à passer par écrit qu'oralement, en revanche un petit post-it sur la table le matin du genre : Je t'aime bonne journée"...qu'y a t-il de mieux pour se mettre de bonne humeur?
    Je pense d'ailleurs que l'écriture ( même avec les téléphones portable ) reste un moyen privilégié de transmettre ses sentiments à une personne...l'avantge est qu'une lettre ( ou un mail ) on peut la lire, la fermer, puis y revenir plus tard. Enfin, y'a pas besoin non plus d'en mettre 10 pages à chaque fois, mais il me semble que l'amour et l'écriture sont souvent liés. Mais c'est probablement aussi vrai pour un bon nombre d'autres sentiments.
    Qui n'a jamais eu envie d'écrire dans le sens de donner ses impressions, son expérience, ses sentiments aussi?? pour les autres...malheureusement, même si envie il y'a, il faut aussi le talent..
    J'ai l'impression qu'écrire est souvent d'abord un besoin d'intime, qui peut en plus servir à d'autres.
    Envoyer, à quoi ça sert? y'a qu'à écrire,se défouler, faire comme si vraiment on allait l'envoyer à la personne, aucune retenue, tout dire, puis...la mettre dans une enveloppe, mettre l'adresse et le nom de la personne, mettre un timbre et...la brûler.
    Je me demande dans certain cas, si l'écrit n'est pas en fait une fuite. Pourquoi écrire une lettre et pas dire à la personne qui l'on est, ce que l'on ressent. Poser ses émotions, ses doutes, ses craintes sur du papier, les éterniser pour tjs mais les enfermer dans une non immédiateté, une non construction du sens, un partage qui n'en est pas un. Et pourtant, dans ce besoin d'écrire en correspondance, un besoin d'authenticité, de vérité, d'exactitude existe. Pourquoi figer une relation, une communication? Pourquoi se priver du ressenti? pourquoi placer "un tiers" entre l'autre et soi? pourquoi écrire ce qui peut être dit?
    Bon, bé, sur ce, je vai écrire ma lettre au père Noël...
    Bonne journée !!

    Posté par bernie.83, 01 décembre 2009 à 11:44
  • Comme c'est bien décrit !!!
    Dans la catégorie des lettres qui n'arriveront jamais, il y a aussi celle... qui existe dans notre tête, avec des idées qu'elles sont tellement super qu'on en revient pas... mais pour lesquelles on ne passera même pas le cap de "prendre une feuille"
    Ces lettres là sont souvent si importantes...
    Du domaine de l'intime.. Oserons-nous ???
    Faut il le regretter ou s'en réjouir ? ça dépend...
    Certaines passent et sont oubliées rapidement, d'autre restent au chaud, et nous empoisonnent l'existence ...
    Une fois j'ai réussi à en écrire une... que j'ai jetée dans la Moselle ..., avec cérémonie... mais j'avais craché mon venin, et ça n'aurait pas fait avancer le scmilblick si le destinataire l'avait reçue !!!
    Alors ....

    Bon, c'est du jeté/détripé mon com... Bonne journée à toi )

    Posté par teb, 01 décembre 2009 à 12:51
  • Elles sont rares les lettres que j'ai écrites et que je n'ai pas envoyées.
    Une en particulier me revient en mémoire. Je l'avais bien cachée (mais trop quand même) qui ne pouvait être ouverte et lue qu'en cas de mort de moi!
    J'y avais noté mes dernières volontés! à savoir par exemple : je veux que tel objet soit remis à telle personne voulant signifier, espérer, par là, à la personne, que, par ce don signé de moi, je ne serai donc jamais oubliée d'elle!(Un drôle de petit calcul en fait!)
    Comme si je craignais que la mort, la mienne, ne m'enlève définitivement de ses pensées!

    Maintenant cette lettre testament est foutue le camp à la poubelle. Peut-être que j'ai moins peur désormais, de ne plus être aimée, une fois morte et enterrée!

    Posté par charlotte, 01 décembre 2009 à 15:45
  • Les lettres qu'on n'écrit jamais

    ressemblent aux mots qu'on taira toujours. Pourquoi? Une pudeur? Une crainte? La peur du définitf, de l'irréparable, d'un impact trop fort, ou au contraire la constatation douloureusement juste qu'on ne pourra jamais écrire cette lettre, dire ces mots, pare qu'ils seront trop mous, trop faibles, trop douloureux...non pour l'autre mais pour soi-même?

    Posté par PassanteP, 01 décembre 2009 à 17:06
  • Parfois ça fait tellement de bien d'écrire ce qu'on a sur le coeur que ce n'est même plus la peine d'envoyer la lettre. Il fallait simplement pouvoir l'exposer clairement, ne serait-ce qu'à soi-même.

    Posté par Hermione, 01 décembre 2009 à 17:18
  • Ce que je ne t'ai jamais écrit et que j'aurais tant voulu te dire ...
    Ce que je ne t'ai jamais écrit parce que je ne savais comment le dire...
    Ce que je ne t'ai jamais écrit ... parce que je n'ai jamais imaginé que tu l'attendais ...

    Ce que je ne t'ai jamais écrit ... et que pourtant tu as lu dans mes paroles maladroites, mon regard hésitant...

    Ce que je ne t'ai jamais écrit parce que, j'ai honte de le dire ... je ne sais ni lire, ni écrire!

    (avec une pensée émue pour des jeunes miliciens qui, il y a presque 40 ans me demandait de lire les mots d'amour qu'ils recevaient et d'y répondre car ils ne pouvaient pas le faire eux-mêmes)

    Posté par fcplume, 01 décembre 2009 à 17:28
  • Ca doit être féminin ce truc des lettres kon commence et n'envoie pas....
    J'ai pas cette expérience.
    J'ai un truc à dire, je le dis
    je sais pas si je vais dire ou pas, ben je ne me mets pas devant une feuille...
    j'attends que ce soir mûr.

    Mais le pire c'est les gens qui te disent : je vais t'écrire !... et puis RIEN !

    Posté par alainx, 01 décembre 2009 à 18:04
  • Il y'a 25 ans, le jour où ma mère est décédée d'un cancer, ce souvenir ne pourra jamais disparaître...ce jour là, je lui ai écrit une lettre que j'ai tjs gardée...
    "Il s'est infiltré à l'intérieur de ta vie sans même te dire qu'il en faisait partie.
    Il t'accompagnait partout comme un petit chaperon sans jamais demander ta permission.
    Puiqu'il dormait au plus profond de ton corps, personne ne se doutait de son vulnérable regard, et un jour qu'il eut une faim de loup immense, il commençait à gruger cet organe d'une façon hypocrite et méchante. Ce si bel organe appelé les ovaires qui ont pu faire de toi une mère, une mère bouleversée du jour au lendemain voyant sa vie prendre un autre chemin, celui de lutter contre cette maladie qui depuis longtemps avait fait son nid. De te revoir, lassée par cette solitude, nous reflétant ses grands yeux remplis d'inquiétude.
    Tu étais là, accroupie dans ton divan essayant de courir après le temps, celui qui t'avais été destinée et que tu luttais pour faire allonger.
    Je me souviendrai tjs de cette journée quand papa t'as rasé les cheveux, j'étais debout, là, derrière toi, et j'avais les larmes aux yeux, sans savoir pourquoi exactement, j'avais ramassé quelques cheveux t'appartenant.
    Aujourd'hui, je suis heureuse de pouvoir dire que je possède une partie de ton corps en souvenir.
    Le souvenir d'une femme magnifique qui ne méritait pas toute cette souffrance physique.
    Ces longs mois, rongés par l'espoir d'en sortir un jour avec une victoire. Avoir la chance de pouvoir dire que tu as vaincu ce vampire, celui qui faisait couler dans tes vaisseaux sanguins, ce poison veinéneux te donnant du chagrin.
    C'est alors, que par miracle, hier matin, j'ai vu renaître en toi, un petit regain, même si tu étais condamnée à ton propre lit, une force inconnue t'as soudainement envahie, seule, tu t'es dirigée vers la fenêtre regardant pour la dernière fois de ton existence la beauté du ciel avant de t'y rendre. Moi, je ne voyais que cette silhouette que tu projetais et qui était loin d'être le reflet de celle que tu étais.
    Tu étais une femme si particulière que j'étais fière de dire que tu étais ma mère.
    Ce fut en fin d'après-midi, que tu as pris le dernier souffle de ta vie, celui qui t'emmena au paradis. Malheureusement, le plus beau cadeau que je voulais te faire, s'est volatilisé avec toi dans les airs. Tu sais, j'aurai tellement aimé que tu deviennes grand-mère pour avoir la chance de serrer dans tes bras, mes enfants. Mais ce rêve, que je caressai depuis ma tendre enfance, s'est écroulé, le jour qu'ils t'ont changé en cendre.
    Alors, je te promets du fond de mon coeur, que mes enfants visiteront ta demeure. Cette petite urne comme un sablier qui ne peut qu'écouler le temps de ton passé. Ce passé, devenu poussière aujourd'hui mais gravé à jamais dans mon esprit.
    Alors, où que tu sois, n'importe où dans le temps, tu resteras tjs ma petite maman.
    Aujourd'hui, en 2009, elle me manque tjs..."

    Posté par bernie.83, 01 décembre 2009 à 18:44
  • Mon Dieu ! je suis trop émue par le commentaire de Bernie...quel témoignage !
    Je reviendrai un peu plus tard...

    Posté par nicole, 01 décembre 2009 à 18:51
  • Ben moi je n'ai pas de Montblanc mais ai chiffonné et jeté un nombre incalculable de lettres qui ne sont jamais arrivées à leur destinataire. Mais depuis le mail, j'écris, je corrige, je mets en attente, je relis, je réécris et une fois la lettre abolie de tout excès que je pourrais regretter, elle est envoyée (enfin ça c'est dans un monde idéal, parce parfois la touche envoyer à peine effleurée le message est parti trop vite :-/

    Posté par Delphine, 01 décembre 2009 à 20:25
  • Je commence ce courrier et espère bien laisser courir les mots jusqu'à toi.
    Oui parfois les mots s'arrêtent ou sont plus lents à venir. Chaque lettre est une nouvelle aventure qui nous reflète.
    Je te souhaite une belle soirée Coumarine.

    Posté par souamie, 01 décembre 2009 à 20:46
  • Ce soir...

    vraiment fatiguée par ma journée...
    Un peu tard pour vous répondre de manière personnelle

    Vos commentaires se suffisent à eux-mêmes, certains sont émouvants et se lisent dans un silence ému
    (bernie, je t'ai lu avec émotion...merci pour ton témoignage...)

    Je pense que nous avons tous une relation singulière avec l'écrit destiné à être transmis à quelqu'un
    Souvent, les mots écrits disent mieux que les mots parlés ce qu'il nous semble bon de dire
    On peut prendre le temps d'écrire et de réfléchir à ce que l'on veut dire, sans être interrompu ou changer d'opinion en voyant que l'autre réagit à nos paroles...
    Je pense aussi que l'on va plus loin dans l'expression écrite que spontanément dans l'oralité
    Bonne fin de soirée à tous... merci aussi de prendre la peine de venir apporter votre petit grain de sel, qui sert ici à l'ensemble des lecteurs..

    Posté par Coumarine, 01 décembre 2009 à 22:59
  • Combien de lettres mortes ai-je pu écrire, avant de les mettre à la poubelle ?????

    Posté par brigitteGiraud, 02 décembre 2009 à 00:26
  • Les rares lettres à 10 000 brouillons étaient pour moi des emails, tiens. Et du coup, j'ai encore les brouillons...Mais je n'en ai pas tant que cela. A chaque fois, c'était suite à une engueulade terminée par des "on ne s'aime plus, on ne se parlera plus", ou des trucs du genre. Dans ce genre de cas, l'écrit est plus facile, car on laisse le choix à l'autre de lire ou pas. Et il faut tourner et retourner les mots pour essayer d'éviter de blesser encore plus l'autre (voire soi-même, d'ailleurs)

    J'aime beaucoup le commentaire de fc plume. "Ce que je ne t'ai jamais écris parce que je ne savais pas que tu l'attendais" : ça, ça me parle, d'autant que je suis vraiment nulle pour ce qui est de l'intuition...
    Le reste du commentaire et les autres traces des participants aussi...Bernie et les autres...
    Merci.

    Posté par sel, 02 décembre 2009 à 11:57
  • si les mots ne viennent pas de suite...j'abandonne ! mais tu arrives, toi, à nous faire un billet sur une lettre que ne sera jamais écrite...chapeau l'artiste

    Posté par Bérangère, 02 décembre 2009 à 12:15
  • Je n'ai jamais vraiment écrit à quelqu'un.
    Des cartes postales l'été. Quand j'étais adolescente des courriers à quelques amies.

    Et puis si quand même ma Grand-Mère, qui préférait vraiment les courriers au téléphone.
    C'est la seule personne avec laquelle j'ai entretenu une correspondance.
    C'était il y a quelque temps déjà.

    Aujourd'hui je n'écris plus. Quelques mails. C'est rare. Des textos. On peu dire beaucoup de choses à travers un texto. Il suffit de choisir les mots.

    Il est rare que je fasse des brouillons. Cela m'arrive mais c'est rare, car j'écris toujours sous l'émotion de l'instant. Il n'y a que là que suis dans ma vérité. Bon dès fois cela peut être maladroit et être mal reçu. C'est un risque que je prends.

    Posté par Annick, 02 décembre 2009 à 12:32
  • Le téléphone alors ? Non ?

    Posté par Fauvette, 02 décembre 2009 à 13:02
  • Ca m'arrive tout le temps...et parfois c'est bien d'avoir commencé, posé les mots. Ca fait du bien sur le moment d'avoir écris.
    Puis, c'est bien également, au final, de ne pas l'avoir envoyée...parce que les mots qui sont dedans auraient été mal lus, mal compris, etc...

    Posté par antigone, 02 décembre 2009 à 18:38
  • Je ne dois pas être une fille alors... quand j'ai quelque chose à écrire je le tournicote un certain temps dans ma tête, et quand je me mets à écrire ça sort tout seul.

    Et quand tu dis qu'avec les mails c'est la même chose, tu galèjes je pense !!! t'as déjà essayé de froisser un mail ? ;-D

    Posté par madame de K, 02 décembre 2009 à 19:11
  • Brigitte, sel, Bérangère, Annick, Fauvette, Antigone, Madame de K
    C'est passionnant de lire tous vos commentaires
    A la fois si semblables et si différents...
    Merci d'avoir enrichi l'échange...
    Je vous embrasse tous..
    OUps, j'aurais envie en vous lisant d'ajouter encore plein de choses...mais...manque de temps en ce moment...
    Heureusement donc que vous venez entretenir ce blog ))
    Je vous embrasse tous...

    Posté par Coumarine, 02 décembre 2009 à 23:51
  • très beau! vraiment !et les témoignages aussi!!!

    Posté par annie du 06, 03 décembre 2009 à 18:46
  • C'est marrant, on a tous de ces lettres inachevées, de ces lettres dont on n'arrive pas à s'accoucher et aucune sage-femme à l'horizon. Faute de temps, dit-on parfois. Moui. Faute d'inspiration, dit-on aussi. Moui. Faute de mots, les mots nous manquent. Tiens donc, avec tous ces dicos qui trônent sur l'étagère ? Il est tout plein de (mauvaises) raisons pour qu'une lettre ne naisse pas. Je crois que c'est dommage..

    Posté par Gicerilla, 06 décembre 2009 à 08:10
  • un jour ceux qui me survivront découvriront ce que je n'ai parfois pas osé leur dire ou leur écrire.

    je suis plus dans l'écrit que dans les paroles qui peuvent blesser ou dépasser nos pensées, dites parfois dans la colère ou sans le recul et l'objectivité, quoique... les écris peuvent faire mal aussi, s'ils ne sont pas réfléchis.

    J'ai écrit à ma belle mère, puis à mon père, à ma jeune belle soeur lorsqu'ils sont partis au pays d'où personne ne revient et ils en garderont le secret avec eux.

    c'est très touchant le mot de Bernie et comme je comprend ce qu'il écrit.

    bonsoir Coumarine, et merci pour tout...

    Posté par lOUlotte2, 20 décembre 2009 à 16:03

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