Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

30 octobre 2009

La lettre sur le dos

Y aurait-il, épinglée sur mon dos depuis toujours, écrite par un ancêtre, aïeul ou parent, une lettre que je ne puis lire (forcément!) et qui m'étiquette, me conditionne...?
Je soupçonne que cette lettre se trouve sur mon dos, elle pèse si lourd, elle pèse des tonnes... me donne des maux de dos, de tête, de cœur, de pieds qui n'avancent pas... mais j'ignore ce qui se trouve écrit là, je ne puis le lire moi-même...
Et si quelqu'un m'en parle, parce qu'il a tenté de déchiffrer cette lettre si mal écrite, ses mots seront déformés, accommodés à sa sauce personnelle...

Tiens je me demande tout-à-coup...
Ce qui est vrai pour moi, l'est-il pour mes enfants, le sera-t-il pour les enfants de mes enfants...?
Quelle est la lettre que dans mon inconscient (mon inconscience) j'ai épinglée sur leur dos à eux, à laquelle ils n'ont pas accès librement, et qui leur donne maux de dos, de ventre, de pieds qui n'avancent pas...?

Où se trouve la liberté de chacun d'entre nous?
Peut-on un jour déchirer cette lettre (est-ce souhaitable d'ailleurs, peut-être que cette lettre est notre colonne vertébrale...) et réécrire une histoire qui serait vraiment la nôtre?

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28 octobre 2009

L'arbre libre dans sa tête

Où donc se cache le fantôme de mon arbre
ce fantôme qui règne sans visage?
Inscrire sa présence
peut-être même son nom
puis le côtoyer un moment
l'interroger,
écouter ce qu'il a à me dire...
afin de pouvoir un jour enfin
me séparer de lui.
Pouvoir lui souhaiter bon vent
car j'ai à faire aujourd'hui
mon chemin personnel.

Alors je nommerai par une parole
ce qui n'a jamais été dit
ce qui a été tenu secret.
Alors l'arbre respirera
renouera avec le vent qui taquine
les feuilles, en ivresse, en liberté.
Un arbre, c'est fait pour danser dans le vent
pas pour se figer dans l'arrêt sur image
surtout si l'image est transparente et vide
d'un nom, d'une photo, d'une parole
d'une histoire qui ne s'est jamais dite...

divers_050
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26 octobre 2009

Comme un feu follet...

Il y a des gens que je connais depuis des années, que je rencontre de temps en temps, ou même fréquemment.
Bonjour bonsoir! Comment ça va? Très bien merci et vous?
Ils ont pour moi quelque chose qui ressemble à de la sympathie et moi pareil pour eux.
On s'entend bien et quand on se revoit, c'est sympa, c'est convivial...
Mais il n'y a jamais eu de véritable échange entre nous. Ils ne se préoccupent guère de savoir qui je suis, et moi pareil...
Pas de véritable dialogue, on se côtoie, c'est tout.

Par contre, on ne sait pourquoi ni comment, parfois dans une rencontre de hasard, peut naître un véritable échange, de ces échanges qui vont au cœur des choses.
On ne sait pourquoi, avec un inconnu, soudain un échange de mots vrais, libérateurs et c'est comme un petit miracle!
Rien ne nous liait à cette personne, la rencontre est de pur hasard, dans le métro, au coin d'une rue, dans un magasin, dans un de ces lieux publics banals.
Pas d'affection, aucune sympathie particulière, sinon celle, étrange, qui naît de cette rencontre forte. Comme un feu follet intense mais éphémère.
Car il n'est pas question de se revoir... on sait que demain la magie n'opérera plus forcément.

L'échange s'est suffi à lui-même et ce jour-là, a enrichi nos âmes...

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23 octobre 2009

Mauvaise conscience

biscuitsQuand je sors de table, il m'arrive d'avoir mauvaise conscience, de me sentir vaguement coupable.
Non je ne mange pas toujours équilibré, diététique, écolo et tout ça
Non je ne mange pas systématiquement cinq légumes et fruits par jour
Oui je mange parfois des crasses, genre chocolat, bonbons d'apéritif et tous ces trucs (et quand je commence, difficile de m'arrêter parfois...;-)
Oui je mange parfois au delà de ma faim, simplement par gourmandise, c'est malin bonjour les petits kilos!

Même chose concernant d'autres domaines dans lesquels je n'assure pas toujoursfor_t2
Par exemple ce qui concerne l'entretien de la "machine"
Non je ne vais pas marcher tous les jours ma demi-heure comme je me l'étais juré, au début de l'année...
Non je ne fais pas les étirements et autres exercices abdominaux comme je devrais...
Oui je néglige des RV chez le dentiste et autres bourreaux
Et oui, je suis trop sédentaire et ne bouge pas assez...

Même chose concernant la "vie de mon âme", ma vie intérieure, à laquelle je voudrais accorder plus de place, plus de temps.
Non je ne me pose pas assez en dehors du stress et de l'activisme qui m'entoure
Non je ne ferme pas ma porte pour me recentrer alors que j'en aurais le plus grand besoin
Non je n'écris pas tous les jours dans mon cahier secret mes pensées et sentiments intimes, simplement pour y voir plus clair et ne pas me laisser bouffer par la vie...

DSC00004Même chose quand je ne respecte pas le programme que je me suis donné pour avancer dans mes projets.
La journée se passe parfois sans que je sois parvenue à faire quoi que ce soit de valable, sans avoir avancé... et c'est bien sûr un cercle vicieux. Parce que je me décourage alors, et me juge nulle et pas capble avec l'envie de tout envoyer promener...

Alors oui, il m'arrive de me coucher avec ce vague sentiment de culpabilité.
De me coucher en me jurant que demain, je prendrai mieux ma vie en main...

Et devinez ce qui se passe le lendemain, deux fois sur trois? (ou plus...)
Je me recouche à nouveau avec ce vague sentiment de culpabilité...

Zut alors...

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21 octobre 2009

La Dame de Trèfle

dame_de_tr_fleeLa Dame de Trèfle, un matin de grand soleil, s'est mise à compter ses cartes. Elle était atterrée: il en manquait tellement.
Il manquait les cartes petites et tendres. Les cartes des petits chiffres. Les cartes de l’enfant jolie. Qu’à cela ne tienne :  la Dame a mis les rescapées sur la table, cartes sur tables…
Chez la fourmi sa voisine, qui collectionne tout, même l’extravagant, elle a piqué les cartes qui lui manquaient si cruellement. Les a collées sur des pages blanches. Les a planquées dans un livre.
Bingo !
Les cartes ont retricoté une histoire à l’endroit… une histoire de poupée qu’on avait autrefois stupidement habillée à l’envers.
La Dame de Trèfle devine tant de choses, son nez est très habile ma foi et elle est capable désormais de se défendre, de parler haut s’il le faut, ce qui ne l’empêche pas de chuchoter des mots ardents dans l’oreille du Roi de coeur intuitif et chaleureux.

C’est vrai, il faut bien le reconnaître, elle s’y entend pour brouiller les cartes. On pourrait croire qu’elle joue au poker menteur, mais ce n’est pas vrai, elle joue simplement à… brouiller ses cartes. Question de survie…

Silence s’il vous plait! La Dame tapie dans ses combats lui tambourinant sans cesse les tympans, joue à la réussite.
La réussite en solitaire le plus souvent.
A deux ça va mais plus, c’est trop souvent la bataille : la Dame a horreur des combats en rangs serrés, elle étouffe, elle est peut-être claustrophobe ou quoi !

Faut dire que la Dame n’est pas très grande dans son corps de dame, elle doit regarder les autres en levant la tête. C’est fatiguant à la fin, quand on reste longtemps debout.
Alors assise à une table.. elle préfère.
Là sur cette table, étendues comme des coquettes qui font de l’œil pour se faire remarquer, il y a les cartes des mots, à l’allure si fière. Elle aime les cartes des mots d’un très grand amour. Elles sont colorées et vivantes, infiniment.
Elle joue beaucoup de réussites avec les mots, elle lance une carte de mots au loin… et… comme c’est étonnant, celle-ci revient en boomerang. Toujours. Enfin, le plus souvent !
La Dame joue du matin au soir. Et même la nuit parfois! Elle collectionne des mots dans sa grande Toile.

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19 octobre 2009

Je suis morte (suite de hier)

floralfAujourd’hui  madame, je suis morte.
Non non ! Pas morte et enterrée dans un cercueil et tout ça..
Morte, c’est encore pire…

Z'ont pas d’yeux madame, z'ont pas d’oreilles, z'ont pas d'cœur.
Aujourd’hui madame, je suis morte, une fois de plus.
Je suis morte comme hier et avant-hier et tous les jours de la semaine dernière.
Depuis six mois que je suis ici madame, je suis morte tous les jours.
Je suis assise sur la mort. Elle me brûle les fesses, même quand il fait froid.
Quand personne ne vous regarde, madame, on n’existe pas.

Savez pas ce que c’est vous. Avec votre jolie tête bien coiffée et vos p’tites boucles d’oreilles, savez pas ce que c’est.
Moi je suis là, avec ma tête de rom et le bébé dans les bras et je tends la main.
Et tu sais quoi madame, je vois rien que des jambes, des jambes qui s’arrêtent jamais devant moi. Ça défile. Un carrousel de jambes pressées.
J’ose pas trop lever la tête, avec mon fichu et mon châle. Mais je tends la main madame. On ne peut pas ne pas la voir, ma main qui supplie. Comme ça, madame et je dis : j’ai faim,  une petite pièce SVP madame, SVP monsieur.
Je me dis c’est pas possible, quelque chose va frémir en eux, une lueur, une petite étincelle, un petit rien qui va me sortir du brouillard, de l'invisible.
Ben non. Rien.
Ou plutôt c’est pire que rien.
La haine. Le mépris. Le rejet.
Je les dérange moi madame. Je leur rappelle  tout ce qui en eux est moche, sale, misérable, faible, souillé, tout ce qui fait peur aussi… On regarde pas ce qui dérange. Hop on passe sans me regarder.
Alors je meurs madame…

Lui il m’a dit ce matin : aujourd’hui tu me ramènes quarante euros. Pas un de moins. Sinon…
Et je vais faire comment j’ai dit? Tu te démerdes il a dit. Et il m’a déposée dans le passage en plein courant d’air.
Je connais la chanson, j’aurai pas les quarante euros. Je les ai jamais! Alors ce sera les coups et les autres mecs qui me passeront dessus. Je le sais. Je résiste même plus. D’ailleurs je suis pas là, puisque je suis morte.
Faut que je ramène du fric et pas des sandwiches ou des biscuits ou des trucs à manger comme on m’en donne parfois. Ça arrive une fois pas semaine. Je veux pas des sandwiches, madame. Je veux de l’argent, du fric, de la thune. C’est ça ou les coups…

Les gens étaient pressés aujourd’hui madame. Tous à regarder ailleurs comme d’habitude. Moi assise par terre, eux les yeux perdus au dessus de moi, vers leur vie propre et bien rangée.
Si j’osais, je me lèverais. Je marcherais vers eux. La main devant moi. Debout. A égalité. Je les arrêterais, je les forcerais à me donner quelque chose. Mais avec le môme qu’ils m’ont fourré dans les bras et que c’est même pas le mien et que je dois le droguer pour pas qu’il pleure, pour pas qu’il coure partout… c’est pas possible
Un enfant, un petit enfant qui dort, ça doit faire pitié quand même ? Ben non. Z’en ont rien à foutre. Ils regardent pas.

Parfois j’en vois une qu’a l’air gentille, je vois qu’elle me regarde, je tends la main : s’il vous plait madame, une petite pièce, il a faim. S’il vous plait…
Et ben tu sais quoi madame ? La dame elle détourne la tête. Elle a l’air dégoûtée, elle dit dans ses dents : z’êtes la dixième aujourd’hui !
Cette après-midi,  il y avait même un mec qui faisait signer une pétition pour que je rentre chez moi : on veut pas de toi ici. Tu pollues il disait. Tu entends? TU POLLUES...
C’est pas vrai madame, je sens pas mauvais.
Je sens pas mauvais.
Mais après tout, peut-être, peut-être que je sens quand même un peu mauvais…
Puisque je suis morte depuis six mois…

Nicole Versailles

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18 octobre 2009

Perdue dans une gare...

Hier j'ai vécu une expérience un peu particulière et très intéressante
Que je vous raconte:

Je suis (du verbe suivre) en tant que participante un atelier d'écriture centré sur les grands archétypes, tels que les a définis entre autres Jung
Hier la journée portait sur l'archétype de l'Ombre.
La part d'ombre que nous portons tous en nous, soit dans l'inconscient (qui n'est pas pour autant la cave des horreurs!) mais aussi celle qui va se nicher dans tous les aspects de notre conscient mais qui, parce qu'ils effraient (pour quelque raison que ce soit) sont ignorés de nous, passés sous silence.

Je sais par exemple qu'il y a en moi une femme ardente et même violente. Mais alors que j'aime reconnaître l'ardeur en moi, que j'en suis fière en quelque sorte... je n'aime pas trop reconnaître la part violente qui m'effraie par sa ...violence justement. Par exemple poussée à bout, je pourrais très bien me retrouver "hors de moi" capable de hurler, et je sais pas trop quoi. Je préfère ne pas aller voir de ce côté.

Alors voilà, on a été invités à faire un jeu de rôle.
La scène: une gare, avec son passage de gens pressés, de gens de toutes sortes.
Nous les participants à l'atelier (11) nous étions invités à entrer dans la gare sous les traits d'un personnage imaginé, avec une quête, une demande...
Ce n'était plus Coumarine qui était dans ce hall de gare, mais le personnage que Coumarine avait choisi de jouer, avec sa demande...
Cela permettait donc le jeu, càd de jouer, d'explorer un personnage qui ne nous ressemble pas...

Avec l'objectif d'habiter un personnage de l'intérieur afin de pouvoir, dans un texte à écrire ultérieurement, le présenter d'une manière la plus vivante possible. Pas simplement une description physique, mais les sentiments que ce personnage tel qu'il est, peut vivre dans cette gare, à ce moment donné, avec sa demande...
(Je dis moi-même aux participants de mes ateliers que pour rendre un personnage de fiction vivant, il faut entrer dans les baskets du personnage... sinon c'est du construit, du superficiel)

Sans trop réfléchir, je suis entrée dans l'espace du jeu, la "gare", en tant que mendiante des pays de l'Est, avec un bébé dans les bras. Je me suis assise par terre... et j'ai tendu la main

floralfPersonnage sans beaucoup d'originalité, il faut le reconnaître. Je me soupçonne même d'y avoir été au cliché, au plus facile

Mais le jeu m'attendait au tournant...

J'ai vécu en tant que "mendiante" parmi les autres qui jouaient eux d'autres personnages, quelque chose d'assez inattendu, qui m'a touchée, qui m'a posé question. Il est vrai que j'ai joué le jeu à fond... seule condition pour moi de laisser le vécu surgir de là où on ne l'attend pas spécialement

On est toujours le ou la mendiante de quelqu'un...

Le texte que j'ai écrit par après... je le mettrai ici  demain soir ;-))

Parce qu'il éclaire mon propos...

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16 octobre 2009

Juliet sans contre-indication ...

Un petit commentaire un peu perdu se trouve tout en dessous de mon billet sur Charles Juliet

Je lui redonne vie ici un moment...

Pourquoi? Parce qu'il vaut la peine assurément!

Marie-Thé (Causeuse parmi les Causeuses) a énormément d'admiration pour Charles Juliet.

Au point de lui consacrer tout un blog (que j'ai redécouvert à cette occasion... merci Marie-Thé)

Allez vousy promener un peu. Je l'ai fait... Et en lisant un peu par ci par là, j'ai eu envie de vous citer à nouveau plein de phrases qui m'ont touchée...Il est fort ce type!

Il y a là une belle et noble nourriture à consommer sans contre indication, comme le dit La Causeuse..Et comme certains d'entre vous m'ont demandé des idées de lectures de CH. Juliet, je vous remets ici le commentaire en question:

Je ne peux que vous inviter à aborder cette œuvre qui comporte de nombreuses facettes et témoignent de la trajectoire d'un homme qui a su trouver les mots pour vivre et assumer ses choix. Il y a beaucoup à lire, les poèmes et les entretiens sont aussi percutants que les tomes du journal ( Il y en a un nouveau en instance de publication). La Cause des Causeuses est à votre disposition pour vous parler de cet écrivain et de cette écriture. Merci Coum. de m'en donner l'occasion !

http://charlesjulietsurcauseuses.blogspot.com/

Voilà bonne lecture: c'est du fort, c'est du bon!
Et tiens je vous remets une autre peinture de ce peintre, Bram Vanvelde au sujet duquel Juliet a écrit

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15 octobre 2009

Les presque riens

Il y a de ces presque riens qui disent presque tout...
Un regard qui se perd, une mimique à peine ébauchée, un geste esquissé, une parole pour rire, deux mots sur un papier perdu.
Des presque riens. Des micro communications, des dialogues amorcés. C'est rien, trois fois rien...

Et pourtant, pour celui (ou celle) qui sait voir, entendre, percevoir, capter..
Pour celui (ou celle) qui a un minimum d'intuition, d'attention à l'autre, qui possède des antennes qui vibrent, ces presque riens disent presque tout
Énormément en tout cas.

Et parfois ce presque tout est un truc géant, genre cri dans la nuit,  qui parce qu'il n'est pas perçu, va se noyer quelque part dans la plus complète indifférence...
Et parfois même, quand c'est trop tard, on se dit qu'on n'a rien vu, rien compris. Forcément. On regardait pas! On avait les yeux collés sur les choses à faire absolument, ou sur son portable qui doit sans retard envoyer un message, ou sur son écran qui ne supporte pas que le regard dérive vers la droite ou vers la gauche, là où peut-être l'autre se tient avec ses presque riens.

Il faut un certain talent, et un désir certain pour brancher les écouteurs spéciaux des presque riens vers l'autre.. et entendre les presque tout.
C'est étonnant comme on peut parcourir le jardin de autres avec de gros sabots aveugles et sourds

J'ai cette faculté de comprendre à demi-mots ce qui ne s'est même pas encore dit, mais qui se lit sur le visage, se devine dans une moue et même au travers de quelques mots reçus par l'écran
Parfois je n'ai pas le courage, ou le temps, de relever ce que j'ai cru comprendre.
Mais parfois oui.
Et c'est porteur, très. Chaque fois.


cailloux

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13 octobre 2009

"...et que demeurent vivantes les mémoires"

Ainsi concluait une conteuse que j'ai entendue un jour, raconter la légende d'Ys
Je réfléchis à cette phrase: "...pour que demeurent vivantes nos mémoires"

La mémoire de quoi? du passé qui nous a enchantés ou au contraire qui nous a blessés? de la leçon qu'on peut en retirer? (il faut savoir tirer les leçons du passé, dit-on...)

Pourquoi est-il bon que nos mémoires demeurent vivantes? Y-a-il obligation ou intérêt à dire, à garder trace? Y-a-il un héritage, une expérience de vie à transmettre absolument ? Faut-il parler à ceux qui nous suivent de ce qu'ils n'ont pas connu? Pourquoi transmettre les horreurs, les blessures, les difficultés de tous ordres? Ne vaut-il pas mieux les oublier définitivement? (mais qui peut prétendre que tout cela ne survit pas dans la mémoire de nos corps?) Ceux qui nous suivent n'ont-ils pas assez avec leurs déchirures de tous ordres, celles qu'ils doivent vivre dans le présent, sans encore ajouter dans leur sac à dos les histoires de leurs ancêtres?

La transmission est-elle nécessaire pour que l'Histoire et les (nos) histoires ne se répètent pas? N'est-il pas vrai que les histoires finissent toujours par se répéter jusqu'à redevenir l'Histoire... Il y a de cela tant et tant d'exemples... pourquoi les génocides se répètent-ils encore et encore?

N'a t-on pas à construire le présent pour que le futur soit le meilleur possible? Garder la mémoire vivante, n'est-ce pas risquer de ruminer sans cesse de vieux aliments cent fois vomis?

Garder la mémoire vivante ne répare rien, et surtout pas l'irréparable. Pourquoi retourner cent fois vers le feu qui a brûlé, consumé jusqu'à l'essence même d'un l'être humain?

Les paroles de mémoire sont si souvent comme des paroles minuscules qui viennent se perdre dans le fracas des fureurs et des colères, des tempêtes et des tsunamis..
Parler, raconter? Quand la gorge est serrée et ne peut pas prononcer les paroles qui déchirent?
Écrire, témoigner? Quand l'encre se dilue dans les larmes que l'on cache pourtant pour ne pas être moqué?
Pourquoi certains lancent-ils sur le Net des mots émouvants qu'ils ne confieraient à aucun de leurs proches?
Et pourquoi donc les enfants se taisent-ils le plus souvent et ne "transmettent"-ils pas ce qui les blesse, sinon par une somatisation que leur entourage est incapable de "lire" le plus souvent?

Voilà bien des questions, que j'ai conscience de mélanger d'ailleurs...je ne fais qu'ouvrir un coffre qui recèle bien des interrogations, certaines qui sont comme des culs de sac, d'autres des entonnoirs vers des portes qui libèrent...

Il n'est pas je crois, de réponses sur mesure...

Posté par Coumarine à 13:02 - Réflexions par ci par là - Commentaires [36] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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