Un air qui sent le propre - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

04 septembre 2009

Un air qui sent le propre

Et voilà que l'air ici est neutre et sans air.
Enfin... sans air du large, vous savez bien, de cet air que l'on respire à pleins poumons et qui vous transporte dans les lointains.
C'est un air qui sent le propre, le net, le blanc de blanc, le transparent.
Là, aucune odeur qui sort de l'ordinaire, venant flatter ou heurter le nez, aucun parfum prononcé, aucune senteur émouvante ou rocailleuse, rien.
Un sans air parfait. Aseptisé.
Même le soleil qui vient lécher les murs est lui aussi inodore et sans couleur. Il ne dérange ni n'agresse personne. C'est un soleil plat, sans consistance. On passe au travers sans problème, pas de résistance.

On se sent un peu bizarre en frôlant les murs de ce couloir, on marche avec hésitation sur le dallage gris uniforme, en prenant grand soin d'enjamber les lignes qui font les carrés silencieux.  On y marche à petits pas silencieux qui ne font des échos bruyants que dans la poitrine. On se parle à voix muette.

Tous les souvenirs auraient-ils été lavés dans ces couloirs?
Ça respire la mort.
La mort qui rôde derrière chaque porte numérotée de ces couloirs interminables.

couloir_d_h_pital


Commentaires

    merci pour ce beau texte

    le blanc oscille toujours entre la pureté et la stérilité. C'est ce que j'ai découvert en peinture. Il m'a fallu passer par là pour m'en apercevoir, et depuis, oser la couleur, la vie, la liberté.

    Posté par anne, 04 septembre 2009 à 16:12
  • @Anne... tu aimes ce texte et tu m'en vois soulagée (jai hésité avant de le publier)
    J'aime que tu parles du blanc, symbole sans doute de pureté, mais aussi de stérilité, d'immobilité, de rigidité peut-être...
    La couleur a un parfum, exubérant parfois, violent même, mais elle est le plus souvent symbole de la vie...
    Merci d'avoir réagi de cette manière, en peintre que tu es...

    Posté par Coumarine, 04 septembre 2009 à 16:19
  • J'aime aussi ce texte. Court et violent sans en avoir l'air.

    T'avais-je déjà dit que j'aimais ton coté incisif ?

    Posté par Luc, 04 septembre 2009 à 17:04
  • Quelle chance d’être dans les blogs à suivre de canalblog ! Je découvre ainsi ton blog : surprenant...
    Moi je scrappe : américain, mémoart et cartes stampin’up.
    Scrapamitiés

    Posté par christine, 04 septembre 2009 à 17:31
  • L'air de rien, t'as tout dit et bien dit .

    Posté par Julie, 04 septembre 2009 à 17:47
  • Quel joli blog! douce journée à toi

    Posté par nicole, 04 septembre 2009 à 17:47
  • @Luc, merci, j'aime que tu aimes ce texte...
    Oui j'ai un côté incisif...que je ne mets que rarement en oeuvre ici sur ce blog...
    A tort peut-être, je pourrais davantage foncer dans ce côté de moi (dans l'écriture!) qui me plait et me convient pas mal...

    @Christine... ah! je ne comprenais pas ce que tu disais, mais oui! j'ai vu que je suis pour quelques heures dans les blogs à suivre...bon ben, cela me vaut ta visite
    Bienvenue donc chez moi, et je viendrai voir tes "scrapperies" oups!.

    @Julie...merci )

    @Nicole...bienvenue dans ce blog de paroles inutiles (mééééééééééééééé nonnnnnnnnn!!)

    Posté par Coumarine, 04 septembre 2009 à 18:16
  • Tiens, moi aussi je viens par hasard en farfouillant sur canalblog. On reconnait là l'ambiance hôpital qu'il m'arrive parfois de fréquenter. Même la nourriture y est propre stérilisée et sans goût. Enfin, pas le goût dont on a envie.
    Je suis aussi peintre. On me trouve en lien à droite sur ce blog si tu vas y voir...

    Posté par Saturnin Abadie, 04 septembre 2009 à 18:32
  • Je fais le lien

    avec ton commentaire chez moi : l'air du large, celui que l'on respire à pleins poumons, nous l'avons respiré pendant trois petits jours seulement...

    Et en rentrant, nous nous sommes dit : c'est quand même dur, la ville, sans l'air du large...

    ... et nous n'avons pas franchi le pas de l'air sans air, l'aseptisé, le blanc...

    Bizzz...

    Posté par Turquoise1960, 04 septembre 2009 à 18:58
  • Quand j'ai vu le titre, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que depuis aujourd'hui, cas de grippe oblige, on nous a copé la climatisation. Je ne suis pas sûr que ça change grand chose mais, cet air de suspicion qui rode dans les couloirs, où on ne doit plus se serrer la main, sent également la mort; mais celle des relations humaines et ce n'est guère mieux.

    Posté par berlioz, 04 septembre 2009 à 19:26
  • Je viens souvent te lire mais je laisse rarement de commentaires... Ton texte ce soir me touche par sa tristesse peut être parce que actuellement mon beau frère se trouve dans un de ces couloirs... et que j'aimerai qu'il puisse respirer cet air du large... et peut être aussi pour moi qui ai parfois cette envie de grand air physiquement et psychologiquement... Merci en tout cas pour tes beaux textes

    Posté par manoudanslaforet, 04 septembre 2009 à 19:40
  • Ce n'est pourtant pas encore la quinzaine du blanc... c'est à peine la rentrée !

    Il y a des airs si légers...
    mais aussi parfois si lourds et si pesants.
    Je ressens souvent le besoin au bureau de respirer l'air frais ; malheureusement, il n'est pas possible d'ouvrir les fenêtres. Il ne me reste plus qu'à descendre et aller respirer l'air, parmi les gaz d'échappement des bus et autres autos qui attendent au feu.

    C'est donc avec un plaisir énorme que dès que je peux je m'en vais respirer l'air de "notre" étang, avec son parfum de saules, de terre sèche ou d'herbe fraîchement tondue.

    Posté par naline, 04 septembre 2009 à 20:04
  • Ounch!
    Moi je trouve que, tout de même, pour un air qui ne sens rien, il prend un peu à la gorge.

    Posté par valérie, 04 septembre 2009 à 20:10
  • Ton texte est imagé et sensible comme tout ce que tu écris et en même temps, il reflète très fort la couleur de la froideur... de la fin de vie, où l'air petit à petit se raréfie, puis s'arrête.

    Le blanc dans une maison permet toutes les extravagances décoratives, sauf que là, dans ce que tu décris, il n'y a plus que l'inertie qui, peu à peu, attend ceux qui sont derrière la porte... (Pas très gai tout çà mais je rentre de la maison de retraite !)

    je t'embrasse et te souhaite un we plein de "soleils"

    Posté par loulotte2, 04 septembre 2009 à 21:32
  • @Saturnin...bienvenue sur ce blog
    Tiens oui! tu évoques encore quelque chose de plus dans cette ambiance: la nourriture "blanche"

    @turquoise...la progression en effet: l'air du large, l'air pollué de la ville, et l'air sans air de ce genre de lieux que j'évoque, qui pourrait être un hôpital, mais pas que.

    @berlioz...hello, ça me fait plaisir d ete revoir ici...
    Et tu évoques quelque chose d'important: c'est que pire que la menace de la fameuse pandémie, il y a la menace des méfiances, une atmosphère lourde et suspicieuse qui s'installe, une peur insidieuse
    C'est malin!!!

    Posté par Coumarine, 04 septembre 2009 à 22:20
  • @manoudanslaforet...c'est la raison pour laquelle j'ai très fort hésité avant de publier ce billet, me disant qu'il risquait de rappeler des choses difficiles à vivre à certains d'entre nous
    Mais je ne veux pas (plus) que mon blog apparaisse aseptisé!

    @naline...oui si tu vis toute la journée dans un bureau dont on ne peut ouvrir la fenêtre...alors je réalise combien c'est important pour toi d'aller t'aérer auprès de "notre" étang...
    Bonne soirée à toi

    @valérie...oui cet air serre la gorge... si tu l'as perçu, j'ai réussi à le décrire...

    @loulotte...tiens, je n'avais jamais pensé que le blanc permettait toutes les extravagances de décoration...Ou alors comme point de départ...comme support à partir duquel tout est possible...
    merci pour les we plein de soleil: idem pour toi!

    Posté par Coumarine, 04 septembre 2009 à 22:27
  • L'air de rien, entre tes mots, je vois les jours passés à respirer cet air si propre avec ma fille, des jours et des semaines, mais pour moi, derrière l'une de ces portes, celle du bloc opératoire, il y avait sa vie. C'était il y a 20 ans et cette vie est toujours là, nichée dans son coeur réparé.
    Depuis, je sais qu'il y a aussi la mort derrière ces portes, je l'ai vue. C'est comme ça, vie et mort, liées pour l'éternité.

    Posté par fabeli, 05 septembre 2009 à 08:24
  • heureusement parfois il y a des nez rouges, des blouses roses, des sourires et de l'humanité. Ca va Ma Coum ?
    bisous

    Posté par Claire, 05 septembre 2009 à 10:15
  • Sans ces couloirs là...
    ... serais-je encore en vie ?

    Ca sent aussi le retour de la santé égarée...

    J'aime quand même parfois les maisons de résilience... où l'écosystème du corps reprend ses droits....


    Il y a des désirs de vie derrière ces portes...
    Des désirs d'air du large retrouvé, et seuls ceux qui s'activent en blouses blanches nous aiderons à refaire surface...
    Car les autres, les "bien-portants" se sont enfuis. La mauvaise santé d'autrui nous fait partir au loin...

    Posté par alainx, 05 septembre 2009 à 10:22
  • Je ne sais plus qui a dit: "La source des misères de l'homme, ce n'est pas la mort mais la crainte de la mort!" L'air de ces couloirs ne sent rien en première impression mais il porte en lui peur du dernier départ... L'important est de savoir si nous avons raison de craindre!
    Et ce n'est pas sur!
    Amitiés.

    Posté par Papa de Lili, 05 septembre 2009 à 11:28
  • Une journée type à l'hôpital ! à prendre au second degré :)...

    Après une nuit pas tjs reposante, vous êtes réveillée par cette lumière agressive !
    L'infirmière et l'aide-soignante viennent d'arriver dans la chambre pour prendre la tension et la température et faire les éventuelles prises de sang.
    Vous n'avez qu'une envie, vous planquer sous les draps pour finir votre nuit. Il n'est même pas 7 heures du matin ! Mais ce n'est pas possible !!!On parle tellement dans la chambre, et puis, il faut tout de même remercier par un sourire l'infirmière et l'aide-soignante pour leur bonne humeur matinale, et rire à leur blague. C'est important !
    Ensuite, on vous laisse tranquille. L'infirmière et l'aide-soignante ressortent ! Vous saississez la télécommande pour éteidre la lumière, histoire de tenter de finir votre nuit...
    C'est sans compter sur votre voisine qui elle, est maintenant bien réveillée et vous demande si vous avez bien dormi. Là, vous osez lui dire que le marchand de sable n'a pas bien fait son travail. Elle vous demandera :" j'espère au moins que je n'ai pas ronflé et que je ne vous ai pas empêché de dormir?". Par politesse, vous lui ferez un petit sourire et lui assurerez que non, elle n'a pas ronflé. Alors que la réalité était tout autre ! Vous avez eu beau tenter de siffler pour qu'elle arrête de ronfler mais ça n'a pas marché ! Vous avez même tenté de l'étouffer sous son oreiller...mais pas évident avec une perf au bras !!!
    Puis, elle se tape la causette, pendant que vous, vous voudriez tellement vous reposer. Quand, enfin, votre voisine se calme et va dans la salle de bain pour faire un brin de toilette, vous poussez un"ouf" de soulagement, et vous vous plongez immédiatement dans un profond sommeil.
    Mais ça ne durera pas plus de quelques minutes ! il est 8 h passées et le petit-déjeuner arrive avec un fracas monstrueux !!! On vous amène un plateau....pourtant le médecin ne vous avait-il pas dit que vous ne devriez pas manger?!...mais bon, ce plateau est bel et bien devant vous. Vous prenez votre couteau pour tartiner une tranche de pain,et "oh ! surprise" l'ASH (agent de service hospitalier) vient reprendre le plateau :"vous ne devez pas manger ce matin !!!"
    Arghhhh et voilà un petit déj qui vous passe sous le nez !
    Votre voisine rejoint son lit, et commence à petit-déjeuner sous vos yeux. La bouche pleine, elle continue à parler. Vous vous contenez...puis vous finissez par vous éclipser pour prendre votre douche. Super de prendre une douche avec la perf !!!....surtout pour se déshabiller et se rhabiller !!
    Puis, de retour dans votre chambre, presque une heure après (!!) l'infirmière viendra vous voir, pour vous remonter les bretelles, et pour vous dire, que ça fait bien 1/2 heure que vous devriez être en radiologie pour faire votre radio !!!
    Le brancardier vous emmène ensuite en balade en radiologie. Vous avez sacrément faim, car pas mangé ce matin, et la veille au soir, ce n'était pas fameux non plus !!!
    En radiologie, il s'avère qu'ils ont du retard !Vous patientez tranquillement dans votre fauteuil roulant !!! Vous ne songez qu'à un chose, rejoidre votre lit douillet et dormir !!! Mais voilà, pour le moment, ce n'est pas le programme prévu pour votre petite personne !!!
    La radio est passée. Mais maintenant, il faut attendre que le brancardier vienne récupérer le tas de viande que vous êtes pour vous ramener dans votre chambre ! enfin, le voilà ! ouf !
    Vous retrouvez enfin votre lit ! Au chaud des couvertures ! ouf !
    Votre voisine est tjs là et vous dit que vous arrivez trop tard, car les plateaux-repas sont déjà passés !!!
    Vous sonnez l'infirmière. Une aide-soignante arrive 10 bonnes minutes plus tard, et vous lui dites que vous n'avez pas eu à manger, car vous étiez en radio. Elle vous répondra qu'elle va voir ce qu'elle peut faire pour vous. 1/2 plus tard, tjs pas de nouvelles ! vous re-sonnez l'infirmière. Une autre aide-soignante arrive dans votre chambre. Vous lui racontez la même chose, et vous précisez que vous avez vraiment faim ! il est déjà plus de 14 h !!
    Jamais elle ne reviendra vous voir cette aide-soignante !
    A 15 heures, l'infirmière et une aide-soignante (encore une autre !) viennent prendre température et tension. L'infirmière vous demande si ça va car vous avez petite mine et que votre tension est assez basse. Là, vous lui direz, que vous n'avez pas mangé depuis hier soir car ce matin, vous deviez être à jeun et que ce midi, vous étiez en radiologie et que vous avez loupé les plateaux-repas ! En plus, vous précisez que vous n'avez pas vu les médecins lors de la visite du matin étant donné que vous étiez en examen !
    L'infirmière vous houspille,et vous dit que vous auriez dû signaler qu'on ne vous avait pas donné à manger le midi ! vous protestez...mais pas trop !...car sinon, vous allez vous attirer les foudres du personnel !!!..
    Elle vous apporte ensuite un plateau de petit-déj, avec biscottes et gelée de groseilles. Contente, vous vous régalerez malgré le faible contenu de ce plateau !!
    L'après-midi se termine sans encombre. Aujourd'hui, vous n'aurez pas eu de visites. Eh, oui, la vie continue à l'extérieur de l'hôpital. Par contre, vous aurez eu le droit à toutes les visites de votre voisine. Beaucoup de bruits....pffff...vous voilà encore plus fatiguée qu'avant !!!
    18h, on vous amène votre plateau repas. Ouf ! mais ô surprise, vous n'aimez rien de tout ce qu'il y'a !!! Arghhhh quelle horreur !!! vous serrez les dents et vous forcez un minimun, histoire de ne pas tomber dans les pommes !!
    Puis, vous prenez quelques pièces dans votre porte-monnaie et petite balade dans les couloirs pour aller jusque dans le hall. Là, vous allez directement devant les distributeurs de friandises. Vous prenez des choses dont vous avez envie. Et surtout, vous les cachez dans vos poches !! Vous retounez dans votre chambre, vous enfermez dans les toilettes pour savourer avec plaisir ces friandises qui vous sont interdites ! Eh oui, vous êtes au régime strict !!!
    Vous rejoignez votre voisine dans la chambre. Devant la tv., puis, lasse de votre journée, vous vous assoupissez.
    23heures, vous êtes réveillée par la lumière, l'infirmière et l'aide-soignante font leur petite visite du soir. Tension et température, comme d'habitude, elles repartent. Vous éteignez la lumière et tv, et heureuse, vous vous dites, je vais bien dormir !.... Vous commencez à vous rendormir....mais voilà que votre voisine a eu la même idée que vous et ronfle à gogo !!! c'est reparti pour un tour !!!

    Posté par bernie.83, 05 septembre 2009 à 13:17
  • Coumarine, tu le sais, ma mère est décédée il n'y a pas très longtemps, et elle a passé ses derniers jours dans un hôpital qui ne ressemble absolument pas à celui-ci (là, cela ressemble plus aux cliniques où elle avait pu être opérée précédemment)
    elle s'est endormie dans un servie de gériatrie, de soins paliatifs, dans un très vieil hôpital de centre-ville (qui va bientôt être démantelé, hélas)
    à quelques pâtés de maison de là où elle avait vécu une grande partie de sa vie
    dans des couleurs et des odeurs vieillottes, mais auprès de soignants d'une grande qualité et d'une grande humanité

    et j'ai aimé qu'elle soit dans cet univers qui lui correspondait bien mieux que toute l'aseptie du monde médical

    mais, par ailleurs, je ne crains pas les lieux blancs et aseptisés, car ils ont leur raison d'être

    Posté par Tisseuse, 05 septembre 2009 à 14:26
  • Je vais régulièrement dans ces chambres et couloirs...à peintures et courants d'air, blancs.
    Je suis , à chaque fois ,impressionnée bouleversée par la vie, l'envie de vie, l'entraide entre vivants qui y règnent.
    Je repars à chaque fois, mieux portante.

    Posté par charlotte, 05 septembre 2009 à 16:56
  • Tu dis :" ça respire la mort." Mais l'on sait que la souffrance de la mort, elle est pour ceux qui vivent, pour ceux qui sont encore là, sans l'autre désormais, et à jamais. La douleur du coeur déchire l'âme bien plus que celle du corps.
    A l'hôpital, le long de ces couloirs où rode presque palpable, la présence de la mort, tout est mis à nu; je pense que chaque faiblesse, chaque erreur est grossie, devient visible. On ne trompe pas la mort, ni la souffrance, encore moins la maladie.

    Posté par bernie.83, 05 septembre 2009 à 18:43
  • Cela fait plusieurs mois que je n'étais plus venu sur votre blog. J'en ai donc profité pour lire en une fois une quinzaine d'articles. Très bon contenu! Passez un bon week-end.

    Posté par Un petit Belge, 05 septembre 2009 à 19:09
  • Ton texte retranscrit de manière très précise ce que je ressens lorsque je dois aller dans un hôpital.

    Je n'aime pas ces endroits. L'aseptisation me fait peur, parce que la vie ce n'est pas ça, ce sont des stimulis de toutes parts, des odeurs, des sons, des couleurs...

    L'aseptisation sent la mort...

    Un vrai paradoxe en soi, s'il en est...

    Bon week end!

    Posté par Louloute, 05 septembre 2009 à 19:22
  • Tout dépend de l'état d'âme du moment... Je pense que l'air du large peut aussi déprimer certains...
    En revanche, si tu reçois une bonne nouvelle, où que tu sois, tu as l'impression de respirer à pleins poumons... même dans un couloir tout blanc aseptisé...
    Bisous Coum!

    Posté par tilleul, 05 septembre 2009 à 20:39
  • @fabeli... son coeur réparé dis-tu... ouf. je t'embrasse

    @Clairette...oui ça va..enfin, on le fait aller comme on dit chez moi...
    Oui les nez rouges auprès des enfants malades...ils sont chouettes

    @Alainx tu dis vrai: il y a des désirs de vie derrière ces portes...il y a tjrs des désirs de vie en général
    Tu sais j'avais un ami condamné, dont les médecins ne franchissaient plus la porte de la chambre, se contentant de demander du seuil si "tout va bien?"
    Il n'intéressait plus...son cas était tranché!

    @Papa de lili...oui on a parfois raison de craindre, parfois pas... la chance n'est pas toujours du bon côté...

    Posté par Coumarine, 05 septembre 2009 à 21:03
  • @bernie...ta description, elle est en effet à prendre au second degré...)

    @tisseuse...ainsi il y a encore de ces endroits où l'on soigne qui ont gardé leur âme...un peu vieillots et surannés?
    Mais...on va détruire le bâtiment en question... peut-être est-ce un bien, ou un mal...qui sait?

    @charlotte...j'aime bien ton témoignage, il fait du bien...

    Posté par Coumarine, 05 septembre 2009 à 21:08
  • @bernie...oups ton second commentaire n'est certes pas à prendre cette fois au 2ème degré...
    chaque mot est à réfléchir...

    @un petit belge (comme moi) re-bienvenue et ne perdez plus le chemin de ce blog intéressant!!! )

    @Louloute... en fait, plus qu'un lieu c'est un ressenti que j'ai tenté de décrire...
    Cela pourrait très bien ne pas être un hôpital que j'ai décrit (quoique la photo vous met sur cette piste là...)
    Tu as bien saisi cette atmosphère que j'ai voulu cerner et décrire, bien spécifique... ce qui n'est pas si facile
    Merci à toi

    Posté par Coumarine, 05 septembre 2009 à 21:13
  • @tilleul... ah oui! intéressant ça: serait-on oppressé ou tout "aéré" selon notre état d'âme du moment, même si l'air est "sans air"?

    Posté par Coumarine, 05 septembre 2009 à 21:16
  • Souvenir de couloirs,

    Deux mois à parcourir quotidiennement ces couloirs. Il y a trois ans, ma mère était déclarée en fin de vie, dans le coma.
    Je ne me souviens plus des odeurs. Il me semble que le couloir était vert.
    Mais je me souviens de la gentillesse et des sourires, ce soleil qui peut briller partout.
    Un jour, elle a réouvert un oeil. La semaine dernière nous lui avons fêté ses 98 ans, nous avons bien rit.
    Tous les sentiments humains flottent dans ces couloirs. Nous évoluons dans une sorte d'apnée, concentrés dans notre souci.
    Merci pour l'intérêt et la qualité de ce texte.
    Pierre

    Posté par PierreDelphin, 05 septembre 2009 à 22:31
  • @Pierre..."Tous les sentiments humains flottent dans ces couloirs. Nous évoluons dans une sorte d'apnée, concentrés dans notre souci."
    Oui, oui, c'est tout à fait ça...

    Posté par Coumarine, 05 septembre 2009 à 22:35
  • Avant même que la photo ne s'affiche, j'ai compris de quoi tu parlais, c'est dire combien ta capacité d'exprimer ce ressenti et de le faire éprouver est grande!

    Posté par Pascale, 07 septembre 2009 à 15:02
  • @Pascale... c'est ça que j'aime...faire passer un ressenti que tout le monde peut éprouver et que les gens s'y reconnaissent...
    Alors, merci de me dire que je réussi à faire passer le message...

    Posté par Coumarine, 07 septembre 2009 à 15:07

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