je pense ou je souffre, il faut choisir - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

28 août 2009

je pense ou je souffre, il faut choisir

"Je pense donc je suis est un propos d'intellectuel qui sous-estime les maux de dents. Je sens donc je suis est une vérité de portée beaucoup plus générale et qui concerne tout être vivant. Mon moi ne se distingue pas essentiellement du vôtre par la pensée. Beaucoup de gens, peu d'idées: nous pensons tous à peu près la même chose en transmettant, en empruntant, en volant nos idées l'un à l'autre. Mais si quelqu'un me marche sur le pied, c'est moi seul qui sens la douleur. Le fondement du moi n'est pas la pensée, mais la souffrance...[...]

Quand la souffrance se fait aiguë, le monde s'évanouit et chacun de nous reste seul avec lui-même. La souffrance est la Grande Ecole de l'égocentrisme"

Kundera, L'immortalité

Me demande ce que je pense de ça...

envie de vous partager ces mots et de vous faire réagir...






Commentaires

    pour le moment, ce serait plutôt : je pense et je souffre...

    "Quand la souffrance se fait aiguë, le monde s'évanouit et chacun de nous reste seul avec lui-même." c'est très égocentrique, je sais, mais comment peut il en être autrement ?
    le mal n'est pas physique, il est réalité lorsque l'incompréhension entre des êtres les empêche de s'aimer ou de se dire qu'ils s'aiment ! et lorsque cela touche deux personnes qui te sont chères, cela devient une douleur insupportable.

    Posté par loulotte2, 28 août 2009 à 23:46
  • Ouh la là !!! (J'en perds mon ortho!) Il faudrait d'abord passer par la phase d'élucidation (cours de dissertation littéraire, philologie romane, deuxième partie o))

    A première vue, penser, être intellectuel ou quoiqu'est-ce n'enlève rien à la capacité d'avoir mal aux dents...

    Mais il faut aller plus avant et 0:00, c'est peut-être un peu tard pour comprendre Kundera ???

    Bisous !

    Posté par Pivoine, 28 août 2009 à 23:58
  • (ok, je progresse).

    Pas que la douleur, bien sûr ! L'amour, le bonheur, sans doute le bonheur ou le bien-être (liés aux besoins comblés) ou la souffrance engendrée par la frustration sont fondateurs du moi, et dès l'enfance.

    Mais il y a encore le caractère, qui fait varier tout cela (équilibre entre le ça, le sur-moi et le moi)... Tout cela mérite d'être développé !

    Posté par Pivoine, 29 août 2009 à 00:03
  • @loulotte et Pivoine
    ce billet est un billet pour rien
    Il dit tout et rien à la fois
    Il effleure (légèrement) la solitude existentielle dont j'ai souvent parlé...mais bon...
    Allez, je vais au dodo...il est temps!

    Posté par Coumarine, 29 août 2009 à 00:13
  • C'est vrai que la souffrance morale ou physique isole, mais elle permet aussi, parfois de générer l'empathie face à la souffrance de l'autre, c'est peu, ça ne soulage pas l'autre mais nous donne bonne conscience. En fait l'égoïsme prime!

    Posté par mab, 29 août 2009 à 07:01
  • D'accord avec l'idée que « je pense donc je suis » est un intellectualisme déconnecté de la réalité de l'existence. Quelque chose qui tient de l'imaginaire, fort utile en certaines circonstances, mais pas forcément transposable au réel.

    Le « je sens (ou ressens) donc je suis », qui n'est pas lié qu'à la souffrance, est à mes yeux la seule réalité. Bonheur, plaisir, souffrance, tristesse... tous ces "ressentis" sont bien la réalité de notre existence... qui n'est pas forcément la réalité des autres. Ces ressentis ne se partagent qu'avec ceux qui en ressentent de similaires.

    Nous sommes effectivement seuls dans l'existence... mais nous pouvons partager nos solitudes et ainsi nous sentir "ensemble". Cette sensation est bienfaisante et c'est ce qui compte.

    Bon, c'est peut-être un peu confus ce que je dis là...

    Posté par Pierre, 29 août 2009 à 07:35
  • Et voilà un sujet de bac' de philo pour un dernier week-end d'août !
    Je sens donc je suis, sans aucun doute. Par contre, à mon sens, le fondement du moi ne se limite pas à la souffrance. Pourquoi cette vision doloriste ? Nous sommes des êtres capables d'aimer, d'avoir des sentiments , d'exprimer des besoins, de partager et d'échanger. C'est tout cela qui fait que je suis !
    Bon... là, j'arrête de philosopher et m'en vais m'occuper de choses matérielles comme faire mon marché !
    Excellent week-end !

    Posté par naline, 29 août 2009 à 08:28
  • En fait ce n'est pas tellement "je sens donc je suis", mais plutôt "je ressens donc je suis" je pense.

    Il n'y a qu'à lire Hegel (Phénoménologie de l'esprit) ou à faire l'expérience d'un mirage pour se convaincre que certains sens ne sont pas les meilleurs révélateurs d'une réalité.

    En revanche, le fait de ressentir au plus profond de son être quelque chose, que ce soit douleur, chagrin, envie, bonheur, joie ou autres, est bien à mon avis, la matérialisation d'une vie. Et d'une seule

    Et comme son interprétation est le fait de l'esprit et donc purement personnel et j'allais dire solitaire, on a :
    "je ressens, je pense, donc je suis (seul-e)".

    CCFD

    Bonne journée

    Posté par Louloute, 29 août 2009 à 08:41
  • Houlàaa...

    Je ne comprends même pas la question, ou le sujet...

    Bleck

    Posté par Bleck, 29 août 2009 à 08:59
  • bon, heureusement qu'il y a l'empathie pour se sentir moins seul face à la douleur. Sans oublier le paracétamol, l'ibuprophène et l'aspirine etc etc etc sans oublier les bisous magiques des mamans là où ca fait mal (et celui qui me dit que ca ne marche pas, il comprendra sa douleur).
    Heureusement pour chacun de nous que nous ne pouvons ressentir la douleur des autres, on en crèverait.
    Et puis il y a plein de bonnes choses qui nous font prendre conscience de nous : les caresses, les baisers, un carré de chocolat, les fraises, l'air de mes montagnes, la mer....
    bisous

    Posté par claire, 29 août 2009 à 09:47
  • "Quand la souffrance se fait aiguë, le monde s'évanouit et chacun de nous reste seul avec lui-même."
    Oui, c'est ainsi. Ecole de l'égocentrisme? Pas forcément. Ecole de la solitude, sans doute, qui nous sépare physiquement des autres, mais pas en pensée. (Comme ton mot chez moi, quand un livre se fait rencontre.)

    Posté par Tania, 29 août 2009 à 10:51
  • Moi, il me semble que la souffrance est comme des cris... ça empêche d'entendre ceux qui parlent normalement, on n'entend plus que ceux qui hurlent aussi.

    Posté par Kyrann, 29 août 2009 à 13:28
  • J'ai connu un palefrenier qui pansait pas mal aussi.

    Qu'est ce que je pense du "qu'en pensez-vous?"
    Si j'y suis, c'est que je pense, alors, je suis donc je pense !
    Au fait, j'y pensen faites-moi penser à....zut ! j'ai oublié......
    La douleur, sentiment impitoyable et violent qui ne nous laisse pas le temps de respirer, qui nous saute à la gorge et nous étrangle du mieux qu'il peut.
    Il n'ya plus ici de "je pense donc je suis" mais plutôt " je souffre donc je suis," caractère in dissociable de la nature humaine, la souffrance est ce qui nous écrase et nous offre pourtant un formidable moteur de rebond, en particulier lors d'une rupture sentimentale, mais également en cas de maladie.
    N'as-tu jamais entendu cette petite voix qui parfois hurle silencieusement " vaut-il mieux mourir ou souffrir?".

    Posté par bernie.83, 29 août 2009 à 13:40
  • je n'ai pas tout compris...
    par contre, le fondement du moi me semble être l'autre, les autres. Le bébé se sait "moi" lorsqu'il se différencie de sa mère, et puis il affine sa perception.
    A titre individuel, j'ai besoin de l'autre, des mots, des regards, des caresses pour me connaitre, pour me reconnaitre et déterminer un semblant de contour avant même d'aller au-delà. Je n'existe que parce que l'autre me regarde ( réellement ou dans ma pensée). L'autre me fait exister à chaque instant et je lui rends le même service. Est ce que l'autre me révèle ce que je ne puis découvrir seule ou bien est-ce qu'il lui donne existence ? Je dirais que l'autre amène ce qui n'est que potentialité à la réalité qui peut être ressentie et dite.
    A bientôt.
    PS : ce billet m'amène doucement à la rentrée des classes.

    Posté par nicole 86, 29 août 2009 à 17:49
  • ....★

    Whoa! ... Assez percutant... et loin d'être "bête" si je puis me permettre Cher Monsieur Kundera, sourire. Je vais y penser un peu et je reviendrai, On est moins seul donc entre intellectuels bien portants, rire ?

    Posté par julie M, 29 août 2009 à 22:42
  • Justesse

    Voilà des propos bien pensés. Je les ai crus de vous jusqu'à la fin de ma lecture et j'admirais votre clairvoyance en l'occurence. Car je ne m'étais jamais présentée les choses sous cet angle-là alors qu'il est plein de sens.
    Et puis tant pis si ces mots-là ne sont pas de vous, cela ne change pas la qualité de vos réflexions à vous.

    Posté par Gicerilla, 30 août 2009 à 10:54
  • On peut souffrir physiquement, on peut souffrir moralement mais je crois que dans un cas comme dans l'autre "Le pire de la souffrance est dans la solitude qui l'accompagne!" (Malraux). Il arrive de pouvoir partager la joie, jamais la souffrance, la douleur est un sentiment égoïste impartageable et comme le dit Graham Greene: "Personne ne peut savoir combien dure une seconde de souffrance!". Pourtant comment apprécier la joie si l'on ne peut la mettre en parallèle avec son contraire? La vie n'en est pas à un paradoxe près!
    Après tout: "Plutôt souffrir que mourir,
    Telle est la devise des hommes." (La Fontaine)
    Amitiés.

    Posté par Papa de Lili, 30 août 2009 à 12:34
  • «Je pense donc je souffre…»
    De ces "souffrances" diffuses, ou chagrins assoupis, qui nous accompagnent depuis une éternité, ou de ces tristesses fulgurantes qui se noient dans l'oubli sitôt le jour venu…

    Posté par Vertumne, 30 août 2009 à 13:00
  • On m'aime donc je suis. Je ne vis que parce que les autres me disent que je suis importante pour eux. C'est aussi assez égocentrique, mais donne de l'importance au regard et aux attentions qu'on porte sur les autres et qui leur permettent à leur tour d'exister.

    Posté par Berthoise, 30 août 2009 à 15:38
  • Quand on souffre on est égocentrique mais quand on voit souffrir les autres, l'humain se décentre de lui même pour compatir avec autrui.
    C'est vrai qu'il y en a qui s'en foute complètement... de la souffrance des autres.C'est humain cela aussi... l'indifférence.

    Posté par charlotte, 30 août 2009 à 22:08
  • A vous tous

    Vous avez pris le temps de me mettre des commentaires intéressants que j'ai lus avec attention (et je ne suis pas la seule...beaucoup sont venus lire m'ont dit les statistiques de ce soir...)
    Je ne pourrai pas vous répondre, à chacun d'entre vous. Manque de temps sans soute, mais surtout impression que cette discussion nous mènerait très loin. Trop loin pour le courage que j'ai en ce moment...
    Merci, ne m'en veuillez pas...

    Posté par Coumarine, 31 août 2009 à 00:14
  • Je pense, donc je souffre
    Je souffre donc je suis
    D'où : je pense donc je suis On y est !

    Ah non, c'est pas ça ?:p

    (en effet, cette discussion pourrait mener loin...Et serait probablement très intéressante.)
    (la souffrance rend égoïste ? je ne crois pas. Enfin, pas plus que le bonheur, par exemple. Je crois que ce qui rend égoïste, c'est une série de choses, et puis, c'est peut-être aussi une question de caractère (je suis bien placée pour le savoir...))

    Posté par sel, 31 août 2009 à 09:28
  • " Le fondement de moi", ce serait pas le derrière plutôt?!
    Je plaisante, mais je me posais les mêmes questions, il y a peu. Ma conclusion : je ne suis pas ce que je pense. Et il m'en a fallu du temps et des errements avant d'en arriver là ! Mais depuis, ça va beaucoup mieux, quel con ce Descartes !

    Posté par Tiphaine, 14 septembre 2009 à 22:42
  • @Tiphaine...eh bé! ce sont les mots de Kundera, pas les miens...)
    Oui quel con ce Descartes, suis d'accord...)

    Posté par Coumarine, 14 septembre 2009 à 22:48

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