De la fusion à la séparation - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

15 août 2009

De la fusion à la séparation

Et voilà... elle part!

Mardi à l'aube, elle s'en va, pour deux mois, à la poursuite de sa vie qui se cache on ne sait où, qui se dérobe sans cesse...

Depuis le temps qu'elle cherche sa vie, sans la trouver encore...du moins c'est ce que je crois et redoute, moi, sa mère.

Oh! j'ai souvent parlé d'elle ici, son histoire est spéciale, parfois si tortueuse, depuis le début d'ailleurs. Je n'ai pas le cœur de vous mettre les liens... ceux qui me lisent régulièrement savent...et moi ce soir, pas le courage d'évoquer une fois de plus les méandres dans lesquels elle s'enlise depuis...si longtemps...

Sans cesse je me pose la question de ma responsabilité en tant que mère. Il y a eu de véritables moments de débâcle au cours desquels, oui, j'ai crains le pire...

Elle a toujours été très proche de moi, j'ai tant de fois tremblé pour elle! Nous avions une relation fusionnelle,  ce n'était pas bon: sans doute devait-elle pour se trouver, me quitter...

C'est ce qu'elle a fait. Mais elle n'y est pas allée à la douceur. La relation, sans être rompue est distendue au maximum, par moments sévèrement difficile. Elle garde surtout des contacts avec son père, ses sœurs et son frère. Heureusement d'ailleurs, elle reste entourée par l'affection familiale, mais moi sa mère, je suis personna non grata. J'essaie de comprendre et de respecter cela, cela semble être la distance obligatoire pour tqu'elle puisse trouver sa propre identité. J'accepte, mais ce n'est pas facile...

Elle va marcher durant deux mois sur les chemins de Compostelle. Elle part seule. Que sortira-t-il de cette expérience? Je ne sais pas et je me refuse à toute attente...

Les relations entre les filles et leur mère sont parfois bien compliquées...

Et moi, d'en parler ici de cette manière, est-ce un bien? est-ce un mal? Elle ne me lit pas certes, mais je parle d'elle, j'évoque mon chagrin, nos difficultés... C'est tellement personnel...

Mais cela me fait du bien d'écrire ici à ce sujet...


Commentaires

    Si, c'est bien de l'écrire je trouve...au moins pour toi. C'est étrange, j'ai l'impression d'être à la place de ta fille, dans mon propre cas ;o). "Les filles et leurs mères" comme tu le dis, une relation bien compliquée...

    Posté par antigone, 15 août 2009 à 17:33
  • Bonne soirée !

    Si elle ne te semble pas heureuse, garde un oeil sur elle, mais c'est à elle de trouver son bonheur. Et probablement qu'elle le trouvera quand elle commencera à déployer ses ailes et expérimenter la vie par elle-même....La seule chose dont elle ait besoin maintenant est de savoir ta porte ouverte pour revenir quand elle aura envie !
    Je pense que la meilleure façon de sortir de la fusion sans brimer l'amour est d'apprendre à être attentive aux besoins de ta fille et de les respecter. Si tu vois que ce que tu fais l'agace ou l'étouffe, alors retiens-toi, laisse la plus libre, mais continue ce qu'elle semble apprécier. Il faut trouver un nouvel équilibre, mais pas tout arrêter, ni tenter de faire encore plus. Mais ne crois pas que tu lui fais du mal parce que tu l'aimes !
    Quand elle aura besoin de toi, elle le sait, tu seras là.
    En fait, dès qu'ils sont"pas bien dans leur peau" on ne supporte pas. On y va parfois peut-être maladroitement de nos "conseils", de notre présence car on ne supporte pas qu'ils soient malheureux....Et pourtant dans la vie, il y'aura bien des obstacles à franchir non??
    Pas facile d'être maman !
    Dans deux mois, ça ira mieux....

    Posté par bernie.83, 15 août 2009 à 18:11
  • @antigone...en lisant ce que tu écris là, j'ai presque envie de m'excuser en temps que maman...
    c'est bizarre...

    @bernie...la relation a été fusionnelle, à présent, elle est quasi inexistante. Elle se rebiffe même quand je lui adresse une simple parole...
    La communication se fait essentiellement via son père et le reste de la famille
    C'est dur pour moi d'être en dehors, exclue...
    Je sais que ce qui compte maintenant, c'est elle (pas moi...) j'espère de tout mon cœur que l'expérience de cette marche en solitaire lui montrera sa voie... la mènera vers son équilibre...

    Posté par Coumarine, 15 août 2009 à 18:21
  • @antigone encore... ce désir de m'excuser vient de ce vague sentiment de culpabilité que j'éprouve: qu'ai-je donc fait, été...qui l'a menée aussi loin de moi, mais surtout que s'est-il passé pour que parfois elle se sente aussi mal dans sa peau, sous des dehors exubérants par ailleurs...?

    Posté par Coumarine, 15 août 2009 à 18:25
  • Je lui souhaite de doux moments privilégiés, en solitude -et en paix?- avec elle-même. Une marche aussi longue, ça fait du bien au corps et au cœur, ça ne peut être que bon.

    Posté par valérie, 15 août 2009 à 20:01
  • @Valérie...merci à toi...
    Elle ne saura pas tes souhaits, mais à moi, ils font du bien...

    Posté par Coumarine, 15 août 2009 à 20:59
  • Grandir

    Coumarine, pardonne-moi ma franchise, j'essaie de rattacher ça à mon expérience de mère.
    Mais je ne crois pas qu'une relation fusionnelle entre mère et fille soit toujours positive. Nos sociétés occidentales passent par le "rite" de l'adolescence, la coupure, la distanciation et c'est ce passage dépassé qui par après doit permettre aux jeunes de s'affirmer comme adultes, comme personnes individuelles.
    J'ai une cousine qui a toujours ce type de relation fusionnelle avec sa mère, elle s'habille comme elle, prend ses vacances, fait ses courses avec elle, est-elle vraiment adulte, le cordon bien entretenu n'a jamais été coupé, elle est constamment en alerte par rapport à des maladies dont elle ne voit pas la fin...
    J'ai moi même et depuis longtemps une relation conflictuelle avec ma fille aînée, je crois qu'elle a été responsabilisée trop tôt. Aujourd'hui, elle se cherche, elle n'arrive pas à se lancer dans la vie d'adulte, je l'ai encouragée à prendre sa liberté car elle vivait chez moi et ne se sentait pas "chez elle". Quand elle revient à la maison, ça va mieux, peut-être un jour aurons-nous la connivence que nous n'avons jamais eue.
    Que ta fille ait décidé de partir seule (je ne connais pas son histoire) est une bonne chose, elle veut assumer sa vie sans référence constante avec sa famille, avec sa mère, cela ne signifie pas un rejet, mais un envol, peut-être timide, maladroit au début, mais l'espoir de passer un cap et de devenir soi-même.
    Quand ma deuxième fille est partie un an aux Etats Unis, sa grand mère toujours pessimiste lui a dit : tu ne me reverras pas, je mourrai avant ton retour, ma fille pleurait et je l'ai consolée, en lui disant que les parents n'avaient pas des enfants pour les garder indéfiniment tout près, que le but des parents étaient de les voir grandir, autonomes et épanouis et que son départ était dans cette perspective...
    Pardon d'avoir parlé beaucoup de moi, je te souhaite bon courage à toi et à ta famille, ce seront des courages aux couleurs différentes mais ils vous apprendront, je l'espère à grandir, il n'y a pas d'âge pour cela. Je t'embrasse, Coumarine.

    Posté par Saravati, 15 août 2009 à 22:06
  • Je n'ai pas eu de filles mais des fils. La relation est différente ; pourtant dans les moments difficiles de leur vie, la réaction de mère, se culpabiliser, s'interroger sur ce que l'on a bien pu faire ou ne pas faire, est la même.
    Je crois que quoi que l'on fasse, et du mieux que l'on peut avec ce que l'on est, ils sont responsables de leur propre vie. Nous pouvons les aider, être là avec notre amour, notre attente, notre patience (ou pas), mais ne pouvons en aucun cas vivre à leur place, leur éviter des expériences parfois douloureuses. Il faut qu'ils avancent par eux-même, comme nous l'avons fait nous-mêmes.
    C'est souvent difficile en tant que mère, alors que nous voudrions que leur vie soit heureuse, coule sans problème. Mais ce ne serait plus une vie, juste un boulevard sans aucun intérêt, une vie par procuration.
    Je souhaite de tout coeur que cette expérience du chemin de Compostelle soit belle pour ta fille, que ce soit une étape dans la découverte d'elle-même. Ce ne sera peut-être pas une révélation totale qui changera sa vie, mais elle lui permettra de progresser.
    Courage et reste lui présente, entourée de tant d'amour, elle reviendra à un moment ou à un autre et parfois pas du tout au moment où tu l'attendais.
    Je t'embrasse.

    Posté par Calliprune, 15 août 2009 à 22:35
  • Courage

    Jécoute votre douleur de mère avec beaucoup de compassion. Je voudrai pouvoir porter une peu de votre tristesse. Avec votre fille vous avez été trop près, vous voilà trop loin. Elle part deux mois sur les chemins de Compostelle. Je serai tenté de dire et alors! Que va-t-elle chercher? Qui va-t-elle rencontrer? Elle même? Une autre image de sa mère? Un renouveau? Oui le sentier de Saint Jacques est dur et escarpé. Oui certains jours elle aura mal. Mais c'est aussi dans ces escarpements dans ces douleurs que l'humain existe. Elle s'appartient et c'est dans ces difficultés qu'elle peut se réaliser. Laissez la faire face seule, laissez la vaincre seule et gagner.
    L'amour que vous vous êtes porté est aujourd'hui un feu apaisé, il n'est pas éteint. Laissez les braises se ralumer sur un changement de vent. Ne soufflez pas trop fort. Notre rôle de parent nécessite une patience infinie que seule notre tendresse peut supporter. La relation mère fille est souvent compliquée, je connais surtout la relation père filles, c'est compliqué aussi.
    Surtout continuez à parler de votre ressenti de vos doutes, de vos souffrances. Ecrivez en quoi vous l'aimez, mais surtout en quoi vous avez confiance en elle, en quoi vous la sentez forte pour affronter la vie. Datez vos textes, un jour elle les lira.
    Je vous souhaite un courage serein. Je suis sûr qu'elle a de la chance d'avoir une mère telle que vous.
    Touts mes cordiales pensées.
    Pierre Delphin (papa de 2 filles de 33 et 37 ans, toutes deux mères de famille, le plus dur est passé!!)

    Posté par PierreDelphin, 15 août 2009 à 22:39
  • Des pensées.

    Comment savoir si l'on en fait trop ? ou trop peu ?

    tu as fait du mieux que tu pouvais à chaque moment alors maintenant tu ne dois pas t'en vouloir.

    Posté par telle, 15 août 2009 à 22:48
  • Saravati, Calliprune, PierreDelphin (bienvenue ici!), Telle...;avec vos mots vous me dites tous que j'ai à lui faire confiance.
    Je l'ai "lâchée" depuis quelques années déjà, tout en lui restant proche dans mon coeur
    Mais c'est son rejet qui me fait mal, ainsi que sa difficulté pour trouver sa voie...
    J'espère de tout mon coeur que les deux mois qui viennent la verront vivre une expérience difficile sans doute, forte sûrement...
    merci pour vos mots que je lis attentivement...

    Posté par Coumarine, 15 août 2009 à 23:04
  • Je suis, nous sommes peut-être un peu maladroit par tout ce que nous ne savons pas. Mais croyez mois, vos petites paroles ne sont pas inutiles.
    Pierre

    Posté par PierreDelphin, 15 août 2009 à 23:34
  • Bonsoir Coumarine , en m'apprêtant à t'écrire , je me demande encore si c'est la fille ou la mère qui a envie de te répondre surement une confusion des deux qui fait de moi une intervenante un peu particulière , extrémiste puisqu'en rupture avec l'une et avec l'autre depuis des années jusqu'à l'inconcevable . Mais pour exister pour ce que je suis , je ne peux faire autrement . Ce n'est pourtant pas moins aimer , c'est peut être juste accepter que l'alchimie familiale n'a pas produit le résultat que nous espérions , de surdosage en manque , de maladresse en erreur , nous nous sommes enlisées dans l'incompréhension , reconnaître la différence n'est peut être pas aussi évident qu'on voudrait bien le croire .Je n'ai aucune recette , aucune solution , l'essentiel je pense est que ta fille sait que tu l'aimes et qu'importe ce qu'elle fera , tu seras sereine avec ses choix , que si elle trébuche , tu pourras la retenir mais qu'elle pourra tomber et que si il faut qu'elle aille très loin tu l'accepteras même au prix de l'absence .
    Je pense très fort à toi , n'aies pas peur , fais lui juste confiance .
    Je t'embrasse bien fort
    Matinou

    Posté par Matinou, 16 août 2009 à 01:43
  • Le "rite de l'adolescence, dit Saravati… Comme si l'adolescence elle-même était un rite…
    Alors que nos sociétés modernes ont complétement abandonné le 'rite', puisqu'elles ont fait abstraction de références mythiques ou symboliques…

    Posté par Vertumne, 16 août 2009 à 04:05
  • "Elle a toujours été proche de moi, j'ai tant de fois tremblé pour elle"...."relation fusionnelle" tes mots me parlent tellement...j'imagine combien cette relation distendue doit t'être insupportable.
    Je lui souhaite vivement ce qu'elle attend de cette expérience qui lui permettra de mieux vous retrouver.
    Je pense fort à toi. Courage.

    Posté par tanette, 16 août 2009 à 07:28
  • J'ai des amies qui ont des relations plus que fusionnelles avec leur mère, amour et haine sont méêlés et c'est un drame qui couve à chaque fois. Le chemin qu'elle entreprend est plus qu'une simple marche, elle va faire le point et elle aussi en parler, il ne peut en sortir que du bon pour vous 2.

    Posté par mab, 16 août 2009 à 07:43
  • Question de responsabilité... tu as fait ce que tu pensais être le mieux pour elle, au moment où tu l'as fait. C'est ça qui est important.
    Doux dimanche !

    Posté par naline, 16 août 2009 à 09:27
  • @Pierredelphin...non, vous n'êtes pas du tout maladroits dans vos commentaires. je les lis attentivement et j'en retire beaucoup
    Juste que hier soir, je n'ai pas eu le courage de répondre à chacun d'entre vous, comme jele fais en général...merci de ton souci

    @Matinou...tes mots me touchent bien sûr, d'abord parce qu'ils viennent d'une maman qui souffre aussi de la rupture...
    mais aussi par ce que tu dis qui me frappe/ c'est une alchimie qui a tourné, entrainant de plus en plus d'incompréhensions, certaines qui semblent irréversibles...mais on ne sait pas finalement...
    Garder espoir, c cela qui est difficile!

    @Vertumne... ma fille est sortie de l'adolescence depuis un certain temps, sans trouver sa voie, c'est le moins qu'on puisse dire...

    @tanette...toi aussi comme matinou, tes mots me sont particulièrement précieux: sans donner de détails ici je sais combien ce sujet à toutes les deux vous touchent fort, très fort
    merci d'être venue

    Posté par Coumarine, 16 août 2009 à 10:10
  • @mab...sans trop mel'avouer, je reconnais que je place beaucoup d'espoir dans cette aventure qu'elle entreprend: marcher avec un sac de 11 kilos dans des chemins escarpés, dans la solitude...je l'admire, je ne crois pas que j'aurais pu le faire..
    Elle sait qu'elle va au devant de difficultés de tous ordres, mais elle s'accroche
    C'est peut-être sa dernière planche de salut

    @Naline...bien sûr que j'ai fait ce que j'ai pu, au moment où j'ai pu... comme poutmes autres enfants d'ailleurs... mais cela n'enlève en rien la tristesse, les doutes, les questionnements
    (merci encore pour le coquelicot.... ainsi que Sel dans un lien sur le billet précedent... je vous les ai "piqués", ils sont trop beaux et me tiennent compagnie
    Merci à vous deux

    Posté par Coumarine, 16 août 2009 à 10:16
  • Persona non grata

    Oui, c'est tellement personnel qu'il est difficile de dire quelque chose à part une chose peut-être. De tout temps, dans la sphère familiale, c'est toujours la maman qui écope, reçoit...
    Et ce n'est pas facile !
    Elle part sur le chemin de Compostelle, quel beau parcours. Elle y trouvera certainement ce 'quelque chose' qu'elle cherche et si elle ne le trouve pas, ce périple ne peut que lui enseigner la vie.
    Bonne chance

    Posté par Alessandra, 16 août 2009 à 13:44
  • Je suis de tout coeur avec toi et m'associe au commentaire d'Alessandra . Je ne connais rien de ta relation avec ta fille , ni de son histoire spéciale ...mais une chose est sûre , quelque chose va changer pour elle ...et pour toi , par ricochet .
    ll semble que vous devez passer par l'épreuve de la mise à distance pour grandir . C'est pas facile, je sais ...pour le vivre . Etre rejetée , c'est terrible et tellement culpabilisant .
    A toutes deux , je souhaite de trouver votre "juste" place . Ni dans le trop-plein, ni dans le trop-vide . Puisse ce départ , être le symbole d'un nouveau départ dans votre relation .
    Je t'embrasse et te souhaite beaucoup de courage .

    Posté par Julie, 16 août 2009 à 18:55
  • Courage Coumarine. C'est douloureux tout cela. ...
    Et si tu lui écrivais un petit mot avant qu'elle ne parte ...Qu'elle emporterait avec elle et qu'elle pourrait lire et relire pendant son voyage ... et qui lui ferait du bien...et aussi à toi.
    Bisous .

    Posté par charlotte, 16 août 2009 à 21:23
  • ....★

    ...
    Je ne connais pas l'histoire entre ta fille et toi. Ce que je peux seulement te dire c'est mon expérience de fille. J'ai rompu avec mes parents pendant presque 4 ans sans leur donner aucun signe de vie. Je n'ai jamais cessé de les aimer mais cet amour pour eux était destructeur pour moi car chargé d'immaturité et d'une fusion qui me privaient d'une existence propre. Pour devenir quelqu'un il a fallu que je m'éloigne géographiquement d'eux et que je mette le silence entre eux et moi pour ne pas que leurs voix leur regard me "corrompent"
    Cet amour s'est d'abord enfoncé au fond de mes souvenirs, au fond de moi, pour faire place à une forme de haine, de violence, de mépris et je crois que ce sentiment étrange m'était aussi destiné. Je me sentais prisonnière sans identité car trop rattachée à eux à ce qu'ils pensaient ou jugeaient de moi. Je leur en voulait de ce quelque chose indicible qu'ils ne faisaient pas pour me laisser libre, de ce regard inquiet et protecteur qui me coupait les ailes, de cette image presqu'iconique que j'avais d'eux et qui me donnait l'impression qu'être différente d'eux c'était forcement les offenser et être mauvaise! C'est très difficile à expliquer...mais ce chemin vers moi-même je l'ai fait seule par une nécessité VITALE, prés d'eux je n'y serais pas parvenue j'en suis certaine. J'avais 33 ans!
    Aujourd'hui je suis libérée de l'emprise qu'ils avaient sur moi. Nous en étions tous victimes, eux aussi sans même le savoir! Cette rupture nous a tous fait grandir.

    Reste humble et sereine. Patiente et légère. Ne te morfond pas de critiques. Refais le chemin du passé et imagine l'avenir. Votre amour saura se transformer dans cette séparation où chacune fera son propre bout de chemin...vers l'autre et vers elle-même

    Je t'embrasse.

    Posté par julie M, 16 août 2009 à 21:52
  • @Alessandra...oui le parcours de Compostelle est un parcours de l'ordre de l'essentiel: on a le temps de réfléchir, on apprend aussi à se débarrasser du superflu, se centrer sur ce qui est vraiment important...j'espère pour ma fille que ce sera constructif

    @Julie...comme je l'écris à Alessandra, je suis juste dans l'espérance que ce sera une expérience positive pour elle

    @Charlotte... c'est une bonne idée, je fais cela, son père qui la conduit à la gare le lui donnera mardi à l'aube
    Merci de tout coeur

    @Julie M....c'est extraordinaire ce que tu écris là... je retrouve tt à fait ma fille dans son silence total vàv de moi, alors qu'on a été si proche...
    Julie je te remercie spécialement pour tes mots: ils me disent qu'un rejet total n'est pas forcément définitif, ni mort de son amour pour moi.
    Il me faut accepter qu'elle a besoin de cette rupture pour se construire...
    MERCI de tout coeur, tu me donnes de la paix ce soir...

    Posté par Coumarine, 16 août 2009 à 22:35
  • Ma Coum, je suis de tout coeur avec toi... et avec elle, avec ma fille aussi et ma maman.
    Peut-être peux-tu regarder le film "Saint-Jacques la Mecque" si tu ne l'as pas vu.
    Ta fille a pris une sage décision. Je la trouve similaire à celle que tu vis quand tu vas faire tes ateliers d'écriture dans un monastère.
    Puisse-t-elle trouver sa voix.
    Bisous

    Posté par Claire, 17 août 2009 à 09:51
  • J'égrenne les commentaires de ce billet douloureux et je lis que tu te sens un peu plus en paix grâce à tous ces témoignages. J'en suis heureuse pour toi.
    Des difficultés de la relation mère fille, oui, je pense que nous serions nombreuses à pouvoir écrire à ce sujet...

    Je souhaite à ta fille un voyage riche de rencontres qui lui feront sûrement prendre conscience de certaines valeurs, noyées pour l'instant dans le brouillard de la confusion.

    Posté par fabeli, 17 août 2009 à 09:52
  • Je me mets à ta place et je comprends... Ton chagrin doit être immense... Une amie, mère de quatre enfants a eu comme toi des ennuis de relation avec une de ses filles... pendant deux ans, elle n'a plus donné aucune nouvelle (sauf à son papa), elle est allée s'installer à Bruxelles et un jour (il y a quelques mois) elle a envoyé un sms à sa maman pour lui demander si elle pouvait venir passer le week-end à la maison...
    Je souhaite de tout coeur que ça se passe comme ça avec ta fille!
    Je t'embrasse.

    Posté par tilleul, 17 août 2009 à 13:13
  • Quand ma grande soeur a perdu son premier mari, tout le monde lui a dit qu'elle était jeune, qu'il fallait laisser faire le temps... et la seule chose qui lui faisait du bien, c'est les gens qui pleuraient avec elle, sur les malheurs du monde. Dans une famille, où on ne dit rien et où on se cache, c'était une révolution. Dire et montrer. Tu dis, tu as besoin de dire. Pourquoi pas ? plutôt que l'effet cocotte-minute. Moi, je trouve cà bien.
    bisous

    Posté par Claire, 17 août 2009 à 13:32
  • Mettre une distance avec sa mère ne signifie pas forcèment que l'on ne l'aime plus.... Pour que poussent ses ailes, tu dois accepter que ta petite parte... seule... Compostelle l'aidera très certainement à prendre du recul, à lâcher du lest pour retourner à l'essentiel.... Tu dois être fière de ta fille, car c'est très courageux de sa part.... Si cela te fait du bien de parler d'elle ici, fais-le.... N'hésite pas à parler de votre relation "Vue par TOI", cad de ton point de vue et ton ressenti A TOI...

    Posté par tin, 18 août 2009 à 10:50
  • Julie trouve les mots totalement justes il me semble, elle les dit de l'intérieur , de ce qui a permis sa reconstruction .
    Faire la route vers Compostelle seule est une gageure: efforts à faire tout au long de la journée, peser jusqu'où ne pas aller donc apprécier jusqu'où aller, rencontres avec tout type de personnes , de tous les âges , de toutes les nationalités, tutoiement, organisation pour respecter son corps, ses besoins, découvrir non pas le nécessaire mais l'indispensable, se remette en cause puisqu'on recherche où est le vital, découvrir une forme de vie sociale aux lieux d'accueil . Ce sera peut être son chemin initiatique vers elle même. Julie parle bien de Liberté , je crois personnellemnt qu'elle aurait pu l'écrire en majuscule, car ils en ont tellement besoin alors qu' on a tellement peur pour eux. Surtout tu n'es pas coupable, tu n'es coupable de rien. Chaque être humain grandit à son rythme toute sa vie. Nous les parents aussi grâce à nos enfants.

    Posté par marieswiss, 18 août 2009 à 15:01
  • ce que je pourrais dire l'a déjà été et très bien... peut-être juste rajouté qu'on se permet ce genre de "relâchement" avec ceux dont on est le plus sûr.
    Peut-être que ce n'est pas parce qu'elle t'en veux ! que ta fille prend le large avec toi, mais qu'elle le fait avec toi, parce qu'elle sait que ton amour pour elle est sans condition... qu'elle peut prendre cette distance sans risque de te perdre.
    C'est une chose que j'ai remarquée, souvent... ce sont ceux qu'on aime le plus et dont on a la certitude d'être aimé... qu'on fait le plus souffrir.
    Je suis bien absente de chez toi ces derniers temps... mais je te lis et reste en pensée près de toi.

    Posté par pakita, 19 août 2009 à 00:33
  • Je te comprends. Je vis la même chose.
    La mienne est partie 3 mois en Italie. Elle revient bientôt.
    La séparation m'a fait du bien.
    Et à elle ?
    Réponse dans quinze jours...

    Posté par Annick, 19 août 2009 à 09:39
  • "Qu'ai-je donc fait, été...qui l'a menée aussi loin de moi, mais surtout que s'est-il passé pour que parfois elle se sente aussi mal dans sa peau, sous des dehors exubérants par ailleurs...?"
    ______

    Cela fait 8 ans que je me pose la même question...

    Posté par Annick, 19 août 2009 à 09:40
  • Hasard ?

    Si je redécouvre votre blog aujourd'hui, juste au moment où je me pose des questions sur les relations mère-fille. Je ne connais pas l'histoire de votre fille.. J'ai tremblée depuis 10 ans pour mes jumelles de 25 ans... qui se sont tant mises en danger... Et puis la douleur étant insupportable..INVIVABLE... j'ai appris à lacher doucement prise, à faire confiance... confiance dans les bases de leur éducation, confiance en elles tout simplement...Je n'ai pas pu empêcher les déceptions, les écorchures, les blessures, j'en fus le témoin impuissant... et je sais combien c'est douloureux... Notre séparation fut brutale il y a 15 ans mais les fils tissés de l'amour se sont reformés, doucement, surement, et notre relation n'en est aujourd'hui que plus forte, plus belle.. CONFIANCE en cet amour. Votre fille si elle entreprend ce chemin, entreprend le chemin vers elle même. Il faut énormément de courage alors que tant de jeunes se noient dans des plaisirs factices pour ne pas penser.
    Alors tout simplement BRAVO car c'est aussi grace à vous qu'elle possède cette force et n'hésitez pas à parler de vous. N'oubliez pas, nous sommes toutes, les mamans, tellement fortes et tellement faibles à la fois de tout cet amour mais nous sommes aussi humaines.
    Bon courage. Vous embrasse bien fort.

    P.S. Une de mes filles lors d'une discussion récente m'a remercié malgré , je cite, "tout ce qu'elles m'avaient fait voir" d'avoir toujours été là... Je l'ai moi remerciée de m'avoir aussi fait grandir et de m'avoir tant appris.

    Posté par marielune, 19 août 2009 à 11:21
  • Beaucoup de mots qui me parlent, dans tes paroles, celles de tes lecteurs... Non, la relation mère-fille n'est pas simple, elle que j'ai avec ma fille est pour le moment beaucoup plus harmonieuse que celle que j'ai eue - et continue à avoir - avec ma mère. J'ai appris à prendre un peu de distance, à relativiser, à ne pas chercher forcément qui de nous deux avait tort ou raison. Moi qui retrouve des aspects de moi chez mon fils, chez ma fille, je ne me retrouve en rien chez ma mère. C'est comme ça... nous avons de très bons moments, nous en avons de moins bons... et c'est tout. Je voulais te remercier pour ton petit livre "Tout d'un blog" dont je me suis délectée au début de ce mois, et que je relis maintenant tout doucement, chapitre par chapitre, car lui aussi est plein de mots qui me parlent.

    Posté par Pascale, 20 août 2009 à 11:38
  • Puisse-t-elle

    trouver "sa" lumière, sur le chemin de Compostelle, "sa" route, pour revenir apaisée. Et t'aimer comme tu l'aimes. Bises, Coum.

    Posté par Passante, 20 août 2009 à 12:21
  • Tu sais Coum, sur les chemins de Saint Jacques elle ne peut pas faire (en principe) de mauvaises rencontres. A la rigueur elle se rencontrera elle même et te reviendra "pleine d'usages et raison".
    T'en fais pas vas! c'est pas les chemins de katmandou. Et puis elle va voir des paysages époustouflants.
    Tiens nous au courant
    bises

    Posté par vincent, 21 août 2009 à 11:29
  • A tous

    J'ai été absente quelques jours, et je trouve vos commentaires
    Ils me font chaud au coeur...
    Je ne souhaite pas parler davantage de ce sujet, après tout, il concerne ma fille aussi et je n'aimerais pas qu'elle apprenne que je parle d'elle de cette façon sur le Net ouvert à tout vent
    Mais vos commentaires me sont utiles
    Juste dire à Pakita que je suis vraiment contente de te "revoir" ici...et je crois très vrai ce que tu mets en avant: ceux qu'on aime, on peut se permettre d'e^tre durs avec eux...

    Bienvenue aux nouveaux venus..
    à savoir: marieswiss, marielune, Pascale

    Pascale, merci pour la pub que tu fais de mon livre, qui reste d'actualité comme tu le soulignes...

    Vincent, je suis heureuse qu'elle marche sur les chemins de Compostelle, là n'est pas la question!
    C'est que la relation soit si difficile qui me rend triste

    Merci à tous et à chacun...
    Je me sens "entourée", pas seule...

    Posté par Coumarine, 21 août 2009 à 11:48
  • Alléger la charge...

    J'ai préféré ne pas écrire sur ce sujet très privé . Je le fais deux posts plus tard . Il faut laisser l'eau passer librement sous les ponts de la route de Compostelle. Je comprends la douleur que tu décris, elle est inévitable . Il n'y a rien à rajouter pour moi.

    Posté par MthCauseuse, 21 août 2009 à 23:05
  • @Causeuse... oui je viens de voir... je te dis merci, tu es toujours là, tendre et efficace à la fois

    Posté par Coumarine, 21 août 2009 à 23:08
  • Viens te promener sur Face Book...

    Je vais t'inviter via ton mail. Après tu feras ce que tu voudras. Bises.

    http://www.facebook.com/profile.php?id=1347720710&ref=profile#/home.php?ref=home

    Posté par MthCauseuse, 22 août 2009 à 09:37
  • c'est fait...merci
    mais je viens peu du côté de facebook...

    Posté par Coumarine, 22 août 2009 à 10:02
  • Pour mieux grandir, mon fils n’a eu d’autre choix que de s’éloigner de sa mère si proche émotionnellement. J’ai vécu ces moments comme une véritable rupture. Alors je te comprends ma Coum’. Aujourd’hui, il garde encore quelques distances, mais elle se réduit au fil des mois, et surtout, il a su m’expliquer ce besoin d’air pour étirer ses ailes, pour affermir sa personnalité. Il a su choisir son chemin qui l’éloignait de moi tout en m’expliquant qu’il ne me reprochait rien.
    A une époque un peu lointaine maintenant, j’avais fait la même chose envers ma mère, mais avec violence, sans délicatesse, dans la souffrance …
    Aie confiance, en toi, en elle, en la vie … en votre amour qui ne saurait s'éteindre.

    Posté par Fanzesca, 22 août 2009 à 11:29
  • je remonte dans le temps et je lis ton message ce soir, tellement adapté à ce que je ressens !

    un monsieur t'a écrit : "Notre rôle de parent nécessite une patience infinie que seule notre tendresse peut supporter. La relation mère fille est souvent compliquée, je connais surtout la relation père filles, c'est compliqué aussi."

    15 jours sont passés depuis le départ de ta fille, reste confiante, si elle fait ce chemin (et ce cheminement) c'est parce que c'est une fille forte, qui veut s'en sortir, comprendre et établir des relations peut-être différentes mais jamais "sans amour".

    Bien avec toi.

    Posté par loulotte2, 29 août 2009 à 00:12
  • je remonte dans le temps et je lis ton message ce soir, tellement adapté à ce que je ressens !

    un monsieur t'a écrit : "Notre rôle de parent nécessite une patience infinie que seule notre tendresse peut supporter. La relation mère fille est souvent compliquée, je connais surtout la relation père filles, c'est compliqué aussi."

    15 jours sont passés depuis le départ de ta fille, reste confiante, si elle fait ce chemin (et ce cheminement) c'est parce que c'est une fille forte, qui veut s'en sortir, comprendre et établir des relations peut-être différentes mais jamais "sans amour".

    Bien avec toi.

    Posté par loulotte2, 29 août 2009 à 00:12
  • Coumarine, j'ai vécu une telle séparation brutale venant de ma fille. Du jour au lendemain, sans raison. Cette coupure a été très dure pour moi enfant abandonnée, je me suis retrouvée mère abandonnée.
    Aucun contact pendant plus d'un an. Je lui ai toujours dit que ma porte était ouverte et dit mon amour pour elle.
    Elle est revenue doucement et m'a dit qu'elle n'avait trouvé que cette solution radicale pour se défaire de cette fusion qu'elle avait avec moi.
    Nous avons une très belle relation depuis.

    La douleur de la mère qui pense être coupable de ??
    Rien.
    Alors patience Coumarine, juste patience et acceptation.
    Amitiés

    Posté par Fille de l'Eau, 03 septembre 2009 à 18:02

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