Faire mon marché - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

27 juillet 2009

Faire mon marché

Parfois je me fais le reproche de ne pas encore savoir bien approcher la vie...il serait temps, non?
Elle gronde en moi, autour de moi avec tant de ferveur parfois, tant d'impétuosité, comme un souffle puissant qui n'en finit pas de tenter de s'échapper, vers le plus...vers le mieux, vers le plus intense

La vie est là, je la pressens, mais c'est comme si elle se tenait juste derrière le carreau, me narguant peut-être, me faisant des signes pour trahir sa présence, pour me jurer qu'elle est bien là, que je n'ai qu'à...

Qu'à... quoi? marcher très vite, respirer en saccades, jouir intensément, partir à l'aventure, tenter d'autres expériences, courir dans les rues... parler parler avec ceux que j'aime et même ceux que je n'aime pas, écrire sans plus rien contrôler?

Mais c'est comme si je restais prisonnière derrière, derrière ce carreau qui me permet de voir, mais pas d'intégrer ce que je vois, mais pas de me plonger dedans, dans la vie qui est dehors, ailleurs, au delà...toujours plus loin...

Parfois donc je me demande comment je pourrais faire pour mieux approcher la vie...

mais peut-être n'ai-je pas assez approché la vie qui est en moi, parfois source, parfois torrent, parfois fleuve ou marée... à portée de main, à portée de cœur, à même mon corps...

Pourquoi vais-je faire mon marché ailleurs alors que tout se trouve chez moi, en moi?

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Commentaires

    On croit souvent à tort que la vie se cristallise grâce aux autres alors qu'en tout premier lieu elle est de notre ressort.

    Du coup on cherche bien loin ce qui est à notre portée...

    Mais n'est-ce pas aussi le signe d'une grande générosité, d'une belle ouverture d'esprit?

    Peut être que là où on se fait du mal, c'est à se poser tant de questions...

    Bonne continuation!

    Posté par Louloute, 27 juillet 2009 à 19:16
  • @louloute... je me pose trop de questions pour le moment, en effet...
    faut que je parte en vacances...
    Toi tu pars pas?

    Posté par Coumarine, 27 juillet 2009 à 20:34
  • Bonsoir Coum! Faire son marché en soi ....belle image... encore faut-il, me semble-t-il, que le marché soit un marché du monde, aux couleurs, senteurs, épices et accents d'ici et d'ailleurs! Ne se nourrir que de soi serait fade, non? Mais ne se nourrir que des autres serait probablement un menu bien peu équilibré! Bonnes vacances, découvre les marchés locaux ... découvre-toi! Amitiés.

    Posté par fcplume, 27 juillet 2009 à 21:29
  • @fc...vraiment content de te revoir ici...
    Je crois que je me fais mal comprendre dans ce billet...
    Je ne parle pas d'un intérêt ego centré...
    mais du fait qu'on va parfois chercher bien loi, ce qui es trouve pas loin, peut-être même en soi, si on se faisait confiance
    On a besoin des autres, c'est évident...mais de se pouvoir se recentrer, c'est tout aussi évident...
    On vit trop souvent à la périphérie de soi-même, c'est cela dont j'ai voulu parler

    Posté par Coumarine, 27 juillet 2009 à 22:06
  • En soi

    En soi, la vie est en soi, la vraie vie est en toi Coum, mais tu le sais bien, tu sais l'interroger, la regarder et surtout la vivre. Evidemment l'intensité n'est pas toujours au top, mais ça ne fait rien, reste à l'écoute, tu la retrouveras. Et alors, tu feras ton marché et tu y trouveras les autres qui t'aiment eux aussi parce que tu les aimes, en fait plutôt que parler de marché ne devrait-on pas parler d'échanges?

    Posté par Eneri, 27 juillet 2009 à 22:54
  • merci Eneri

    ton commentaire me fait du bien...
    Je crois que le terme "faire mon marché" est en effet maladroitement utilisé ici...j'aurais mieux fait de dire quelque chose comme "me rassembler"...
    (toi, tu vas bien?)

    Posté par Coumarine, 27 juillet 2009 à 23:00
  • Moi j'aime bien ton 'faire mon marché" on y trouve tout et même ce qui est en nous.

    Posté par mab, 28 juillet 2009 à 07:10
  • Edwige, l'animatrice de biodanse, nous dit souvent : Pourquoi vous vous obstinez à rêver de quelque chose qui est loin, qui est quasi inaccessible alors qu'autour de vous il y a des trésors à découvrir ?
    Alors elle nous encourage à aller "expérimenter" la rencontre avec ces choses lointaines. La déception peut être au rendez-vous aussi bien que la joie. On ne sait pas.
    Mais si jamais c'était la déception, au moins nous voilà libérés d'une envie et cela nous rend disponibles pour vivre quelque chose de plus nourrissant qui se trouve à portée de notre main et que nous n'avions pas vu, aveuglés que nous étions par ce mirage lointain.

    Me suis-je bien fait comprendre ? (Quand c'est elle qui le dit c'est si clair !)

    Posté par Annick, 28 juillet 2009 à 08:10
  • Et si on acceptait ce que l'on en fait, de notre vie. Juste prendre le temps d'apprécier !
    (et moi qui lutte à chaque pensée qui me bouffe, de la rempalcer par une image agréable ... dur dur parfois !)
    J'adore ton texte qui me fait une fois de plus m'évader dans mes pensées. Et l'expression "faire son marché" me plaît beaucoup !

    Posté par Miss Line, 28 juillet 2009 à 08:34
  • Aaaah, mais là tu poses un grand koan zen ! Il faut parfois plus d'une vie pour résoudre cette équation de la vie dehors avec la vie dedans, ou dit autrement, harmonie, unité entre Etre et Vivre, vivre en fonction de cet Etre-là ...

    Posté par Filo Filo, 28 juillet 2009 à 09:37
  • @mab... c'est vrai qu'au marché tu peux tu peux tout trouver, c'est henri Dès qui le dit lui-même...

    @annick...j'aime beacoup ce que tu dis là...c'est une SAGE ton animatrice de biodanse, et tu rapportes ses paroles très clairement, rassure-toi
    Merci à toi

    @Miss Line...rester positive, pas si simple que ça en effet, c'est parfois une lutte de chaque instant

    Posté par Coumarine, 28 juillet 2009 à 09:40
  • @filo...il me semblait bien que ce n'était pas si stupide que ça ce que j'écrivais là, un peu sans trop savoir, comme poussée par une intuition (rires)
    A moi de demander: c'est quoi un koan zen?
    Bon j'irai voir sur la grande toile...
    harmonie entre être et vivre, dis-tu... oups ça demande à réfléchir...

    Posté par Coumarine, 28 juillet 2009 à 09:42
  • beaujour COUM.

    faire son marché ailleurs est primordial !
    imagines-tu un seul instant, ne jamais regarder autre chose que son nombil ?
    pouaH, pas trés ragoutant !!!
    par contre, se nourir des articles importés ne peut qu'améliorer le quotidien pour en faire une recette originale, non ?
    ne dit-on pas que les enfants métisses, sont les plus beaux du monde!

    douce journée à toi coum.

    Posté par rsylvie, 28 juillet 2009 à 09:44
  • Bonjour Coum! J'avais sans doute lu trop vite. Je comprends mieux avec ton commentaire et quelques autres ce que tu veux dire. Ne pas se contenter de la périphérie de soi-même ... qui nous fait, tout au plus "fonctionner" mais aller au noyau dur, au noyau vrai, celui qui donne identité à qui nous sommes, ce que nous faisons et qui donne même une griffe, une marque de façon d'être dans nos rencontres avec les autres, le monde. Non pas tant se recentrer sur soi mais plutôt faire pousser nos racines jusqu'au coeur de ce noyau nourricier et identificateur. Bonne journée.

    Posté par fcplume, 28 juillet 2009 à 10:29
  • coucou Sylvie... c'esr vrai ne regarder que son nombril, n'apporte pas grand chose
    Maintenant se dissiper partout et sans cesse, ne permet pas de tirer profit de ce qu'on apprend...
    trouver la juste mesure... c'est pas si simple, après tout...

    Merci FC d'être revenu...et d'avoir "traduit" dans tes mots si clairs l'essentiel de mon message...
    Oui nous ne ferons que "fonctionner" si nous ne descendons pas au noyau dur de qui nous sommes
    Parfois des gens se demander au mitan de leur vie; mais qui suis-je vraiment?
    Pas comme une remise en question saine, mais comme une question angoissante, qui donne des insomnies...
    C'est pour ça je crois qu'il est essentiel de ne pas vivre à la périphérie de soi-même

    Posté par Coumarine, 28 juillet 2009 à 16:26
  • Est-ce vraiment nous qui approchons la vie... Ou est-ce la vie qui nous approche... ?
    ------
    et à propos de nombril : je me demande si nous ne sommes pas passés d'une époque où on se regardait le nombril (années 70/90), à une époque où chacun s'efforce de montrer son nombril à l'autre (années 2000/2010).

    Posté par alainx, 28 juillet 2009 à 19:04
  • "Connais-toi toi même et tu connaitras l'univers et les dieux."
    Quand il y a de la sagesse dans l'air, la vie est pleine.
    Et plus besoin de s'étourdir frénétiquement.

    Posté par charlotte, 28 juillet 2009 à 19:14
  • Oui, on peut voir la vie comme une suite de renoncements plus ou moins bien acceptés. Mais il me semble assez évident que nous ne pouvons jamais aller au bout de toutes nos potentialités, même si nous pensons n'en avoir que peu.

    Posté par walrus, 28 juillet 2009 à 20:34
  • Parfois, j'ai l'impression de courir mille lièvres à la fois et me disperser. Et en même temps, j'ai comme un sentiment d'urgence sur tout ce qui me reste à faire face au temps qui passe.
    Alors, peut-être devrais-je prendre le temps de me poser pour regarder les ressources et les potentialités dont je dispose...
    Quelle belle aventure, la vie !

    Posté par naline, 28 juillet 2009 à 20:42
  • Un texte très suggestif

    et comme il fait réfléchir.
    Une vie bien remplie et au service des autres ne suffit pas à combler les lacunes qui insidieusement s'attachent à nos sillons le long de la route.
    Et que reste-t-il ? Le rêve, peut-être un moment partagé, mais qui s'éteint au réveil et risque de laisser amertume ?
    L'aventure, le désir de laisser derrière soi une ombre vieillissante qui nous répéte chaque jour nos limites ?
    Il n'y a pas de réponse à ces questions en dehors de nous et peut-être pas de réponse du tout.
    L'important n'est-il pas de continuer à vivre de vraies émotions réelles ou virtuelles et de s'en donner les moyens.

    Posté par Saravati, 28 juillet 2009 à 20:49
  • "Ecrire sans plus rien contrôler" des mots qui me frapppent, surtout sous ta plume et sachant tout ce que tu exprimes dans tes ateliers sur l'écriture...

    Et puis ce dessin/croquis/peinture que je trouve très beau, qui illustre bien ce que tu ressens et l'envie que tu as aussi de plus ou d'autre chose ou tout simplement de ce qui est en nous et qu'on met effectivement plus d'une vie à toucher du bout des doigts...

    Posté par Pivoine, 28 juillet 2009 à 22:23
  • C'est exactement ce que je ressens en ce moment.... et souvent d'ailleurs !

    Posté par nadege, 29 juillet 2009 à 08:38
  • @alainx...amusant la réflexion que tu fais sur le "regardage" ou le "montrage" du nombril...

    @charlotte...mais j'aime la vie "frénétique", pas encore l'âge de la "sagesse"...toi bien?

    @walrus...zut de zut, tu m'ôtes de mes illusions...j'aimerais bien pouvoir aller jusqu'au bout d'au moins UNE de mes potentialités...oui oui!

    Posté par Coumarine, 29 juillet 2009 à 12:37
  • @naline...voilà c'est très exactement ça...j'aime me poser de temps en temps et prendre conscience que je cours, sans plus rien vivre consciemment

    @saravati... tu écris:
    "L'important n'est-il pas de continuer à vivre de vraies émotions réelles ou virtuelles et de s'en donner les moyens."
    Oui, je me retrouve très bien dans cette question...

    @pivoine..toi l'artiste tu aimes cette aquarelle?
    moi aussi, je l'ai piquée sur le Net et je n'en connais plus l'auteur...
    J'aime sa flamboyance, sa couleur ardente...

    @nadège... bienvenue dans cet espace...

    Posté par Coumarine, 29 juillet 2009 à 12:42
  • Seule la troisième dimension permet de percevoir ce qu'est une surface plane et lui donner un dessus et un dessous, alors il en est un peu pareil pour nous, il faut aller "ailleurs" pour mieux nous voir, pour mieux être. Comment percevoir l'intérieur s'il n'est pas éclairé par l'extérieur ? Pour mieux s'approcher du moi, il faut (aussi) se décentrer et chercher ailleurs les outils.

    Est-ce qu'une carmélite vit ? Oui. Seulement nous ne sommes pas tous "fabriqués" pour être des carmélites et cela est bien ainsi. Chacun laisse passer en lui le souffle de la vie qu'il est capable d'accueillir, cela bien sûr ne doit pas nous empêcher de nous ouvrir davantage pour mieux accompagner ce souffle.

    Les chemins sont multiples et ne s'exluent pas.

    Posté par nicole 86, 29 juillet 2009 à 14:58
  • @nicole...tu écris:
    "Les chemins sont multiples et ne s'excluent pas."
    alors là, je te rejoins 5/5
    et pour le reste de ton comme aussi d'ailleurs...

    Posté par Coumarine, 29 juillet 2009 à 21:36
  • Parfois loin du marché, la vie, ce torrent beau , impétueux...

    En te lisant, impression de rencontrer une sorte d'affolement dans les pensées intimes qui ressurgissent sous forme de "brol" que tu évoquais autrefois. L'image de toi, les bras ballants, presque fascinée, devant le déferlement d'une eau de montagne, charriant aveuglément des branchages et de la lumière, m'est venue... C'est le matin, ( seul moment libre pour moi avant d'aller travailler à l'hôpital, le soir je suis trop lessivée...),où je me tiens pour t'en parler devant mon propre torrent. J'ai enlevé le son pour ne garder que l'image. Je rêve à la fraîcheur de la source en amont qui régénère. C'est la seule façon de supporter, de tolérer le poids de l'eau des années qui appuient sur le ventre et le cerveau encombré . Le lit du torrent c'est moi, c'est toi aussi, un peu plus loin, ailleurs. Il n'y a rien à faire de plus que de laisser notre eau portée dévaler jusqu'à la mer, il s’agit toujours de l'adoucir et de la rendre buvable, en passant par la pluie... Plus je vieillis , plus je regarde les nuages et le sommet des montagnes. Impression insistante d'avoir à contempler les origines. Et quand j'ai envie de rire( c'est souvent), je me dis que j'aimerais parfois vivre car(a)mélisée dans un monastère de montagne, mixte (sinon c’est moins drôle) , à proximité d'autres torrents sympathiques avec des temps de lecture et d'écriture préservés. On ne choisit pas son torrent , on le prend à bras le corps et on essaie de l'étreindre sans l'étouffer. On n'arrête pas l'eau vivante, en dessous on se sent sculptés en profondeur, éperdument. Aborder chaque torrent c'est le laisser vivre sa course et sa force monumentale. Ne pas se mettre en travers. Quand on est pas dessous, se tenir à distance raisonnable, s'asseoir à côté de temps en temps avec un casse-croûte, un bon livre voire une couverture de survie.

    Posté par MthCauseuse, 30 juillet 2009 à 08:25
  • @Causeuse;..comme j'aime tes commentaires qui en eux-mêmes seraient un nouveau billet
    Ils me font m'arrêter longuement et imaginer...
    Imaginer ce que serait "se tenir à distance raisonnable, s'asseoir à côté de temps en temps avec un casse-croûte, un bon livre voire une couverture de survie."
    Je me rends la semaine prochaine dans un endroit où je pourrai m'asseoir un moment à côté du temps...sans oublier ma couverture de survie qu'est pour moi mon ordinateur...
    Je penserai à toi...
    (tu ne t'arrêtes pas un moment, toi? vacances ou quelque chose dans ce genre?)

    Posté par Coumarine, 30 juillet 2009 à 10:18
  • Ce soir venu, raccords ...

    Longue journée débordante de torrents différents, sortes de tuyaux d'arrosage en batteries plus ou moins déréglées... Je reviens toute mouillée mais soulagée de m'être mise un peu au sec. Home sweet home... Quelqu'un est mort , parmi les collègues, une femme, récidive de cancer... fatale... On est sonnés, déboussolés...tristes... Il faut s'occuper des vivants... ses patients... sentiment de mauvaise passe... à surmonter absolument... Pas le choix... Mes vacances (courtes) c'est en Septembre. Je te souhaite des torrents de compagnie faciles à vivre.

    Posté par MthCauseuse, 30 juillet 2009 à 21:00
  • oups Causeuse... je te sens triste, déboussolée en effet... tes points de suspension en nombre parlent, discrètement...
    Foutu crabe qui sépare et chagrine, sans aucun état d'âme
    Tenir le coup jusqu'un septembre... courage!

    Posté par Coumarine, 30 juillet 2009 à 21:41
  • As tu lu "l'alchimiste" de "Paulo Coelho" ?... J'y ai trouvé beaucoup de réponses.

    Posté par Catherine, 30 juillet 2009 à 22:19
  • @Catherine...oui oui, j'ai lu l'alchimiste, mais il y a un certain temps déjà...
    c'est vrai que c'est un livre "riche"

    Posté par Coumarine, 30 juillet 2009 à 22:49
  • Finalement, ce texte se clôt par une note d'espoir : tant de choses en soi qu'on ne soupçonne même pas le plus souvent.
    C'est à la fois vertigineux et réconfortant, non ?

    J'ai déjà venue ici une fois, suite à un billet d'Antigone, et je viens de mettre ce blog dans mes favoris, histoire de suivre (de loin ou de près) les textes écrits ici.
    Je fais partie des petits nouveaux, donc.

    Posté par Leiloona, 10 août 2009 à 10:26
  • @Leiloona...bienvenue ici..
    Il est vrai que ton billet sur l'écriture m'avait très interpelée...

    Posté par Coumarine, 14 août 2009 à 23:05
  • C'est d'une grande justesse de ton, de mots, d'émotion, ça développe sa propre petite musique stylistique, j'aime beaucoup...

    Posté par Carla, 27 août 2009 à 22:05
  • merci Carla...
    ta visite me fait plaisir

    Posté par Coumarine, 27 août 2009 à 22:23

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