Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

30 juin 2009

Rire pour vivre

J'entends des bruits de conversation, ça se passe dans la pièce d'à côté, je ne sais pas de quoi on parle, mais  j'entends que c'est animé. De plus en plus animé.
Moi je travaille, ou je lis, ou j'écris ou je fais n'importe quoi et tout ce remue ménage me dérange un peu:le niveau des décibels monte vite quand des gens se retrouvent ensemble...

Des éclats de voix qui s'éclatent de plus en plus jusqu'à éclater dans de larges éclats de rire...

Dans ma pièce à côté, je ne vois rien ni personne. Je souris de les entendre rire.

Et je me dis:

Le monde a beau être ce qu'il est. Avec ses trucs pas possibles tous plus affreux les uns que les autres, accidents, corruption, vilenies en veux-tu en voilà, saloperies, angoisses chroniques ou ponctuelles...
Le monde a beau être ce qu'il est... les gens dès qu'ils sont ensemble autour d'une table pour papoter, manger, se réunir... même si dans ce groupe circulent des jalousies, des mesquineries, des incompréhensions, des rancunes et peut-être même des haines, et bien! les gens quand ils sont ensemble, immanquablement finissent par se mettre à rire.
Comme si le monde était une comédie dans lesquels pour quelques minutes ils jouaient le rôle principal.

Serait-ce que nous avons besoin de rire pour survivre?

Rire tout seul dans le secret de sa chambre, plongé dans une activité manuelle ou intellectuelle, c'est difficile, c'est en tout cas très rare... Celui qui rit tout seul est un peu fou sans doute... poète lunatique ou doux rêveur...

C'est le rire des autres qui suscite le nôtre

Et quel bien ça fait, de rire un moment sans penser à rien, dans le simple plaisir de rire pour des bêtises. Parce qu'on rit toujours pour des bêtises.
Bien sûr, il y a le rire jaune, celui qui nous fait rire forcé contraint, bouche de travers, raclant la gorge pour aller chercher ce rire dans le but de sauver la face, ou ne pas la perdre. Il y a aussi le rire ironique de celui qui se moque, parfois méchamment...
Mais le bon vieux rire naît de bêtises plus bêtes que ça tu meurs...

Moi, je vous dirai franchement, je suis bon public et je ris de tout mon corps...

J'ai connu autrefois un homme que je n'ai jamais entendu rire. Une personne d'un grand charisme, qui pouvait parler à un vaste public pendant deux heures de sujets intéressants
Mais il ne riait jamais. Il était trop orgueilleux pour ça, il ne serait jamais abaissé à rire pour des bêtises.

Rire, c'est aussi accepter de perdre le contrôle, de se rendre vulnérable...

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28 juin 2009

Alors, il y a la voix

Je vous remets ici un billet que j'ai publié il y a trois ans...
Ben oui, pas beaucoup de temps en ce moment
De plus je me dis qu'il y a dans les profondeurs de mon blog, des petites paroles inutiles que je ne renierais pas aujourd'hui...d'autant plus que je suis toujours plongée dans le thème du "visage" (voir ici)

Alors évidemment il y a la voix...

C'est comme le visage finalement, qu'on habite de l'intérieur, sans être vraiment sûr que le miroir qui le capte, n'est pas un peu menteur sur les bords .. Puisqu'il lui prend la fantaisie de nous refléter à l'envers...

Pour la voix.. c'est du pareil au même.

Elle résonne à l'intérieur de nous, d'une façon qui nous est familière. Mais quand l'oreille est bouchée, elle s'enlise dans des profondeurs ouatées très désagréables... on voudrait l'expulser de soi, mais elle s'attarde  et s'entête dans la tête.

La voix enregistrée apparaît d'abord comme une usurpatrice... quoi? c'est moi qui parle là?

Oui apparemment, cette voix n'étonne personne, tous la reconnaissent comme mienne. Ouf, c'est bien moi, et cette voix...oserais-je le dire...? je l'aime bien cette voix...

Oui, j'aime ma voix, elle me plaît, elle est douce et vive à la fois, elle est musicale, elle se donne avec passion dans les textes que je donne au public dans mes lectures-spectacles, elle se donne avec tendresse dans les conversations que j'ai avec ceux que j'aime, elle argumente ou se défend avec fougue dans les conversations animées.

Sur le blog, on n'entend pas la voix, et c'est à mon avis une amputation plus grande encore que l'image, la photo de soi offerte

  spill9

Peinture de Léon Spilliaert

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25 juin 2009

Lire, pourquoi? comment? quand?

Incertaine m'a tagguée... même si d'habitude je ne réponds pas aux tags, cette fois, je l'ai fait volontiers...

1° Plutôt corne ou marque page ?

Une carte postale, remplie de couleurs, des marque page confectionnés par une de mes petites filles...surtout ne jamais corner une page, ce serait comme pincer quelqu'un que j'aime...

2° As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?

C'est le cadeau que je demande, que j'implore, dont je donne habilement les titres l'air de rien...
Non merci pas de parfum, ni de foulard, ni de rien d'autre...

3° Lis-tu dans ton bain ?

euh... oui oui oui, j'adore, j'oublie l'heure, j'oublie même que l'eau refroidit... Bon d'accord c'est une fois par semaine, les autres jours, douche vite fait bien fait!

4° As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

C'est fait...et même deux/ De plus, deux participations à des recueils de nouvelles (j'entends à compte d'éditeur!)

De tout temps, je SAVAIS (genre intuition profonde...)qu'un jour je serais publiée... J'ai élevé mes enfants puis j'ai commencé à tenir un blog de Petites paroles. Un éditeur est passé par là, m'a demandé de raconter le pourquoi du comment du pour qui d'un blog. Écrit en trois mois durant l'été 2007... j'en avais des choses à dire. Puis l'autre livre (écrit en même temps... est un roman autobiographique qui a intéressé un autre éditeur...

La suite... dans pas longtemps...

5° Que penses-tu des séries à plusieurs tomes ?

J'aime lire et finir un livre assez vite. Je ne m'attarde pas dans de grosses briques. Et donc les séries, non, ce n'est pas ma tasse de thé, ni ma tasse de café

6° As-tu un livre culte ?

Ah oui! ça que j'en ai un! Vous voulez savoir lequel? Vous le savez, j'en ai déjà parlé... vite allez regarder là...

7° Aimes-tu relire ?

C'est très rare, vu que ma PAL (pile à lire) est haute de trois mètres au moins...

8° Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs des livres qu’on a aimés ?

Mon statut d'écrivain (ben oui...) me fait rencontrer souvent des auteurs, surtout belges (lisez-les, il y en a de très bons) J'interviewe chez moi des auteurs que j'aime beaucoup et qui sont devenus des amis (Armel Job par exemple) Là maintenant je vais animer une session avec Gabriel Ringlet.. on passera une semaine ensemble. Forcément on parlera hein! Ce sont des gens sympa et intéressants...

9° Aimes-tu parler de tes lectures ?

Finalement j'en parle peu sur mon blog... ici je préfère écrire des Paroles inutiles, ou pas...
Par contre dans mes ateliers d'écriture, je donne beaucoup beaucoup beaucoup d'idées de lecture. Je pousse à lire encore et encore. Pour moi, écrire passe obligatoirement par la lecture d'auteurs les plus divers et variés.

10° Comment choisis-tu tes livres ?

Je vais en librairie, une fois par mois environ, j'y passe alors des heures... Je fouine, cherche, me fais des idées... J'achète un ou deux livres coup de cœur.
Mais je me rends aussi dans des bouquineries, et là j'achète pour deux euros des Babel neufs. J'en achète des tas... puis je les donne ou les revends...

11° Une lecture inavouable ?

Pourquoi inavouable?

Les Evangiles tiens voilà... il y en a des choses humaines et profondes là- dedans...

12° Des endroits préférés pour lire ?

Chaque moment volé est un moment de lecture...mais j'aime lire au lit le soir avant de m'endormir, et aussi dans le métro. Il y a toujours un Babel qui attend sagement dans mon sac

13° Un livre idéal pour toi serait ?

Celui qui m'ouvre à l'humain, que ce soit un roman ou un livre de sciences humaines. Celui qui me rend "meilleure"...oui meilleure, parce qu'il a fait grandir en moi une petite pousse, parce qu'il m'a émue, secouée, fait rêver...

14° Lire par-dessus l’épaule ?

Non, non et non. Je déteste qu'on vienne lire par dessus mon épaule, je me sens surprise dans mon intimité...

15°Télé, jeux vidéos et livres ?

Je regarde très peu la Télé... Parfois LE programme qui m'intéresse particulièrement et encore...Les jeux vidéos? Non, sais pas ce que c'est (oups!). Donc livres résolument livres...

16° Lire et manger ?

Non. Je mange en pensant ou en bavardant...je ne lis pas en mangeant. Je ne mange pas en lisant

17° Lecture en musique, en silence, peu importe ?

Le silence. Le silence. Le silence. Aussi quand j'écris...

18° Lire un livre électronique ?

Je peux pas... déjà que j'ai du mal à lire les lonnnnnnnnnnnnngs billets sur les blogs... ça me décourage, et il m'arrive de zapper même les blogs que j'aime quand c'est trop long.

Le livre-papier est très important pour moi. J'aime son odeur ;-))

19° Livres empruntés ou livre achetés ?

J'achète mes livres mais le plus souvent dans un bouquinerie, les fameux Babel ou Livres de Poche neufs à prix réduits

20° Quel est le livre que tu lis actuellement et quel sera le prochain ?

Je lis de Alice Ferney "Les autres". Je venais d'en terminer un autre d'elle (L'élégance des Veuves...j'en ai beaucoup aimé l'écriture.
Puis j'entame courageusement "Les Disparus" de Daniel Mendelsohn, qui est le Prix Médicis étranger 2007. Courageusement car c'est un livre de 928 pages. oups!

21° As-tu déjà abandonné la lecture d’un livre ?

Suis pas parvenue à lire Proust. (Bon OK je me cache!)
Un livre que j'ai abandonné sans remords est "L'amant en culotte courtes" de  Alain Fleischer...

J'ai vraiment pas aimé, ni l'écriture, ni le sujet qui m'a semblé très artificiel. J'ai tenu bon pendant la moitié du livre, puis j'ai lâché

22° Tu tagues qui ?

Difficile de taguer quelqu'un qui n'a pas encore répondu à ce tag...
Disons Fabeli (toi qui aimes écrire Fabeli, tu es sans doute une grande lectrice?
Et aussi Lorraine...
Bleck.. Alain
Et Saravati

Seulement si cela vous plait de répondre à ces questions...liberté pour chacun...

 

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23 juin 2009

Chic. De marque

Hier dans le métro. Je suis assise, elle monte dans la rame. J'observe.

Elle porte un pantalon blanc qui souligne ses fesses.
Coton un peu fripé, petit ventre rond.
Sous le pantalon blanc, comme souvent dans cette matière et cette couleur, on devine le tracé d'un string.
Non on ne devine pas...on le voit, mon dieu!

Le dessus... voyons le dessus:
Un body moulant couleur turquoise.
pas de soutien
Mais les seins sont disciplinés et restent coincés sous le body qui les enserre.
La séparation des seins forme un sillon profond, presque indécent à cette heure de pointe (!) dans le métro!

Au dessus encore, une petite veste blanche.
Blanche, avec un capuchon mignon. C'est chic. C'est de marque.

Au dessus, je vois une tête.
Une tête blonde, cheveux mi longs bien coiffés, retenus sagement par des lunettes de soleil.
La tête est maquillée, yeux, bouche et le reste.
C'est une tête qui se veut distinguée. Chic. De marque.

Et pour compléter le tout: l'attirail habituel:
Sandales blanches (orteils vernissés d'un rouge flashant). Sac blanc. Chic. De marque.
Tout est choisi dans le souci d'assortir l'ensemble pour le mieux
Et aux doigts, aux poignets, au cou,  des bijoux qui  brillent l'aisance, si pas la richesse.

Sur la tête chic, de marque, un air renfrogné. Mais enfin...!
Elle s'accroche à une main courante et regarde autour d'elle d'un air réprobateur. Il y a du monde dans le métro à cette heure. Pas une seule place assise.

Elle tangue au rythme des secousses. A droite. A gauche. Ça reste chic. Ça reste de marque. Même l'air renfrogné, le sourire inexistant sont à l'unisson
Au rythme des secousses le sillon entre les seins se creuse, ou s'élargit selon le geste du bras qui s'accroche...

Moi je suis assise devant elle. Simple quidam. Ni chic. Ni de marque.
Mais j'ai un petit sourire. Parce que, croyez-moi, une peau plus que fripée entre deux seins qui tombent et serrés dans un body moulant couleur turquoise, chic, de marque... ben...c'est...je sais pas comment dire..

Elle était chic et de marque cette femme...mais son gros popotin dans un pantalon blanc quasi transparent, ses seins s'écroulant dans son body serré, le sillon fripé... je sais pas vous, mais moi... bon je vais rien dire de plus, des fois qu'elle me lirait...

Je suis descendue songeuse à la station suivante...

Posté par Coumarine à 12:12 - Les mots de Coumarine - Commentaires [54] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juin 2009

Le cordon bleu

J'ai rencontré hier une jeune femme charmante, jolie et douée..
Rencontre dont je vous parlerai plus longuement dans un prochain billet.. patience...

Nous avons parlé, un peu, beaucoup, passionnément
Je vous en parlerai plus longuement dans un prochain billet...patience...

Mais alors pourquoi aujourd'hui mentionner déjà cette rencontre?
Parce qu'elle m'a dit quelque chose qui pour moi est incroyable et qui m'a fait pâlir d'envie: son compagnon fait les courses!
OK OK rien d'extraordinaire... sans doute il aime ça!

Attendez, c'est pas tout...
Son compagnon prépare TOUS les repas. Oui, chaque jour que Dieu fait, il prépare les repas pour leur petite famille... elle ne doit se préoccuper de rien...
Ils ont tous les deux leur travail, elle fait plein d'autres choses dans la maison, assume leurs deux enfants, encore petits ( j'ai pu voir que lui aussi prend bien sa part...)
Mais... à  l'heure du repas, elle s'installe à table, tout est prêt... et tout est bon...!

Wouaw! J'admire...

Et en même temps, j'ai eu un pincement d'envie... et peut-être même deux...
Parce que l'homme à moi ne fut pas très doué pour ce genre de choses, du temps des enfants et de la tablée nombreuse. Il s'installait peinard (et fatigué aussi il faut le dire, il faisait pas mal de km...)  quand tout était prêt. Tout comme  les enfants d'ailleurs... aucun d'entre eux n'a attrapé le virus de la cuisine du temps où ils étaient encore à la maison.

Et même quand on allait au restaurant l'homme et moi, il fallait bien que les enfants mangent, n'est-ce pas? Donc pour moi, jamais de vacances de repas!

Mais depuis quelques mois, oh! miracle! voilà qu'il s'y met...  et sérieusement en plus... je lui ai passé la main, lui ai refilé le cordon bleu. J'en reviens pas, mais ça marche...

Cela me fait tout drôle de me mettre à table comme une (quasi) princesse sans avoir rien dû préparer (juste lui dire comment il doit s'y prendre pour préparer le repas prévu... mais à force il apprend, et se débrouille de mieux en mieux...)

Et moi, drillée par des années où j'assumais tout cela, il me reste des pointes de culpabilité de ne pas remplir ce qui me semble être mon rôle de maîtresse de maison...

Posté par Coumarine à 17:03 - Tranches de vie ordinaire - Commentaires [28] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 juin 2009

Travail acharné

Je rentre
J'ai passé deux jours à Hurtebise
Au Monastère d'Hurtebise
Fermé les 15 derniers jours de juin pour la fermeture annuelle bien méritée: durant toute l'année en effet, les hôtes sont les bienvenus pour quelques jours de calme, de repos, (de prière pour ceux qui le souhaitent) dans une nature grandiose.
15 jours bien nécessaires pour tout ranger, nettoyer, inventorier, réparer, et enfin tout préparer pour la session sur le visage dont j'ai déjà parlé et qui aura lieu du 5 au 10 juillet prochain.
Tout est complet, il y a une liste d'attente... cela me réjouit! Animer une session sans le quota des participants, c'aurait été dommage d'autant plus que les intervenants et les animateurs sont de qualité. Il y en aura pour tous les gouts! Ateliers, spectacles (il y en a trois), conférences...

Je suis donc allée à Hurtebise malgré sa fermeture... Et je m'y suis en retrouvée seule pensionnaire.
Et j'ai travaillé. Beaucoup travaillé. Énormément travaillé. Du travail que j'aime, même s'il est très prenant...
J'ai répété avec ma co-équipière la lecture-spectacle que nous présenterons au cours de la session.

Répéter, encore et encore. Imaginer la scénographie, qui doit être sobre (c'est une lecture-spectacle, non une pièce de théâtre), penser à quelques objets de décor, imaginer chaque geste qui doit venir ni trop tôt ni trop tard, décider à bon escient des alternances de voix.. et puis s'occuper des deux costumes de scène, confectionnés avec amour dans des "chiffons" trouvés dans une malle aux trésors...

Je vous le dis comme c'est: vous perdez quelque chose en ne venant pas nous écouter. Parce que en plus, les textes sont émouvants, prenants, forts...
Ce sera que du bonheur!
Et d'abord pour nous, M. R et moi...

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16 juin 2009

Le dé-visage

tick_tock_2__O__Clock_by_lucias_tearsElle marchait dans la rue. Tranquille. L'âme en paix.
Soudain deux ou trois personnes se sont arrêtées à sa hauteur. Brusquement. Et l'ont dévisagée, avec insistance. Pendant une longue minute. C'est long une minute quand on est dévisagée de cette façon!

Dévisagée, oui c'était bien le mot adéquat , et c'était là l'expérience qu'elle était en train de vivre
Elle se sentait dé-visagée, dé-figurée par ces regards qui la détaillaient d'un oeil interrogateur

Attends se dit-elle... qu'est-ce qu'il a mon visage, pourquoi on me regarde ainsi? Ai-je l'air folle? Ai-je mis ma culotte à l'envers? Ou deux chaussures différentes? Ai-je gardé mon bonnet de nuit en me levant ce matin? Je sens mauvais peut-être? Oui, ça doit être ça! ou alors j'ai un teint de cadavre... Zut on dirait que mes dents ne sont plus dans ma bouche? Ou alors ma langue a fourché?

Au secours, que se passe-t-il? Qu'est-ce qui ne va pas?  Cessez de me dé-visager, arrêtez de me regarder comme ça!...

Comme quoi...

On veut bien (on souhaite même) être reconnu(e), sortir de la masse, être regardé(e), ne pas compter pour du beurre...

Mais surtout pas être dé-visagé(e)...

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14 juin 2009

C'est quoi espérer?

2005__Mar_cage__6___147x97cmTiens je me pose une question soudain (oui ça m'arrive de penser)
Le résultat, le succès espéré d'une entreprise ou d'une action, va-t-il causer mon bonheur?

Ou est-ce le fait d'y "travailler" jour après jour qui me rend heureuse, car  je suis alors immergée dans une profonde sensation de vie...?

Si je fais ce "travail", si je fournis cet effort, et que le résultat semble inexistant ou qu'il se fait attendre, serai-je malheureuse, déçue, me laisserai-je décourager?

Mais... il m'est arrivé d'espérer de toutes mes forces le succès d'une action engagée... et que la désillusion soit au RV final.

Trop d'espoir se confronte parfois à une énorme désillusion...

Parfois c'est le contraire, allez savoir pourquoi!

Un résultat m'arrive que je n'espérais même plus... et se passe alors quelque chose de l'ordre du magique.

Est-ce d'y avoir renoncé, de n'avoir plus eu aucune attente qui rend tout ça si merveilleux? Est-ce l'inattendu qui crée la sensation de complétude?

C'est quoi finalement espérer, vivre dans l'espérance?

L'espérance concerne-t-elle le présent que je vis, que je peux vivre avec intensité, ou concerne-t-elle un futur hypothétique sur lequel je n'ai aucune prise?

Quelle est la différence entre l'attente qui stérilise, qui fige... et l'espérance qui propulse (oui bon j'ai l'impression que poser la question c'est y répondre...)

A partir de quand est-il bon de renoncer à nourrir un projet, à rêver un rêve un peu fou?

Est-ce devenir blasé que de renoncer à rêver, ou est-ce simplement devenir enfin raisonnable?

J'ai des espérances, des aspirations profondes
Elles sont inscrites au plus profond de mon cœur
Je les sais là, au chaud de mon intime
Je les couve, sans rien attendre, enfin j'essaie...
Juste au jour le jour, j'essaye de vivre mon quotidien dans le plus d'intensité possible et de vraie présence aux autres et à moi-même. (ben oui... suis comme ça, naïve sans doute comme on me l'a déjà fait savoir...)

Il y a des jours où je dois convoquer mes espérances, et tous les sourires du monde dans mon espace et leur demander des comptes. Ou alors les apprivoiser, comme je le fais pour mes petits chagrins.

(Ce matin il pleuvait, je me disais que la journée serait moche... à présent il y a du soleil, et je me dis que décidément j'ai jugé trop vite... les choses peuvent changer, même quand on n'y croit plus

Compliqué tout ça finalement...

Peinture de Benoit Colsenet

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12 juin 2009

Je suis sa fille

Parfois, quand je vois marcher ou parler l'homme de moi, je vois ou entends sa mère ou son père. Et la ressemblance physique me frappe d'autant plus qu'il avance en âge.
Même démarche pressée, penchée en avant, même tics de langage, même façon bruyante de se moucher...

Son corps, il l'a bien reçu de ses père et mère, il n'est pas un ovni catapulté de nulle part..
Et ce corps a été irrémédiablement façonné par son éducation. Il est "passé entre leurs mains"

Quant à moi...

Dans des moments d'énervement, l'homme m'assène que je ressemble à ma mère...
Ma mère était une belle femme au visage fin, aux traits réguliers, comme sa mère à elle d'ailleurs...
Mais quand l'homme me dit ça, ce n'est pas pour me faire un compliment: il me lance ça à la figure, parce qu'il est fâché sur moi.

Et bien! Cela me blesse, plus ou moins fort selon que je suis dans un bon jour ou pas.. J'ai à ce point rejeté ma mère, je l'ai à ce point jugée pour ses comportements envers les autres et la vie en général, envers ses enfants et moi en particulier, qu'il m'est très pénible d'entendre dire que je lui ressemble.
J'ai toujours été persuadée que je n'avais rien d'elle...rien de rien... que j'étais purement moi-même. Dans mon roman autobiographique, je raconte d'ailleurs que la petite fille que je fus, était persuadée d'avoir été adoptée, tellement elle se sentait différente, étrangère...

peinture_SDans mon bureau, il y a une peinture à laquelle je suis très attachée (tiens donc et pourquoi? Faut reconnaître qu'elle est très abimée, et cela semble tellement en contradiction avec le contenu de ce billet ah lala!...). Elle représente une petite fille d'environ 5 ans. Ce n'est pas moi. C'est elle, ma mère....
Et la ressemblance avec moi enfant est étonnante, on pourrait croire que cette peinture me représente.

Je dois me rendre à l'évidence, je ressemble à ma mère. Certains traits de son visage, certains aspects tant de son physique que de son caractère, se sont inscrits en moi.
Si je refuse ça, je me nie moi, je me renie..

Malgré tout le chemin que j'ai parcouru, le chemin de réconciliation avec elle, ou plutôt avec moi-même, telle que je suis devenue,  et dont l'écriture de mon livre fut une étape capitale... accepter que je suis la fille de mes parents, que je suis née de ce couple, que je ressemble à ma mère (et à mon père aussi d'ailleurs) est encore difficile. Très.
Et quand l'homme sous le coup de la colère me dit que je ressemble à ma mère, j'encaisse le choc. Je suis meurtrie. Déstabilisée.

Cela me pose question. Si j'étais tout-à-fait "en ordre" avec ma mère, je ne souffrirais pas de cette remarque...je la prendrais pour ce qu'elle est:oui, c'est évident que j'ai des traits de ressemblance avec ma mère, puisque je suis sa fille...

(c'est drôle: écrire "elle est ma mère", est moins difficile qu'écrire "je suis sa fille"...)

photo de Coumarine

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10 juin 2009

Textes courts pour raisons personnelles...;-))

Ma vie est morcelée...

Je porte des casquettes diversifiées:

par exemple celle d'écrivain (oui, depuis hier, je suis reconnue officiellement (oups!) comme écrivain belge... je l'avoue, j'en suis heureuse et fière... mieux vaut tard que jamais, et je vais désormais me prendre au sérieux (hum hum), attention, garez-vous...!

par exemple encore celle de mère de famille nombreuse.

L'écrivain se terre dans son bureau pour écrire, bloguer, préparer ses ateliers d'écriture, bouquiner (cela fait partie de mon travail) réfléchir aussi.

La mère de famille nombreuse extravertie au maximum de par ses multiples fonctions, a vu ses enfants partir peu à peu pour vivre leur vie autonome, les voit cependant revenir pour un oui ou pour un non, une papote imprévue, un repas où ils s'invitent à l'improviste, un coup de fil du style "allo maman bobo", ou alors un énoooormme barbecue qui rassemble toute la famille au jardin s'il fait beau.
Il y a aussi les petits-enfants qui aiment venir jouer et dormir chez leur Mamie (et Papy)

L'écrivain n'a donc que des tranches d'horaire souvent très réduites pour écrire. Il arrive bien des fois que, lancée dans un récit passionnant mais interrompue par l'un ou l'autre (ils sont les bienvenus bien sûr!) elle perde le fil de ses idées qui s'annonçaient géniales...
C'est bien difficile de s'y remettre, quand on est sorti de la route droite et bien tracée de l'imaginaire lancé à plein rendement. Enfin moi, il m'est difficile de retrouver l'état d'esprit de ma créativité portée à son maximum dans lequel je me trouvais plongée...

L'écrivain (oups comme j'aime écrire ce mot, j'en ai le droit désormais, ne dites rien, je rougirais...) pour cette raison,  aime écrire des textes courts comme celui du petit chagrin qui est mon billet de hier.
Un texte court s'écrit vite et bien... il me faut une demi-heure pour le composer, une heure pour le laisser mijoter avant de le publier, parfois plus, parfois même une nuit...

Le texte suivant peut dès lors se construire dans ma tête, au fil de mes lectures, de mes rencontres.

Alors bien sûr, un blog pour les petits textes courts c'est l'idéal... raison pour laquelle je suis toujours bien installée dans mes Petites Paroles Inutiles depuis bientôt cinq ans: c'est fou comme le temps passe..

Évidemment des textes courts comme ça, ne sont pas destinés à être publiés papier, ne feront donc l'objet (ou le sujet) d'aucun livre...
Mon travail (ma passion?) est donné librement... pour votre plaisir. Et  le mien aussi  bien sûr, sinon je ne le ferais pas...

Ceux qui ont lu mes livres auront remarqué que tous les deux ont été écrits sur le même mode de petits chapitres courts, chacun se suffisant presqu'à lui-même, exactement comme mes billets ici.

De même les textes que j'ai écrits pour ma nouvelle lecture spectacle sont forcément courts eux aussi. C'est vraiment ma manière d'écrire, directement tributaire de mon mode de vie. Mais aussi sans doute de mes préférences: la densité d'un texte court me convient. On est obligé d'aller à l'essentiel!

C'est pour cette même raison que je suis devenue une "spécialiste" de la nouvelle. Le roman, je ne m'y suis pas encore frottée. Mais si je le fais (cet été sans doute, quelque part au calme...) ce sera sur le même schéma, de courts chapitres..denses, à l'écriture serrée...

 

Posté par Coumarine à 21:17 - Propos sur l'écriture - Commentaires [51] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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