Textes courts pour raisons personnelles...;-)) - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

10 juin 2009

Textes courts pour raisons personnelles...;-))

Ma vie est morcelée...

Je porte des casquettes diversifiées:

par exemple celle d'écrivain (oui, depuis hier, je suis reconnue officiellement (oups!) comme écrivain belge... je l'avoue, j'en suis heureuse et fière... mieux vaut tard que jamais, et je vais désormais me prendre au sérieux (hum hum), attention, garez-vous...!

par exemple encore celle de mère de famille nombreuse.

L'écrivain se terre dans son bureau pour écrire, bloguer, préparer ses ateliers d'écriture, bouquiner (cela fait partie de mon travail) réfléchir aussi.

La mère de famille nombreuse extravertie au maximum de par ses multiples fonctions, a vu ses enfants partir peu à peu pour vivre leur vie autonome, les voit cependant revenir pour un oui ou pour un non, une papote imprévue, un repas où ils s'invitent à l'improviste, un coup de fil du style "allo maman bobo", ou alors un énoooormme barbecue qui rassemble toute la famille au jardin s'il fait beau.
Il y a aussi les petits-enfants qui aiment venir jouer et dormir chez leur Mamie (et Papy)

L'écrivain n'a donc que des tranches d'horaire souvent très réduites pour écrire. Il arrive bien des fois que, lancée dans un récit passionnant mais interrompue par l'un ou l'autre (ils sont les bienvenus bien sûr!) elle perde le fil de ses idées qui s'annonçaient géniales...
C'est bien difficile de s'y remettre, quand on est sorti de la route droite et bien tracée de l'imaginaire lancé à plein rendement. Enfin moi, il m'est difficile de retrouver l'état d'esprit de ma créativité portée à son maximum dans lequel je me trouvais plongée...

L'écrivain (oups comme j'aime écrire ce mot, j'en ai le droit désormais, ne dites rien, je rougirais...) pour cette raison,  aime écrire des textes courts comme celui du petit chagrin qui est mon billet de hier.
Un texte court s'écrit vite et bien... il me faut une demi-heure pour le composer, une heure pour le laisser mijoter avant de le publier, parfois plus, parfois même une nuit...

Le texte suivant peut dès lors se construire dans ma tête, au fil de mes lectures, de mes rencontres.

Alors bien sûr, un blog pour les petits textes courts c'est l'idéal... raison pour laquelle je suis toujours bien installée dans mes Petites Paroles Inutiles depuis bientôt cinq ans: c'est fou comme le temps passe..

Évidemment des textes courts comme ça, ne sont pas destinés à être publiés papier, ne feront donc l'objet (ou le sujet) d'aucun livre...
Mon travail (ma passion?) est donné librement... pour votre plaisir. Et  le mien aussi  bien sûr, sinon je ne le ferais pas...

Ceux qui ont lu mes livres auront remarqué que tous les deux ont été écrits sur le même mode de petits chapitres courts, chacun se suffisant presqu'à lui-même, exactement comme mes billets ici.

De même les textes que j'ai écrits pour ma nouvelle lecture spectacle sont forcément courts eux aussi. C'est vraiment ma manière d'écrire, directement tributaire de mon mode de vie. Mais aussi sans doute de mes préférences: la densité d'un texte court me convient. On est obligé d'aller à l'essentiel!

C'est pour cette même raison que je suis devenue une "spécialiste" de la nouvelle. Le roman, je ne m'y suis pas encore frottée. Mais si je le fais (cet été sans doute, quelque part au calme...) ce sera sur le même schéma, de courts chapitres..denses, à l'écriture serrée...

 


Commentaires

    L'avantage d'écrire des textes courts c'est d'aller à l'essentiel en effet.

    Et puis ça laisse parfois un peu plus de place pour l'imaginaire, la réflexion du lecteur bizarrement...

    Bonne soirée

    Posté par Louloute, 10 juin 2009 à 21:50
  • oui Louloute

    Le texte court paradoxalement, parce qu'il se veut "ramassé",laisse de la place à l'interprétation du lecteur

    Posté par Coumarine, 10 juin 2009 à 22:28
  • tout à fait d'accord avec toi, j'aime les textes courts et les nouvelles, j'aime les lire !

    Posté par wictoria, 10 juin 2009 à 23:36
  • Chapeau bas, pour cette reconnaissance officielle !

    J'ai aussi l'impression d'avoir des tranches d'horaire très réduites pour pouvoir faire ce que j'aime. Et c'est parfois bien gênant. Mais c'est aussi probablement parce qu'il n'y a pas d'abondance que nous vivons ces moments intensément.

    Belle journée, Coumarine !

    Posté par naline, 11 juin 2009 à 05:11
  • Je suis fière pour toi et moi...je connais donc un écrivain, je lui ai même parlé! Bonne journée Coum.

    Posté par mab, 11 juin 2009 à 06:56
  • Un écrivain, c'est aussi celui qui connait son style et qui travaille avec.
    C'est bien que tu emploies ce mot, que tu acceptes de te définir ainsi, parce que oui, Coum', c'est une évidence, tu es un écrivain !
    (oui, oui, on arrive aux 5 ans de nos blogs !!! ouh la la !!!)

    Posté par Miss Line, 11 juin 2009 à 08:41
  • Je suis heureuse pour toi de cette reconnaissance "officielle" !
    Les textes courts sont loin d'être les plus simples à écrire.... La concision, la précision, le fignolage, qu'ils nécessitent ne pardonnent aucun laisser-aller, aucune approximation.

    Posté par liaht, 11 juin 2009 à 09:06
  • Reconnaissance officielle

    Chère Coum, tu m'intrigues. J'ai quarante ans et plus de journalisme dans mes sandales, et je ne sais pas comment on reconnaît "officiellement" un écrivain. J'ai lu et analysé des centaines de livres, il suffisait que le nom apparaisse sur la couverture pour qu'il soit reconnu écrivain. Cela allait de soi. Tu as écrit deux livres et même s'ils sont courts, tu as ce titre (tant envié?) d'écrivain. Quelle reconnaissance officielle peut-elle en dire davantage. L'important n'est pas d'écrire des volumes, mais de publier un livre même très court. Je te donne ici l'avis de quelqu'un qui s'y est frottée, aux écrivains, et je me demande s'ils ont attendu mes "critiques" pour se considérer comme tels? Sûrement pas. Aie confiance en toi, ne donne pas l'impression que tu doutais de ce titre. Par contre, si tu avais reçu un "Prix" sans doute nous en aurais-tu parlé et je pourrais concevoir que tu en tires de la fierté. Marianne a reçu il y a quelques années, le Prix de la Communauté Française pour ses analyses de livres pour enfants. Cela lui a fait plaisir, sans plus. C'est en soi que l'on sent qu'on est ou non écrivain et, franchement, l'avis des autres importe peu. mais comme je suis une vieille dame atuellement en dehors du coup, je me dis que les choses ont sans doute changé et j'aimerais savoir ce qui a "officialisé" ce titre d'écrivain que tu mérites depuis ta première publication...et probablement bien avant, quand tu écrivais seulement pour toi.
    Je t'embrasse, chère Coum.

    Posté par Lorraine, 11 juin 2009 à 09:50
  • Chère Lorraine

    Je vais répondre à ton commentaire intéressant...et interpelant!
    Moi j'ai un très long temps de vie au foyer comme épouse et mère... et même si j'ai accompli œuvre humaine, en conduisant vers l'age adulte mes cinq enfants, en accompagnant mon homme sur les chemins parfois difficiles de sa vie professionnelle, ce que j'étais et accomplissait ne faisait en rien la conversation dans les diners amicaux ou coquetèles divers. On ne s'inquiétait jamais de moi
    Personne ne s'intéresse à ce que peut bien faire une femme au foyer mère de cinq enfants
    D'ailleurs, c'est simple, c'est bien connu, elle ne travaille pas, ne fait donc rien d'intéressant, sinon lessive, repassage, courses, préparation des repas, chauffeur des enfants, confidente et consolatrice des affligés
    9a se raconte pas ça (sinon aujourd'hui, dans les blogs, magnifique opportunité donnée aux femmes pour s'exprimer davantage

    Pendant toutes ces années, j'ai vécu dans le silence alors que je savais qu'il y avait en moi bien autre chose qui n'avait pas l'occasion de parvenir à maturité
    Quand j'ai commencé à animer des ateliers d'écriture (il y a dix ans...) je me suis mise à écrire des nouvelles. Comme j'ai eu des prix, j'ai commencé à croire que ce que j'écrivais pouvait intéresser
    J'ai mis à cette époque sur ma carte de visite, que j'étais écrivain. Mal m'en a pris, je me suis fait moquer par des gens bien intentionnés, me disant que c'était pas parce qu'on avait écrit une ou deux nouvelles qu'on était écrivain!
    Je suis restée avec cette "blessure", je crois...
    Il est plus difficile de puiser confiance en soi si à l'extérieur on n'y croit pas...

    Là c'est l'Association des Ecrivains Belges qui m'a envoyé une lettre pour me dire que après lecture de mes livres et délibération, les membres du bureau étaient heureux de m'annoncer que j'étais reconnu comme écrivain

    En fait je ne me sens pas "écrivain",ce terme mesemble pompeux, j'ai hésité à en parler ici.
    Je me sens simplement qqun qui aime écrire, et qui aime accompagner les autres sur le chemin de l'écriture
    Que cette "reconnaissance" m'arrive de l'extérieur me donnera sans doute des opportunités de pouvoir participer à des recueils collectifs
    Sur mon blog j'avais simplement envie d'annoncer ce qui est tout de même une petite joie pour moi...
    Voilà chère Lorraine un début de réponse à ton commentaire

    Posté par Coumarine, 11 juin 2009 à 10:49
  • On donne en fonction de ses engagements personnels et de leurs conséquences. Rien n'interdit de s'octroyer du temps pour soi, en amoureux, pour ses histoires etc... un gite rurale bien tranquille et hop le beau livre qui a tant mijoté sortira!

    Posté par marieswiss, 11 juin 2009 à 10:49
  • Quel bonheur d'être soi et écrivain ! C'est pourquoi, chère femme de lettres et chère maître, un petit troubadour, timidement, vous gratifie de mille tendresses,

    Posté par Jacques, 11 juin 2009 à 10:58
  • BRAVO!

    Félicitations pour ce titre! Mon cher maître vous le méritâtes bien!
    Mais félicitations aussi à la maman et à la grand-mère... des titres qui sont peut-être plus difficiles à obtenir et qui, de toutes façons, demandent certainement plus de patience et de constance! Construire une vie avec de l'amour est plus ardu que de fignoler un texte avec de l'encre!
    Amitiés.

    Posté par Papa de Lili, 11 juin 2009 à 11:37
  • À écrivain, dans mon dico je trouve deux définitions : celui dont le métier est d'écrire pour autrui (chouette ! Je fus écrivain une partie de ma vie sans le savoir...) - celui qui compose les ouvrages littéraires (mince, je ne suis plus un écrivain...)

    Concernant ce que tu dis comme mère au foyer, (et tu reviens assez régulièrement sur ce thème), on dirait que ce fut une entrave à ton existence... Une sorte de parenthèse avant de pouvoir commencer à être toi-même... Ce que tu en dis dans ta réponse à Lorraine sembles montrer que la mère de famille est vraiment une fonction particulièrement dévalorisante... C'est un peu triste !
    Quand je parle avec ma fille, bardée de diplômes de grandes écoles et promise à une belle réussite sociale ! (Enfin, aux yeux des imbéciles...), et qui a fait le choix d'être mère de famille de quatre enfants et probablement bientôt cinq et plus... Je la perçois parfaitement heureuse de ses choix, engagée dans la société, militante dans sa ville, et bavarde dans les cocktails...
    Disons que cela me gêne quelque peu de te voir plus ou moins généraliser le sort des mères de familles nombreuses qui seraient surtout des sortes de bagnardes ! ("Personne ne s'intéresse à ce que peut bien faire une femme au foyer mère de cinq enfants")

    Cela dit, je pense que le métier d'écrivain est un grand métier de solitude. Ce que j'ai pu lire à ce sujet, soit des confidences d'écrivains eux-mêmes, soit de leur entourage, c'est que le véritable écrivain est assez asocial... Enfermé dans son bureau et dans sa tête peuplée de ses personnages, il se montre bien peu disponible à son environnement humain...
    Par deux fois j'ai entendu Philippe Djian interviewé sur ce thème, disant toute l'admiration qu'il avait pour sa compagne qui arrivait quand même à « le supporter » à la fois présent et totalement ailleurs...

    Je pensais à moi-même (ego toujours prêt !), et à ma compagne qui sait qu'il ne faut absolument pas me déranger dans mon bureau lorsque j'écris... Qui parfois frappe à la porte, entrouvre, passe juste la tête et me transmet un ou deux messages à voix basse, comme si nous étions dans une église... Alors, cela me fait sourire, et j'interrompt de bonne grâce mon travail... Comme quoi, les femmes arrivent toujours à leurs fins !

    Posté par alainx, 11 juin 2009 à 11:43
  • J'aime bien le commentaire de Lorraine parce qu'elle dit toujours les choses au bon moment et de la bonne façon. Ceci dit, si tu es heureuse, moi, c'est surtout ça qui me fait plaisir car je n'ai jamais douté de ta passion et de ta vocation d'écrivain, si sensibles à la fois dans ton blog et quand on a suivi tes ateliers (et j'en ai fait quelques-uns).

    Maintenant, je suis très sévère envers les personnes (comme celle qui porta un jugement sur ta carte de visite) qui rabaissent méchamment et uniquement méchamment, pour le plaisir, juste pour atteindre là où ça fait mal.

    Et rassure-toi, cela vient de personnes snob (sine nobile o envieuses, qui, quelles que soient les circonstances, auraient trouvé quelque chose pour rabaisser l'autre. L'employée ne serait qu'une pauvre employée, le prof qu'un prof, le dirlo d'une école professionnelle qu'un dirlo d'école professionnelle et ainsi de suite... C'est une forme de racisme, dirais-je, puisque le but est de faire mal en tirant sur ce qui est le plus sensible.

    Je te connais depuis un petit nombre d'années déjà et pour moi tous les aspects de ta vie font un tout, je trouve ton choix (ou votre choix de couple) d'avoir cessé de travailler (parce qu'après tout, tu es quand même licenciée en philologie romane, faut-il le rappeler?) non seulement estimable, mais formidable. (J'aurais beaucoup aimé avoir plusieurs enfants et rester à la maison pour les éduquer, je trouve cela un rôle splendide, heu, tu le sais que je suis très classique o))

    Et je ne doute donc pas que tu arrives à sortir un roman, voire des romans, et encore des nouvelles, bref, "En route pour de nouvelles aventures" pourrait-on dire ...

    Posté par Pivoine, 11 juin 2009 à 12:26
  • court et serré ?
    Nespress*, what else ? (et là tu vois le sourire de Georges et tu souris aussi

    Posté par madame de K, 11 juin 2009 à 14:27
  • Ne sommes-nous pas tributaires du temps, chère Coum., encore plus que les hommes qui ont moins de casquettes à gérer, qui fonctionnent différemment que nous.
    J'ai parcouru le livre de Stephen King sur le métier d'écrivain, un peu vaniteux comme propos. Si tu n'as pas écrit tes heures, accompli ton devoir d'écriture, tu es mis au rang des amateurs. Cumuler des plages d'écriture, s'investir dans son blog, contenter ses lecteurs, être soi-même lecteur et être maman d'une famille nombreuse n'est pas facile à gérer. Et comme tu le dis si bien, comment re-plonger dans un texte que tu as laissé il y a 5 minutes quand il y a une urgence d'ordre familiale ? Pour l'instant, je dois faire un choix entre visiter les blogs, surfer et lire. Les deux me semblent impensables ! Comment trouver du temps ? Et sans pour cela me plaindre, j'étais plus organisée quand je travaillais part-time.
    Avec tout ça, je ne t'ai pas encore félicitée : quelle belle reconnaissance, Coum., une écrivaine reconnue, ça doit vachement rehausser, me semble-t-il ?
    Dis, tu ne me rassures pas avec toute ta margaille : grand-mère gâteaux, maman bobo, maman rassemblement barbecue, maman papote.....
    AÏE? Aïe, aïe, je ne suis pas encore sortie de l'auberge ! Et tu ne rajoutes pas faire les courses, les préparer pour les transformer en jolis plats mitonnés, faire l'entretien de la voiture, nettoyer la maison, sécher le linge...
    Bon, j'arrête, je vais faire une intox !

    Posté par Alessandra, 11 juin 2009 à 14:37
  • @Wictoria...moi aussi j'aime bcp lire (et écrire) des nouvelles. Mais dans les pays francophones, ce n'est pas très vendeur...

    @naline...puisque les tranches de "passion" sont réduites...en effet, vivons-les à fond!!

    @mab...bonne journée à toi aussi, à la prochaine revoyure...

    @Miss Line...ah oui! nous avons commencé le blog en même temps je crois, et nous sommes toujours là!! ce qui est rare quand même!
    On va fêter ça, hein!

    Posté par Coumarine, 11 juin 2009 à 14:50
  • @liaht...je suis 100% d'accord avec toi
    Contrairement à l'opinion publique qui s'imagine que la nouvelle est un roman au rabais, au contraire, la nouvelle est un genre exigent, pas facile à mener...

    @marieswiss...bienvenue sur ce blog...
    Oui je pars dans un endroit tranquille pour écrire sans être dérangée
    (j'ai répondu à ton commentaire sur mon billet précédent: je te fais confiance...)

    @Jacques, tu dis qqch d'important: être soi, rester soi-même tout en étant écrivain. Il y en a qui l'oublient...
    Tendresses à toi aussi...

    @Papa de lili
    tu écris:
    "Construire une vie avec de l'amour est plus ardu que de fignoler un texte avec de l'encre!"
    J'ai essayé de faire cela...c'est pourquoi j'ai dû opérer des choix, qui supposent un certain renoncement en effet

    Posté par Coumarine, 11 juin 2009 à 14:55
  • Après avoir lu les commentaires de Lorraine et d'Alainx, je me pose les questions suivantes :
    -le métier d'écrivain (a-t-on besoin d'être reconnu(e) par un système pour avoir confiance en soi ?)
    -le métier de maman ne frustre-t-il pas l'élan vers l'authenticité, vers aspirations personnelles et professionnelles.
    C'est complexe et à la fois très basique. Depuis la nuit des temps, les femmes procréent ! Dans les sociétés aborigènes, elles ne se posent pas de questions sur leur évolution psycho-émotionnelle en tant qu'être humain.
    N'est-t-on pas dans une société 'détournée', matraquée qui nous oblige presque à nous 'accomplir' pour être heureuse. D'être autre chose que maman.
    C'est une lutte constante, journalière pour moi et je comprends Coumarine.
    Oui, j'ai choisi d'avoir des enfants mais au fond de moi ils sont un frein...
    Dualité entre ces instants de 'rien', de vie, de souffle, de respir où je suis en symbiose avec eux, où je donne sans chercher midi à 14 heures et ce besoin inassouvi où je cherche autre chose, l'éternelle flamme qui me fait vibrer et que je trouve au-travers des mots que je transpose sur une feuille de papier.
    Quand je suis mise en quarantaine car vacances, examens des enfants, maladies infantiles, mon corps s'exprime et crie famine...d'expression, de créativité.
    Toutes les femmes n'agissent pas de cette façon et heureusement mais j'en connais beaucoup. Ne sommes-nous pas victimes de que nous avons tant recherché ? L'émancipation, la liberté ?!!!!

    Posté par Alessandra, 11 juin 2009 à 15:03
  • @Alain...
    Je crois qu'entre ta fille et moi, il y a des différences fondamentales
    - d'abord je suis d'une autre génération:la génération où les femmes croyaient que pour être de bonnes épouses et mères elles avaient à se "sacrifier", à se faire passer en second. Ta fille qui est jeune et "actuelle" voit les choses autrement (et c'est tant mieux!)

    - peut-être a-t-elle un mari qui la seconde authentiquement dans sa tâche...
    Mon mari pour gagner la croute de la famille, faisait des trajets de 100 km aller, 100km retour tous les jours: Le matin il partait tôt, le soir il rentrait tard. J'ai donc été fort seule pour assumer tout...il le fallait bien...

    - Je suis de type réservé, pas très bavarde...et comme j'avais l'imprssion de n'avoir pas grand chose à dire, je me taisais. Le seul domaine ds lequel je pouvais briller (les livres) n'intéressaient pas grand monde autour de moi

    - Ce qui ne m'a pas empêchée de m'engager dans une activité associative pendant de nombreuses années

    - enfin je n'ai pas "choisi" d'avoir cinq enfants. C'est la vie qui a décidé pour moi (j'ai raconté je crois en son temps des bribes assez douloureuses de cette histoire)
    C'est sans doute très différent que quand, comme ta fille, on décide librement du nombre de ses enfants

    Posté par Coumarine, 11 juin 2009 à 15:09
  • @pivoine...
    en efet j'ai une licence en philologie romane (sais pas si ce diplôme existe en France
    J'ai d'ailleurs enseigné pendant dix ans environ
    Puis en attendant ma 4ème fille (alors que je prenais la pilule!!) je suis tombée gravement malade (tuberculose)
    J'ai donc arrêté le travail d'enseignante, tout en gérant une grossesse pas attendue et une maladie pas attendue non plus, et les enfants petits et pleins de vie (mari travaillant au loin...)
    J'ai bien dû renoncer à l'écriture...le soir j'étais fourbue, c'était au jour le jour tenir le coup...simplement tenir le coup!
    Alors oui, je regrette de ne pas avoir pu commencer à écrire sérieusement plus tôt...
    J'aurais pu partir des jours en solitaire pour le faire: je ne l'ai pas fait, le sens du devoir a été le plus fort
    Merci pour ton commentaire

    Posté par Coumarine, 11 juin 2009 à 15:19
  • Les textes courts, c'est juste ce qu'il faut pour la dyslexique que je suis. c'est parfait. Ça ne fatigue pas, juste pour le plaisir quoi.

    Posté par Catherine, 11 juin 2009 à 15:24
  • @madame de K...oui court et serré
    Et le Georges dont tu parles, je suppose qu'il s'agit de G. F?
    En tout cas il sait se vendre...ce que je ne sais absolument pas faire...;-((

    @catherine...juste pour le plaisir...mais un plaisir exigeant: je travaille mes textes...

    Posté par Coumarine, 11 juin 2009 à 15:32
  • @Alessandra
    Parfois on dit qu'il n'y a qu'une fmme pour comprendre le vécu profond d'une autre femme
    Je rejoins ce que tu dis ici
    A la fois l'amour profond qui est le nôtre, celui d'une mère qi considère comme une priorité d'éléver ses enfants, en leur accordant le temps et l'espace pour qu'ils grandissent librement et dans l'amour
    Et en même temps la dimension "renoncement" à trouver le temps (un VRAI temps) pour sa créativité, sans être interrompue toutes les trois minutes..
    Comme faire passer ça sans avoir l'air de se plaindre, ou de faire passer le message que je fus une "bagnarde"...difficile, vraiment difficile
    Dieu sait si j'aime mes enfants...ça n'a rien à voir
    Mais comme je l'ai écris à Alain, je suis de la vieille génération, celle qui se sacrifiait

    Posté par Coumarine, 11 juin 2009 à 15:38
  • Ma belle soeur qui sculpte a mis sur sa carte de visite "sculpteur".
    Je me suis dit qu'elle se prenait pour...
    Elle en a une autre sur laquelle est écrit psy (machin).
    Moi je n'ai pas carte de visite.
    J'envie ceux qui sont sûrs d'eux.
    Moi je suis une fausse modeste mais depuis mon âge on m'a tellemnt appris que c'était mal de se vanter que je ne me vante pas du tout...de quoique ce soit.Bien que...

    Posté par charlotte, 11 juin 2009 à 16:10
  • @Cahrlotte, voilà c'est ça!
    Notre génération n'a pas appris la différence entre "se vanter", et parler simplement de ce que l'on fait, de qui l'on est
    Après tou, si je ne dis à personne que j'ai écrit des bouquins...qui les lira
    Tu sais que mon voisinage n'en sait rien du tout?
    Forcément, je suis connue dans ma rue et dans ma commune sous le nom de mon époux...
    C'est malin...!!

    Posté par Coumarine, 11 juin 2009 à 16:20
  • tu as tout à fait raison, Coumarine, d'être fière de cette reconnaissance qui t'ait faite
    et je suis contente que tu vives ce positif là

    mère au foyer ce n'est toujours pas facile, pas tant comme choix sur le moment, mais à vivre sur le durée (j'ai été mère au foyer durant 7 ans, et en plus que d'une seule enfant !!!)
    pourquoi c'est si difficile à "bien" vivre encore dans la société actuelle : tout d'abord parce qu'on n'a pas de revenu personnel, et donc pas de valorisation sociale
    on est "mère" ce qui n'est pas un statut, c'est juste une réalité
    ensuite parce que ce choix, fait à 2 en général (ou contraint par les problèmes économiques), aura des conséquences ultérieures sociétales dans l'avenir uniquement sur la femme (montant de retraite amputé), et va peser aussi sur l'avenir du couple ou de la femme s'il y a ensuite des difficultés sz couple et une réflexion de séparation (rester pour l'union, ou pour des raisons matérielles sont encore des questions d'actualité.....pour avoir été assistante sociale un certain nombre d'années, je l'ai constaté sur le terrain)

    sans parler de la reconnaissance de celles qui pour rester mères au foyer se mettent à s'occuper des enfants des autres comme "nounou" autrement dit "assistante maternelle", elles sont franchement dévalorisées dans ce qui n'est toujours pas reconnu comme un métier à part entière (

    Posté par Tisseuse, 11 juin 2009 à 16:25
  • @Tisseuse...oui tu évoques des réalités..bien réelles
    J'ai en effet une pension "amputée": dix ans de travail, c'est ridicule...
    De plus en tous cas de mon temps il n'y avait aucune considération sociale pour la femme au foyer..cela finissait pas peser au quotidien, et dans les moments de fatigue je m'identifias à cette femme qui ne "faisait" rien! que me renvoyait l'extérieur..
    Je sais j'aurais dû avoir plus de confiance en moi et en ma valeur
    Mais j'ai passé des moments difficiles qui ne m'ont pas aidé à ce niveau...

    Je ne savais pas que j'allais autant écrire de manière personnelle...

    Posté par Coumarine, 11 juin 2009 à 16:39
  • Je comprends ta blessure

    chère Coum, devant le dédain ou la moquerie de ceux qui t'ont jugée pare que tu avais mis "écrivain" sur ta carte de visite. C'était ton droit, et ce sont de petits esprits. Il est certain qu'être officiellement reconnue (maintenant je sais par qui et c'est très bien), te donnera plus d'assurance, plus de confiance en toi. Car c'est cela qui te manque, je crois. Tu écris admirablement, et tu doutes!...Probablement n'as-tu pas reçu en temps voulu les encouragements nécessaires; c'est vrai qu'après avoir élevé tes enfants, il n'était pas facile de creuser ton sillon, tel que tu l'entendais. Mais tu y es arrivée, tu as écrit des livres, tu diriges un atelier d'écriture, tu réponds dans ce blog à quantité de personnes qui t'aiment et attendent de toi des avis, des propos. Tu es un écrivain quotidien et lu. Je voudrais t'ôter ce sentiment d'inquiétude qu'on sent quelquefois dans tes propos. Or, tu es quelqu'un de remarquable, tu sembles ne pas le savoir. Ton besoin de reconnaissance est légitime, mais TU ES RECONNUE! Aie confiance en toi. Tu le mérites! Bises.

    Posté par Lorraine, 11 juin 2009 à 18:27
  • Oh !ça n'a pas changé!!! Je crois que c'est ma plus grande et ma plus difficile bataille.
    Encore la semaine dernière j'ai entendu:
    "Vous qui ne faite rien..."

    Posté par Catherine, 11 juin 2009 à 18:30
  • Bonne soirée !

    Je pense qu'un grand écrivain n'est pas forcément un bon écrivain, tout comme un chanteur n'est pas forcément une grande voix, un grand écrivain c'est celui vers qui on revient, parfois envers et contre tous parce qu'on y trouve ce qu'on cherche : du plaisir, du bonheur, une rencontre avec un auteur. Bien écrire n'est pas forcémentl'apanage des grands écrivains,mais dire, transcrire, inscrire, marquer, écrire, oui.
    Alphonse Karr ( sous les tilleuls) auteur à immense succès est aujourd'hui oublié. Stendhal ( le rouge et le noir), auteur sans aucun succès est passé à la postérité.
    Un grand écrivain pour moi, c'est celui qui parvient à toucher mon coeur, celui dont j'ai envie de lire les autres oeuvres, celui qui a su trouver les mots pour me faire aimer ce qu'il écrit.
    Tu n'as pas besoin d'être connu et reconnu pour être grand.
    Tu ne sais peut-être pas ce qu'est un grand auteur mais tu connais le bonheur d'écrire...
    Je voudrais te dire ceci :" hier encore, j'avais 20 ans, je m'amusais avec la vie, je croyais que que j' aurais tout mon temps, je ne savais pas que la vie nous filait entre les doigts aussi vite qu'une poignée de sable.
    Hier encore, j' avais 30 ans,j' occupais tout mon temps, les enfants, la maison, le mari, le travail....les journées passaient sans que j'ai eu le temps d'en profiter même un peu, c'était la course contre la montre.
    Hier encore, j'avais 40 ans, je n'ai pas eu le temps de voir grandir les enfants....le travail, les tracas de tous les jours...je cherchais un peu de répit mais....le ménage, les courses....que le temps passe vite...mais où m'emmène-t-il?
    Hier encore, j' avais 50 ans, les enfants partis chacun faire leur vie....maintenant grand-mère, j' essaie de ralentir pour déguster ce temps de privilège qui m'a été donné pour revivre un peu à ma manière, cette nouvelle vie...mais tjs le travail, la maison....je me fatigue plus rapidement car la vie me pousse parfois si vite que le matin rejoint le soir en temps d' le dire.
    Aujourd'hui, à 60 ans, je prends le temps de contempler la vie. Je me donne du temps même si je travaille encore. J' arrive à trouver du temps pour m'offrir des petits plaisirs. Je sais que c'est le moment présent le plus important, car demain reste tjs un incertain.
    Avec mon homme, on se parle du temps qu'on n'a pas vu passer, on se parle de nous sans trop regarder en arrière, puisque notre vie est là maintenant. J'ai appris à faire une pause....Cette petite chose que j'avais jadis oubliée.
    Que le temps est bon quand on le regarde, qu'on le touche, qu'on le caresse même s'il nous a fait vieillir, on ne peut s'en passer. Il nous prend la main et nous entraîne vers d'autres lendemains. Hier encore, j'ai eu 20 ans...
    Mais aujourd'hui, je sais que le temps est en sursis, que je dois vivre le temps qui m'est prêté. Alors, avant que ma vie se décompose et que mon temps se fane, j'adoucis mon regard sur qq chose....ma vie...hier encore, j'avais 20 ans, maintenant, je sais ce qu'est le temps.

    Posté par bernie.83, 11 juin 2009 à 18:31
  • Textes courts... A lire! Je parlais de ceux que j'aime lire Coumarine

    Posté par Catherine, 11 juin 2009 à 18:33
  • Félicitations, Madame Coume !

    Un atelier d'écriture dirigé par une PROFESSIONNELLE à Hurtebise (RECONNUE officiellement par le pays des Chicons)!!!
    Qu'est-ce que tu en dis, Tilleul ?
    Dis, alors, dis, tu nous apprendras à pondre une nouvelle le mois prochain à Hurtebise ?
    Maman : bobo à ma page blanche )))

    Posté par Filo Filo, 11 juin 2009 à 18:51
  • Pour les Français, les chicons = endives. Juste pour insister sur le fait que le Belge est bien souvent mal reconnu par ses compatriotes dans le domaine des arts. Ex. bien connu : J. Brel.

    Posté par Filo Filo, 11 juin 2009 à 18:58
  • C'est une chouette nouvelle pour toi, Coumarine. Même si comme mes prédécesseurs, il ne faisait déjà aucun doute pour moi que tu étais déjà une écrivaine avant cette reconnaissance tardive. Mais alléluia, elle est survenue, et pas en post mortem: génial, non? Ils sont bien snobs, ces messieurs du Clan des Ecrivains Belges!
    Une vie de femme est remplie de toutes les choses obligatoires empêchant le "superflu" de s'exprimer. Des guillemets pour indiquer que le "superflu" ne l'est qu'au regard de ceux qui ont le temps de ne se consacrer qu'à eux-mêmes.
    Tu as construit de belles choses, tu as accompagné et projeté dans le monde des êtres humains issus de toi: quelle plus belle création?
    Je t'envoie une brassée de fleurs, avec un mot de félicitations...

    Posté par Med'celine, 11 juin 2009 à 19:29
  • Je comprends bien ton ressenti... Mais la nature humaine est étrange... J'ai été obligée de travailler (salaire nécessaire) alors que j'aurais tant voulu rester avec mes enfants à la maison (j'avais la chance d'être dans l'enseignement, donc j'avais les congés en même temps que mes fils, c'était déjà ça!)Aujourd'hui encore, les mères au foyer ne sont pas considérées comme elles le méritent... Ma belle-fille (trois enfants) est vexée quand une copine lui dit "oh,... je n'ai pas le temps! Je travaille moi!"
    Félicitations pour ton "titre" bien mérité!

    Posté par tilleul, 11 juin 2009 à 20:22
  • Écrivain-grand-mère ou grand-mère-écrivain ?
    Il me semble percevoir, du peu que je connais de toi, que tu donnes priorité à ta famille, que tu vis de sentiments et de partage tout autant que de mots. Sans doute est-ce à cause de tout cet amour que l'on sent en toi que tu écris des textes si denses et qui tapent en plein cœur. Je pense à ton précédent message, un petit délice.

    Posté par incertaine, 11 juin 2009 à 20:31
  • Pour Filo... Du coup, nous, les "inscrites" on monte en grade aussi?! Etre dirigée par une professionnelle RECONNUE!...
    Bisous Coum!

    Posté par tilleul, 11 juin 2009 à 20:31
  • Je prends plaisir à rajouter ma fleur à ce bouquet de compliments! Tu les mérites amplement, Coumarine, le bouquet et le titre.
    Dorénavant, dans les cocktails, je dirai " Coumarine, ma blogamie écrivaine, me disait l'autre jour..." )

    Posté par fabeli, 11 juin 2009 à 21:19
  • @Lorraine... touchée au coeur par ton commentaire
    Un mot un seul: MERCI et un autre: MERCI

    @Catherine...et bien voilà...ça n'a pas changé? ça alors!!

    @bernie... oui vivre le moment présent, que l'on ait 20,30 ou 60 ans...merci comme toujours pour ton passage ici

    @Catherine...ah! OK, j'ai pigé!!

    @Filo...non on n'écrira pas une nouvelle...ce sera plus un partage par l'écriture qu'un véritable atelier...faudra venir à un autre atelier où l'on ne fera que ça: écrire. Ici il y aura plein de choses intéressantes!!! On aura de quoi partager...

    Posté par Coumarine, 11 juin 2009 à 22:39
  • @Céline... tu sais comme je l'ai expliqué, il n'y a pas si longtemps que j'écris de manière régulière...
    Mes bouquins datent de l'année dernière seulement...
    Merci pour ton bouquet de fleurs qui me font très plaisir...

    @tilleul.. oui quand on est OBLIGEE de travailler, c'est encore bien différent
    Et c'est significatif ce que tu racontes au sujet de ta belle-fille

    @incertaine...je donne priorité à l'amour partout et toujours
    Dans ma famille, mais aussi ici dans ce blog...je crois que tu as bien compris ça, merci!

    @tilleul et filo...chuuuuuut une professionnelle, n,on mais des fois, ça me fait penser à une autre activité, plus physique celle-là (rires)

    Posté par Coumarine, 11 juin 2009 à 22:45
  • oups Fabeli...j'ai failli t'oublier...
    j'aime ton bouquet... il me fait plaisir...
    Je t'embrasse

    Posté par Coumarine, 11 juin 2009 à 22:46
  • Hello,

    C'est pas tous les jours que je converse avec une célébrité, qui, plus est jongle avec diverses casquettes.

    Felicitations.

    Préviens-nous quand tu fais la couverture de Voici

    Bonne soirée et bon travail

    Posté par fanfanc26, 11 juin 2009 à 22:50
  • fanfan... pfffffffff une célébrité!!!
    la couverture de Voici!!!!
    (bonne soirée à toi... ou plut^to bonne nuit)

    Posté par Coumarine, 11 juin 2009 à 23:35
  • bravo !

    C'est formidable ce qui se passe sur votre blog , Coumarine . C'est avec beaucoup d'émotions que j'ai lu votre billet et les commentaires qui s'y rapportent .

    Que vous dire ? Que tout m'enchante , parce que j'y vois comme un aboutissement d'un combat , ou pour être plus soft d'une cause "juste" : la libération de la femme et sa valorisation dans la société , qu'elle soit femme au foyer ou à l'extérieur.

    Vous avez lu mon commentaire à ce sujet chez Alainx et je vous remercie de votre commentaire en réaction .

    ..

    J'ai une grande admiration pour les femmes qui ont un passé de mères au foyer , soumises, silencieuses, aidantes, veillant au bien-être des leurs , jusqu'à s'oublier elles-même.

    ( figurez vous que je les envie même maintenant )

    C'est l'image que je retiens de beaucoup de femmes de la génération des années d'après-guerre jusqu'à , disons 1965... . J'y voyais un sens du devoir et du sacrifice énormes qu'il m'était impossible d'accepter .
    .
    Mais cela a payé ce que vous avez fait , toutes les femmes de l'ombre du foyer .

    Regardez où sont les femmes aujourd'hui ? Et votre reconnaissance en tant qu'écrivain belge est une exemple , une belle victoire . Félicitations !

    Vous avez choisi la voie pacifique et êtes restée "mère" avant tout . Maintenant vous avez un autre pan de votre personnalité qui est mis à l'honneur ... C'est super .
    .

    Je pense que je n'aurais jamais été capable de "servir" dans l'ombre comme vous l'avez fait .

    Parce que très jeune déjà , j'ai ressenti qu'il fallait que je me libère de la dépendance masculine . De la domination , osons dire le mot . Qu'il fallait que j'assume mon autonomie financière . C'était une priorité absolue pour moi . Ne pas dépendre , surtout pas ...

    J'avais vu trop de femmes blessées que ce soit dans ma famille ou ailleurs que pour me "soumettre" . Je suis devenue rebelle , je suis partie en "guerre" contre ....

    A chacun son histoire , bien sûr .

    J'ai donc pris l'autre voie . Plus combative, plus masculine aussi . Celle de la reconnaissance de ma libération "extérieure"

    . Et comment y arriver ? Pas en étant mère au foyer à part entière ( ça c'était pas reconnu ) ! Alors, j'ai travaillé , travaillé ...parce qu'il faut travailler double pour arriver dans un monde d'hommes ( je vous parle des années 80 quand j'ai démarré )

    Je me suis fait ma place . .J'ai senti le respect s'installer d'une part . Mais d'autre part ,grand MAIS , j'ai "sacrifié" le féminin en moi ainsi que ma vie de famille . Je ressentais ma famille comme un poids à une époque . Il m'arrivait souvent de penser , seule, que ma fille était un boulet à mes pieds , une lourde responsabilité ... ( et pourtant je l'aimais du fond du coeur, croyez moi - c'est un paradoxe terrible )

    Et j'ai payé le prix de tout cela : divorce, famille disloquée, fille en perte de repères "féminins" , ballotée entre son père et moi ( deux actifs à temps plein ! ) Résultat : elle ne connaît que la voie du combat "extérieur" pour être reconnue et nous méprise tant son père que moi et ne veut plus nous voir ).

    J'ai eu le temps de réfléchir , ayant eu des problèmes de santé sérieux et de tenter un rapprochement avec ma fille .

    Impossible , elle reproduit mon schéma...mais en plus fort encore ...puisqu'elle va jusqu'à mépriser sa mère - l'image de la femme en elle donc ( mais qui est une image masculine pour elle vu mes activités ) .

    Et là, je peux vous dire que quelque chose a fait tilt en moi !

    Alors il m'a fallu reconstruire ...tout doucement , tout doucement ..cette féminité que j'avais occulté , recontacté cette douceur naturelle que toute femme a en elle .

    Je sais que ma fille reviendra quand elle sera prête .

    Par choix ....pas par obligation , sens du devoir , ou culpabilité . Par choix libre .

    Entre-temps, je paie le prix de mes choix "guerriers" . Depuis peu , je l'accepte avec une plus grande sérénité .

    . Parce qu'il me fallait passer par là pour ....comprendre ! Que c'était mon destin . Que chacun et chacune de nous d'une certaine manière a dû sacrifier quelque chose ., pour que notre monde devienne petit à petit le miroir de nos idéaux humanistes .

    Je suis en chemin . Tout n'est pas parfait , loin s'en faut .

    Alors vous comprenez , c'est avec beaucoup de passion que je lis tout ce qui s'écrit ici .

    Il est temps que s'arrête le clivage entre les uns et les autres, pour toutes les causes d'ailleurs ..

    Et que chacun reprenne le rôle qui lui revient ...et qui lui convient surtout .

    Il y a place pour chacun de nous , hommes , femmes, enfants, de toutes les couleurs ....

    Posté par julie, 12 juin 2009 à 10:16
  • Nom d'une pipe ...dans mes élans passionnés ...j'ai oublié de vous dire " N'oubliez pas de dire à vos voisins que vous êtes ECRIVAINE ( je m'amuse ...j'aime mettre le mot au féminin ....j'ai tant manqué cette féminité que je la mettrais à toutes les sauces ( sourire !)

    Oui, oser être qui vous êtes , et oser le dire

    C'est pas de l'égocentrisme , c'est pas de l'égoïsme ...c'est se RECONNAITRE à sa juste valeur ( de valoriser , vous voyez ce que je veux dire - bon sang, là ..je m'amuse avec les mots ) .

    Bon , allez je m'en vais mais j'me sentais bien chez vous .
    Bonne journée et beau week-end .

    Posté par julie, 12 juin 2009 à 10:29
  • Je te rejoins totalement, Coumarine et la réponse que tu as adressée à Alainx me touche encore plus.
    Suis-je de la nouvelle ou de l'ancienne génération.
    Ma mère ne s'est absolument pas 'sacrifiée' pour m'éduquer (elle a travaillé, assumé des postes importants, elle a prôné mai 6.
    Et elle a 80 ans maintenant !
    Moi, l'enfant fin soixante-huitarde, nouveau cru pourtant, n'a jamais su scinder son rôle de parent et celui d'obligations professionnelles.
    Je continue à me sacrifier, n'arrive pas à mettre 'mes enfants' entre parenthèse et même au bout du monde, c'est d'abord leur bonheur qui compte.
    J'ai un mari qui rentre tous les jours à 19H30 et n'ai pas vraiment le choix !
    Pourquoi suis-je ainsi ? Car j'ai des blessures à vie, parfois inconscientes, et qui voient leur origine dans mon enfance où ma mère assumait son 'irresponsabilité' de mère à coup de règlement libertin où il n'y avait pas de limites. Abat les règles vive l'esprit de bohème !
    Mère imparfaite, je le suis aussi mais j'essaye de 'réparer' auprès de mes enfants. Imposer des limites, leur donner ces câlins nécessaires, ces 'règles' pour bien grandir. Je prône l'enfant intérieur, le jeux tout en implorant leur respect. Ambivalence constante que je travaille au quotidien.
    Viscéral certainement même si je n'ai pas choisi cette vie. Je ne pensais pas avoir des enfants mais le destin en a decidé autrement (rien à voir avec la contraception).
    Et j'ai l'impression que je ne suis qu'une moitié de femme, inaccomplie dans mon rôle de maman et inaccomplie dans mes aspirations personnelles...
    Mais j'y travaille, j'ai espoir...
    Merci à toi d'être là dans ta tempérance !

    Posté par Alessandra, 12 juin 2009 à 13:45
  • @julie...
    d'abord bienvenue ici...
    je suis chaque fois étonnée et, faut-il le dire, profondément reconnaissante de voir que sur ce modeste blog, on vient déposer des mots si personnels
    Des mots d'une quête personnelle douloureuse en même temps que teintée d'espérance...
    Venant de toi, une inconnue, arrivée au hasard des clics (hasard? vraiment?) cela me fait chaud au coeur
    Quelle confiance!
    Et en même temps, je me dis que nous avons tous besoin de ces "endroits" où la parole sincère peut se libérer certitude d'être écouté(e), compris(e)
    J'ai souvent dis que j'avais de la chance: la chance d'avoir des lecteurs qui chaque fois donnent des commentaires qui mènent le débat...loin...et vrai...
    Merci pour tes mots...merci

    Posté par Coumarine, 12 juin 2009 à 15:09
  • @alessandra...
    je te connais toi, je peux mettre un visage sur ton nom
    Et pourtant toi aussi je remercie d'oser donner en commentaire des mots qui te mettent en cause, qui cherchent...sans se croire tributaires d'une vérité intangible
    Notre passé est ce qu'il est et nous aujourd'hui on fait avec
    Souvent le mieux qu'on peut, et ce n'est pas si mal de ça, non?
    Je t'embrasse

    Posté par Coumarine, 12 juin 2009 à 15:11
  • Enfin

    Rentrant de Sardaigne, deux bonnes nouvelles, tu es membre de l'A.E.B.Ta patience est récompensée.
    France Bastia est trop occupée, cela aurait pu aller plus vite. Mais on est écrivain avant d'entrer, ce n'est pas l'entrée qui te fait écrivaine.
    La deuxième bonne nouvelle est pour moi. La chambre noire du calligraphe a paru. J'espère que ça va marcher...

    Posté par Jean Botquin, 23 juin 2009 à 23:31
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