28 mai 2009
Quand on a une "sale tête"...
Comme je pars quelques jours pour préparer la lecture-spectacle que je mets sur pied pour début juillet, je fais vite quelques courses pour remplir le frigidaire
Le mari a faim, même quand je ne suis pas là!
Je me dépêche: faire les courses est pour moi LA corvée obligatoire, vite fait et espérons-le bien fait (parfois c'est mal fait, quand j'ai oublié deux ou trois choses indispensables, aie aie aie, là ça m'énerve alors!)
Dans une allée de ce lieu où beaucoup de monde pressé circule en solitaire, précédé de son indispensable chariot, je crois reconnaître une des anciennes participantes à mes ateliers d'écriture.
Ancienne parce qu'elle ne vient plus.
Et pourquoi ne vient-elle plus?
Parce que la dernière fois, disons que cela ne s'était pas très bien passé...
Et pourtant je l'aimais bien
Et pourtant elle m'aimait bien
Et pourtant je l'appréciais comme personne et aussi comme écrivante
Pour tout dire, elle était une de mes meilleures "élèves"
Mais elle ne le croyait pas... ah! toujours les doutes, le manque de confiance en soi...qui finalement a tout fait foirer!
Je la vois donc, ou crois la voir... mais je ne suis pas sûre que c'est elle, elle a changé
Évidemment, je ne m'arrête pas sous son nez pour vérifier si c'est elle ou pas
Je continue mon chemin, le cœur un peu battant et pestant sur moi-même
Parce que... j'aurais bien aimé lui parler
Lui dire que je la regrette, que je ne lui en veux pas, que c'est simplement chouette de la rencontrer, comme ça, par hasard, aujourd'hui, dans ce super marché! Et lui demander comment elle va...et si elle a continué d'écrire...
Je ne l'ai pas fait
Je n'ai pas osé
Pas parce que j'avais peur d'elle, de sa réaction, je sais qu'un sourire arrange beaucoup de choses, et je suis une souriante...enfin, la plupart du temps...
Je ne l'ai pas fait, parce que j'ai eu peur de moi
Ben oui! Peur de moi...
Je me trouvais une sale tête
Une nuit très (trop) courte (passée à achever la lecture d'un livre dont je vous parlerai la semaine prochaine), la fatigue, aucun maquillage... les cheveux mal coiffés, une sale tête je vous dis,
Je ne me sentais pas au mieux de ma forme
Je ne me sentais pas en forme du tout
Et je n'ai pas osé l'affronter, j'ai fui, vite vite en dehors du magasin ouf elle ne m'a pas vue!
Le souci de mon apparence a été plus important que la chance de reprendre contact avec cette personne que j'appréciais
C'est un peu stupide
C'est même très stupide...
27 mai 2009
Coquelicot ou papillon
Elle est assise sur son banc d’écolière. Mais elle n’est pas vraiment là, dans cette classe de petites filles en chaussettes blanches et jupes bleues sagement plissées, sagement rangées dans les bancs attentifs. Elle ne regarde ni l’institutrice qui s’emberlificote là devant dans des explications embrouillées, ni le tableau sur lequel des hiéroglyphes illisibles sont venus s’inscrire, ni ses voisines de classe qui se chuchotent des petites confidences de filles.
Elle fixe avec attention le labyrinthe prudent de l’unique fil vert égaré dans son pull marin bleu foncé, tente d’en déchiffrer le code secret.
Elle danse avec les feuilles légères de l’arbre qui se dandine là dehors, au gré du vent, au gré du temps.
Elle caracole avec le papillon blanc entré par mégarde dans la classe alourdie de soleil, alourdie de sommeil.
Elle médite sur la beauté qui surgit comme ça de la grisaille, en surprenant la naissance rouge d’un coquelicot entre deux pierres de la cour de récréation.
Elle dessine à l’infini dans les marges d’un cahier trop sage, des dessins qui s’allongent aux dimensions de fresques grandioses.
Elle batifole dans les méandres de son imaginaire au départ des calculs inscrits sur le tableau noir et qui deviennent figures insolites, traits de calligraphie, formules magiques qui lui permettent d’entrer dans des lieux fabuleux.
Mais à chaque fois il y a une voix qui surgit de la discipline pour la rappeler à l’ordre : « Tu es encore une fois dans la lune ? Ne reste pas là à ne rien faire… »
C’est bizarre, parce que dans ces moments-là, elle n’a pas du tout l’impression de ne rien faire, mais au contraire de vivre au maximum, tous ses sens en alerte, toutes les antennes de sa vie en vibration pour guetter l’infime et le grandiose, l’imperceptible et l’inaudible. Et surtout l’envers des choses, ce qui échappe au tamis des idées logiques et réfléchies. Elle a tout appris dans ces moments d’ardeur. A ce point rassemblée au centre d’elle-même ou en exploration aux quatre coins de ses mondes secrets, elle y a reçu plus d’une révélation, plus d’une intuition essentielle.
Les livres scolaires lui ont juste appris que deux et deux font quatre. Et que Paris est la capitale de la France. Et que le temps suspend son vol. Et que rosa rosa rosae rosae rosam rosa. Et que she is a girl...
Extrait de L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers de Nicole Versailles (Coumarine of course), p. 88
Je pensais ce matin que l'école...je n'aimais pas... je ne faisais que le minimum requis pour passer de classe, à l'école comme à l'université d'ailleurs. Je m'en suis sortie an étudiant très peu.
Les cours me semblaient fastidieux, et parfois même d'un ennui mortel.
Je me réfugiais dans les livres, qui m'ont bien plus appris à tous points de vue que les cours à l'école.
Du moins ils m'ont appris ce qui m'intéressait vraiment: l'humain, les sentiments, la curiosité pour les petites choses, celles qui font naître de petites paroles inutiles (pas pour rien que j'ai choisi ce titre à mon blog...ce ne fut pas réfléchi, ce fut spontané...mais cela en dit long, je crois)
Aujourd'hui je reste à l'affut et à l'écoute, curieuse du tout et du rien, du petit quelque chose qui parfois se cache profond dans les yeux de l'autre, dans les pages oubliées d'un livre et même du Net, dans la musique du vent, dans le bonheur inattendu de l'instant.
J'aime découvrir par moi-même, marcher à mon rythme, parfois rapide, parfois lent, dans les couloirs d'un musée, d'une expo, je peux rester longtemps à rêver dans la salle de cinéma en écoutant les derniers accords de la musique, après un film qui m'a parlé...
J'aime savourer les pages d'un livre qui me passionne, revenir en arrière autant de fois qu'il le faut...
J'ai beaucoup appris par moi-même, coudre par exemple, confectionner les vêtements de mes enfants, me débrouiller avec le traitement de texte
Et les cours que j'ai suivis (avec passion), et les cours que j'ai donnés (avec passion), je les ai choisis... parce que je les voulais.
23 mai 2009
Petites culottes inutiles
Une de ces requêtes étranges demandées à Monsieur Gogol (qui comme chacun sait et comme je l'ai écrit dans mon livre) est un vilain coco, a abouti hier dans mon blog si saaaaaaage, si sérieuxxxxxxxx
Quelqu'un cherchait "petites culottes inutiles" et est arrivé dans mon chez moi... tu te rends compte les zamis?
Tu vois comment et pourquoi "on" arrive chez moi???? Non mais tu te rends compte???
Je me suis penchée sur la question des culottes inutiles et me suis posé une question vachement existentielle...ben oui! quand je m'y mets, c'est du solide ;-))

Les p'tites culottes ne seraient-elles pas toujours inutiles?
Non parce que finalement comme il faut en changer chaque jour (comment? toi là dans le fond, tu ne le fais qu'une fois par semaine? ben dis donc... il te faut ...une gomme ...très performante alors... non?), ça serait plus simple de ne pas en mettre... et d'aller comme ça, jupe au vent, derrière à l'air, en sifflotant un petit air inutile et décontracté...
L'air de rien...
L'air de ne pas y toucher...
Oui mais les strings me direz-vous... sont pas si inutiles que ça non? Ils mettent les affaires en valeur, non?
Ah oui ça! les jolies fesses lisses et rondes, doucement soulignées par un fin bandeau de dentelle spécialement étudié pour ne jamais être souillé.. qui se rétrécit au fil des lavages... pour lequel la gomme est parfaitement inefficace...
Pardon?
Comment?
Vous voulez que je me relise?
Que je reconnaisse que j'écris n'importe quoi?
Et que je gomme au plus vite ce billet inutile?
euh....
21 mai 2009
Déception
Et voilà: j'en ai la confirmation
Je ne suis pas retenue pour participer à la Résidence d'auteurs...
7 élus en tout... dont deux Français du Nord, un Luxembourgeois, et quatre Belges...
Pas assez pour contenter les nombreux candidats, évidemment!
Je vous jure que je me défendais d'avoir des attentes, ne voulant pas être déçue
Je me disais et me répétais que je n'avais aucune chance, que d'autres ...et que... et que...
J'ai reçu le mail ce midi, et une houle de déception m'a secouée!
Ça alors...
J'avais donc gardé, bien caché dans un coin de ma tête un tout petit espoir?
Un petit espoir de rien du tout, qui prenait grand soin de ne pas faire surface, de ne pas m'agiter de petits soubresauts ridicules...
Les déceptions, j'en ai un peu marre...
Je trouve que ça commence à bien faire
J'avais l'impression que je "méritais" cette chance, offerte à des auteurs pas très médiatisés, pas très connus, surtout parce que je n'ai pas eu beaucoup l'opportunité, ni d'écrire comme je l'aurais voulu, ni forcément de publier en son temps, càd au temps où j'aurais pu être une auteure branchée, jeune, jolie, douée et toussekifô
Actuellement, faut bien reconnaître, je ne suis plus rien de tout ça
Ni branchée, ni jeune, ni jolie... ni sans doute douée...et encore moins toussekifô! enfin, c'est ce que je pense en cet instant précis, enfoncée que je suis dans des doutes pas possibles!
Je sais qu'un membre du jury au moins a voté pour moi, il me l'a écrit... ouf! j'ai pas tout à fait la honte
Les autres je ne sais pas...
De toutes façons je n'ai contacté personne, je ne suis pas du genre à me rappeler au bon souvenir des membres du jury, comme par hasard quelques jours avant la date fatidique de la fin des candidatures.
Je ne dis pas que les quatre élus ont fait ça...
Je ne dis rien.
Moi en tout cas, je ne l'ai pas fait
Sans doute je ne sais pas me vendre
Je ne fréquente pas le milieu
Pas assez.. ça c'est évident, mais... pas envie... ça ne m'intéresse pas...
Deux de mes amis écrivains dont j'ai parlé ici et ici...n'ont pas été retenus non plus et sont sans doute déçus comme moi...
Une troisième personne, je la connais bien... pas retenue non plus..
Alors je me suis dit que j'allais leur proposer de faire Résidence d'auteurs entre nous
On se trouverait un chouette petit hôtel dans les Ardennes
On travaillerait, on partagerait, on discuterait, on s'encouragerait...on ferait des ballades, on rirait aussi
Peut-être pas aussi longtemps que les trois semaines de la Résidence tous frais payés, en Aout, dans un cadre idyllique
Mais une petite semaine, comme ça ...
zut de zut
ça serait chouette aussi
Et vous là!... les Français de pas trop loin, qui aimez écrire... vous vous joindriez à nous?
Bon je rêve sans doute
M'en vais retourner chez les moines à Orval
J'y travaille bien aussi... dans le calme et la solitude
20 mai 2009
Sur le quai du métro bruxellois
Photo Coumarine
Depuis un mois le métro bruxellois est en plein changement (entendez...en pleine pagaille)
Changement d'horaires, de direction, on croit aller vers le nord, on va vers l'est, il faut vraiment s'accrocher si on ne prend pas le métro régulièrement
C'est mon cas...
C'est aussi le cas de mon mari
Ce matin il prend le métro, oublie que tout est chamboulé, et se retrouve ailleurs que là où il pensait se rendre.
La rame de métro n'avait pas sa direction correctement affichée sur son front, comme tout wagon de tête bien éduqué!
Sur le quai, d'autres "perdus", d'autres égarés... d'autres questionneurs. laissés pour compte... où, quand, comment... que se passe-t-il? et pourquoi? etc
Et tout un petit groupe s'est mis à discuter, à papoter, à se donner des conseils, des info...parfois contradictoires, mais là n'était pas la question!
Tout un petit monde, en général engoncé dans des silences maussades, se prenait à se sourire, à s'aider, à échanger...
Les costumés-cravatés, les madames bon chic bon genre, les madames bon chic clinquant, les djeuns à casquette, les filles à nombril découvert, un ou deux noirs, deux ou trois arabes, des femmes à cabas, des mères à poussettes, des femmes à voile... bref la faune et la flore qui d'habitude s'ignore royalement
Et bien, cela faisait comme une atmosphère de fête sur ce quai en attente du BON métro, à la BONNE heure...
Comme quoi...
18 mai 2009
Quand on remonte mes archives
Hier je reçois un mail qui me dit ceci:
m'ame Coum,
Je suis en train de me balader dans vos posts des
années 2005, ceci pour que vous ne vous étonniez pas de ma présence
signalée sans doute par les statistiques. Je suis bien en train de vous
lire et de passer par des moments d'émotion assez forte, en trouvant
des commentaires, des liens, et vos mots qui me "disent" tant..
Je vais aussitôt consulter mes stats...et je vois en effet que quelqu'un va sur chaque billet de l'année 2005
Quand je consulte mes stats... il n'est pas rare que je vois des internautes qui s'attardent longuement sur des mois et des mois de Petites Paroles...
Pendant longtemps, cela m'a réellement fait peur... comme si pesait sur moi une espèce de menace du genre qu'on allait se "servir" de mes mots pour me nuire, menace d'autant plus inquiétante que mon nom civil s'affiche sur le côté de mon blog... Certains ont vu leur réputation salie pour détournement de blog, pour plagiat...ou autres joyeusetés!
J'ai dû moi-même affronter (rarement, mais ça m'est arrivé) ce genre de problème...
Aussi quand je vois quelqu'un qui s'attarde ailleurs que sur mon billet du jour, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter u peu.
Bien sûr, je pourrais simplement me dire que si quelqu'un prend la peine de me lire longuement, c'est qu'il ou elle est touché(e) ou intéressé(e) par mes mots: c'est ce qu'ont fait des blogueurs qui sont devenus des fidèles.
Alors quand la personne qui me lit ainsi, prend la peine de m'avertir, je suis soulagée...ça n'a l'air de rien comme ça, mais j'y suis très sensible...
Même si je sais que le fait de déposer des mots dans un endroit public, les lance en dehors de moi, et que j'en perds le contrôle, définitivement...
Photo Coumarine
Edit 19h07
Par je ne sais quel phénomène dont je ne suis pas responsable...mes visites dans vos blogs ne s'affichent pas dans vos statistiques. Je suis invisible, sans avoir rien fait pour ça...
Plusieurs d'entre vous m'en ont déjà fait la remarque (le reproche)
Je viens régulièrement lire mes blogamis, mais vous ne le voyez pas: je sais pas pourquoi... et vous croyez que je me désintéresse de vous, de vos blogs...il n'en est rien!
Je ne sais pas pourquoi c'est comme ça...je n'ai fait aucune manoeuvre pour qu'il en soit ainsi!
16 mai 2009
Entre moi et Moi
Je suis tombée ce matin, dans la librairie de mon quartier, sur un petit livre qui n’a l’air de rien comme ça, mais qui ouvert au hasard, m'a donné de petits chocs.
Comme si les mots que j’y lisais, me donnaient accès à une part profonde et importante de moi-même
Une part que je connais pour l’approcher bien souvent, pour y pénétrer dans mes moments de grâce, mais que je laisse trop souvent dormir sans m’en occuper, sans m’en préoccuper.
Ce petit livre s’appelle Avec l’Intime et son auteur est un auteur belge connu surtout pour ses romans pour la jeunesse
Il s'agit de Frank Andriat.
Dans ce livre, ce qu’il dit de l’Intime me fait penser à ce qu’a souvent écrit Alain sur cette part cachée, précieuse et parfois inaccessible de soi-même
Part inaccessible parce qu’on ne lui ouvre pas les portes, par ignorance, par insouciance, par négligence, par légèreté, à cause des mille et unes choses plus importantes à faire dans l'instant.
Je sais que parfois je suis très « en moi », mais pas de manière simple et paisible Je suis alors dans un moi qui me déchire par ses exigences égocentrées, qui me harcèle par ses préoccupations nerveuses, par ses peurs si familières et si souvent hors de propos.
Quand je suis dans cette part inquiète de moi, je suis dans le marasme, dans l’agitation, dans mon plus sombre côté, amputé du moindre coin de lumière, je suis empêtrée dans mon coin paralysé, mon coin à toiles d’araignées
Alors je le fuis, de toutes mes forces, et je vais « dehors » mais je me perds un peu plus, l’agitation et les peurs changent simplement de cible, et se noient dans le bruit et le superficiel.
Je recommence...
Parfois je n’ai pas le courage de descendre dans mon Intime, qui est mon lieu de liberté, parce que évidemment cette liberté m’effraie par son exigence. Qui n'est qu'une exigence de vérité
Et si mon Intime allait me murmurer doucement de ces choses que je n’ai pas trop envie d’entendre, parce qu’elles vont me bousculer, m’obliger à réfléchir au sens de ce que je fais (de ce que je suis ?)
Je m'y entends pour faire comme si de rien n’était…
Pour reporter à demain le contact avec cette part de moi-même, ne pas lui consacrer le temps qu’il faudrait pour l’apprivoiser.
Il a fallu tant de temps pour apprivoiser un seule fleur, un seul renard…
Je suis bien plus qu’une fleur, qu’un renard
Pourquoi est-ce que je mets si souvent de côté cette part si précieuse de moi-même ?
Quand le flux s’essouffle, il n’y a plus qu’une miniature de vie, qui vient buter contre les murs que j'élève entre moi et Moi. Entre le moi qui souffle et s’essouffle dans ses peurs et ses paralysies, et le Moi qui ne peut que grandir quand je lui permets d’exister...
13 mai 2009
Moi, personne ne m'influence...!
Hier déjeuner au restaurant avec une amie.
C'est bon de se retrouver, on papote... on a tant de choses à se dire... ces moments sont rares et d'autant plus précieux!
A la table à côté de la nôtre, un couple semble discuter de manière assez véhémente.
Enfin...c'est lui qui parle (qui impose sa parole), elle qui écoute (qui subit cette parole)
Il dit et répète le même refrain:
Moi, je ne me laisse pas influencer! Par personne! Personne! Personne ne m'influence!
Il accentue chacun de ces mots comme pour s'en convaincre lui-même.
Je le regarde alors qu'il redit sa chanson répétitive: son visage est catégorique,têtu, fermé, sans aucune ouverture en effet sur un extérieur qui pourrait lui apporter quelque chose de nouveau, une autre approche des choses, une richesse venue de quelqu'un d'autre
Moi, disait-il encore et encore, je ne me laisse influencer par personne!
Sa compagne le regardait, sans le regarder vraiment: elle a dû entendre ses mots catégoriques très souvent sans doute: elle a sans doute renoncé à lui parler, à lui expliquer, à lui partager son point de vue...
Et sa compagne regardait vaguement le contenu de son assiette dans laquelle le diner commandé se figeait. Comme mort...
Les deux visages figés eux aussi, dans une non-communication, chacun de l'autre côté de leur gouffre
Ça m'a fait mal de les voir: je me suis dit que s'ils se voyaient, que si lui voyait combien son visage était muré dans son affirmation péremptoire de ne se laisser influencer par personne, il aurait un choc!
C'est laid un visage qui n'est tourné que vers lui-même. Les yeux sont durs, coupants, cassants. La peau est tirée, cernée dans son enferment
La femme, émiettait son pain...je crois bien que c'était sa vie qu'elle émiettait ainsi...
Source de la photo: ici
11 mai 2009
A quoi tient la vie...?
Mon petit fils participait hier à une fête laïque (avec son cours de morale)
La journée fut belle, ensoleillée, remplie d'amitié et de bons moments
Pour rentrer à Bruxelles, les enfants prennent place dans le car qui assurait le trajet.
Soudain un enfant voit de la fumée qui s'épaissit à l'arrière du car
Il avertit un adulte, qui avertit le chauffeur
Immédiatement le chauffeur s'arrête sur la bande d'urgence, fait descendre calmement les enfants. Aucune panique.
Ils vont tous se mettre à cinquante mètres de là, derrière les barrières de sécurité.
Et en quelques minutes...le feu, dans toute sa splendeur, dans toute son horreur...
Ma fille m'a dit que les enfants n'ont pas eu le temps de paniquer, grâce sans doute au chauffeur qui n'a pas tergiversé pour les faire descendre
Mais quand ma fille m'a raconté cela au téléphone, hier soir...on s'est dit toutes les deux qu'il avait suffi de peu! Comme la vie est fragile...!
10 mai 2009
Je ne suis pas digne et bla bla bla
Suppose que tu aies un enfant. ou deux, ou trois, ou davantage (oui, je sais, ça devient rare!)
Des enfants pas parfaits bien évidemment, qui font des bêtises bien évidemment, et peut-être même beaucoup!
(Comme tous les enfants après tout, même les parfaits, même les plus que parfaits!)
Suppose qu'un de tes enfants, un jour de naufrage, vienne te dire:
Maman, (ou papa) je ne suis pas digne d'être ton fils (ou ta fille)...
Tu fais quoi? tu lui dis quoi?
Tu lui dis, menfin ça va pas la tête? tu es mon fils (ou ma fille). Point. Et je t'aime. Point. Allez, viens me faire un câlin, et oublie vite tes mauvaises pensées qui ne tiennent pas debout!
(dans l'idéal, le parent aimant dit ça, je sais bien qu'il y a des exceptions, mais bon...dans ma petite démonstration, on n'en tient pas compte)
Eh bien! C'est exactement ce que le fidèle-catho déclare sur un ton contrit et les yeux baissés au moment de recevoir la communion: Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir et blablabla. Il se rabaisse jusqu'à se miniaturiser, il s'enfonce à genoux dans son indignité... il s'excuse d'être là, s'humilie devant le Dieu tout puissant qui, il le croit, le regarde du haut de sa grande condescendance...
Je me suis souvent dit que le fidèle-catho avait tout faux, je le sais parce que je suis mère en cinq exemplaires.
Le Seigneur de ces croyants (s'il existe), moi je crois qu'il se dépêcherait de les relever, de les secouer, de leur dire menfin! ça te prend souvent ces délires...on parle de quoi ici? Allez, entre et viens t'asseoir, le repas est prêt, raconte moi tes trucs, dis-moi les choses importantes de ta vie...et puis...à ta santé... c'est bon d'être ensemble...je suis si heureux que tu sois là...mon chéri, ma chérie...mes chéris...
Je ne comprendrai jamais pourquoi l'Eglise a, à ce point, déformé le message de l'homme Jésus
Ce billet m'a été inspiré par un commentaire de Madame de K. déposé sur mon blog il y a quelques jours et qui avait fait tilt
En même temps je me suis souvenue d'un endroit où le prêtre proposait une autre formule, qui est une phrase prononcée par Pierre, l'ami de Jésus, dans un moment de désarroi:
Seigneur, à qui irions-nous, Tu as les paroles de la Vie...
Je trouve que c'est bien différent comme esprit...


