Un corps animé de l'intérieur - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

20 février 2009

Un corps animé de l'intérieur

"J'ai eu deux expériences essentielles, qui l'une comme l'autre, allaient à l'encontre de tout ce qu'on m'avait appris sur le corps jusque-là.

La première fois [...] nous étions réunies autour d'un feu et j'ai vu une femme d'environ trente-cinq ans. Elle était nue et les grossesses avaient comme vidé ses seins de leur contenu, tandis que son ventre était couvert de vergetures. Je me souviens d'avoir eu de la peine pour les outrages qu'avait subis cette peau fine et claire. Quelqu'un jouait du tambour et des maracas et elle s'est mise à danser. Elle a commencé à bouger avec une grâce incroyablement émouvante. Elle était superbe, c'était la vie même. Et j'ai compris alors ce qu'était le pouvoir de ses flancs, le pouvoir qu'on  m'avait appris à ignorer, cellui du corps féminin losqu'il est animé de l'intérieur. Presque trente ans après, je la vois encore danser dans la nuit et je suis toujours frappée par le pouvoir du corps.

C'est une femme beaucoup plus âgée qui fut ma seconde révélation. Ses hanches en forme de poire ne correspondaient nullement aux canons de beauté habituels. Par rapport, sa poitrine était menue. Elle avait une taille épaisse  et ses cuisses étaient couvertes d'un réseau de veinules violacées, tandis qu'une cicatrice, résultat d'une grave opération, courait de sa cage thoracique à sa colonne vertébrale.
Pourquoi alors les hommes lui tournaient-ils autour comme si elle était un rayon de miel? Peut-être voulaient-ils mordre dans le fruit mûr de ces cuisses, lécher cette cicatrice, étreindre cette poitrine, poser leur joue sur la toile d'araignée de ses veines. Elle avait un sourire éblouissant, une démarche magnifique et ses yeux allaient au fond des êtres et des choses.

Là encore, je pus voir le pouvoir qui se trouve dans le corps. Le pouvoir culturel du corps, c'est sa beauté, mais le pouvoir qui est dans le corps est rare, car la plupart l'ont chassé par les tortures infligées à leur chair ou à la gêne que celle-ci leur causait

[...] le corps n'est pas un poids qu'il nous faut traîner toute la vie [...], mais une série de portes, de rêves, de poèmes grâce auxquels nous pouvons apprendre et connaître une infinité de choses. Le corps est un être propre qui nous aime et nous fait confiance, à qui parfois nous servons de mère et qui parfois est une mère pour nous"

Clarissa Pinkola Estés
Femmes qui courent avec les loups


51WMRC68K3LRégulièrement quand j'ai besoin de me "réfléchir" en tant que femme, je plonge au hasard dans ce livre paru il y a déjà quelques années...Ouvert au hasard, il me nourrit à chaque fois.
Ce soir, ces mots m'ont touchée beaucoup, à l'heure où j'ai parfois des difficultés à aimer comme une mère, mon corps qui vieillit...

Et il s'agit de bien plus que de ce qu'on appelle communément: la beauté intérieure (comme pour se consoler à bon marché de n'être pas ou plus belle)

Il s'agit de cette sorte de pouvoir étonnant que le corps possède quand il est véritablement animé de l'intérieur, de son centre, de ses audaces d'être...


Commentaires

    J'ai beaucoup de mal à me retrouver dans ces mots ;
    mon corps vieillissant, j'ai beaucoup de mal à l'accepter et encore j'ai de la chance "qu'il m'aime bien" jusqu'à ce jour en laissant de côté les petites douleurs et en m'épargnant les grosses (douleurs).

    mais, comme tu le dis, la beauté n'est que façade, le plus important est ce que nous éprouvons au fond de nous-même et ce que nous pouvons donner aux autres.

    Posté par loulotte2, 21 février 2009 à 01:28
  • Pas assez attentive aux signaux envoyés par mon corps, il ne m'intéresse pas beaucoup tant qu'il fonctionne et m'obéit.

    Posté par mab, 21 février 2009 à 07:50
  • A seize ans comme à soixante, les femmes sont toujours belles. Mais on leur dit le contraire, et elles le croient. Je pense à une femme en particulier, une blogueuse amie, avec laquelle j'ai une relation légère, aérienne, suivie de point en point comme une belle broderie. Je n'avais jamais vu son visage et je suis tombée par le plus grand hasard sur sa photo. La découvrir au hasard d'une page web m'a bouleversé et plus, je l'ai trouvé extraordinairement belle. Et j'ai fait ce qui ne se fait pas: je lui ai dit. Spontanément, sincèrement. Comme tu le racontes Coum, elle dégageait quelque chose d'indéfinissable, l'idée même de la Vie, de la jeunesse, de la beauté. Elle est née en 1942. Elle a vingt ans.

    Pour ce qui est de mon petit Moi. Je suis focalisée sur mes seins. Parce que les seins c'est l'image même de la féminité. J'en ai toujours pris soin, et au seuil de mon demi-siècle je suis fière qu'ils ne m'aient pas "lâchés".

    Bon week end Coum

    Posté par Chris, 21 février 2009 à 09:34
  • Notre éducation , notre culture ne nous a pas fait aimer notre corps. Il a été si longtemps considéré comme la cause de tous nos péchés; Corps et sexualité toujours lié en mauvaise complicité ... fallait les discipliner! La culpabilité a fait beaucoup de ravages. Maintenant tout le monde semble se décontracter par rapport au corps et au sexe. Ce n'est qu'une fausse impression.
    Il y a de plus en plus d'obèse et d'anorexique .
    Et la libération sexuelle n' a pas engendré le grand bonheur attendu mais encore plus de nouveaux problèmes ( le sida)
    On n'est pas sorti de l'auberge.
    Ainsi on arrive à ceci: les vieux ne veulent pas mourir, les séniors ne veulent pas vieillir et les jeunes veulent se suicider...
    C'est exagéré mais il y a de çà.

    Posté par Charlotte, 21 février 2009 à 12:19
  • ...★

    Tiens, je l'ai dans ma bibliographie d'études... je l'ai à peine parcouru, mais déjà beaucoup de choses m'ont frappée.. je t'embrasse Coum, )

    Posté par Julie M, 21 février 2009 à 13:51
  • c'est un livre que j'affectionne aussi particuliérement ...
    trés beau texte , Coumarine , merci ...
    Amitiés
    Helena

    Posté par helenablue, 21 février 2009 à 14:25
  • c'est un livre fondateur pour réfléchir et saisir l'énergie des profondeurs de monde féminin

    Posté par Tisseuse, 21 février 2009 à 14:29
  • A propos du livre...

    Tisseuse, Héléna...Julie...ce livre m'accompagne depuis sa parution en 1996 pour la traduction française (que parfois je trouve un peu lourde et maladroite...dommage)
    Il existe bien sûr en format livre de poche (une dizaine d'euros)
    Il est là comme un ami fidèle, je le prends régulièrement, j'en lis quelques pages au hasard, et, je "tombe" toujours sur les pages qui me parlent au moment précis où j'en ai besoin...

    Posté par Coumarine, 21 février 2009 à 14:36
  • @Charlotte

    C'est très vrai pour notre génération...le corps était suspect, les "péchés" de luxure et de gourmandise étaient là pour nous le rappeler
    Mais tu as raison, ces générations-ci sont tout aussi coincées dans la rigidité des dictats de la mode, de la nécessité de rester jeune, même s'il faut pour cela que le visage ravagé par des opérations multiples ne soit plus capable de sourire...

    Posté par Coumarine, 21 février 2009 à 14:40
  • @Chris

    J'aime beaucoup ce que tu dis...
    ceci surtout:
    "elle dégageait quelque chose d'indéfinissable, l'idée même de la Vie, de la jeunesse, de la beauté"
    et cela malgré ou peut-être GRACE A son âge, porté dans la lumière intérieure...

    Oui les seins sont une part importante de la féminité
    Les femmes qui suite à un cancer du sein en sont amputées le vivent toujours douloureusement

    Posté par Coumarine, 21 février 2009 à 14:43
  • Mab et Loulotte

    Je remarque que quand je suis "bien dans ma peau" (tiens donc l'expression dit bien ce qu'elle veut dire, non?) je vais vers les autres avec mes yeux pétillants (ce sont les autres qui me disent ça...)
    Mais mes yeux s'éteignent dès que je me perds, dès que je perds confiance...
    mab...faire attention" à son corps...en prendre soin comme une mère.. pour moi, c''est lui donner l'air et la nourriture dont il a besoin...

    loulotte...je dirais plutôt à propos de la beauté, qu'elle doit être habitée par un mouvement de vie intérieur..sinon elle est vide et glacée, comme certaines photos de mannequins qui ne sourient surtout pas...

    Posté par Coumarine, 21 février 2009 à 14:49
  • Dernier commentaire avant de charger les valises et de partir à la recherche de ce corps abusé par les contraintes de la vie...et qui fait qu'on ne s'écoute plus. Faute de temps, de donner trop à l'autre, inhiber les attentes qu'il exige comme un nourrisson qui a tant besoin de sa mère.
    Observer ce rayon lumineux qui transcende nos cellules et épouse notre être infini. C'est ce que je vais tenter de faire pendant ces 10 jours.
    Pas facile d'acueillir la femme phoque qui sommeille en nous quand un lot de souffrance nous empêche de la rencontrer.
    Je connais le livre dont tu parles, véritable bible que chaque femme devrait parcourir.
    Rempli de symbôles, d'images, il a servi à notre théâtre pour créer plus d'un spectacles sur l'identité de la femme.
    Alessandra
    N.B. : pour info., j'ai travaillé dans un théâtre pendant 8 ans.

    Posté par Alessandra, 21 février 2009 à 15:03
  • Je ne connais pas ce livre.
    Mon corps est dans mon esprit. A chaque fois que je me sens moche à l'intérieur, je vois par le regard des autres que je le suis aussi à l'exterieur. Lorsque mon esprit s'ouvre comme les pétales d'une fleur, je sens mon corps comme une rose. Un peu fanée, la rose, j'avoue, mais une rose quand même.

    J'ai beaucoup aimé lire ce billet...

    Posté par lidia, 21 février 2009 à 16:35
  • Coumarinette ! Ce livre m'a beaucoup parlé aussi. Par endroit, tu as l'impression de rentrer "en résonnance" avec l'auteur. J'apprécie particulièrement toute sa symbolique. Je vais sûrement retomber dessus demain vu que je réarrange ma bibiothèque. Un gros SMACK en passant

    Posté par Filo Filo, 21 février 2009 à 19:01
  • Soupir !

    "...Ma vie c'est moi qui vais la peindre, alors je vais y mettre le feu en ajoutant plein de couleurs"... [Grand Corps Malade]

    Je ne connais pas ce livre, mais comme Lidia, j'ai bien aimé ce billet Coum.

    Le corps et l'esprit sont deux substances différentes: l'esprit fait partie de l'immatériel et n'occupe aucun espace (quoique!), contrairement au corps qui a une réalité physique, donc palpable, et donc matérielle.
    Leur union est comprise comme une troisième sorte de "réalité" que nous ne comprenons pas vraiment, mais que nous expérimentons au quotidien: la vie.
    Alors forcément quand une des deux substances est malade, tout va se déséquilibrer dans la réalité du quotidien!

    Je viens de rentrer de chez un couple de jeunes gens chez qui nous avons mangé à midi: Germaine a eu 80 ans fin 2008, et elle danse presque tous les weekends avec son homme d'environ 4 ans son cadet. Je les trouve extraordinaires tous les deux! Depuis notre rencontre en 2001, ils font partis de la famille, ainsi que nous de la leur. Ils profitent de chaque moment que la vie leur offre, et ils ont bien raison finalement: ne pas perdre ainsi ce temps précieux, qui passe vite, pour être malheureux.

    Alors, monsieur De Ronsard, allons donc voir , si la rose qui est en nous, loin d'être une ronce quand on le veut vraiment, reste belle, car notre corps est le reflet de notre âme, non?!... Certes il change notre corps avec le temps, ... mais chaque petit changement raconte l'histoire de notre vie!

    Je l'avoue c'est parfois difficile de se convaincre, mais nous restons tous des êtres humains...
    ;-D

    Posté par Magel, 21 février 2009 à 19:12
  • Bonjour,
    Merci d'aller voir mon dernier post...
    Bise

    Posté par Maky, 21 février 2009 à 19:17
  • Vieux et beaux !

    Très beaux textes, les deux, celui de l'écrivaine et le tien.
    Hommage au corps de la femme quel qu'il soit. Aller au-delà de l'esthétique parfaite que nous présentent les films et les magazines, tellement parfaite qu'elle gomme tous les sacrifices infligés pour garder cette beauté parfois artificielle, tape-à-l'oeil.
    Vieillir dans sa peau, dans son corps alors que le regard intérieur reste le même, peut-être même plus profond.
    Quelle société qui fait l'éloge de la beauté et de la jeunesse pour vendre encore des ersatz qui prétendent les maintenir plus longtemps intacts ?
    Mensonge, tromperie, commerce.
    Un réalisateur américain se plaignait de ne plus trouver des visages expressifs et ridés depuis que le botox a paralysé les expressions de la plupart des acteurs...
    Je pense au superbe film de Julie Bertolucci "Depuis qu'Otar est part" avec cette superbe vieille dame toute ridée Esther Gorintin qui jouait là son premier rôle, superbe !
    Je pense aussi à Babouchka avec une vieille dame Nina Choubina merveilleusement belle...
    et je pense à des gens âgés que je rencontre parfois et qui illumine de leur sourire le chemin où on les croise ...
    Voilà un commentaire un peu patchwork, je m'en rends compte.
    Bon dimanche

    Posté par Saravati, 21 février 2009 à 19:30
  • Merci Coumarine de m'avoir fait découvrir ces mots et ce livre. Je tâcherai d'en trouver un exemplaire. Ces mots m'ont presque hypnotisée... C'est vraiment intéressant. Alors merci.
    Mélisse.

    Posté par melisse, 21 février 2009 à 20:01
  • @Alessandra...contente que tu connaisses ce livre, il est à posséder par toute femme qui veut réfléchir à son singulier destin de femme, corps et âme et aussi, en relation avec l'autre
    Très très bonne "retraite" avec ton PC...écris bien, tu en parleras j'en suis sûre...

    @Lidia...tu es de la trempe de la femme sauvage, dont parle Clarissa Ponkola Estès tout au long de son livre
    Je ne peux que t'encourager à l'acheter (c'est un livre à posséder...) tu aimeras j'en suis sûre...
    Ce que tu dis sur le regard sur toi que les autres te renvoient selon ton état intérieur...ben oui, c'est bien ça que je vis aussi...

    @Filo...oui c'est ça: on entre en résonance avec l'auteur, on est parfois scotché par ses pages...c'est fabuleux. Je me demande pourquoi je n'ai pas pensé à en parler encore (si! j'en ai parlé une fois il y a trois ans je crois...)

    Posté par Coumarine, 21 février 2009 à 20:17
  • @Magel...toi aussi tu aimerais, ce livre te parlerait énormément
    J'aime ce que tu racontes au sujet de ce couple...Il y a des gens comme ça...quelle chance!

    @Maky...j'ai été voir...je ne sais que penser...

    @Saravati, ton commentaire est tellement vrai: les acteurs si botoxés ne sont plus capables de sourire de peur que leur visage ne se déchire...)
    Dans un corps qui vieillit, si on veille à garder son regard intérieur vivant, il en devient plus profond...
    merci pour ces mots si vrais

    Posté par Coumarine, 21 février 2009 à 20:22
  • @Melisse

    J'ai pensé à toi en écrivant ce billet,en parlant de ce livre
    Sans attendre un instant, achète ce livre...(la couverture, magnifique est une peinture de Picasso...)
    Je SAIS qu'il te parlera du début à la fin...je te le promets...il est VIVIFIANT à tous points de vue...
    Il m'apprend encore maintenant plein de choses, quand je prends la peine de réfléchir à certains passages...le rapport aux corps à nous femmes, jeunes et plus âgées, est tellement délicat, qu'il se brouille parfois...

    Posté par Coumarine, 21 février 2009 à 20:32
  • Mon corps n'a pas eu besoin de vieillir pour me lâcher. ce fut dur, ça l'est encore parfois.

    Posté par caro_carito, 21 février 2009 à 21:19
  • Je n'ai jamais aimé mon corps... Je crois que ce livre me ferait du bien!
    Bisous Coum!

    Posté par tilleul, 21 février 2009 à 22:17
  • @caro_carito...oui, je comprends, on n'est pas tous égaux devant les "lâchages" du corps

    @Tilleul..le livre ne parle pas que du corps de la femme...il évoque tous les mythes de la femme "sauvage", celle qui devient pleinement elle-même

    Posté par Coumarine, 21 février 2009 à 22:45
  • Plaisir de retrouver tes textes... et j'aime beaucoup la citation que délivres ici...
    Faudrait qu'un mec fasse quelque chose d'analogue, ça ne ferait pas de mal
    Je t'embrasse, ma Reine...

    Posté par D&D, 22 février 2009 à 02:35
  • Je vous souhaite une bonne journée !

    L'épiderme, reflet de toutes les émotions, miroir de l'âme.
    Mais je dirais que souvent, ils vont de pair car la beauté intérieure est la génératrice de ce que nous dégageons et par voie de conséquence a une répercussion sur notre être et notre apparence.
    La beauté physique ne plaît qu'aux yeux, la beauté intérieure elle, charme l'âme. Les deux se complètent. Mais l'âme est plus importante que le physique. Nous n'avons qu'à fermer les yeux.
    Regarde "la belle et la bête".
    Et puis être aimé est le plus beau cadeau que la vie puisse nous faire, rencontrer des personnes qui nous voient tel que nous sommes, ne pas chercher à l'être mais sentir cette façon d'être aimé pour soi tout simplement.

    Posté par bernie.83, 22 février 2009 à 11:56
  • Avancer en âge et découvrir peu à peu ce corps qui est le mien, le découvrir et l'habiter moi même avec ce que je suis et non pas ce que les autres veulent faire de moi.
    Tu m'as donné envie de lire ce livre qui m'avait déjà interpellé à sa sortie.

    Posté par fabeli, 22 février 2009 à 13:45
  • je pense que je vais faire comme Fabelli, je vais
    me procurer ce livre et le lire, cela m'aidera dans mon
    "approche et acceptation de ce déjà vieux corps";

    bisous tout embrumé de ce dimanche après-midi, pas un seul rayon de soleil à l'horizon.

    Posté par loulotte2, 22 février 2009 à 14:38
  • @D&D...tellement contente de te "voir" ici
    Je crois vraiment que l'homme a moins besoin de "réhabilitation" que la femme...il faut reconnaître que ça a été galère pour elle parfois...
    A bientôt, je réponds à ton mail dès que je le peux...

    @bernie...je remets ici cette phrase tellement vraie et belle:
    "Et puis être aimé est le plus beau cadeau que la vie puisse nous faire, rencontrer des personnes qui nous voient tel que nous sommes, ne pas chercher à l'être mais sentir cette façon d'être aimé pour soi tout simplement"
    Merci à toi

    @Fabeli...c'est aussi tout un sujet que l'auteur illustre par les mythes qu'elle aime tant raconter (et interpréter...): celui d'être qui on est vraiment,pas celle que les autres voudraient que l'on soit...pas toujours facile, hein!

    @loulotte...oui je t'encourage à lire ce livre, on n'a jamais fini d'être femme, jamais...

    Posté par Coumarine, 22 février 2009 à 19:31
  • Merci

    Magnifique ce morceau d'anthologie ! cela m'a remué profondément. Pas besoin de l'analyser, simplement dire combien le chant du corps peut-être vrai. Merci de l'avoir repris dans toute sa nudité.

    Posté par Jean Botquin, 22 février 2009 à 23:35
  • Je me suis aperçue dernièrement que je négligeais voire maltraitais mon corps ces derniers temps. C'est effrayant, il est moi, il est mon allié, mon ami avant tout !
    Je tente de le choyer un peu plus et vais finir par m'offrir ce livre qui m'attire depuis tant d'années.

    Posté par Miss Line, 23 février 2009 à 10:01
  • Nos corps sont le fruit de deuils successifs qu'il nous faut affronter pour en sortir plus fortes et mieux construites. Le premier est celui du corps d'enfant, quand, adolescente, on est perdue avec ce centre de gravité qui n'en finit pas de changer. Femme, les maternités nous marquent pour toujours de ces stries blanches, ces déchirures élastiques: les accepter est parfois un chemin ardu. Plus tard encore, la surcharge s'installe dans des endroits qui nous semblent malavisés. Et pourtant... Nos hommes nous aiment comme nous sommes, et adorent se caniger (argot de mon enfance...) dans nos rondeurs délicieuses et repaître leur regard de nos courbes vertigineuses. La femme squelette n'a rien à leur offrir, que des bosses dures et inconfortables. Aimons-nous tel que la vie nous a façonnées!

    Posté par Med'celine, 23 février 2009 à 10:07
  • "Je crois vraiment que l'homme a moins besoin de "réhabilitation" que la femme...il faut reconnaître que ça a été galère pour elle parfois..."
    Inconditionnellement d'accord sur la seconde phrase. Mais pas sur la première ))
    Mon questionnement... je le schématise : si le rôle de "dominée", perpétué pour la femme depuis des lustres (et ça ne fait pas si longtemps que ça que cela bouge en fait, je crois savoir que nous sommes d'accord là-dessus ), est un extrême préjudice réel, incontestable pour moi... le rôle de "dominant" l'est aussi... Autant ?... Je ne sais pas, et après tout ce n'est pas la course à l'horreur ... Mais il l'est aussi, oui : c'est un "rôle". Il est peut-être plus agréable à jouer. Ou le semble. Il est d'une violence terrible, je crois, et notamment sur le corps, et le rapport à son propre corps...
    Je trouve que : la possibilité d'une "réhabilitation" totale pour la femme ne pourra se faire sans celle pour l'homme (et réciproquement).
    Désolé, je suis obligé de super-caricaturer là, mais ça tourne autour de ça...
    Mais nous en reparlerons... Je bosse beaucoup là-dessus, en fait... En fait, j'essaie...
    Je t'embrasse,
    Bonne semaine, ma Reine

    Posté par D&D, 23 février 2009 à 14:11
  • @ D&D

    ...ton commentaire est à ce point intéressant, soulevant des perspectives auxquelles peut-être on ne pense pas de prime abord...que j'ai très fort envie de te citer dans un prochain billet, que je consacrerais à ce sujet...il y a suffisamment d'hommes qui poussent la porte de ce blog pour espérer avoir leur point de vue honnête s'entend...
    (mais ici ne passent que des blogueurs honnêtes hein! )
    Il faut que tu sois d'accord bien sûr, j'espère que tu viendras lire cette réponse
    Je t'embrasse, fort

    Posté par Coumarine, 23 février 2009 à 17:02
  • @Med'celine

    ah! les deuils successifs qu'ils nous faut faire...! et comme il est diffcile de s'accepter de s'aimer comme on est, avec ce qu'on qualifie de "défauts"..
    J'aime ce que tu dis de nos hommes qui quand ils aiment leurs compagnes les prend comme elles sont, ne comprenant pas toujours qu'elles puissent s'en faire pour deux ou trois "défauts" qu'elles sont souvent les seules à voir...
    "se caniger"...quelle belle expression...
    merci!

    Posté par Coumarine, 23 février 2009 à 17:06
  • @Miss line

    tu viens d'avoir un bébé, attendu dans l'amour...
    pour l'instant tu es polarisé par ce bébé...
    mais continuer à s'aimer, soi, en s'accordant du temps personnel par exemple, en se dorlotant un peu, permet d'aimer plus librement ceux que nous aimons
    Oui ce livre est à lire absolument par toutes les femmes, et parleurs hommes d'ailleurs, ils comprendraient bien des choses sur la féminité...

    Posté par Coumarine, 23 février 2009 à 17:09
  • @Jean

    Voilà...je me disais bien qu'un homme sensible à la beauté en général, à la beauté du corps qui ne passe pas nécessairement par les canons de la mode...allait peut-être être sensible à cet extrait...
    Cela me fait un grand plaisir...
    Bonne soirée à toi...

    Posté par Coumarine, 23 février 2009 à 17:11
  • Bonsoir coumarine,
    J'ai acheté le livre, je le prends, le pose, le reprends et ... je n'arrive toujours pas à " rentrer dedans". En bref ce livre me résiste et c'est déjà un enseignement, une début de réflexion.
    Par contre, je suis lancée dans une opération rangement et désencombrement de grande ampleur ( clin d'oeul au billet suivant), je me sens engloutie dans cet amoncellement qui m'étouffe. J'y retourne !

    Posté par nicole 86, 23 février 2009 à 18:45
  • @Nicole...pas nécessaire de le prendre par le début...
    Picorer au hasard des pages... et tomber comme par hasard sur LA page qui touche...
    C'est comme ça que j'ai procédé au début avec ce livre fort
    Bonne soirée, Nicole

    Posté par Coumarine, 23 février 2009 à 20:23
  • Allons, allons : vos désirs sont mes ordres, ma Reine
    Fais donc comme tu as envie, et là où est l'envie, je te suis !
    Je t'embrasse

    Posté par D&D, 24 février 2009 à 04:20
  • J'ai toujours cru... et le répétais bêtement, qu'avec l'âge, les hommes murissaient et les femmes vieillissaient... jusqu'à ce que je vieillisse à mon tour et me rendent compte à quel point c'était réducteur et déplacé.
    Même si j'étais plus "jolie" avant... je me préfère aujourd'hui, car la beauté facile n'est qu'un hasard, qu'une injustice...
    seule la beauté intérieure, la beauté de l'âme et du cœur vaut la peine et résiste au temps et à la fatigue...
    Moi j'aime les rides qui parlent de la vie... j'aime les rondeurs qui parlent du plaisir... j'aime les cheveux en bataille, les ongles rongés, les lèvres sèches...

    Je ne connais pas ce livre mais vais m'empresser de le trouver.

    Posté par pakita, 24 février 2009 à 07:07
  • @D&D...et bien tu ne perds rien pour attendre...j'espère que les hommes donneront leur avis...

    @pakita...juste t'encourager à feuilleter ce livre...comme je te connais, il te plaira...

    Posté par Coumarine, 24 février 2009 à 22:08
  • hé hé... ça ne m'étonne pas de trouver ce livre chez toi... il fait partie de mon histoire, de ma re-naissance... quand je n'allais pas bien, une personne bienveillante me l'avais conseillé et j'y ai puisé de nouvelles forces pour continuer.
    Et oui tu as entièrement raison : il est à picorer !
    Je t'embrasse Coum'

    Posté par Le Chat, 28 février 2009 à 22:57
  • @La Chat...eh bé ça m'étonne pas non plus que tu connaisses ce livre...et que tu y aies puisé des forces...
    moi aussi, tu sais...
    Je t'embrasse

    Posté par Coumarine, 01 mars 2009 à 17:25

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