Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

30 novembre 2008

Les gentils villages et la sombre forêt

D'un côté, il y a les villages groupés autour d'un clocher. On en croise des dizaines comme ça, blottis dans de verts paysages, quand on se déplace en train. Seule change la couleur de la pierre : grise au Nord, elle rosit sous le soleil plus généreux du Sud.
Dans ces villages sécurisants, les gens se regroupent autour de leurs maisons, autour des églises qui  partout pointent leurs clochers fièrement vers le ciel. Pas de village sans église... ni sans café en face pour rassembler les hommes le dimanche. Dans ces petits hameaux, il y a la vie, l'amour, la circulation au grand jour, la bonne odeur du pain que l'on cuit, l'échange des services, la fontaine qui chante, les enfants qu'on élève, ceux qui jouent à la marelle sur la place du village, entre l'église et le café, et puis les petites écoles qui leur enseignent à devenir grands...
(Ces villages n'ont rien à voir bien entendu avec les villes monstrueuses, les orgueilleuses mégapoles où le mal et la terreur circulent à découvert dans les rues bétonnées... ni avec les villages à couleur authentique envahis aujourd'hui par de bruyants cars de touristes)

De l'autre côté, ou plutôt entre chaque petit ilot de maisons, il y a les bois et les forêts. La mythique forêt où se cachent les grands méchants loups qui parfois s'aventurent aux lisières des villages, tenaillés par la faim et qui s'emparent des grands-mères et des fillettes innocentes et naïves. La mythique forêt où travaillent les rudes bûcherons, la mythique forêt où se perdent les voyageurs honnêtes, détroussés par les brigands ou les hors la loi qui en ont fait leur fief. La mythique forêt, effrayante et sauvage, où guettent les serpents et les fauves, où s'emmêlent les feuillages inextricables. La forêt de tous les dangers, de toutes les peurs ancestrales.
(Qui n'a rien à voir, bien entendu avec la forêt écologique d'aujourd'hui  image rassurante où s'en vont respirer  sur les chemins de randonnée, tous les amoureux de la nature, du silence et du ressourcement tant physique que moral, où les seuls prédateurs sont les vulgaires moustiques et les méchantes tiques)

Pourquoi j'écris ça moi? Pourquoi je fais cette distinction facile entre les villages célébrés par les écrivains du terroir, et la sombre forêt, celle des "Il était une fois..." et que le Prince ou le Héros, dans sa quête initiatique, devait toujours traverser au prix de mille dangers?

Parce que c'est en regardant par les fenêtres d'un train que j'ai pu capter encore des images d'autrefois,  celles d'un temps révolu...

Parce que c'est en regardant par la fenêtre de ce train, que je me suis rappelé tous les contes dont les enfants raffolent encore et qu'il faut leur raconter des dizaines et des dizaines de fois, en ne changeant surtout aucun mot...

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28 novembre 2008

Quand je rêve que je cours

914762691_8a85500e7a_mJe rêve souvent que je cours.
Et dans mon rêve, je ne sais pas trop pourquoi je cours...

Suis-je pressée? Oui sans doute, il y a comme un sentiment d'urgence: je cours pour aller plus vite que si je marchais. Jedoisimpérativementmerendre dans un lieu, parce que "ça" va fermer, ou parce que je dois rejoindre une personne déjà loin devant moi, ou pour rattraper le temps perdu (à quoi? je ne sais...), ou pour retrouver mon chemin, ou pour partir loin, très loin...

Parfois je cours pour fuir. Quoi? je ne sais pas non plus, une menace, une personne, un attaquant, moi-même peut-être ?

Je cours la plupart du temps dans une sorte de labyrinthe... si c'est à l'intérieur, je suis dans un immense bâtiment dont je dois retrouver soit la sortie (pour m'échapper) soit ma chambre (pour m'y réfugier). Si c'est à l'extérieur, c'est dans un dédale de rues, dont je dois retrouver le code perdu,  l'itinéraire précis qui me "sauverait"

Parfois je cours et... je voudrais courir plus vite, bien plus vite... Mais mes jambes refusent de suivre mon désir. Mes pieds ne décollent pas du sol, impression de devoir soulever vingt kilos, j'avance à grand peine, je m'enlise. Impuissance à me propulser dans mon élan vers plus loin, impression pénible de coller au sol, de ne pas arriver à soulever le pied, ni avancer la jambe... Et pourtant, le temps presse... Impuissance affolante...

Parfois au contraire, je cours tellement vite que c'est comme si je volais... j'échappe à tout et à tout le monde, je suis moi, je suis libre... je suis l'univers...

Ce matin, je me suis réveillée après avoir beaucoup couru, c'est un rêve récurrent  et qui me questionne...il me donne  un sentiment de plénitude quand la course est de liberté, ou un sentiment d'oppression quand la course est fuite éperdue d'un danger, ou incapacité de trouver mon chemin...

Cette nuit je courais parce que la grande bibliothèque dans laquelle je me trouvais, allait fermer, et je devais encore trouver le livre qu'il me fallait: je ne retrouvais pas l'entrée de la bibliothèque, le temps pressait, je courais éperdue, dans de vastes couloirs déserts...

A cet instant, mon réveil a sonné... mais je me suis rappellé le titre du livre que je cherchais: L'insoutenable légèreté de l'être, de Kundera... comique hein!

Photo trouvée sur flickr

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26 novembre 2008

Se méfier des sentiments qui brûlent...

Quelques mots de Charles Juliet dans son Journal intitulé "Au pays du long nuage blanc", quelques mots qui me parlent ce matin...

"Depuis bien des années, l'écriture m'a permis de me déverrouiller. Le jour où j'ai compris qu'écrire, c'est se livrer, donner ce qu'on est, ce qu'on porte en soi, j'ai voulu dire ce que j'avais à dire sans me laisser brider par des peurs, des censures, telle ou telle considération. Ce que je dévoile de mon activité intérieure, mon lecteur peut le retrouver en lui. Je me repose donc sur cette idée  que nous avons tous deux beaucoup en commun, et que je n'ai pas à redouter ce qu'il pensera de moi"

Je pense en effet que ce que j'écris, que ce soit ici ou dans mes écrits papier, rejoint le vécu de pas mal de gens. Ils me le disent, ils me l'écrivent. Parfois au contraire, ce qu'ils vivent est très différent, mais mes mots les interpellent, les font réfléchir (ou rire...) Or, mon  but premier en écrivant, c'est de mettre par écrit ce qui moi, m'a frappée dans le banalement quotidien de ma vie, ce que j'en tire comme enseignement de vie.

Les blogueurs en général sont ouverts à cette démarche de l'écriture qui "raconte le soi". Même dans les petits riens de la vie quotidienne. Ils expérimentent qu'ainsi ils touchent les autres, à divers points de vue et qu'ils peuvent avoir un impact (positif de préférence) qu'ils ne soupçonnent pas en écrivant tel ou tel billet.

Mais bien des non-blogueurs, ou ceux qui ne sont pas familiarisés avec cette démarche du "dire de soi", sont facilement scandalisés par ce qu'ils considèrent comme du déballage en public, comme une mise à nu totalement impudique. Ils ont des mots très durs concernant les blogs de type journal.
Pour eux on lave son linge sale en famille, et même son linge tout court. Ce qui se passe dans son intériorité ne regarde personne, il ne faut pas en parler, c'est indécent. Il faut veiller à ne jamais perdre la face.  Semer au grand vent du net des anecdotes personnelles ne se fait pas. Et on ne parle surtout pas, à personne, des déchirures que la vie nous occasionne. Et on n'écoute surtout pas l'autre quand il fait part de ses propres déchirures, qu'on balaie d'un rapide c'est pas grave ou mais tu fais tout un monde de pas grand chose ou dors ça ira mieux demain...

A croire que les sentiments qui "touchent", sont des sentiments qui  "brûlent". Il faut donc s'en préserver en les ignorant... en faisant comme si...
Et c'est comme ça qu'on en arrive à vivre côte à côte, comme des étrangers, qu'on croit connaitre, le plus souvent en les étiquetant...

C'est d'ailleurs curieux que certains blogueurs en arrivent à être plus "proches" de leurs amis virtuels que de membres de leur famille... Mais il est clair qu'on se "regroupe" par affinités, par intérêts de pensée...

Bref, quelques réflexions au départ de ces lignes de Charles Juliet lues ce matin

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23 novembre 2008

Les nourritures "empoisonnées"

Cela se passe dans le TGV qui m'emmène à Lyon.
Pas eu le temps de me faire un sandwich pour midi. Pas pris le temps plutôt.
Je voulais m'offrir un petit quelque chose de spécial pour ce voyage qui me réjouissait le cœur.

Direction le wagon restaurant... Jamais été dans un wagon restaurant de ma vie, ben oui! et je me l'imaginais comme dans les films: des petites tables, une atmosphère un peu cosy, un repas chaud servi avec style et diligence, dans quel imaginaire ai-je été cherché ces images... L'orient express...

Et... je me retrouve dans un bar avec plein de monde. Et ce que je vois me consterne: sandwiches pré-emballés, boissons soda, chips et crasses de toutes sortes, café servi dans des gobelets en plastic. Tout cela à un prix qui défie toute concurrence... c'est-à-dire, cher et vilain!

J'hésite un moment, que faire? J'ai le temps de réfléchir: il y a foule et cohue.
Je demande le sandwich garni le plus "naturel possible": va pour deux tartines de pain gris, mozzarella, tomates
J'achète aussi une bouteille d'eau. Le tout six euros cinquante, madame, merci monsieur (hein? quoi? si cher? y se moque de moi? mais c'est pas vrai!) et je retourne en titubant à ma place dans le train.

J'ouvre l'emballage des tartines: aussitôt je reçois l'odeur de plein nez!
L'odeur d'une sauce chimique rose qui tartine le fromage caoutchouteux, sur lequel se perdent quelques miettes avares de minuscules morceaux de tomates.
Et surtout...l'odeur forte de la sauce cocktail ou apparentée, qui imbibe le pain, le rendant mou, rose et écœurant, odeur carrément dérangeante... qui me donne limite la nausée

Que faire?
Il est à ce moment 13h30'
Je pense que le soir je mangerai convenablement... et je ne suis pas sur le point de mourir de faim.
J'hésite... Pas trop envie de manger ce truc rose et mou.
Envie de le ranger dans son emballage, de le mettre à la poubelle. Je vais boire mon eau et basta...

Mais...
Je l'ai payé ce sandwich, cela m'a couté bien plus cher que si j'avais tranquillement préparé mon petit pique-nique à la maison avant de partir. Et puis "on" m'a appris à ne pas gâcher de la nourriture, à ne pas gaspiller... je l'ai appris moi-même à mes enfants: je suis définitivement rangée dans ce schéma de fonctionnement, ça c'est sûr!
J'hésite toujours...
Et si dans une heure, il me prenait une faim féroce?
Et si je ne pouvais pas attendre jusqu'au soir, tant la faim me tiraillera le ventre (hum hum)... ah! cette peur de manquer. Ben oui, il m'arrive de manger un petit quelque chose en prévision de la faim qui POURRAIT venir...

J'hésite encore.
Le pain est là sur la tablette devant moi, imbibé de son odeur trafiquée, chimique, rose et molle...

Pour tout dire, je n'ai pas renoncé à ces deux tartines. Mais tout en les mangeant du bout des lèvres, j'avais la nette impression que je m'obstinais à manger quelque chose qui me faisait du tort...
Je le savais, je le sentais.
J'ai tout mangé quand même
Je n'ai pas osé renoncer à cette nourriture que je pressentais comme "empoisonnée".

Morale de cette histoire... Non, je n'ai pas été malade, mais j'ai réfléchi, si si!

J'ai pensé que dans ma vie, je ne suis pas toujours capable de renoncer aux "nourritures" empoisonnées,  les  nourritures superflues, trafiquées, bouffeuses de temps et d'énergie, et que je sais parfaitement ne pas être bonnes pour moi, et même me causer du tort...

par exemple: quitter le Net à une heure raisonnable
Et ce n'est qu'un exemple...

 

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21 novembre 2008

En haut le regard...

Je veux...
Je veux garder les yeux accrochés vers le haut, c'est je crois, une question de survie...

Parce qu'en bas, sur les trottoirs de ma ville, sur les sols sillonnés un peu partout de tant de détresses, c'est gris, c'est sale, c'est béton, c'est poussière, c'est chimique.
En bas, il y a les mégots écrasés, les chewing-gum collants, les crachats séchés, les taches d'urine contre les murs et les poteaux, les crottes des chiens impolis. Et les arbres qui agonisent...
En bas, mille problèmes plissent les visages, voutent les dos, crispent de chagrin les corps un peu tordus.
En bas, il y a les guerres imbéciles, le sang qui gicle, l'avion qui s'écrase, les terres inondées, les maisons qui s'écroulent.

En bas il y a des couteux et des armes à feu qui se promènent désœuvrés, et des chiens aux dents voraces.
En bas, dans les chambres obscures il y a des mains qui cherchent les petits corps qui n'osent se défendre.
En bas, il y a les ongles arrachés, les bras écartelés, les cris d'agonie qui n'en finissent pas.
En bas, il y a les yeux cruels de tous les prédateurs du monde, les rictus moqueurs de tous ceux qui bavent leur fiel.

Je vous le demande: comment vivre encore sur cette terre désespérée et je suis si loin d'en avoir cité tous les chagrins...

Alors mes yeux s'il vous plait, tournez la tête vers le haut et accrochez-vous là...

arbres
En haut, il y a cet infini du ciel qui s'écoule en paquets de tendresse bleue, mouchetée de nuages coquins.
Et les étoiles bien sûr, petites présences vigilantes et fidèles. Et Madame la lune qui s'y croit de se gonfler d' importance au fil des jours.
En haut il y a du courage à cueillir à pleines respirations de lumière et de chaleur, pour ramener sur la terre un regard transformé.
Un regard meurtri, lacéré sans doute par tant de violence, tant d'absurdité, tant de détresses, mais transformé, capable de regarder en face le grand chagrin des hommes et des femmes et leurs sordides bêtises.

C'est en haut que mon âme se dilate, s'ouvre aux vents des aventures tonifiantes, apprend la confiance, vibre d'audace. Apprend à se poser les bonnes questions. En haut, je vois large, je vois la vie entière, celle de hier, d'aujourd'hui, celle de demain. En haut je me détache s'il le faut, sereinement...

En haut, c'est parfois tout simplement au plus profond de moi-même, quand j'accepte d'y descendre...

J'ai besoin de respirer le ciel... pour pouvoir continuer à mener les justes combats, à mon humble façon, parfois fougueuse, parfois paisible.

Bien sûr, là-haut il y a les orages et les tempêtes, et les nuits d'insomnie qui traversent les cieux déchainés, déchirés. Il y a les questions sans (encore) de réponse, qui grattent et coincent...

Mais au moins en balayant les scories inutiles, ils donnent une chance à de nouveaux possibles, aux lucidités retrouvées. Ils donnent une chance à l'espérance si malmenée en bas...

OUi, j'ai besoin de lever mes yeux vers là-haut

Sinon, c'est simple, je suffoque, je me noie, je meurs...

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19 novembre 2008

Une dame qui parle avec ses sourires

Lundi midi
Une rencontre qui m'a fort marquée.
Cela se passe dans un petit resto à Lyon, près de la place Bellecour.

Auparavant et après lecture de mon livre L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers, Matinou m'avait contactée pour me parler d'Agnès
D'Agnès et de son projet d'écriture de sa vie, un projet pas banal assurément.
Car Agnès est une personne qui souffre d'un handicap moteur cérébral important. Accident de naissance, la faute à pas de chance...
Agnès ne parle pas, ne marche pas, n'écrit pas, ne lit pas...
Mais elle parle énormément avec les expressions de son visage.
Elle écoute de tous ses yeux.
Elle manifeste ce qu'elle désire communiquer avec des sourires incroyablement expressifs...
Elle cherche que "répondre" en plissant les yeux, guettant sur le visage de l'autre la petite preuve qu'elle a été comprise.
Agnès est très handicapée, et pourtant Agnès est belle. Bien sûr pas comme sur les magazines de mode papier glacé et tout ça...

Photo Coumarine

Lyon_069
Donc depuis deux ans, Agnès et P. son assistance de vie se sont attelées à cette tache inimaginable d'écrire qui elle est: elle, Agnès, pas handicapée de la tête comme on pourrait le croire en la regardant d'un regard superficiel, Agnès qui souffre, qui aime, qui rit, qui est heureuse ou triste, Agnès qui pense, qui réfléchit...

Revenons à Matinou
Donc Matinou m'a contactée il y a un mois environ pour me demander si j'acceptais de lire ces pages de vie d'Agnès. J'avais répondu oui, séduite par le projet dont elle m'avait parlé.
Dimanche Matinou m'a rencontrée au Salon à Grigny, on a fait connaissance, on s'est parlé, elle m'a donné les feuillets, une vingtaine environ.
Je savais que j'allais rencontrer Agnès et P. le lundi midi, et le dimanche soir, j'ai lu ces pages, avec une attention émue.
Le texte qui est né là, mot par mot, est un texte fort, dense, sensible, vrai.
Si je ne l'avais pas lu avant de rencontrer Agnès, je n'aurais vu en Agnès qu'une handicapée infirme moteur cérébral, muette, aux mouvements désorganisés
Je n'aurais pas imaginé que ce corps souffrant cachait une richesse intérieure profonde. J'aurais pris ses sourires pour des sourires mécaniques.

J'ai vu aussi l'attention incroyable de Matinou et de P. pour intégrer Agnès à notre conversation, en ne la laissant en dehors de rien, lui posant des questions, s'inquiétant de ses préférences, s'assurant de ses réponses...
J'ai vu de l'Amour incarné dans ces deux femmes, et je me suis sentie bien humble.

Elles se faisaient une fête de rencontrer une célèbre petite écrivaine. Et je me suis dit que la plus honorée de toutes, c'était moi, qui ai grandi en humanité d'avoir rencontré Agnès qui se bat jour après jour pour réaliser un projet qui la grandit (écrire son histoire de vie), d'avoir rencontré Matinou et P. si simples et  si tendres dans leur attention à Agnès

Merci à vous trois...

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18 novembre 2008

Lyon, la ville où les habitants sont des Princes et des Princesses

Les mots sont bien pauvres parfois quand la réalité humaine est si riche qu'elle rechigne à s'enfermer dans le carcan étroit de petites paroles inutiles. Et je me trouve bien en peine pour parler de ce que j'ai vécu d'intense durant ces quatre jours passés à Lyon, au Salon littéraire de Grigny, auprès de la Cause des Causeuses

Lyon_032

J'ai vu des gens heureux, c'est assez rare pour être souligné
Heureux de ce qu'ils font, avec plein d'enthousiasme accroché à leur sourire.
Et c'était bon de les voir, c'était bon de participer à cette grande fête des mots et des images...

Lyon_017

J'ai rencontré des gens chaleureux, accueillants, avec le cœur et les bras largement ouverts.
Amis Lyonnais, vous avez été à ce point accueillants et chaleureux avec moi, que... je n'en reviens pas, et que je vais finir par croire que
- ou bien vous êtes faits tout entiers de cette extraordinaire pâte de chaleur humaine si précieuse, qui accueille sans compter, à pleines brassées d'attentions diverses et touchantes, émouvantes aussi...
- ou bien c'est moi Coumarine  que vous étiez tout simplement heureux de choyer
- ou bien, les deux.... disons que je penche sérieusement vers cette hypothèse...;-))

J'ai parlé avec des gens qui ont une richesse de vie incroyable. De ces gens qui, dans les douleurs et les doutes de la vie (et qui n'en a pas?) ont cheminé vers une vraie sérénité. Ce qui n'empêche pas une attitude positivement combattive. La vie en demande, des combats justes, des paroles authentiques, des attitudes fermes...
C'est fabuleux de se retrouver sur la même longueur d'onde, sur le même chemin de vie que des gens que je n'avais jamais rencontrés. Converser autour de tables conviviales, quand on accepte de se parler en vérité, et bien, je crois réellement que c'est ce genre de choses qui peut changer notre monde si souffrant, en manque de vrais contacts.
Une merveilleuse synergie de connivence surgit quand on crée la confiance pour échanger sur d'autres sujets que la couleur (grise) du temps ou l'odeur (frelatée) des crises qui agitent la société, tant belge que française d'ailleurs. Et cette synergie est porteuse d'espérance, rien que cela...

C'était bon de vous voir, amis lyonnais (ou des environs parfois plus si "environs" que ça...)
C'était bon d'échanger avec vous, et bon de me laisser choyer par vous...

Lyon_016

(à suivre)

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13 novembre 2008

Ce que je t'ai donné... ce que tu as reçu...

Quatre jours d'absence donc... demain matin je prends le train pour Lyon
Je vous laisse avec cet aphorisme de Antonio Porchia dans son unique ouvrage: "Voix"...

 

Il faut tourner et retourner cette phrase dans tous les sens, pour en tirer tout le suc

Ce que je t'ai donné, je le sais
Ce que tu as reçu, je l'ignore.

 

Fidèle à mes "convictions" virtuelles, je ne modère pas les commentaires
Parce qu'il est possible, comme souvent d'ailleurs, que vous veniez mettre votre avis ou votre ressenti concernant cette phrase... j'aime ces échanges, et je vous dis merci de les rendre possibles...

A la semaine prochaine, je me réjouis de rencontrer les Lyonnais qui m'ont fait signe...
Sans doute que je vous parlerai de ces vendanges poétiques des Causeuses

Ajout 22h 10'

IMPORTANT , ceci concerne les Lyonnais: voir le commentaire de Causeuse sur le billet précédent

à lire ici

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12 novembre 2008

Lyon, L'autre Salon de Grigny, les 16 et 17 nov

Et donc, je vais à Lyon ce WE, pour participer aux Vendanges poétiques et postales, à l'Autre salon de Grigny, organisé par les Causeuses
(dont MthP qui vient souvent mettre ici des commentaires, longs mais toujours intéressants!)

Je m'en réjouis, ce sera l'occasion pour moi de rencontrer aussi certains d'entre vous... dont Causeuse qui m'héberge...il y a des conversations en perspective, moi je vous le dis!

Pour ces vendanges, il nous était demandé d'écrire un éloge de l'autre
Certains blogueurs, dans le cadre de Paroles Plurielles ont ainsi écrit un éloge d'un Autre, qui se trouve sur le site des Causeuses...ainsi que sur le blog de Paroles Plurielles

J'avais écrit en son temps un éloge à Orval la Silencieuse, et Causeuse, sur base de la photo de tourterelle que j'avais prise là-bas, a composé un mailart (comme elle l'a fait pour bien d'autres.) J'aurai l'occasion durant le salon de me frotter à cette technique artistique..

Voici ce que Causeuse écrivait dans un récent commentaire, à propos de mon séjour à Lyon, le WE prochain:

Je vous suggère cordialement de venir nous rejoindre à l'AUTRE SALON de GRIGNY ( Rive droite du Rhône au Sud de LYON). Le samedi 15 et le dimanche 16 NOVEMBRE l'après-midi jusqu'à 19 h. Je vais probablement l'installer au Centre International de Séjour de LYON au coeur du Musée Urbain TONY GARNIER, à deux pas de chez moi. Elle aura droit à deux ou trois grasses matinées pendant lesquelles telle la Reine Soleil, elle pourra vous recevoir devant sa tasse de petit déjeuner... Mais si vous voulez faire autrement, je lui prêterai un portable non Belge pour fixer ses Rendez-Vous privés... Je vous la prête un peu hein ! MAIS n'exagérez pas ! Au plaisir de vous connaître...

Causeuse

PS Je reste à Lyon jusque vers 15h, lundi prochain...

(oups..on dirait que je me prends pour une vedette qui doit organiser son agenda...)

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10 novembre 2008

Ecrire ensemble à Hurtebise

Et chaque matin j’endosse le monde comme une ancienne veste familière et fripée, trop souvent immunisée contre la surprise,  vaccinée contre l’émerveillement. Décidément les objets sont toujours à la même place et les gens toujours pareils à eux-mêmes…

Et puis parfois surgit un éclat de stupeur, quand les yeux se décapent de l’habitude qui embrouillardait leur cristallin ordinaire, et ils se mettent à voir des choses complètement nouvelles et parfois même délirantes, mais oui !

L’inattendu se cache au fond de l’inattendu…

L’écriture en groupe s’y connaît pour cette opération de décapage…
On croit connaître les choses et les gens, les connaître comme les poupées ou les petites voitures que l'on collectionne et qui sont confinées dans leur poussière là au dessus de l'étagère immobile et sans surprise.

On arrive avec ses certitudes, ses opinions bien assises derrière son cahier ou son bloc de feuilles…
Et c’est là que l’inattendu surgit de l’inattendu…
On voit soudain autrement… les yeux ont changé de cap…tous les yeux assis autour de cette table étrange, étrange parce qu’il s’y passe des choses qui sortent du rationnel.

J’invite les gens à jouer le jeu, à accepter d’écrire dans l’inattendu de ce qui va surgir. Ils m’obéissent sagement, ils tentent l’expérience, s’appliquent à écrire des mots ordinaires sur leur feuille...

Et quand leur plume soudain s'emballe, c'est gagné!

Ce qui se passe alors est de l’ordre de l’indicible, du mystère…
L’humain se déploie là dans sa miraculeuse grandeur…
Et en moi renaît l’émerveillement, et je souris intérieurement, nourrie de sens…

Posté par Coumarine à 23:51 - Propos sur l'écriture - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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