Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

31 octobre 2008

C'est dans l'odeur d'un livre que se lit son histoire

J'ai pris au hasard un vieux livre, hérité de je ne sais plus qui, ou cueilli je ne sais plus dans quelle brocante.
Il respire le vieux papier, cette odeur un peu moisie qui attire et écœure à la fois. Il contient toutes les poussières déposées par la vie, ainsi que les secrètes espérances ou les vieux chagrins d'anciens lecteurs, qui se sont autrefois accrochés aux mots, recroquevillés dans un fauteuil à bascule, ou réfugiés dans le chaud d'une couverture de laine.

Il y a des livres comme ça qui racontent deux histoires...

D'abord l'histoire qui se lit dans le livre, tout au long des mots qui courent sur le papier usé.
Et puis l'histoire de ses lecteurs, qui se devine au travers des taches diverses et indéfinies, (café, chocolat...) et au travers de ses petites ou grandes déchirures (pages cornées, couvertures abimées...)

Il y a des livres qui ont beaucoup souffert. Qui se sont déchirés, cassés de partout, des livres à écorchures multiples, à arthrose inguérissable.
Il y en a même qui gardent pour toujours la trace de quelques larmes, déposées là dans l'émotion d'un moment. Ou la trace de deux ou trois sourires qui ont ensoleillé l'âme de tous ceux qui, au fil des mots dévorés, ont rêvé d'autres mondes, d'autres univers, ont plongé pendant des heures dans des histoires insolites...

J'aime les livres neufs: ils sentent la promesse d'une lecture palpitante ou réfléchie, et dont je serai la première lectrice. J'aime infiniment l'odeur du papier vierge, que je respire à chaque page tournée (ou presque)
Mais j'aime aussi les livres qui sont passés dans mille et une mains et qui m'apprennent au détour de leurs pages que tel passage souligné a marqué un homme ou une femme qui sans doute me ressemble.

Parce que les passages soulignés me parlent, à moi aussi...

moi_livres_015

Posté par Coumarine à 12:00 - Réflexions par ci par là - Commentaires [39] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 octobre 2008

Que sont mes amis devenus?

Quand je regarde les maisons de ma rue, je m'aperçois que nous sommes à peu près les seuls rescapés du passé...Les gens tout autour de nous dont les enfants ont tant joué avec les nôtres, sont partis vers ailleurs, vers d'autres horizons et les maisons ont changé d'habitants, de couleurs, de façades et d'atmosphère.
Et tous ces gens que aujourd'hui, nous saluons gaiement dans la rue ne savent pas ce que nous voyons encore quand nous regardons leurs maisons... des souvenirs d'un temps définitivement passé, dépassé...

Quand je regarde les participants à mes ateliers d'écriture, je revois des visages  d'il y a six, cinq ans. Une tournante inexorable qui a emmené des gens que j'appréciais et que je croyais "immortels", que je croyais fidèles, que j'imaginais persévérants. Deux ou trois visages seulement restent des temps héroïques  du commencement, si peu: où se sont évanouis les autres?

ateliers_arts_croios_

Quand je pense à mes amis d'autrefois, je m'aperçois que pas mal ont disparu dans la nature: la distance, la lassitude, les contraintes de la vie nous ont éloignés les uns des autres. D'autres amis certes sont venus avec un sang nouveau, des projets, des discussions passionnées, des échanges confiants. Mais j'ai parfois mal aux amis d'autrefois, ils me manquent sans me manquer vraiment, ils sont du passé. Que sont mes amis devenus?

Quand je regarde la liste de ma blogroll, tenue secrète au chaud de mon PC, je vois des liens que j'apprécie aujourd'hui, que je lis régulièrement. Des gens presque réels qui prennent plaisir à échanger ici. Et puis je pense à tous ceux qui ont définitivement disparu dans la grande toile: sans crier gare souvent, sans espoir de retour. Certains me manquent, que font-ils? Où sont-ils ces gens qui sont apparus tellement proches dans ce monde virtuel, avec qui je partageais tant de choses et qui un jour se sont évanouis?

La vie c'est vrai avance...c'est aujourd'hui qu'il me faut l'empoigner et la vivre.
Mais parfois j'ai de sacrées bouffées de nostalgie, et des envies de ne plus m'attacher aux gens qui tôt ou tard disparaitront de ma vie...

Posté par Coumarine à 11:38 - Réflexions par ci par là - Commentaires [79] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 octobre 2008

Pause

Très fatiguée en ce moment...

Très (trop) de trucs qui m'attendent dans l'immédiat et que j'ai peine à gérer

Et donc...


quelques jours de pause

A bientôt

Posté par Coumarine à 23:14 - Un peu de tout un peu de rien - Commentaires [35] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 octobre 2008

Suite et fin...(tournage de la vie en + sur l'adoption)

- nouveau "plateau" comme on dit, nouveau témoignage, qui s'avère une histoire très douloureuse

Celui de Celine Giraud

Adoptée à 15 jours par une famille belge, elle grandit dans l'amour de ses parents adoptifs. Sans problèmes majeurs en ce qui la concerne. Comme la plupart des enfants adoptés, surgit en elle le désir de savoir qui sont ses parents naturels. Ce désir naît le jour de la naissance de sa fille à elle... Elle part au Pérou dont elle est originaire, mène l'enquête dans "son" orphelinat et découvre avec stupéfaction qu'elle a  en fait été volée à sa mère naturelle, et avec elle une vingtaine d'autres enfants qui sont partis en adoption un peu partout en Europe. Cette jeune femme considère sa mère adoptive comme sa mère, je le dis et le redis (ça m'a rassurée de voir que d'autres que ma fille considèrent leur mère adoptive comme leur mère tout simplement...) mais il y a la douleur de cette femme péruvienne et de toutes les autres qui un jour ont "perdu" leur enfant... Un trafic d'enfants ni plus ni moins!

Elle a écrit son livre-témoignage pour dénoncer le scandale.... L'organisme "voleur" a été dénoncé et poursuivi. Et elle a créé une association d'aide pour ces familles éprouvées...
Quant à la mère adoptive qui se trouvait sur le plateau aux côtés de sa fille, elle a dit en quelques mots très sobres mais très denses,  ce que cela fait de croire adopter un enfant orphelin ou abandonné, et de découvrir qu'ils ont été  à l'origine d'une telle souffrance: la culpabilité est là, bien présente...et pourtant eux aussi ont été bernés!
J'ai aimé la discrétion et la paix qui émanait de cette mère et de sa fille...
Et encore une fois j'ai regretté que davantage de place ne soit pas donnée à ces personnes qui avaient un message d'humanité à nous donner...

- il y a eu un jeune homme coréen parfaitement heureux dans sa famille adoptive et qui n'a jamais éprouvé le besoin de retrouver ses origines. Cela ne le concernait pas, il se sentait parfaitement Belge, sans autre questionnement. Mais là c'est le père naturel qui a fait des recherches pour retrouver son fils donné en adoption par sa femme, malgré ses réticences. Lui ne le souhaitait pas et regrettait. Le jeune homme s'est donc retrouvé contacté puis invité dans une famille coréenne TRES aisée, bien plus que sa famille adoptive...
Et...cela n'a pas été si facile que cela, la reprise de contacts...les mœurs du Belge qu'il est devenu n'étant pas du tout les mœurs des Coréens ...

-il y a eu enfin un Indien, qui a épousé une indienne du même orphelinat que celui d'ou il vient. leur hsitoire est spéciale aussi dans ce sens qu'ils ont l'accent belge, et se sentent Indiens, souhaitent retourner un jour en Inde... Là je n'ai pas tout suivi, je serai curieuse de regarder l'émission...

Quant à Marie-Ange notre fille qui a un air de famille avec les autres enfants, personne ne peut deviner qu'elle a été adoptée: il faut le savoir! Son histoire est encore tout à fait différente. Elle a simplement été accueillie chez nous pour un dépannage de courte durée, qui au fil du temps s'est transformé en dépannage longue durée, puis en adoption à la demande même du père légal (à ce moment)
Elle aussi a souhaité rencontrer sa mère naturelle...et c'est toute une histoire, bien sûr

J'ai regretté qu'elle n'ait pas eu un temps de parole aussi long que la jeune femme en guerre contre son adoption... Elle était comme la référence à laquelle l'animatrice demandait sans cesse son avis
Elle a dit et répété qu'elle n'avait rien demandé, qu'elle aurait préféré rester dans son orphelinat dans lequel elle était heureuse... et qu'elle s'est sentie arraché à son univers familier. Je peux la comprendre mais quand elle répète qu'elle n'a rien demandé...je pense que c'est comme nous tous qui n'avons pas demandé à naître
Bref, cela m'a légèrement énervée que tant de temps de parole lui soit donné. Je me demande ce que cela donnera au montage

Il y avait pour terminer deux spécialistes "psy". Une dame dont j'ai oublié le nom et la spécialité et un pédopsychiatre (Jean-Marie Gauthier) dont j'ai apprécié les interventions. Mais lui aussi n'a pas eu assez de temps de parole, quel dommage!
Au repas, et après le tournage, lors du verre de l'amitié, nous avons eu l'occasion d'échanger... un échange très riche...
Entre autres livres, il est l'auteur de "De la guerre des boutons jusqu'à Harry Poter"...... livre qui compare l'évolution de la jeunesse depuis le début du 20 siècle (année de parution de la guerre des boutons= 1908) jusqu'à maintenant... Je vais recevoir ce livre incessamment et je me réjouis de lire cette étude...

En guise de conclusion:  l'adoption, surtout internationale n'est pas un acte anodin et l'amour contrairement aux idées reçues et toutes faites, ne suffit pas. Les souffrances tant du côté des parents en demande vitale d'enfant, que du côté des enfants qui sont déracinés, et en portent  pour toujours la trace sur leur visage et dans leurs gênes...sont parfois énormes. Certains parents peuvent être dépassés, les problèmes sont spécifiques et s'ajoutent aux problèmes de l'adolescence. La quête d'identité est particulièrement prégnante

Voilà un peu longuement racontée l'histoire de cette soirée assez mouvementée, aussi du côté des sentiments vécus par tout le monde...
Merci de m'avoir lue jusqu'au bout

 

Posté par Coumarine à 22:19 - Récit d'une adoption - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Premières impressions... (la vie en +)

Sur le plateau, plusieurs intervenants, plusieurs histoires d'adoption très différentes, mais toutes avec leur lot de difficultés et toutes cependant avec leur lot d'amour (encore faut-il s'entendre sur le terme "amour")

- Un couple témoigne: il ne peut pas avoir d'enfant... (c'est le cas de ma fille ainée. C'est un véritable crève-coeur, dont on ne mesure pas la souffrance incroyable. Ma fille ainée a pleuré sans s'arrêter pendant une année entière, au milieu des examens, des stimulations ovariennes, des fécondations in vitro, des échecs...et du parcours de combattant qu'a été l'adoption de ses deux enfants)

Ce couple donc, ne peut avoir d'enfant...je sais ce que cela signifie comme souffrance, comme vide, comme manque... Il va donc s'adresser à un organisme agréé pour suivre la filière normale des candidats à l'adoption

Trois enfants venus d'ailleurs (je ne sais plus exactement de quel pays) Trois enfants qui ne sont plus des bébés, et donc avec un passé qui leur est propre, et qu'on ne peut nier

La barrière culturelle, celle de la langue, des habitudes alimentaires, d'un environnement très différent, d'une autre couleur de peau, d'un amour soudain offert sans limite  et qui peut déranger l'enfant, qui dans son orphelinat, n'est habitué ni au luxe dans lequel les familles européennes vivent, ni à l'amour débordant qui soudain fond sur eux

Oui on a parlé de cela, l'amour immense que les parents adoptifs "offrent" à leur enfant peut n'être qu'un manque terrible que eux cherchent à combler... L'enfant a moins besoin d'amour que de sécurité, du moins dans un premier temps, et de respect de qui il est. Pas facile pour des parents qui voudraient tant que leur enfant devienne LEUR enfant

- Il y a eu aussi un couple d'homosexuels qui ont adopté une petite fille tout bébé, aujourd'hui âgée de 11 ans. C'est une adoption belgo-belge, pour laquelle je n'ose pas donner mon avis de peur de me faire lyncher.

(le sujet de l'émission n'étant pas d'ailleurs l'adoption par des couples homosexuels, l'animatrice l'a bien rappelé, ce n'était pas là le débat...mais il portait autour du désir (ou non) pour l'adopté de retrouver ses parents naturels...

Je retiens de leur intervention que cette petite fille par ailleurs aujourd'hui mignonne et qui semble équilibrée, a le grand désir de retrouver sa mère biologique, ce qui lui sera permis à 18 ans (et pourquoi pas plus tôt? quelle est cette frontière de l'âge? Est-elle légale? Je ne sais...

Ensuite il y a eu le témoignage d'une jeune adulte qui porte sur son adoption un regard très critique. On lui a donné beaucoup de place dans l'émission, je le regrette. Certes elle a des choses très intéressantes à dire, et elle oblige sûrement à une réflexion poussée sur les adoptions des enfants venus d'autres continents.

Je n'en dis pas plus: je vous mets le lien sur une interview à partir du livre qu'elle a écrit à partir de son expérience. Très intéressante...

(à suivre)

Posté par Coumarine à 16:17 - Récit d'une adoption - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le tournage de "C'est la vie en +"

Alors donc lundi 20 octobre, aux environs de 17h, nous arrivons aux barrières du bâtiment de la RTBF (radio télévision belge francophone). Contrôle d'identité, oui nous sommes bien sur la liste des invités, oui nous pouvons entrer et garer notre voiture un peu plus loin.
A la porte d'entrée, une hôtesse nous attend et, à travers un dédale de couloirs avec expo de vieux matériel d'appareils radio, de sono et photos des temps héroïques) nous conduit à la cafétéria. Accueil sympa et souriant... remise de badge. Pour ma fille et moi le badge est rouge (nous serons "témoins" sur le plateau, les autres de la famille reçoivent un badge jaune, ils seront dans le public... (J'ai reçu mon badge en souvenir)

badge

 

Les autres témoins et leurs accompagnants arrivent aussi, on s'observe, on se salue timidement, un peu sur la défensive, on se sourit, je suis sûre que nous avons tous et toutes le cœur un peu battant...

Petite boisson pour nous faire patienter... et au compte gouttes, nous passons tous au maquillage, y compris mon petit-fils (pourtant bien basané puisque asiatique!). La maquilleuse qui s'occupe de moi est chaleureuse, on parle de tout, de rien, du thème de l'émission, et...de la couleur de mes yeux...ben oui...)

RTBF_002

Quand tout le monde est très très zoli, on passe de la salle de maquillage à la salle à manger/ Il y a là des tables joliment dressées et nous recevons, non pas une petite collation de rien du tout, mais un véritable repas, non seulement délicieux, mais servi avec beaucoup de gentillesse.
(Non je ne suis pas payée pour faire des compliments, mais de bout en bout de cette aventure, nous n'avons été entourés que par des gens gentils et compétents...ce fut une agréable et bonne surprise...)

RTBF_003

A table, ma fille et son mari avec chacun encore le badge autour du cou

Puis les choses sérieuses commencent... nous passons dans le studio, certains dans le public, d'autres sur le plateau. Puis lancement du générique, ensuite l'animatrice (Corinne Boulangier, jeune et talentueuse jeune femme, non elle ne m'a pas soudoyée pour que je lui fasse ici des compliments!) annonce le thème de l'émission, tout en marchant naturellement vers le plateau où les premiers intervenants (dont ma fille) sont déjà installés.
Là, on se rend compte du travail que cela représente... l'animatrice a dû recommencer cinq fois sa petite promenade "décontractée" parce que par quatre fois elle a accroché un mot...oh! rien de grave! Mais ce doit être parfait, n'est-ce pas...il faut recommencer et tout ça se fait dans la bonne humeur et le sourire. je l'ai vu, je le jure! C'est bon enfant, souriant, et pourtant dans le souci du travail bien fait...

Sur le plateau, au plafond, à droite, à gauche... les spots, une armada de spots, des blancs, des bleus, tous dirigés vers  le plateau, chacun des intervenants reçoit sa dose de chaleur......mamma mia! on cuit littéralement...

Là maintenant ce serait le moment de raconter comment ça s'est passé, les interventions sur le plateau, un peu mon avis sur ce que j'ai entendu (quoique...faut laisser le suspense pour ceux d'entre vous qui regarderont l'émission). Oui,j'ai entendu et vu bien  choses, et j'aurais envie d'en parler...je le ferai un peu demain. Maintenant je continue plutôt à raconter l'expérience du point de vue "matériel"

Deux pauses pendant le tournage: les spots s'éteignent, ouf! on respire, on reçoit une petite bouteille d'eau, ça fait du bien... on se lève, on se dégourdit les jambes, on échange des impressions avec l'un ou l'autre...les maquilleuses rectifient la "beauté" de chacun... les premiers intervenants cèdent leur place pour les suivants: il y a cinq "plateaux" comme ils disent, donc cinq témoignages différents, précédés chaque fois d'une séquence filmée, prise durant les mois qui ont précédé ce lundi.
En ce qui nous concerne, l'équipe des caméras nous a suivis dans divers endroits (entre autres le mariage de notre fille). Pour des heures de prise de vue et de son, quelques minutes en définitive d'une séquence dont le monteur a essayé de capter les moments les plus importants ou les plus significatifs. Ma fille a reçu l'ensemble des prises de vue, ce sera pour elle un beau souvenir.

Les plateaux se suivent et ne se ressemblent pas. Notre histoire est la seule du genre; les autres adoptés viennent d'ailleurs (Amérique du Sud, Inde, Asie) dans des circonstances parfois dramatiques...Nous illustrons le seul cas d'adoption belgo-belge, commencée d'ailleurs par un simple accueil et prévu pour un mois tout au plus! (si je continue à publier ici l'histoire que j'ai commencée, vous en verrez davantage les tenants et les aboutissants)

Tournage extrêmement long (commencé vers 20h30, il s'est terminé aux environs de minuit et demie) mais très riche...
Retour à la cafétéria pour le verre de l'amitié, et là se sont continués encore des échanges interpersonnels très intéressants..

Bien sûr de ces quatre heures de tournage, le monteur devra les réduire à une heure et demi d'émission...il est évident que l'un ou l'autre (ou tous) nous nous sentirons frustrés...

Mais c'est le jeu, accepté par tous...

Je reviendrai demain vous raconter un peu le contenu, mes réactions à ce qui s'est dit...

En tous cas, sachez une chose: l'adoption n'est pas vraiment une partie de plaisir, il y a des difficultés, il faut le savoir. Heureusement actuellement les futurs candidats à l'adoption sont mieux formés et informés, mieux suivis aussi. (je suppose que c'est aussi le cas en France...)
On dit souvent que c'est la galère, le parcours du combattant, que les parents doivent pouvoir répondre à un certain nombre de critères... autrefois ce n'était pas le cas, il y avait la filière libre... et cela a fait bien de dégâts
Les jeunes sur le plateau qui ont atteint l'âge adulte en attestent presque tous...

Voilà que je donne déjà mes réflexions....la suite à demain, si vous le voulez bien

Posté par Coumarine à 12:30 - Réflexions par ci par là - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 octobre 2008

Quatre enfants, ça occupe énormément (1)

Au départ, c’est l’histoire d’un couple comme n’importe quel couple. « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». Ainsi se terminent les contes de fées et commence cette histoire ordinaire.

Un couple et de beaux enfants : deux filles, puis le garçon tant attendu, celui qui va perpétuer le nom. Important pour le père, de transmettre son patronyme. La mère elle, est simplement contente d’avoir un fils. Le patronyme et tout ça, ça lui est égal, d’ailleurs elle préfère son nom à elle. Bien, deux filles, un garçon, c’est une belle famille. Et donc on arrête là d’accord ? Et pourtant, surprise inexpliquée de la vie, une fille vient deux ans plus tard, changer le trio en quatuor.

C’est une belle famille. Une belle famille nombreuse. Une famille plus que nombreuse. Qui demande de la disponibilité, du temps, qui réclame du courage, de l’endurance, de la résistance, de la fermeté. La femme choisit de s’occuper à temps plein des enfants. L’homme carbure pour assurer les besoins des siens. Ils ont tous deux du courage plein leurs poches, qu’ils sortent abracadabra tous les jours depuis le lever en fanfare de la petite troupe jusqu’à son coucher tambour battant. L’homme et la femme n’arrêtent pas. Parfois même ils sont carrément débordés, entre travail, enfants, maison à aménager, engagements aussi, comme si avoir quatre enfants n’était pas un engagement en soi et de tous les instants !

Rien ne les destine à adopter un cinquième enfant, ils ont les bras, le cœur et la maison déjà suffisamment remplis de rires d'enfants, de disputes, de cauchemars la nuit, de soucis le jour… Courses. Repas. Lessives. Ménage. Médecin, dentiste, kiné. Conduire les enfants à l’école. Les rechercher. Les conduire la gym, à la bibliothèque, à la piscine, au foot. Nouvelles chaussures. Et le reste. Profiter des soldes, c’est fou comme ils grandissent vite. Raconter des histoires, aider aux devoirs, écouter, consoler, soigner les bobos petits et les bobos plus graves, ceux qui se soignent en clinique, angoisser, stresser et rire aussi... beaucoup même certains jours!

Bref, quatre enfants, un couple qui rame parfois et même souvent, mais au total une famille heureuse, on va dire ça comme ça…

Parfois surgit dans leurs conversations la possibilité d’un cinquième enfant. C’est un peu de la folie non ? Les temps sont durs à tous points de vue n’est-ce pas ? Alors cette folie, ils la gardent bien au chaud de leurs questionnements. Sujet tabou auprès des proches. Déjà qu’on les regarde comme des denrées rares, des gens pas comme les autres : avec les quatre petits, ils ne passent pas inaperçus. Ça fait des queues à la caisse du super marché, par exemple, et pas que là. Il y a des gens qui regardent ça de travers. Il y a des gens impatients que les enfants dérangent. Donc un cinquième enfant c’est vraiment une idée folle à écarter d’urgence en ces temps de disette et de surpopulation mondiale… Une idée à classement vertical…

(à suivre)

Mais mardi ou mercredi je vous dirai sans doute un mot du tournage de l'émission... (si ça vous intéresse)

Posté par Coumarine à 21:31 - Récit d'une adoption - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 octobre 2008

Il était une fois

Lundi prochain, ma fille adoptive (ainsi que toute la famille) est convoquée sur les plateaux de la RTBF1, en tant que témoin pour l'émission "C'est la vie en +". Le thème de l'émission portera sur l'adoption, vue du côté des adoptés principalement. Il y aura des témoins heureux de leur adoption et d'autres non, ou moins, qui soulèveront sans doute les problèmes inhérents à toute adoption. Et il y en a bien sûr, pas besoin de faire de l'angélisme.

Cela fait trois mois qu'en vue de ce tournage (l'émission sera diffusée en novembre), ma fille (et nous aussi, dans une moindre mesure) est "suivie" par l'équipe de tournage. Ils étaient là entre autres à son mariage...(avec son accord bien sûr)
Un autre petit adopté de notre famille, à savoir le fils de ma fille ainée, sera présent et du haut de ses neuf ans aura son petit mot à dire...L'enfant est le filleul de ma fille adoptive...

J'ai le cœur un peu serré... la journaliste est adorable et nous entoure très bien depuis trois mois.
Témoigner d'une histoire d'amour, ce n'est pas simple. Pour ma fille c'est important. jJespère de tout mon cœur que nous trouverons les mots justes. Dans la simplicité...


J'avais promis à ma fille adoptive de lui écrire un peu de son histoire. J'y ai travaillé avec soin...
Je la publierai ici en petites tranches, jour après jour...
Bonne lecture


MA_voiture

Il était une fois…

Non ce n’est pas comme ça qu’il me faut commencer cette histoire, car ces mots-là sont ceux qui débutent un conte de fée. Or, ce n’est certes pas un conte de fée dont j’entreprends ici l’écriture. Parce que les contes de fée, même s’il y a des vilaines sorcières et des loups garous, ont tous une fin. En général heureuse : une fin qui soulage, qui permet  de respirer, une fin où tout est bien qui finit bien.

Ici il n’y a pas de fin. Il s’agit d’une histoire sans fin. Une histoire comme on peut sans doute en lire dans les livres, mais qu'on trouve surtout dans la vie. Encore que. Les histoires comme ça, on ne les remarque pas. Elles se confondent au hasard des soleils et des grisailles de toutes les histoires ordinaires. Dans lesquelles il y a parfois du blanc, parfois du noir. Parfois des cauchemars, parfois des éclats de rires. Parfois des tempêtes, parfois des conquêtes de l’impossible. Du tout et du rien. Du très ordinaire souvent.  Et tout-à-coup de l’inhabituel et du très précieux.

(à suivre)

Posté par Coumarine à 23:25 - Récit d'une adoption - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 octobre 2008

Allumer une lumière pour ne pas voir

Parfois la nuit, j'allume une lumière pour ne pas voir
Antonio Porchia

Parfois la nuit dans le noir très noir, je ressens que mes yeux me regardent, j’entends ma voix qui me parle et ça résonne  fort dans le noir, et ça fait des vibrations dans le noir très noir, et ça secoue mon ventre, et ça me remue dans le profond de moi-même.

Parfois la nuit, je suis dans ma réalité puissance dix…

Toutes mes intuitions se déchainent et je vois à mon tour des choses que je ne devrais pas voir, qui ne m’appartiennent pas, des choses qui se cognent dans la poitrine, des choses qui s’inscrivent au plafond, se respirent dans la chaleur de ma couette, se devinent dans cette voix étrange qui chuchote inlassablement à mon oreille intérieure au rythme des battements de mon coeur.

Parfois la nuit, les voix que j’entends sont tellement fortes, les visions qui m’habitent sont si intenses, que pour rompre le sortilège de cette ardente présence à moi-même, j’allume ma lumière…  et hop ! les voix , les visions et les intuitions se calment pour disparaitre dans un lointain diffus

Je reviens alors dans ma réalité puissance normale

Et je respire et je soupire comme si j’avais échappé à un danger… Mais je sais, oui je sais...

Je me suis simplement échappée de moi-même

Non je ne vous raconte pas des trucs de fantasme ou de science-fiction, non je ne suis pas harcelée par des fantômes ou des médiums, non je ne relève pas de la psychiatrie lourde ou même légère (du moins je ne le crois pas) je suis simplement en fuite de moi-même et de ce qui au plus profond de moi, me crie d’y être attentive sous peine de vivre à côté de ma vie, et de mourir un jour à côté de ma mort

L’art de se fuir… je m’y connais des fois quand même

Oui parfois la nuit, j’allume une lumière pour ne pas voir…

 

Posté par Coumarine à 21:00 - Réflexions par ci par là - Commentaires [45] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 octobre 2008

Recevoir...pas si facile! Donner...pas si facile non plus!

_charpe_KaliIl m'arrive de recevoir des cadeaux...
Je n'ai rien demandé... et je reçois!
Ça m'est arrivé pas plus tard qu'hier matin! Une merveilleuse écharpe tricotée maison avec les doigts de l'amitié...
Et quand je demande à la tricoteuse si je lui dois quelque chose (rien que les frais postaux sont énormes je trouve, de France en Belgique) elle me dit: rien, cadeau, c'est juste parce que tu es Coumarine...

Eh bien je vais vous dire: recevoir gratuitement, comme ça pour rien.... ce n'est pas si évident pour moi!

Je me sens gênée d'abord, (qui suis-je pour recevoir un tel cadeau!) et j'ai aussitôt envie de faire à mon tour un cadeau, de RENDRE (quel vilain mot quand j'y pense, il s'apparente à remettre, à rejeter, le mot "rendre" en belge veut aussi dire vomir)...comme si je devais aussitôt rendre la  politesse, ne pas rester en dette.. donc vite vite vite il faut qu'à mon tour j'offre quelque chose, ou vite vite vite, je manifeste que je désire payer la personne, la dédouaner des frais qu'elle a exposés pour moi... Donc moi de demander: dis-moi ce que je te dois?

Elle: rien, cadeau (oui je sais, je me répète...)

Croire qu'on puisse me faire un cadeau rien que pour me faire plaisir, sans idée derrière la tête, ben ça m'est difficile à comprendre d'abord, à accepter ensuite avec simplicité, en disant un grand merci sans me sentir obligée de rendre (oups), ce qu'on ne me demande surtout pas...

J'ai reçu une belle écharpe tricotée main (décidément les points à l'endroit et à l'envers prennent une place importante dans ma vie...) par quelqu'un qui aime venir chez Coumarine.
Elle aime tricoter aussi...et en deux soirées top chrono, elle a tricoté une écharpe exactement comme j'aime, moelleuse, chaude et dans la couleur dans laquelle je me sens bien: rose foncé
Elle l'a tricotée avec affection, je l'ai reçue avec émotion et reconnaissance (je vous dirai pas, j'ai sauté au plafond quand j'ai vu le colis...)

Mais ce qui est intéressant c'est l'échange par mail que nous avons eu, elle et moi:
Elle me dit qu'elle, de son côté a dû apprendre à écouter son désir profond de faire plaisir comme ça gratuitement...dans la peur qu'on trouve son cadeau nul...qu'on le rejette, qu'on la rejette...
Déjà qu'il lui a fallu un certain courage, me dit-elle, pour poster son colis vers la Belgique, vers Coumarine...

Et si Coum la trouvait complètement ratée, cette écharpe? ou pas à son goût, ou trop ceci, trop cela?

Or donc Coum en recevant cette écharpe qu'elle aime (Coumarine adore les choses moelleuses dans la douceur desquelles elle peut se lover, se retrancher, se câliner, se réchauffer...) a sauté au plafond.

Donc elle n'avait pas besoin d'avoir peur et de croire que je trouverais son cadeau nul menfin!!!

Voilà ce qu'on a échangé elle et moi par mail ce matin...et je me suis dit que cela méritait un billet, sur le "donner" et sur le "recevoir". Avec simplicité...

Posté par Coumarine à 17:10 - Réflexions par ci par là - Commentaires [56] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »