De l'écriture d'un récit de vie - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

10 octobre 2008

De l'écriture d'un récit de vie

Un mail reçu ce matin...

Ce petit mot pour vous dire que j'ai adoré votre livre "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers".  J'ai aimé l'écriture, le contenu, la sensibilité.  Ce livre m'a émue jusqu'aux larmes par moments, m'a fait du bien et m'a mise en contact avec des souvenirs de ma propre enfance.  Je suis vraiment heureuse de vous avoir rencontrée et j'espère que vous me tiendrez au courant de vos prochaines écritures...  Bon vent à vous.  M."

Puis-je vous dire que ce mail est un parmi tous ceux que j'ai reçus de la part de lecteurs de mon livre.

Pourtant mon frère ainé m'a écrit être outré et blessé. Il ne m'a pas adressé la parole le jour du mariage de ma fille. Qu'il se sente blessé, c'est son droit, sans doute mes mots ne sont-ils pas tous faciles à lire....mais la relation est rompue: le dialogue est pour le moment impossible

Mon autre frère refuse de le lire, influencé par son ainé..Il a peur je crois d'être confronté à une histoire (la mienne) qui risque de le déranger dans ses certitudes. C'est son droit, bien sûr! Au moins il ne m'attaque pas! Mais le dialogue est tout aussi impossible!

Mon cousin du côté paternel parle même de diffamation. Il m'envoie force mails pour me "prouver" que j'ai tort, que lui connaît la vraie vérité! Il faut dire que son indignation porte sur la seule page qui parle de nos grands parents communs, puisque je parle essentiellement des trois générations de femmes de ma famille maternelle.

Je ne crois pas avoir attaqué qui que ce soit comme ils m'ont font le reproche... Non je ne crois vraiment pas!
Je n'ai pas prétendu faire vérité historique et à plusieurs reprises, "dialoguant "avec Eugénie, ma grand mère maternelle morte bien avant ma naissance, je lui dis que je m'inquiète d'affabuler, de dire des n'importe quoi...
Toujours elle me rassure (ben oui) me disant qu'il est peut-être important que je raconte ma vérité à moi, celle des ressentis... alors je recommence sans cesse...

Pour mes enfants, ce livre a été important..ils me l'ont dit et redit encore quand ils m'ont vue catastrophée par l'ampleur que prend la crise familiale: une rupture, ni plus ni moins...
Je me sens mal avec ça...ma mère s'étant disputée à longueur de vie avec ses frères,  voilà que je reproduis malgré moi les mêmes schémas... alors que je déteste les conflits et que toujours j'ai mordu sur ma chique dans ma famille d'origine

Ce livre, je n'ose en parler à mon entourage. PERSONNE dans cet entourage qui me connait de visu (voisinage  par exemple) n'est au courant ni de la publication de ce livre, ni de l'autre d'ailleurs..) C'est comme une épée de Damoclès...tout le monde va-t-il réagir comme ma fratrie, me montrer du doigt pour ce que j'ai osé dire? ("Mais enfin Nicole...comment oses-tu publier tout ca???)

Ce livre voyage surtout chez vous, amis français qui me connaissez par mon blog...et si vous saviez comme je vous en remercie!
Mais c'est tout, ici en Belgique il n'est pas en librairie, on n'en parle pas...je n'en parle pas  c'est presque comme un "objet honteux". c'est presque comme s'il n'existait pas...

Durant le WE à Paris, je participe à une table ronde sur le pourquoi et le comment du récit de vie. Pourquoi écrire, lire et publier un récit de vie?
L'expérience douloureuse que je vis me convainc qu'un récit de vie n'est pas à mettre dans toutes les mains...ne peuvent l'apprécier que ceux qui ne connaissent pas l'auteur, et qui découvrent simplement un récit qui leur parle.
Car à aucun moment ceux-là ne se diront en lisant et en pensant à l'auteur qu'ils connaissent: Oh! Mon Dieu! comment ose-t-elle écrire ça? Il n'y a pas de jugement sur une personne, il y a lecture émue de la part de gens qui se reconnaissent dans un vécu raconté avec émotion et humour parfois.

De la même façon que je suis de plus en plus persuadée qu'un journal intime sur le Net ne peut s'écrire que dans l'anonymat le plus complet et sans commentaires ni à recevoir, ni auxquels répondre.: les amitiés qui naissent finissent par tout fausser, et on en dit de moins en moins. C'est normal en fait: un journal intime sur le Net, est public par le fait même qu'il soit publié...

C'est cela en gros dont je parlerai samedi lors de cette conférence
Et en ce qui me concerne, c'est ma dernière expérience d'écriture d'un récit autobiographique

Je termine en faisant quelque chose que je ne pensais pas faire jamais: je crois que ce livre fait du bien, comme celui de G. Ringlet fait du bien...
Ceux qui l'ont lu...parlez-en autour de vous...faites-en une pub, proposez à l'offrir pour  Noel ou que sais-je
Ou parlez en dans vos blogs littéraires...

J'ai besoin d' un réel coup de main...

Voilà qui est fait!


Commentaires

    Fais ta valise au lieu de te torturer parce que certains te font du mal. je viens demain pour acheter ce livre et espère une dédicace dans le plus pur style Coumarine.
    Je crois que l'intime est présent même dans la fiction, c'est un terreau indispensable.

    Posté par mab, 10 octobre 2008 à 17:10
  • Préviens moi quand tu viendras à Lyon, parce que je crois que le livre ne se vend pas en France, je te l'acheterai en direct avec la dédicace bien sur. J'attends de l'avoir lu pour en parler! Pas facile de dire l'histoire de la famille,
    quand j'ai découvert un "petit secret" de famille, maman , à qui j'en ai parlé m'a immédiatement dit: "n'en parle à personne!",j'ai simplement dit aux proches, que s'ils le désiraient, je pouvais leur parler de notre arrière-arrière grand père.La vie est faite de cycles qui se répètent..... de générations en générations....

    Posté par clise, 10 octobre 2008 à 18:01
  • Chère Coum,
    Ton frère ne se rend sûrement pas compte du mal qu'il te fait... laisse passer le temps, il arrange souvent les choses...

    Posté par tilleul, 10 octobre 2008 à 18:03
  • Peut-on véritablement parler d'un récit autobiographique à propos de cet ouvrage singulier. Je ne le pense pas. Il s'agit plutôt d'une relecture personnelle, qui a le mérite de toucher à des dimensions universelles et en ce sens cette oeuvre est particulièrement enrichissante pour chaque lecteur.

    Pour tes proches, qui ont, si je puis dire, le nez posé sur la famille, il est quasiment impossible d'en comprendre le sens essentiel.
    On rejoint ici l'adage bien connu : « nul n'est prophète en son pays ».

    Quant à la vérité vraie..... Celui qui croit la posséder est déjà dans le mensonge... Et la fermeture...
    Car cet ouvrage est tout sauf une recherche de ce *mythe de la vérité vraie*
    je crois avoir écrit à ce sujet sur mon blog en commentant ton ouvrage particulièrement éclairant et passionnant.

    http://alainx.blogspot.com/search?q=enfant+%C3%A0+l%27envers

    Posté par alainx, 10 octobre 2008 à 18:42
  • mab

    si tu savais comme je suis contente de te rencontrer. Nous avons je crois bcp en commun...
    Et tu as bien raison, dans la fiction que je suis en train d'écrire, il y a des éléments d'intime...
    On écrit avec ce qu'on est...

    Posté par Coumarine, 10 octobre 2008 à 20:23
  • Clise

    C'est justement je crois pour cela qu'il faut en parler de ces petits secrets: c'est pour qu'ils ne se répètent pas et ne pourrissent pas la vie des générations suivantes...
    A dans un mois à Lyon alors...

    Posté par Coumarine, 10 octobre 2008 à 20:25
  • Tilleul

    Pour que les choses s'arrangent, il faut le vouloir des deux côtés
    Mon frère me fait du mal, il ne s'en rend pas compte, parce qu'il voit surtout le mal que MOI je lui ai fait en écrivant ce vivre...
    Mais je ne pouvais pas faire autrement que de l'écrire

    Posté par Coumarine, 10 octobre 2008 à 20:27
  • Alain

    Cela me touche que tu parles de la dimension universelle de ce livre...
    Toi comme tant d'autres me renvoie cette réalité: ils se reconnaissent et surtout à partir de ce que je raconte, ils font un chemin de réflexion à propos de leur propre vie
    C'est la raison pour laquelle je crois que on me dit que ce livre fait du bien! tu l'écris dans ta critique, et cette personne ici aussi!
    Merci d'avoir remis le lien vers la critique du livre...c'est une critique dans laquelle je me reconnais au maximum...
    Je sais que la famille n'est pas la meilleure lectrice de mon livre...mais je ne m'attendais pas à cette levée de boucliers...
    Merci de tout coeur

    Posté par Coumarine, 10 octobre 2008 à 20:33
  • si j'avais pu venir à Paris, cela aurait été pour te dire, n'abandonne pas, laisse-les avec leurs ressentis qui les dérangent quelque part .
    Ne pas dire, ne pas écrire, le silence de plomb, c'est cela qu'ils veulent.
    Toi, je vais te dire, si cela te fait du bien, alors, c'est déjà cela et tu dis que ta famille (celle que tu as créée) t'encourage, alors, elle est pas belle la vie ? qu'est ce qui est important à tes yeux ?
    tu as écrit pour toi d'abord.
    Je t'ai déjà donné mon ressenti par rapport à ton livre et je l'ai trouvé FORMIDABLE !

    Tu es courageuse et sincère.
    Laisse tes frères, s'ils t'aiment comme tu les aimes, ils te reviendront et comprendront. Laisse-leur juste un peu de temps !
    Un jour je te raconterai comment j'ai vécu aussi un évènement familial : le placement de ma mère et les divergences au sein de la fratterie, pas simple non plus mais je peux maintenant en parler au passé car la page est tournée, et... sans orgueil aucun, j'ai eu raison de prendre une décision difficile pour eux mais difficile aussi pour moi. mais, ceci est une autre histoire !
    Juste pour te dire, BONNE JOURNEE DEMAIN !

    bien amicalement.

    Posté par becassine, 10 octobre 2008 à 20:39
  • "Tout ce qu'elle avait dit au commissaire était vrai,
    mais il arrive que rien ne soit plus faux que la vérité"

    Georges Simenon


    moi aussi je te lis...

    Posté par la discrete, 10 octobre 2008 à 20:49
  • Récemment dans l'introduction de mon édition des "Contemplations" de Victor Hugo, j'ai lu ceci: "Le poète écrit moins qu'il ne s'écrit". Je pense que pour l'écrivain c'est pareil. On écrit avec ce qu'on est, et c'est pourquoi une lecture fine est toujours émouvante pour un auteur.

    J'ai changé de nom en début d'année parce que j'avais peur d'être "trouvée" par ma famille. Je sais que la plupart de ses membres ne comprendraient pas, ni pourquoi j'écris, ni ce que j'écris. Et qu'on ne comprenne pas ce que j'écris je crois que cela me serait insupportable. Alors j'ai emprunté le nom de mon aïeul, en le féminisant. Un pseudo sans en être un.

    Cependant je pense que devoir se protéger des siens n'est pas "normal", et quelque part c'est une souffrance en moi.

    N'arrête pas d'écrire Coum, on en peut pas satisfaire tout le monde quoi qu'on fasse. On sent combien tu es toi-même blessée par toute cette "histoire" là où il n'y a guère lieu d'en faire.

    Bon week end bises

    Posté par Chris, 10 octobre 2008 à 20:53
  • @Bécassine...ton amitié m'est précieuse, le savais-tu?
    Un jour tu me raconteras oui...

    @La discrète...on se lit...et cela fait du bien...même si il y a de l'émotion
    Les mots vrais donnent toujours de l'émotion
    (elle est bien vraie cette phrase de Simenon!)

    @Chris...c'est vrai que je t'appelle toujours Chris et non pas avec l'autre pseudo
    Oui être lue et ne pas être comprise par les gens desa famille est insupportable
    Et tout cela me fait plus de mal que je croyais
    (mais tout le monde sait que les artistes (!) sont TROP sensibles hein oui Chris?

    Posté par Coumarine, 10 octobre 2008 à 21:05
  • La "vérité" universelle, familiale, historique n'existe pas. Elle est subjectivité, vécu, cognition de chacun.
    Si tu as réussi avec ton livre à rassembler tes propres puzzles, peu importe en fait que ceux de la famille se soient "dispersés". Certaines douleurs ont des priorités sur d'autres, ils faut privilégier leurs guérisons.
    Comment me procurer ton livre ?

    Posté par Lidia, 10 octobre 2008 à 21:05
  • Lidia

    oui oui tu as raison...il fallait que je l'écrive ce livre...mais il m'est difficile de "perdre" la relation fraternelle
    Lidia.. pour te procurer le livre...
    le mieux c'est de m'envoyer un mail...
    Je te répondrai dès lundi
    merci. Je t'embrasse

    Posté par Coumarine, 10 octobre 2008 à 22:15
  • Euh !!! ... 2 citations

    "Tout a son endroit et son envers. La meilleure chose blesse si on la prend à contre-sens; au contraire, la plus incommode accommode si elle est prise par le manche."
    [Baltasar Gracian Y Morales]- Extrait de L'homme de cou
    "La vérité ne blesse pas par elle-même. Elle fait mal car elle brise une illusion."
    [Olivier Lockert]
    Bon weekend Coum!

    Posté par Magel, 10 octobre 2008 à 22:41
  • T'approprier ton histoire

    Dans un autre type de relation que familiale je me suis vu pris dans le même genre d'engrenage que ce que tu décris : ma quête de sens a suscité en réaction un rejet de plus en plus marqué, puis un ressentiment violent, et finalement une rupture. C'est l'inverse de ce que je cherchais et désirais. J'avais besoin de trouver une vérité que je puisse adopter mais il semble que la différence de perception ait été insupportable. Loin d'ouvrir au dialogue, c'est parfois une fermeture qui survient et verrouille toute divergence d'avec une version des faits que d'autres refusent de remettre en question.

    C'est très difficile à vivre, et davantage encore quand l'objectif n'est pas de semer la zizanie et le trouble...

    L'indulgence vient en songeant que ces autres ont besoin d'une vérité personnelle qu'ils préfèrent, et qui leur est sans doute nécessaire.

    Tout comme toi je suis porteur d'une histoire dont je ne parle pas aux personnes qui m'entourent et c'est le blog qui me permet de m'en délivrer. En catimini donc, comme cet « objet honteux » dont tu parles.

    Je crois cependant que cette différence de perception est constructive et utile pour une affirmation de soi. TA vérité te permet de t'approprier TON histoire, celle qui a du sens pour toi. Et tant pis si certains membres de ta famille n'acceptent pas cette individuation. Tu n'es pas là pour plaire (ni déplaire...), mais pour être toi, en cohérence avec ce que tu sens au fond de toi.

    Posté par Pierre, 11 octobre 2008 à 01:43
  • Proposition impromptue...

    Pour te donner un coup de main et remettre à l'endroit ce qui est à l'envers. Autant dire la pertinence de ton "pacte autobiographique" tel que tu as su le mener à son terme ( avec accouchement et effets secondaire chez certains familiers masculins ), je pense important que ce livre circule le plus possible. Je te propose donc de le vendre sur place à l'autre salon de GRIGNY près de LYON les 15 et 16 NOVEMBRE 2008, à nos côtés puisque nous présentons les productions des Causeurs et Causeuses de la Cause Lyonnaise , et que ta propre cause est tout à fait dans la ligne de notre action . Tu pourrais également laisser en dépôt des livres à vendre et je me ferais un plaisir d'en assurer la diffusion en te reversant l'intégralité de tes gains moins les frais de port. Qu'en penses-tu ?

    Posté par Causeuse, 11 octobre 2008 à 04:23
  • Il n'y a pas une seule famille, il y a autant de familles que de membres de cette famille, chacun son histoire, chacun sa vision, chacun son vécu.
    Sans doute tes frères ne se reconnaissent pas dans ta vision, et toi tu souffres de ne pas être reconnue dans ce vécu.
    Le travail commencé en écrivant "cet enfant" n'est pas terminé...

    Posté par fabeli, 11 octobre 2008 à 08:33
  • J'ai aussi rompu avec ma mère, laquelle avait rompu avec son père. Quand elle est morte, je ne l'avais pas vue depuis deux ans. Reproduire un schéma familial est pénible, car on pense ne pas être libre. On fuit les religions pour l'existentialisme, et on tombe de haut.
    Je crois que tout n'est pas accessible immédiatement, nous avons différents niveaux de conscience, des paliers à respecter.
    De même que la maïeutique ne peut accoucher sans prendre le temps de poser les bonnes questions, chacun doit répondre à ses propres questions, pour trouver ses propres réponses. Au final nos vérités ne convergent pas forcément, mais je veux croire qu'en posant assez de questions à tout le monde, on peut converger vers une sorte de vérité humaine.
    Donner à nos proches moins étudiants nos conclusions "toutes cuites" créée un court-circuit en sens propre, qui détruit quelques fils

    Posté par ppm00, 11 octobre 2008 à 10:41
  • Je partage l'avis de ppm00 "chacun doit répondre à ses propres questions, pour trouver ses propres réponses".
    Alors il faut laisser faire le temps.
    Malgré tout le ressenti douloureux que tu éprouves à la réaction de tes frères, donne leur du temps. Patience et amour font généralement des merveilles.
    C'est parfois long, mais surtout s'il y a à leurs côtés des personnes qui te comprennent, elles pourront tout doucement aider à vous re-rencontrer. Le jeu en vaut toujours la chandelle. Je l'ai vécu dans ma belle-famille pour des raisons différentes, mais peu à peu, les frères et soeurs ont refait des pas les uns vers les autres. Et c'est tellement réconfortant.
    Bon courage Coumarine et beau week-end parisien.

    Posté par Calliprune, 11 octobre 2008 à 14:33
  • "La vérité ne blesse pas par elle-même. Elle fait mal car elle brise une illusion." [Olivier Lockert]J'emprunte à Magel cette belle citation. Je pense, chère Coum, qu'elle est tout à fait juste ... à part que le mot 'illusion' devrait probablement ici s'écrire au pluriel. En recherchant une vérité sur l'histoire qui a croisé et forgé ta vie, tu as capté, inconsciemment ou non, un morceau d'une histoire qu'une fratrie pense faussement commune. Tu en as perçu un aspect, d'après un point de vue que tu étais seule à pouvoir tenir. Tes frères ont aussi croisé l'histoire. Mais ce qu'ils ont capté et qu'ils pensent êre la même histoire n'est que leurs histoires (ils n'ont d'ailleurs pas la même réaction, puisqu'ils n'ont pas la même histoire!) Il y a une partie commune entre eux et toi, pas plus qu'une partie. Vos 'histoires' sont proches ... et cependant fondamentalement différentes('fondamentalement' devant bien être pris au sens de fondations sur lesquelles chacun construit sa vie). Ecrire et surtout publier, c'est labelliser une version. Ca fait peur, ça fait mal car l'image nette que chacun peut espérer avoir de son passé devient trouble, troublante, dérangeante. Et c'est vrai pour celui qui a pris le temps et la peine (oh que le mot semble juste!)de 'travailler' l'histoire comme pour celui qui la reçoit en boomerang inattendu. Il faut se repositionner par rapport à soi, aux proches, au passé et aux relations à maintenir, couper ou reconstruire. Leurs réactions d'attaque, ta souffrance sont légitimes. En tous cas, la petite expérience que j'ai en la matière, me les faits trouver 'normales', dans la norme ... ça ne les rend pas pour autant moins douloureuses. J'espère pour toi que le temps, le silence peut-être (pas celui qui tait et occulte mais celui qui respecte les souffrances) prépareront un terrain où les semailles de liens pourront à nouveau germer.
    PS: Désolé d'avoir été si long. Mais tes propos me touchent au profond d'un petit morceau conscient de ma propre histoire. C'est pour cela que j'avais envie de te partager mes réflexions sur certaines relations pourrisantes que j'ai été amené à expérimenter. Amitiés!

    Posté par FC, 11 octobre 2008 à 21:04
  • Mais, Coum, tu n'as rien fait de mal! Tu n'as rien à te reprocher. Il est très bien ce livre, je te l'ai dit, je ne suis pas la seule, tout le monde est d'accord, alors cesse de te torturer!...Tes proches t'approuvent, tes frères se rebellent, et alors? Il en est ainsi dans toutes les familles, prends ta vie en mains, ne te laisse pas influencer, écrire est ton droit, mets ta cuirasse. Il faut toujours se cuirasser quand on écrit. Les louanges existent, certes, mais aussi les coups bas, les ricanements, les coups de pied. C'est le prix à payer.

    Surtout, ne cèdes pas à l'influence. Si tu as des détracteurs, tu as aussi des admirateurs. Tu n'as rien à justifier. Simplement, tu entres dans le monde de l'écriture publique avec innocence et ne sachant pas comme les rebuffades peuvent faire mal. Ecrire est un don et un métier. Arme-toi pour le prochain livre. Et - puisqu'on parle d'édition - tourne la page!

    Je t'embrasse

    Posté par Lorraine, 11 octobre 2008 à 23:14
  • Je n'ai pas encore lu ce livre. J'ai contacté ton éditrice cela devrait se faire bientôt. Je regrette qu'il ne soit pas vendu à la FNAC ou chez Amazon contrairement à "tout d'un blog".

    Alors que ce que l'édition d'un livre qui semble magnifique et très important pour toi devrait être une fête, partagée avec tes proches, tu te retrouves dans une position de paria. Espérons que le temps fera son oeuvre et qu'ils renoueront le dialogue. Peut-être pourras-tu trouver un médiateur pour expliquer ton récit, ton point de vue et le mal qu'ils te font. Il y a peut-être aussi la vexation de voir ta vérité écrite, avec ton style, et publié, alors qu'eux sont peut-être incapables de donner leur point de de vue. Ils peuvent aussi te reprocher d'avoir rendu publiques des histoires de famille, même rendues universelles. Espérons encore une fois que cette crise se cicatrise ...

    Tu le sais déjà, je suis d'accord avec toi en ce qui concerne l'anonymat nécessaire pour exposer son journal intime. L'absence de commentaires est une question plus délicate. C'est très frustrant de ne pas pouvoir établir de dialogue alors que les diaristes ont quasiment disparu et que l'interactivité est la norme. Certes, il faut que certains soient à la marge et qu'il n'y a ni règle ni obligation sur le net (je préfère le croire).

    Et tu le sais très bien, on écrit toujours avec son passé et sa vie, même déguisée en personnage et histoire échafaudées.

    J'espère que ce débat et ces rencontres te rasséréneront.

    Posté par Farfalino, 11 octobre 2008 à 23:19
  • Bonsoir Coumarine,
    je te l'ai déjà écris je crois, à cause de ma propre histoire, j'ai une sérieuse réticence à lire ton livre qui d'un autre côté m'attire. Je n'ai pas encore fait le pas. Par contre, pour la pub, c'est sans problème, j'en parlerai autour de moi et c'est une bonne idée pour les cadeaux à Noël. j'en ai d'ailleurs déjà parlé à une copine qui je crois t'a lue...
    Pour le journal intime, tu as raison . Pour pouvoir écrire totalement librement, il faut l'anonymat le plus complet. Par contre, il me semble que moi, je pourrais supporter les commentaires...
    bon dimanche

    Posté par catherine, 11 octobre 2008 à 23:24
  • je suis là tout à fait par hasard

    si j'ai tout compris, votre livre aurait fait l'effet d'une bombe dans votre cercle familial. Et bien, cela aura au moins eu ce mérite. Vous savez, les semaines passent tellement vite, que vous serez très vite passée à autre chose d'ici la fin de l'année. Vous, vous aurez solder vos comptes familiaux et vos frères, cousin pataugeront dedans. C'est leur problème, pas le vôtre. Chacun a le droit de percevoir sa famille comme il le sent, mon frère ne la perçoit pas comme moi, faut dire aussi, que je le voit plus depuis bientôt 9 ans. Et que je m'en tape complètement. On ne se manque pas, c'est déjà pas si mal. Ne vous gâchez pas ce dimanche.

    Posté par ciboulette100, 12 octobre 2008 à 10:42
  • Bonjour,

    Avec mes mots, maladroits peut-être ou directs , je vais te dire ceci.
    Tout d ' abord on écrit pour se faire plaisir et aussi parfois car on en ressent un besoin cruel. Que ce soit dans un blog ou écrire un livre qui sera édité.
    Dans les deux cas de figure, on est lu- et souvent se SAVOIR LU fait un bien fou, comme une thérapie ?-, par des inconnus , par des proches, par des personnes qui se reconnaissent aussi (sans qu' on les aie cités par leur réel prénom ou en changeant initiales ou.. prénom).
    Je pense que légalement parlant on en a le droit.
    D' autre part si une personne, quelle qu' elle soit se reconnait dans des écrits (que ce soit un blog ou un livre), c' est que ..cela a ete bien écrit.
    Ici tu dis que ton frère, ton père ne te parlent plus ... laisse les mariner un temps... je pense que la rage peut certes, durer un temps parfois très long , mais si dans le passé vous avez eu deja des grandes brouilles et qu' ils t'ont reparlé, je pense qu' ils devraient le refaire.
    Si des gens en disent du mal de ton livre (il y a toujours des mauvaises langues ...rire, ca me fait penser à ...) , laisse les dire.
    Puis Ciboulette parle de percevoir les gens...
    Tu percois ta famille telle que tu la decris dans ton livre, ton frère la percoit autrement, ton père aussi. c' est probablement pour cela qu' ils sont brouillés.

    >>> donc j' aimerais dire ceci . On n' est pas toujours d ' accord avec les gens dans la vie (heureusement d ' ailleurs, car ainsi le monde est plus riche), mais ce n' est pas parce qu' on n' est pas d ' accord avec une personne que l' onne doit pas respecter ses opinions et se facher ou s ' ecarter d ' elle.

    Je n' ai pas lu ton livre ... je ne pense pas non plus que je le ferai car ce n' est pas le genre de lecture qui m' intéresse. Mais je respecte l' envie, le besoin que tu as eu d ' écrire cela.


    Tes proches, par ce que tu as ecrit avec emotion certainement , se sont senti touchés, trahis peut être et t' en veulent.
    On peut être touché au plus profond de soi par des ecrits ou des paroles -chacun a une sensibilité différente- et parfois on ne peut pardonner, parfois pas ...

    Posté par Madame C 6375, 12 octobre 2008 à 14:07
  • ça me peine de lire que le pendant de ce bonheur d'avoir donné naissance à ton livre est une brouille familiale.

    Posté par kloelle, 12 octobre 2008 à 17:45
  • Chère Coum,
    C'était une courte rencontre, mais j'ai ressenti une grande affection pour toi en te revoyant... Ce qui ne m'a pas tout à fait étonnée.
    Je n'avais pas lu ce billet avant de venir... Je comprends mieux...
    Tu sais, si tu n'avais pas publié ce livre, tu aurais sans doute fait autre chose qui aurait déplu à ta famille ; puisque je pense qu'ils ont envie de t'en vouloir, là ils ont un beau prétexte.
    Laisse-les méditer.
    Toi, tu ne pouvais pas faire autrement.

    J'ai commencé la lecture, je ralentis pour mieux m'imprégner... Merci, merci Coumarine.

    Je t'embrasse bien fort.

    Posté par Fauvette, 12 octobre 2008 à 19:48
  • Nul n'est prophète en son pays...

    Je ne comprends pas vraiment pourquoi tu n'oses pas en parler à ton voisinage...
    Ta famille est blessée... ok ... ça passera...
    Mais tes voisines... elles doivent te connaitre ...
    Penses-tu vraiment que cela ferait l'effet d'une bombe...
    Personnellement, depuis mes 40 ans,(déjà avant, bien sûr) j'assume vraiment ce que je dis, ce que je suis, ce que je vis,et celui à qui cela ne plait pas, tant pis pour lui, moi, je suis heureuse comme ça...
    Je pense que c'est un devoir devant nos enfants, la société future, d'être en accord avec ce que l'on dit, ce que l'on vit...
    Courage.

    Posté par rol, 12 octobre 2008 à 20:58
  • j'ai l'impression que ce livre, cette création de toi, ce "bébé" est vraiment révélateur de ce que tu as été : la petite fille qui dérange, et qui dérange encore aujourd'hui (il semble compte tenu des réactions de certains membres de ta famille)
    mais ce "bébé" n'a pas à devenir honteux, caché, bien au contraire
    ce ne doit pas être un accouchement sous x
    tu n'as pas à entrer dans un mode de culpabilisation ou de dévalorisation de toi
    s'il y a sentiment de blessure de la part de gens de ta famille, c'est que cette blessure existait déjà

    c'est important que tu arrives à le diffuser ce livre, à le faire lire

    et puis la reproduction du schéma familial n'est pas exact : tu ne te disputes pas avec tes frères, mais ils te dénient le droit de parler de Ton ressenti
    c'est une grande différence, tu n'es toi en conflit avec personne

    courage pour garder ton cap, Coumarine
    et j'espère que ce week-end parisien aura été riche en belles rencontres

    Posté par Tisseuse, 12 octobre 2008 à 22:50
  • Chacun a sa vérité qu'un autre ne peut connaître !
    Il paraît donc difficile de juger quelqu'un sur ce que LUI a vécu.

    Posté par Maky, 12 octobre 2008 à 23:50
  • Concernant le problème familial, ce qu'en dit Fauvette est intéressant.

    Je dirais même... Où en était la relation dans la fratrie avant la publication du livre pour que cette écriture ait déchaîné un tel silence ? De graves malentendus peuvent amener le silence entre frère(s) et soeur(s). Alors, cela se résoudra certainement avec le temps. Là, Dan n'a pas tort. Et ce temps nécessaire, tu ne pourras ni l'accélérer ni l'allonger.

    Sinon, il y a des résistances dans les familles; ceci montre que les résistances anciennes se sont reproduites chez les enfants et les alliés. C'est idiot. Mais hélas, c'est souvent le cas. De quelle "médiocre" (façon de parler, je ne veux pas juger ici) qualité est la relation fraternelle si elle ne peut triompher d'une épreuve?

    Et aussi, est-ce que le voisinage est le lectorat le plus intéressant quand on publie un livre? Bof. N'y a-t-il pas d'autres lecteurs plus aptes à aimer ce livre, à en apprécier les qualités et à en rendre compte ? Il me semble !

    (A moins que tu n'entretiennes avec ton voisinage des relations d'amitié, c'est possible ... )

    Ben oui, y a nous quoi o))

    Courage et bonne semaine d'écriture. J'espère que ton week-end à Paris t'aura remontée à bloc, même si tu en reviens fatiguée.

    Posté par Pivoine, 13 octobre 2008 à 00:25
  • Et puis, je reviens d'Hurtebise. J'ai repensé plusieurs fois à ce week-end du 17-19 juin 2006, où nous avons rencontré Pati et les autres. Ces 3 jours étaient magiques. Quelque chose de magique s'est passé là, de l'ordre de l'indicible. Imagine le nombre de journées fabuleuses que tu as offertes à des personnes (et que tu offriras encore). En plus des pages de ton blog qui suscitent un enthousiasme vraiment beau à voir (et fidèle, pour la plupart, tout de même !)

    C'est un trésor inestimable...

    Posté par Pivoine, 13 octobre 2008 à 00:29
  • Un jour

    Sur mon tout premier blog.. emporté par le chagrin et la colère aussi (la mauvaise conseillère) j'avais exprimé un mal-être que je ressentais et que j'expliquais par l'attitude des hommes de ma famille.

    Ma soeur, à l'époque, était lectrice de ce blog.

    Elle l'a très mal pris.. elle a mis un commentaire dans lequel elle disait que tout celà était mensonge.

    J'ai supprimé l'article.
    Ma soeur n'est plus venue me lire.
    Elle ne connait pas mes nouvelles adresses de blogs.

    Or je sais que ce que j'ai écrit ce jour là est vrai. Vrai pour moi. Toujours vrai, même trois ans après.
    Je n'ai pas compris sa réaction violente.. elle aurait pu avoir de la compréhension et être compatissante.
    Je pense que la vérité que j'ai exposé lui a fait mal et qu'elle n'a pas accepté de se retrouver en face de cette vérité.

    Pour ta famille c'est sans doute pareil.

    Posté par Annick, 13 octobre 2008 à 10:26
  • @Magel...j'aime bien tes citations, surtout celle qui parle de l'endroit et l'envers...forcément (sourire)

    @Pierre...oui tu as bien compris que mon objectif n'était pas du tout de semer la zizanie
    Tu vois écrire ce livre a été important pour moi
    MAIS je regrette profondément la rupture familiale...je trouve que le prix à payer est élévé

    @Causeuse c'est dans mon programme d'aujourd'hui de t'écrire personnellement...ce sera pour ce soir

    @fabeli..oui voilà c'est cela, je regrette la rupture...

    Posté par Coumarine, 13 octobre 2008 à 12:22
  • @ppm...OUI, tu mets le doigt que ce qui est douloureux aussi: je reproduis un schéma familial alors que je pensais m'en être libérée...tu as tout compris (c'était chouette de te voir samedi...)

    @Calliprune...merci pour tes mots
    Oui le WE parisien s'est super bien passé, j'ai rencontré de "belles personnes"

    @FC...j'ai eu envie de faire un copié-collé de chacun des mots deton commentaire, tellement ils me parlent tous (non, tu n'es pas trop long...je te remercie au contraire...)
    Je mets donc ici les mots qui m'ont le plus parlé:
    "Ecrire et surtout publier, c'est labelliser une version. Ça fait peur, ça fait mal car l'image nette que chacun peut espérer avoir de son passé devient trouble, troublante, dérangeante. Et c'est vrai pour celui qui a pris le temps et la peine (oh que le mot semble juste!)de 'travailler' l'histoire comme pour celui qui la reçoit en boomerang inattendu."
    Je crois que c'est EXACTEMENT ça!

    @Lorraine...c'est bien de me secouer...il me faut encore mettre ma cuirasse, comme tu le dis...Je réagis avec trop de sensibilité

    Posté par Coumarine, 13 octobre 2008 à 12:30
  • @Catherine...quand on écrit "intime" les commentaires introduisent de la convivialité...sauf si on prend le parti de ne pas répondre
    La convivialité est tentante...il y en a de plus en plus sur les blogs, et c'est bien...mais cela freine aussi

    @madameC...rie à dire de plus que ce que tu écris là...

    @kloelle...tu as tout juste: en quelques mots, tu mets le doigt sur ce qui fait mal: un bonheur qui engendre un mal...c'est triste

    Posté par Coumarine, 13 octobre 2008 à 12:36
  • @farfalino..je réalise (à temps!) que j'ai passé ton commentaire...
    Oui je regrette que le livre ne soit pas diffusé en France
    Et quant aux commentaires...c'est un vaste sujet, tellement vaste qu'il fera l'objet d'un tome deux je crois

    @ciboulette qui vient ici par hasard et à qui je souhaite la bienvenue, ciboulette aux mots musclés! Oui, merci, je n'ai pas gâché mon beau dimanche, j'ai rencontré à paris des blogueurs super sympa!!

    @fauvette, douce fauvette...j'ai regretté de ne pas avoir eu plus de temps à partager avec toi...
    Mais je suis si heureuse de t'avoir vue et d'avoir fait connaissance avec les autres...oups je serais bien restée avec vous...snif

    @rol...bien sûr que non cela ne fera pas l'effet d'une bombe auprès de mon voisinage... je n'en doute as une seconde...les gens me disent qu'ils se reconnaissent...donc...
    Et ce que tu dis est capital: être en accord avec ce que l'on est...

    Posté par Coumarine, 13 octobre 2008 à 12:46
  • Maman

    Ce n'est sans doute pas par hasard si je suis venue sur ton blog aujourd'hui et que je découvre ton dernier billet...
    C'est pour que je donne mon témoignage , celui de ta fille qui a lu ton livre et qui l'a trouvé magnifique..
    Je connais cette histoire , ton histoire de petite fille qui avait une maman "toujours de mauvaise humeur", qui lisait ton carnet intime, qui t'envoyait dans ta chambre pour avoir une heure de calme...
    Durant notre enfance , tu nous parlais de temps en temps de cette enfance pas facile où tu as manqué d'amour maternel, de tendresse, de calins..

    En te lisant, j'ai touché du doigt cette petite fille , j'ai vraiment ressenti ce vide, ce manque de tendresse, cette solitude parfois grande , cette attente non comblée

    En te lisant, j'ai aussi touché du doigt une femme,que je ne connaissais pas... ma bonne-maman, ta maman... j'ai découvert sa souffrance à elle, son histoire qui est loin d'avoir été facile..
    Son parcours à elle, ses manques à elle, sa solitude à elle, ses blessures à elle ...
    Et pour la première fois , c'est elle que j'ai eu envie de prendre dans mes bras, de réconforter, de cajoler.


    Ce livre, c'est l'histoire de cette petite fille qui a grandi, qui est devenue adulte et qui a pu ENTENDRE sa maman, la comprendre et se réconcilier avec elle.
    Tu as , dans une démarche d'ouverture, eu l'intelligence de renouer le dialogue avec elle dans les dernières années de sa vie, pour tenter de comprendre, d'en savoir plus sur sa vie à elle, sur ce qui a fait qu'elle était elle...

    En apprenant sur son histoire , tu as pu comprendre dans quel processus s'inscrivait la tienne...et tu as pu accueillir au creux de ton cœur cette maman avec ses manques, ses faiblesses.

    Il n'y a rien de blessant, tu ne fais que parler de ton vécu de petite fille... ton intention n'est pas de jeter la pierre à qui que ce soit,mais au contraire de replacer les choses dans leur contexte...dans une démarche d'ouverture à l'autre..
    Comprendre la passé pour vivre pleinement l'avenir, rompre le cycles des répétitions inconscientes de comportements; pour être pleinement acteur de sa vie ...

    Je suis triste que ton frère ne puisse pas voir les choses sous cet angle...ton histoire touche de près la sienne et il y a sans doute chez lui des choses trop sensibles, qui lui appartiennent et que nous ne comprenons pas , qui l'empêchent d'accueillir ce livre dans l'intention que tu y as mise toi.
    Je regrette la peur de ton autre frère qui l'empêche de lire ton livre...comment se faire une idée de quelque chose que l' on ne connait pas..
    Mais là aussi ça lui appartient..il a ses raisons de préférer ignorer le contenu de ton livre .

    Se plonger dans son histoire, ce n'est vraiment pas une choses facile, tu as eu le courage de le faire et de nous le donner en cadeau puisque tu nous dédies ce livre.
    C'est une magnifique cadeau que tu nous fais .

    Je t'aime Ciane

    Posté par Ciane, 13 octobre 2008 à 12:51
  • @Tisseuse: comme tu dis vrai!
    "s'il y a sentiment de blessure de la part de gens de ta famille, c'est que cette blessure existait déjà...

    et puis la reproduction du schéma familial n'est pas exact : tu ne te disputes pas avec tes frères, mais ils te dénient le droit de parler de Ton ressenti
    c'est une grande différence, tu n'es toi en conflit avec personne"

    Je crois que le "conflit" en effet existait déjà et s'est cristallisé...

    @Maky...c'est pourtant ce que font mes frères: me juger sur MON vécu (dommage de ne pas t'avoir vu hier...)

    @Pivoine...en effet Fauvette et Tisseuse mettent le doigt sur quelque chose qui me semble important: la publication du livre a cristallisé une difficulté occultée jusqu'à présent par la politesse familiale
    Pivoine je suis touche par ce que tu rappelles sur le WE "magique" (il l'était pour moi aussi!) vécu à Hurtebise l'année dernière

    Posté par Coumarine, 13 octobre 2008 à 12:53
  • @Ciane...je découvre ton commentaire, je suis en larmes...je te demande de pouvoir le publier comme prochain billet...

    @Annick...oui ce que tu expliques là concernant ta soeur, c'est du même ordre...la souffrance de l'autre est trop grande pour encaisser le coup...

    Posté par Coumarine, 13 octobre 2008 à 13:02
  • ....★

    Bon... je n'ai pas (encore) lu ton livre..bien que j'en connaisse le sujet. Je ne suis pas surprise de la réaction de ta famille! Je pene certainement que tu l'appréhandais..mais que tu ne t'y es pas assez préparée! Tu sais, j'ai eu de relations très difficiles avec mes parents pendant très longtemps...encore aujourd'hui c'est pas complètement équilibré. Je me suis toujours sentie mal-aimée et dévalorisée, moins bien traitée que mon frère et ma soeur. Quand lors de conflits souvent violents, je me retrouvais celle qui "foutait la m...." et que mon frère et ma soeur prenaient systématiquement le parti de mes parents (forcément!) j'essayais d'expliquer mon ressenti, ma vision des choses (pendant des années j'ai essayé en restant humble, délicate, polie, respectueuse, tolérante... une vraie carpette parfois, en quête d'amour) et bien pendant ces moments là, j'ai toujours été ahurie de constater combien mon histoire, ma version,pouvait être éloigné, différente, presque insultante pour celle de mon frère et ma soeur : à croire que nous n'avions pas les mêmes parents!! Aujourd'hui ma soeur est un peu plus nuancée, mais mon frère ne me parle plus depuis des années, considérant que j'ai fait du mal à "ses" parents, que je suis ingrate, menteuse et "malade"...je me dis aujourd'hui qu'il a surtout très peur de regarder en face de quelle façon il s'est soumis à mon père dans ses choix de vie, qu'il a refoulé les mauvais traitements très loin au fond de lui sans comprendre qu'ils sont la causes de beaucoup de symptômes et qu'il a préféré "sacrifier" une soeur (moindre) que l'image idéalisée de son père! Bref... tout ça pour dire, qu'il ne faut pas te fustiger ou te culpabiliser. Tu as écrit ce qui te venait du bide, depuis longtemps. Tu as écrit ta vérité et en cela elle n'a pas moins de valeur et d'écoute à recevoir que la leur! Laisse leur un peu de temps et surtout n'affiche pas devant eux une mine coupable qui pourrait leur laisser croire qu'ils sont dans leurs droits. Pourquoi ne tenterais-tu pas une discussion au sujet de ton livre dans quelques temps, où chacun pourrait dire ce qu'il pense, sans animosité ou tout du moins en respectant l'autre? Il semble que le sujet de ton écrit aille plus loin qu'une simple publication, s'il est source de temps de réactions, c'est je crois qu'il a son utilité pour chacun! Bon courage! Je t'embrasse sincèrement. )

    Posté par juju, 13 octobre 2008 à 15:42
  • Tu as une fille formidable et qui écrit aussi bien que sa maman. Comme Fauvette je regrette le peu de temps que nous avons eu à partager. je me plonge dans ton livre demain, maman vient de le finir et a été sous le charme tout au long es pages.

    Posté par mab, 13 octobre 2008 à 18:16
  • Lara Fabian et Morane ont chanté : "tu es mon autre...", Coum, si tu savais, oh combien !

    Tu as une fille formidable et j'ai aimé la lettre qu'elle t'a écrite et elle a bien fait de la mettre ici. C'est très perso mais les lecteurs qui t'apprécient ont besoin de savoir que tu es approuvée dans ta démarche qui n'a absolument rien d'indécent, ni pour toi, ni pour nous.
    Le réconfort le voilà, l'amour de TA famille, celle que tu as créée.

    Posté par loulotte2, 13 octobre 2008 à 18:36
  • Je ne sais que dire... Ces deux lettres sont si belles... et si bien exprimées... Que d'émotions!

    Posté par tilleul, 13 octobre 2008 à 19:38
  • @ma juju...je reconnais plein de choses dans ce que tu me racontes là
    Oui ce que j'ai écrit vient du bide, comme tu le dis! (sourire)
    Plus tard il sera peut-être possible de tenter un dialogue, mais il faut que des deux côtés ce soir souhaité...

    @mab...c'est vrai qu'elle écrit bien, je le lui ai dis d'ailleurs, c'est une découverte pour moi...et cela me fait vraiment fort plaisir
    Mab...pour moi aussi cette rencontre de samedi me laisse un gout de trop peu...
    Et si vous veniez tous passer un tit WE à Bruxelles? ou à Hurtebise tiens, pourquoi pas?
    (suis contente que le livre plaise à ta maman...)

    Posté par Coumarine, 13 octobre 2008 à 21:42
  • @loulotte et tilleul...je vous embrasse tout simplement

    Posté par Coumarine, 13 octobre 2008 à 21:42
  • *émue*...et rein à dire de plus. Sauf, que j'aimerai qu'un jour ma petite-fille comme la tienne, me dise des choses aussi tendres et belles...

    Bisous à vous deux

    Posté par Chris, 14 octobre 2008 à 10:06
  • J'arrive un peu tard, je sais, mais j'ai eu une semaine folle. C'est incroyable, parce que ce livre (que j'ai lu et même offert à une amie)ce livre donc m'a semblé tout ce qu'on veut sauf autobiographique. Dans le sens où tout le monde peut se retrouver. Et c'est bien pour ça que j'ai tenu à l'offrir à mon amie. Et j'ai surtout accroché sur cette faculté qu'on a de transformé les souvenirs bons ou mauvais au fil des ans. J'ai quant à moi des souvenirs qui ne sont pas les miens : on m'a tant et tant raconté certaines scènes de ma petite enfance que je les ai intégrés mais ils sont les souvenirs d'autres personnes. Et moi j'ai aimé comme tu as joué avec les mots, comme tu as su rebondir et donner plusieurs versions à un même épisode.

    Je pense que ton (tes) frères devraient se poser quelques temps, et relire (ou lire) ce livre à tête reposée, sans s'y projeter. Puisqu'il ne s'agit pas d'eux, ou de vos parents ... ce sont tes propres questions, tes manques tes joies tes peurs et tes peines, les notres donc. Et ça, personne ne peut te l'interdire.

    Tu dis "Je me sens mal avec ça...ma mère s'étant disputée à longueur de vie avec ses frères, voilà que je reproduis malgré moi les mêmes schémas... alors que je déteste les conflits et que toujours j'ai mordu sur ma chique dans ma famille d'origine"
    tu ne reproduis rien, ce n'est pas toi qui te disputes. Faut pas mélanger les rôles.

    Des bises

    Posté par kaliuccia, 14 octobre 2008 à 11:22
  • Chouette ! on a le droit de commenter ici
    Tu veux que je te dise ? cet amour qu'il y a entre vous, c'est ce qu'il y a de plus beau. C'est magnifique, touchant et émouvant. Mon plus beau cadeau serait de recevoir un jour une si belle lettre de mes enfants. Vous êtes une merveilleuse famille. Vous pouvez être fiers de vous. Merci d'avoir partagé ce cadeau avec nous.Merci surtout d'être qui vous êtes.

    Posté par kaliuccia, 14 octobre 2008 à 11:29
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