Et maintenant, que vais-je faire...? - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

29 avril 2008

Et maintenant, que vais-je faire...?

Je le dis et le redis, je veux sortir des marasmes et des détresses qui ont parfois été les miennes et me tourner résolument vers des chemins plus lumineux.

J'ai décidé d'opter pour les lignes de crête, les écumes des vagues, les canopées qui ondulent au soleil, et de délaisser les racines noueuses et les boues des chemins engorgés. Je veux sillonner l'adret de la montagne, en  délaisser l'ubac. (beaux termes n'est-ce pas?)

Va-t-en savoir pourquoi,  c'est juste que j'en suis là pour le moment.

Seulement voilà. Il y a un petit problème...

L'écriture qui est la mienne, a la plupart du temps, arpenté les ubacs.  Parfois rageusement. Bien souvent dure et intransigeante dans sa dureté même, l'écriture qui est la mienne s'est souvent promenée dans des chemins de violence froide, de sensibilité à fleur d'orage...
Mes textes primés et/ou publiés ne sont pas tendres, ils rompent avec l'image que je donne d'une personne souriante et gentille. Quelle violence dans tes mots m'a-t-on déjà dit... comment est-ce possible?

Et bien, faut croire que c'est possible, puisque c'est comme ça que j'ai fonctionné jusqu'à maintenant. Et que j'aime écrire en définitive... cette écriture me permet d'expulser toute la fougue qui est en moi...

Mon deuxième livre qui va sortir officiellement le 10 mai (j'en parlerai bientôt) est de ce type: il explore l'humain dans son intensité souffrante, il gratte des plaies à vif, il émeut beaucoup paraît-il (dixit l'éditeur)

Et me voilà aujourd'hui au seuil d'une nouvelle aventure d'écriture. J'ai un projet, un objectif... il me faut juste commencer

MAIS...

Comme pour le moment je ne veux plus écrire "violent", j'ai l'impression que je perds mes mots, que je perds le TON et la couleur de mes mots...

Et se pose pour moi une question grave (et essentielle)

Peut-on vraiment être dans la vie une femme positive et aimante et écrire en plongeant à corps perdu dans  les détresses et les chagrins, qui quelque part sont aussi les miens? Car il ne faut pas se leurrer, on écrit toujours au plus proche de soi...

Est-ce que je ne risque pas de replonger dans les marasmes et les chagrins que je refuse désormais?

Si je renonce à ma façon d'écrire (très différente de celle que j'adopte sur ce blog...) ne vais-y pas y perdre en qualité d'écriture?

Ma façon d'écrire n'est ni crue ni violente dans les mots...elle n'est pas choquante, elle ne cherche pas à l'être non plus...ce n'est pas à ce niveau que cela se passe

Cependant elle produit des chocs, c'est indéniable... elle est dense, incisive et souvent sombre, elle s'émeut et émeut...

Il faut que je me donne la permission d'écrire comme je le sens... c'est tout, mais ce n'est pas si simple...

 


Commentaires

    Le jour où on m'a dit que j'avais une écriture trop poétique et mieilleuse, s'est posé le même problème que toi: est-ce que je perds cette partie de moi ou est-ce que je renonce à l'écriture?

    Je crois que nos tourments et états d'âme peuvent garder une place, saine, dans nos écrits, et ce, sans interférer dans notre vie de tous les jours.

    Et si ton style d'écriture, que les autres qualifient de "violent", te convient c'est qu'il te fait du bien quelque part.

    Et si les gens continuent à te lire c'est qu'ils aiment ce style, que tes paroles leur évoquent quelque chose...

    Sois toi-même, tu n'as pas à en avoir peur ou honte, que ce soit dans tes écrits, tes actes ou tes pensées.

    Amicalement,

    Posté par Louloute, 29 avril 2008 à 19:35
  • A te débarasser de tes démons, tu risques de te débarasser aussi de ton écriture, faut-il choisir ?
    Les gens heureux n'écrivent pas semble-t-il...
    Faut-il être torturé pour écrire ? La question est bien là !
    Tes bonnes résolutions me paraîssent excellentes pour toi-même, depuis que je les ai lues, j'y pense souvent. Surtout le "ne pas se maltraiter soi-même".
    Bon courage dans ta recherche littéraire.

    Posté par MamanLou, 29 avril 2008 à 19:49
  • Dans ma jeunesse, j'ai cotoyé régulièrement un sculpteur un peu connu, un extraordinaire "bon vivant", à la vitalité contagieuse. Ce n'était pas qu'un vernis de surface... il y avait en lui une force de vie peu commune...
    Cependant, son oeuvre, était effrayante, torturée, sublimement destructive dans l'expression....

    Il faut croire que nous sommes des êtres infiniment complexes...

    Je trouve ta question un peu "fausse question" au sens qu'elle ne met pas sur la bonne voie... (enfin c'est un modeste avis...)

    "Ecrire comme tu le sens" : tu donnes ta réponse en tout cas...
    As-tu une autre alternative que d'acceuillir ce qui te vient ?

    Posté par alainx, 29 avril 2008 à 20:26
  • Sans doute ne faut-il pas confondre émotion rendue et ressentie à travers les mots...

    Et les émotions violentes que l'on ressent soi, violentes et différentes selon les moments et ce qu'on traverse (ex. quand on est stressé et mécontent - après tout, lol, les parkings n'ont qu'à pas être si grands!!!)

    Personnellement, je n'aurais pas spécialement envie de lire les livres (oui, les o d'une Coumarine consensuelle, sucrée, positive comme un manuel de pensée (du même ordre) parce que pour ça, je n'ai qu'à lire Jacques Salomé et tutti quanti.

    Non, dans ton blog, tu peux écrire avec des mots simples que tu as envie d'adret et pas d'ubac (cé pas si simple que ça, lol, quand on ne fait pas de mots croisés, relol -jte taquine!- et c'est très bien, c'est le lieu pour ça... Le lieu des interrogations, du partage, de l'offre de soi dans différentes directions, + et - (je veux dire heureux ou triste).

    Mais dans des oeuvres de prose, récit, autobio, fiction, laisse-toi aller, il ne faut pas confondre violence et intensité. Le sujet est parfois noir, mais la langue peut simplement être intense, pas forcément violente (même s'il y a de la violence). De toute façon, je suppose que tu trouveras ton équilibre ?

    Je suis vraiment très curieuse de livre ton livre suivant.

    Posté par Pivoine, 29 avril 2008 à 21:05
  • Il semble plus aisé d'écrire sur le malheur tant l'écriture du bonheur risque la mièvrerie et la redondance.

    D'un autre côté, l'écriture peut aussi supporter une fonction cathartique et permettre, par l'exulsion de toutes les passions négatives, de mener une vie parfaitement harmonieuse.

    Bises.

    Posté par telle, 29 avril 2008 à 21:17
  • C'est peut-être parce que ta violence et ta dureté sont parties dans l'écriture que tu peux te permettre d'être positive et aimante dans la vie. Si tu écris doux, où ira ta violence?

    Posté par catherine, 29 avril 2008 à 21:55
  • A te lire, j’ai l’impression quand tu écris que tu approches tes mots de la page blanche, et qu’ils s’enflamment, un peu malgré toi.
    Peut-être le second livre dont tu parles aura-t-il épuisé tes matières les plus inflammables ? Ou au contraire te faudra-t-il encore d’autres livres pour laisser flamber tes mots avant qu’ils puissent enfin crépiter comme un doux feu de braises ?

    Posté par Franck, 29 avril 2008 à 22:19
  • Cette dichotomie entre ce que l'on pense être et ce que l'on écrit, je la connais bien. Moi aussi, dans la vie, dans mes relations aux autres, je suis gaie, drôle, positive et surtout, on me perçoit comme une personne douce. Mais les histoires que j'écris sonnent tout autrement : violence et noirceur s'y côtoient, il y a même parfois des crimes plus que prémédités !... Accepter qu'un tel univers jaillisse de mon inconscient n'a pas été une petite affaire... Et puis je me suis dit que l'écriture me permettait peut-être d'exprimer cette part obscure de mon être que je ne peux ni ne souhaite vivre en pleine lumière. Quand on écrit, on peut tout se permettre, c'est grisant, tu ne trouves pas ?

    Posté par Danalia, 30 avril 2008 à 00:00
  • et si tout n'était qu'une question d'équilibre?
    Je ne sais comment l'exprimer clairement mais c'est ce que je ressens.
    Et si l'équilibre est atteint, pourquoi chercher à le rompre?
    à moins qu'en l'inversant...mais tout le monde n'est pas équilibriste!

    Posté par TJ, 30 avril 2008 à 00:08
  • Totalement d'accord avec Alain.
    Ou alors des recettes de cuisine ? (Bon, d'accord, je sors… ))

    Posté par Vertumne, 30 avril 2008 à 00:40
  • Renoncer à dominer la question du résultat de l'écriture ?

    Tu es un peu comme un peintre qui n'en finirait pas de dire qu'il va peindre, alors qu'il peint depuis toujours avec la certitude qu'il rate à chaque fois ou presque. Tu écris, point à la ligne.
    Si tu vises une forme, tu ne fais que tourner autour de l'idée d'une forme , et tu perds l'essentiel qui est le désir de déplacer ton centre de gravité (au sens métaphorique)pour voir où il t'entraîne. Il est normal j'imagine, qu' avec le capital d'expérience humaine que tu possèdes, et cette place d'ambassadrice du vécu de chacun prise par toi à ton insu ( de ton plein gré ! ) que tu sois prise dans ce tourbillon d'émotions difficiles à rapatrier "au propre" sur tes pages vierges ou en papier recyclable. Tu n'as pas choisi la facilité, l'indifférence, le repli sur egoland . La violence est dans tout, la reconnaître c'est lui donner un statut et une marge de manoeuvre honnête. Parfois on voudrait donner libre cours, on sait que ça soulage , mais à court terme. Je crois que la sérénité d'écriture s'acquiert lorsqu'on se connaît suffisamment pour taire ce qui fait mal et partager ce qui fait du bien.On peut avoir mal un temps pour être bien ensuite. Rien n'est stable ni connotable moralement d'emblée. Ce qui est agréable pour toi est à cultiver. Refouler le noir du dessous du pot de fleurs c'est prendre le risque d'avoir à recommmencer tous les matins. Tu es capable d'autre chose, de rempoter et de fertiliser par exemple. Le travail est la seule chose possible et envisageable. Un beau jour "c'est écrit" comme l'a dit Duras. Et on s'en détache. Ecris-donc sans t'occuper de plaire.Ne cherche pas à prouver quoi que ce soit. Fais tout bien, sans exagération. Prends le temps de savourer ta propre écriture à l'abri des regards. Relis-toi et dis-toi tout le bien que tu penses de toi dans tes exercices.Donne à tous tes sens les moyens d'alimenter ta pensée. N'abandonne rien au hasard, mais tout(!) à ce que te réclame tes mains, ton coeur, ta voix.
    Pense à "L'unique trait de pinceau" du vieux peintre chinois... et ne désespère pas d'y arriver... Laisse tout en plan si ça t'ennuie !
    Très affectueusement.

    Posté par Mth P, 30 avril 2008 à 07:39
  • je n'ai rien à rajouter, Mth P a dit exactement ce que je pensais en te lisant Coumarine

    il me semble que nous pourrions tous nous afficher les mots de Mth P chez nous, dans un endroit bien visible

    Posté par Tisseuse, 30 avril 2008 à 08:11
  • J'interviens sur la pointe des pieds dans ce débat de haut vol...
    A mon (très) humble avis, si on n'est pas authentique cela ne sert à rien d'écrire. Tu as raison de ne pas chercher à travestir ton style.

    En ce qui me concerne je suis souvent surprise par la tristesse qui se dégage de ce que j'écris.

    Bonne semaine.

    Posté par Ponine, 30 avril 2008 à 10:54
  • Le fond et la forme

    Je ne me suis jamais posé la question. Cependant, je n'y connais rien. J'ai l'habitude de dire que je suis quelqu'un qui écrit et pas un écrivain. J'aime les mots parce qu'ils viennent de la profondeur, de l'abîme d'où je viens et où je vais, comme tout le monde qui ne sait où il va. Le language et la parole sont des signes de l'âme, où plutôt l'âme ne possède que ces signes-là. Nous nous sommes fabriqué une âme avec la parole. Aussi l'âme meurt quand le corps disparaît et qu'il ne parle plus. Le silence, c'est autre chose. C'est la parole tournée vers l'intérieur de soi.
    Je ne distingue pas le fond de la forme. Les deux sont associés comme le recto du verso et inversément. J'ai du mal à choisir entre toutes les écritures parce que je n'en ai qu'une sans distinction d'objet. Peu importe la douceur où la violence, elles s'alternent comme le fond et la forme. Ce ne sont que couleurs d'âmes.

    Posté par jean botquin, 30 avril 2008 à 11:15
  • ....★

    ....sourire...je me suis souvent posée cette question...je n'ai pas trouvé forcement de réponse convaincante...je me dis que l'écriture ne se maitrise pas-toutes proportions gardées- qu'elle est au même titre que l'art véritable, un prolongement de soi et qu'elle se doit de rester comme telle, intègre, entière, sans concessions. Je suppose que dés qu'intervient des contraintes commerciales, de productivité, de lectorat, de je ne sais quoi d'autre liés peut-ête à la "condition professionnelle de l'écriture"...le risque est que cette écriture soit tronquée, manipulée, diluée et qu'elle finisse par perdre la spontanéité et l'essence de l'être qui la produit...
    vision peut-être extrémiste ou trop idéaliste...je le concède mais ma vision!
    Je pense qu'à partir du moment où tu entres dans l'idée" d'écrire autrement" le déguisement, la supercherie ont déjà commencé. Il me semble que tu dois continuer à écrire ce qui vient naturellement de toi...
    c'est mon avis.
    et je rejoins l'idée émise par je ne sais plus qui-désolée- que souvent l'art sous toutes ses formes, arrive dans une certaine souffrance...et dans une lucidité certaine sur la "terrible" condition humaine...sourire.

    Posté par juju.K, 30 avril 2008 à 11:59
  • As-tu peur de tordre l'image que la plupart ont de toi ?
    Nous ne sommes pas ce que nous écrivons.
    En tout cas j'ai hâte de savoir de quoi il retourne...

    Posté par kloelle, 30 avril 2008 à 12:40
  • Se relire... Hé Hé Hé !

    ...mais tout(!) à ce que te réclameNT tes mains, ton coeur, ta voix.

    Posté par Mth P, 30 avril 2008 à 14:58
  • Je me relis

    Langage, bien évidemment, n'a pas de U comme dans langue. Mais quand le texte est envoyé plus moyen de se corriger.Et après tout, quelle importance. C'est la langue qui fait le langage...

    Posté par jean botquin, 30 avril 2008 à 16:47
  • oh! là là!!!

    Deux jours loin du Net...et il y a ici plein de commentaires tous plus intéressants les uns que les autres.
    J'aimerais répondre à chacun, je ne le ferai pas, pardonnez-moi...
    Mais chacun pourra ici prendre un peu de nourriture pour lui-même, il y a de quoi, c'est très riche ce que j'ai lu...

    Vous me connaissez assez je crois pour savoir que je VEUX rester authentique, vraie, je dirais "pure"
    Pour cela que ce que tu dis Kloelle me semble étrange...je n'ai pas peur de tordre l'image qu'on a de moi...d'ailleurs je me demande bien quelle image on a de moi...Et je crois qu'on écrit toujours au plus proche de soi, même si on est dans la fiction..

    Bon, cela peut sembler de la prétention, mais MTh n'a pas peur de parler de "cette place d'ambassadrice du vécu de chacun prise par toi à ton insu ( de ton plein gré ! ). Vous êtes plutôt nombreux à me lire...à quoi sert de le nier?
    Cela me donne parfois comme une responsabilité qui ne diffère pas vraiment de la responsabilité que j'assume en animant des ateliers d'écriture

    Pour mon troisième projet de livre:
    Je ne veux pas me laisser systématiquement aller vers la "sombritude" recherchée et entretenue comme telle, ni vers des thèmes people à succès (regardez dans les librairies, vous verrez tout de suite ce genre de livre à la couverture caractéristique)

    J'aime bien ce que tu dis Franck quand tu parles de ma page blanche qui s'enflamme à l'approche des mots que je lui confie...c'est exactement ça!
    Et j'en suis souvent la première surprise... comme pas mal de ceux qui se laissent écrire
    "ça écrit en moi" a dit je ne sais plus qui...je vérifie cela chaque jour...

    Merci infiniment de prendre la peine de mettre ces commentaires qui rendent cet espace riche et intéressant, et rempli d'humanité
    Un espace comme je les aime...
    Je vous tiendrai au courant bien sûr
    Je suis dans une période de grand chambardement, pas seulement matériel avec ces deux publications qui me sont tombées dessus, mais surtout moral: il me faut trouver la bonne façon de gérer tout ça...

    Posté par Coumarine, 30 avril 2008 à 17:24
  • Mais oui, tu peux " vraiment être dans la vie une femme positive et aimante" et écrire en plongeant dans les "écumes des vagues" et marcher "dans les lignes de crête". Ce n'est pas de tout repos, c'est même parfois dangereux.Mais tu aimes ça et tu as raison :il s'agit de toi.
    Oui tu es une personne souriante et gentille mais tu es aussi passionnée et volcanique dans tes écrits.
    Ta voix est douce mais tes paroles écrites sont fortes et font du bruit.
    L'intérieur et l'extérieur ont tout intérêt à bien s'entendre ensemble pour créer une harmonie.J'ai l'impression que tu t'en débrouilles très bien.

    Posté par Charlotte, 30 avril 2008 à 18:05
  • Que l’écriture ne te quitte jamais!
    Dans ton écriture, il y a, comme dans les chœurs de Jean-Sébastien Bach, une polyphonie de voix et tu chantes toutes les voix, les unes à la suite des autres dans le désordre et dans la solitude. Et le lecteur partage la réelle illusion d’être le seul à vivre, à souffrir, à aimer ; être le seul à écrire ce qu’on écrit même si cela ne ressemble à rien d’autre, c’est comme vivre, c’est merveilleux.

    A bientôt!

    Posté par Jacques, 30 avril 2008 à 18:08
  • Coumarine

    C'est parce que tu parlais de rompre avec ton image...lol
    Il m'arrive d'écrire des choses dures, violentes que je serais bien incapable de mettre sous les yeux de quiconque me connait, réellement ou virtuellement, et ce par peur de voir ces lecteurs là confondre celle que je suis et celle qui écrit.

    Posté par kloelle, 30 avril 2008 à 19:04
  • Charlotte, Jacques vous connaissez cette écriture parfois si dense, parce que vous m'avez lue déjà
    Vous avez aimé...cela me rassure!
    Merci pour vos mots si gentils

    Kloelle, souvent sans oser te le dire, je me sens "sœur" d'écriture avec toi, avec ce que tu dis
    Je crois que comme moi (on me le dit je finis donc par le croire), au delà de tes mots parfois si feutrés, il y a une forte personnalité...
    J'en suis sûre...

    Posté par Coumarine, 30 avril 2008 à 22:38
  • Si les fantasmes atteignent leur plénitude à condition de ne pas être exprimés, l'écriture permet sous couvert d'une possible composition d'exhiber des violences et l'animal qu'il y a en nous.

    Posté par Maky, 30 avril 2008 à 23:55
  • C'est vrai Maky...je suis d'accord avec toi...
    (pardon de si peu venir chez toi et chez mab...je ne vais quasi plus chez les blogamis snif...)
    Ce n'est pas l'envie qui me manque pourtant...

    Posté par Coumarine, 01 mai 2008 à 00:06
  • Tu as la chance déjà Coum de maitriser deux écritures : la violente comme tu l'appelles et celle d'ici ! Alors je ne doute pas que de toi naîtra celle du moment, qui correspondra et ce que tu veux produire... juste laisser le temps au temps et peut-être aussi le temps de faire le deuil de l'ouvrage fini...

    Posté par Le Chat, 01 mai 2008 à 20:43
  • @Le Chat...tu es super gentille de m'encourager...
    Je crois que le moment venu tout se mettra en place...
    merci à toi

    Posté par Coumarine, 01 mai 2008 à 20:56
  • C'est la seule question

    Passer outre avec désinvolture car l'évidence de notre multitude personnelle en regard du questionnement de la "création pour SOI avant tout" est à situer avec lucidité au sein de l'oubli inéluctable - qui fait que votre main écrit des choses que vous appelez très dures.
    C'est la seule question ?
    Un petit bijou de mon portugais préféré : http://www.maisoublanco.fr/wordpress/?p=49

    “En ces heures où le paysage est une auréole de vie et où rêver n’est que se rêver soi-même, j’ai élevé mon amour dans le silence de mon intranquilité, ce livre étrange où s’ouvrent, tout au bout d’une allée d’arbres, les portes d’une maison abandonnée.

    J’ai mis toute mon âme pour faire ce livre, mais ce n’est pas à lui que je pensais alors : je pensais seulement à moi, qui ne suis que tristesse, et à toi, qui n’est personne.
    Et je t’offre ce livre, car je le sais beau autant qu’inutile. Il n’enseigne rien, ne fait croire à rien, ne fait rien sentir. Simple ruisseau coulant vers un abîme cendreux que le vent disperse, et qui n’est ni fertile ni nuisible.
    Telle la tisseuse, je me suis assis à la fenêtre de ma vie et, oubliant que j’habitais là et que j’existais, j’ai tissé des linceuls pour un tiède ensevelissement, dans de chastes toiles de lin destinées aux autels de mon silence.

    Que ta lecture se fasse pour moi prière, que ton amour de ce livre devienne bénédiction, et puis oublie-le, comme le soleil d’aujourd’hui oublie celui d’hier. “

    Posté par maisoublanco, 01 mai 2008 à 22:03
  • Tu sais, on m'a dit que mes écrits étaient "douloureusement tristes", "mélancoliquement beaux" aussi, alors que je suis une femme gaie, ludique, et pas du tout maso. J'ai toujours pensé qu'un journal intime était une "poubelle" pleine de ferments. Je pense aussi maintenant que si je suis gaie c'est parce que j'expulse la tristesse (ou la douleur) par les mots. Je n'ai pas encore lu tes livres, mais peut-être toi aussi expulses-tu ta "violence" par les mots ?

    Posté par , 02 mai 2008 à 14:00
  • maisoublanco...bienvenue chez moi....
    Pessoa...je connais sans connaître...mais bon...il n'est jamais trop tard

    Mû...je crois que c'est ça...cela a été très important pour moi, d'expulser ma "violence" par les mots...

    Posté par Coumarine, 02 mai 2008 à 23:30
  • Précisions

    Mon intention n'était pas de vous faire connaitre Pessoa mais de vous montrer une réflexion qui parle de vous. Nous pouvons aussi disserter sur Antonioni qui vous dit qu'on n'échappe pas à soi-même. Et moi, qui ne suis qu'un joueur de pétanque, sachez que je lance toujours le cochonet à la distance qui me convient, celle où je suis le plus fort, sans me préoccuper des spectateurs qui ont (et c'est heureux) chacun leur point de vue.

    Amicalement

    Posté par maisoublanco, 03 mai 2008 à 10:46
  • @maisoublanco...vous écrivez:
    "je lance toujours le cochonet à la distance qui me convient, celle où je suis le plus fort, sans me préoccuper des spectateurs qui ont (et c'est heureux) chacun leur point de vue"

    J'aime beaucoup cette réflexion...lancer le cochonnet à la distance qui ME convient...

    Posté par Coumarine, 03 mai 2008 à 20:57
  • Un petit mot pour t'encourager à t'oublier, à ne rien contrôler, c'est comme ça l'amour non ? pourquoi pas l'amour de l'écriture ?
    Et dans ce monde obsédé par le vrai, l'authentique, ou tout ce qui se donne contre de l'argent caché ou dans la propagande vicieuse est faux, ça fait du bien.
    La violence, je la sens aussi comme une forme de thérapie, et sa puissance est belle, respectable : l'atténuer serait la trahir.

    Posté par ppm00, 04 mai 2008 à 13:40
  • coucou

    comment dire ? j'ai bien une petite idée, mais puis-je me permettre ?
    ne doute plus, ne doute pas ! le changement ne peut pas s'opérer comme ça d'un coup!
    voyons coum. tu n'y croirais pas toi meme !
    soyons raisonnable. peut-on du jour au lendemain faire différemment ? non !
    surtout quand il est question de ressenti !
    à part une teinture, tu ne peux pas changer comme cela en un tour de main.
    par contre, le changement s'opére en toi.
    déjà tu te questionnes et tu positives...
    alors ma sugestion est de continuer d'écrire comme tu le faisais mais en pensant positif et tu verras, petit à petit
    comme le rire vient après le sourire,
    comme l'arc en ciel vient après la pluie, entrainant dans son sillage la tiédeur d'une belle journée de printemps,,,,
    tes mots vont apprivoiser le bonheur
    tes phrases vont s'alléger de douceur
    et ton texte n'en sera que plus beau...
    patience...
    ce n'est que le printemps,
    bientôt viendra l'été d'écrire comme tu le sens.
    bisous ma coum.

    Posté par rsylvie, 06 mai 2008 à 12:09
  • oups ! je me relis... et c'est pas trés clair !
    j'ai pas voulu dire que tes textes n'étaient pas beaux ... j'ai pas voulu dire ça !!!!
    et surtout j'ai voulu dire que tout évolue,
    comme la peinture, la musique, l'expression du danseur,,,,
    tout évolue avec l'acteur
    et ton écriture évolue comme tu la ressens maintenant.

    Posté par rsylvie, 06 mai 2008 à 12:17
  • Bonjour ma Reine,
    Vivement que je rattrape mon retard, en effet, car j'arrive dans les commentaires et tant a été dit...
    Certes : vieux motard que j'aimais (hum hum...)... Mais non, non, je ne fais pas de moto...
    Qu'est ce que je raconte ?
    Toutes ces questions sur l'écriture me passionnent, comme tu le sais...
    Mais je crois que je resterai toujours attaché à cette idée que tous les possibles sont en nous, les plus lumineux comme les plus sombres, et que les deux ont le besoin de s'exprimer... ou d'être exprimés... je ne sais plus... C'est mon rapport à la catharsis... Quelque chose comme ça...
    Mon utopie : laisser vivre le noir dans les créations jusqu'à l'épuiser ? Et ainsi ne garder que le lumineux pour la vie ?
    Je force le trait, bien sûr. Mais, décidément, quelque chose comme ça... oui...
    Sans doute pour cela, aussi, que je parle souvent de films "difficiles"...
    Ce qui n'implique pas à mes yeux qu'une oeuvre ait à être sombre pour être belle, bien sûr...
    Je t'embrasse

    Posté par D&D, 22 juin 2008 à 11:50
  • @D&D...tout ce que tu dis...comme je m'y retrouve...
    ici sur ce blog, je laisse le plus lumineux en moi se révéler
    mais dans mon écriture du moment, je suis sombre, amère, je mets le doigt sur les ombres,
    Je m'étais pourtant promis que plus...
    Mais tout cela est AUSSI en moi
    (contente de te voir, tu sais...je me demande comment tu vas...

    Posté par Coumarine, 22 juin 2008 à 22:33

Poster un commentaire