Elle s'appelle Sabine - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

30 mars 2008

Elle s'appelle Sabine

Voilà! c'est fini
Le générique se déroule lentement sur l'écran, lettres blanches sur fond noir, pas de bande son.
Rien. Le silence.
Les gens dans la salle ne bougent pas. Aucun mouvement, aucun bruit, tous sont comme statufiés, collés au siège qu'ils semblent pas vouloir (pouvoir?) quitter.
Mais les pensées voyagent dans la tête à du trois cents à l'heure... Les pensées, les ressentis, les questionnements, les émotions...
Je suis abasourdie, sonnée par ce que je viens de voir, l'homme à mes côtés aussi.

Nous venons de voir un film qui n'est pas un film.
Et ce film qui n'est pas un film, mais une histoire d'amour d'une sœur pour sa sœur, est d'une intensité extraordinaire, bouleversante.

elle_s_appelle_SabineSandrine Bonnaire durant 25 ans a filmé des petits bouts d'histoire de Sabine, sa petite sœur comme elle l'appelle.
Dans son histoire, il y a un avant, et un après
Sabine est handicapée mentale...
Mais dans l'histoire d'avant nous voyons une jeune fille fraîche, jolie curieuse de vivre, souriante, handicapée certes, du moins Sandrine le dit et raconte un peu...mais c'est si peu visible:  elle joue du piano, elle va à mobylette, part en voyage avec sa soeur, nage, fait bronzette sur la plage...
Dans l'histoire d'après, la jeune fille est devenue une femme et elle a perdu une bonne part de ses possibilités d'autonomie et de ses facultés mentales. Elle tremble, elle bave, elle a beaucoup grossi.

Que s'est-il passé entre les deux histoires?
Presque rien. Enfin si on peut dire... la mort d'un frère, l'internement obligé dans un centre psychiatrique.

Sabine en sort abimée. Et Sandrine blessée dans son amour pour sa sœur. Avec des questions sans réponse, qui, j'aime autant vous le dire, interpellent fortement le public, sur les possibilités d'accueil réellement "accompagnant" de ces personnes blessées par la vie.

Ce qui m'a touchée, au delà de ces graves questions d'un accueil qui ne soit une mise de force et en force dans une camisole chimique, c'est l'amour en demande et l'amour en offrande.


Sabine, comme tout le monde, comme moi, comme vous, qui demande inlassablement l'amour de sa sœur, et en doute sans cesse, au point de répéter sa question dix fois, vingt fois: Sandriiiiiiine...tu restes avec moi ce soir?
Sabine qui donne son amour, comme elle peut, par des bisous, des larmes...

Sandrine qui depuis toutes ces années veille sur cette soeur qu'elle aime, comme les autres sœurs d'ailleurs (mais c'est elle la "cinéaste"!), questionne la société sur une prise en charge valable de ces enfants handicapés mentaux qui ont grandi et dont les parents s'angoissent sur ce qu'ils vont devenir...
Sandrine qui sans aucun doute a reçu de sa petite sœur le don de compatir, le don peut-être de pouvoir interpréter dans la justesse les personnages qu'elle joue au cinéma.

L'histoire d'avant se déroule comme dans un rêve, l'ambiance de pellicule vieillie et tremblante donne un aspect poétique aux prises de vues... la jeune fille est belle comme le jour!
L'histoire d'après, qui est celle de maintenant, est simplement ancrée dans la dure réalité, un documentaire fait avec une caméra qui on le sent bien, "souffre avec"

Non ce n'est pas un film, et encore moins un film commercial...
C'est bien plus que cela... et on n'en sort pas indemnes

Deux réflexions encore:
- je suis frappée de la proximité des deux noms: Sandrine, Sabine
- Sandrine interroge, s'interroge, mais aucune agressivité, aucune revendication: bravo madame!


Commentaires

    Je ne savais pas qu'un tel film existait, merci donc de me le faire savoir! J'irai le voir car de toute ma vie j'ai toujours cru à ces valeurs simples: unité de la famille, amitié, respect de la parole donnée, présence auprès de celui qui à besoin (autant que la vie nous le permet) Je serai heureux de voir ces sentiments sur l'écran! Amitiés.

    Posté par Papa de Lili, 30 mars 2008 à 17:27
  • J'ai eu l'occasion voir des extraits, d'entendre des explications de Sandrine elle-même sur sa vie de sœur et aussi sur ce film que Sabine a vu et qu'elle a aimé...
    La situation de ces personnes et de leurs proches me laisse interrogatif, tellement ça semble inconcevable et pourtant...
    Sandrine Bonnaire quant à elle !!!
    Est-ce cette situation qui l'a faite ce qu'elle est ?
    Est-ce sa vraie nature biologique ?
    Personne ne pouvait avoir autant de sensibilité pour dépeindre ce blanc et ce noir.
    C'est du vrai, du réel...ça ne s'invente pas.
    Est-ce plus facile pour autant à transmettre aux autres ? Non, il faut le talent de comédienne, mais aussi de femme.

    Posté par Maky, 30 mars 2008 à 17:39
  • J'ai eu l'occasion de le voir également. L'émotion ne m'a pas quitté durant tout ce film !

    Posté par brigou, 30 mars 2008 à 18:14
  • J'ai vu ce film et était remuée tout autant que toi. Sandrine m'a toujours semblé une actrice un peu à part, très profonde. J'ai maintenant compris pourquoi. Je l'ai vue autrefois dans le rôle d'une jeune fille révoltée, sans abri et qui meurt de froid. Dommage qu'on ne la voit plus beaucoup ces temps-ci.

    Posté par catherine, 30 mars 2008 à 19:13
  • Ce film m'a aussi bouleversée. Je l'ai vu l'an dernier et j'avais justement mis un mot sur mon blog à ce propos. Un film qui n'en n'est pas un, mais un film qui vous secoue et dont on reparlera longtemps encore.

    Posté par cassy, 30 mars 2008 à 22:04
  • J'avais vu ce film il y a quelques mois sur la TSR, et en avais été totalement scotché. Ce regard de Sandrine sur Sabine, tendre, profond, joyeux, grave, impitoyable…

    Posté par Vertumne, 30 mars 2008 à 22:21
  • Le film comporte quand même mais pas de façon brutale la revendication que des lieux de vie existent pour les personnes ainsi atteintes. Elle explique fort bien à quel moment la garder à la maison devient impossible (Sabine est devenue trop violente et incontrôlable), et l'échec d'autres tentatives (par exemple dans un chez elle avec des aides qui se relayaient).

    J'ai eu le privilège de voir le film à l'automne en présence de Sandrine Bonnaire. Elle était admirable de modération et disait si bien la difficulté d'être et d'aider. Grâce à elle pendant plusieurs jours j'avais retrouvé courage (alors que ce que j'ai à affronter est infiniment plus léger) et pour partie foi en l'humanité.
    Je me souviens de m'être fait cette réflexion somme toute assez bizarre que dans son cas la renommée et la notoriété étaient tombées sur la bonne personne.

    Posté par gilda, 30 mars 2008 à 22:51
  • Je n'ai encore pas vu le film, il n'est pas arrivé jusque dans mes montagnes...
    Il est difficile de commenter sans avoir de base pour le faire.
    Je ne vais donc parler que de ce que je connais, la psychiatrie.
    Je connais bien la maladie, j'ai travaillé avec et pour des autistes, et avec et pour les maladies mentales en général.
    Néanmoins, même si il y a beaucoup à dire et à redire sur les établissements psychiatriques qui sont loin d'apporter ce que l'on en attend quand on est seulement observateur. Les maladies mentales ne sont pas si simples à stabiliser ou à traiter, et les établissements en question répondent souvent à deux paramètres essentiels qui sont de préserver le malade de ce qu'il représente comme danger pour lui-même et pour l'entourage voire le reste de la société dans certains cas.
    Pour beaucoup, dedans c'est l'enfer et la déchéance, et dehors n'est pas possible non plus parce qu'ils ne peuvent pas gérer même leur quotidien sans se mettre en péril.
    La psychiatrie est loin d'être parfaite, mais elle a le mérite d'être là.
    En ce qui concerne l'amour, bien sûr que c'est une souffrance, une incompréhension, une révolte pour la famille...mais la maladie évolue avec le temps et l'amour ne le voit pas toujours avec les mêmes yeux que le soignant.
    Le regard n'est pas le même d'un côté ou de l'autre de la maladie, mais l'amour si. Il faut beaucoup d'amour pour travailler dans ce milieu qui semble pourtant si deshumanisé...

    Posté par Aédia, 31 mars 2008 à 10:40
  • Je n'ai pas vu le film et ne le verrai pas...
    (question de principe d'éthique personnelle)
    Donc difficile de commenter... alors Pq je laisse un message ici ?...
    Ben, pour remercier Aedia de son commentaire...

    En effet, il y a bcp "d'amour" dans le monde de la psychiatrie, mais il est si commode de le critiquer... (pour ne pas dire si "tendance"...)

    Posté par alainx, 31 mars 2008 à 12:57
  • Je suis évidemment interpellée, je trouve ton article très beau et irai voir le film dès que possible. J'ai lu tous les commentaires, je ne doute pas que les soignants comme Aédia font leur possible et que leur travail est très difficile, mais je me permets de répondre à Alainx qu'ayant eu à faire avec les hopitaux psychiatriques de par la maladie de ma fille depuis 10 ans il y a beaucoup à dire...malheureusement...

    Posté par tanette, 31 mars 2008 à 14:18
  • Réponse à tous...

    Sandrine B. en aucun cas ne critique le centre psychiatrique qui a accueilli Sabine.
    Elle s'interroge simplement, comme n'importe qui d'entre nous qui, confronté à cette réalité et déchiré par la souffrance de la malade et la sienne propre en tant que famille, cherche à gérer au mieux le problème
    Elle interviewe un médecin du centre, et POSE DES QUESTIONS, sans aucune agressivité, elle cherche à comprendre...
    Jamais elle ne dit que c'est la centre qui est à l'origine de la dégradation de la maladie de sa soeur...elle constate, c'est tout, sans agressivité, et même sans amertume
    Elle se demande si cette aggravation est de l'ordre "normal" d'évolution de la maladie, ou si elle (ou sa famille) a loupé un tournant important (il semble que les familles aient souvent un fort sentiment de culpabilité...)ou si ce sont les médicaments donnés en dose massive (pour protéger Sabine de sa violence, mais aussi pour protéger les soignants aussi, il ne faut pas se leurrer!)qui ont accéléré le processus
    Elle cherche...s'interroge devant et avec nous...
    La structure dans laquelle se trouve Sabine actuellement est de type "familial" (structure pour laquelle elle s'est battue...)
    Les soignants sont manifestement formés à l'écoute active (la reformulation) et le respect aux malades...
    La situation n'est pas présentée comme idyllique par rapport au centre psychiatrique. Il y a des moments difficiles que Sandrine filme comme les autres...(et pourtant elle ne nous met à aucun moment dans une situation de voyeurs, c'est étonnant!)
    C'est un film rempli d'amour, c'est tout ce que je peux dire
    Et toi, Tannette, ainsi que les autres qui m'ont écrit perso...je vous assure que c'est un film qui nous remplit de RESPECT pour ces personnes différentes, si fragiles et si fortes (oui! si fortes!)
    Je suis allée voir ce film, parce que tout ce qui est humain m'intéresse...je voulais me faire ma propre idée
    Et je dis que Sandrine B. est UNE GRANDE DAME
    (je ne l'appréciais pas plus que ça en tant qu'actrice, mais en tant que personne...je sais maintenant quelque chose d'elle, et je suis en admiration

    Posté par Coumarine, 31 mars 2008 à 16:05
  • C'est très émouvant ce que tu décris. Et ça interpelle. Je ne raterai pas ce film !
    Kiki

    Posté par Posuto, 31 mars 2008 à 16:59
  • Témoignage en Art Majeur !

    Cet hommage à l'amour fraternel est un incontournable, je l'ai vu deux fois : à la télé puis au cinéma. Je trouve qu'il pose les vraies questions sur les failles et les exploits dans l'accompagnement de personnes handicapées par accident de développement personnel, et insuffisance des réponses collectives qui ne voient que l'aspect économique et rationnent l'attention humaine.Cette question est brûlante d'actualité.Comment préserver les liens affectifs et de solidarité familiaux face à la maladie chronique invalidante ? Comment éviter les ruptures de prises en charge pour des personnes dépendantes à la fois psychiquement et dans l'accomplissement des actes de base de la vie quotidienne ? Il y a belle lurette que les associations de familles ont cherché des solutions alternatives et des lieux de vies pour leurs proches malades, mais le désengagement de l'état sur le financement de lieux d'accueil et de soins à taille humaine est vraiment une plaie ouverte. Les personnes mentalement fragiles nécessitent à la fois des relations humaines stables et des interlocuteurs attentifs qui les aident à tolérer l'angoisse de l'inconnu. Les traitements médicamenteux sont souvent indispensables mais leur emploi massif et surtout exclusif maintient les personnes dans une sorte d 'indifférence affective avec des trouées de lucidité qui aggrave la dépression souvent sous-jacente. On voit bien qu'on a affaire à une intelligence endolorie et assourdie qui n'a pas ou plus les mots pour se faire comprendre d'autrui et en vient à s'exprimer par des comportements perturbants pour l'entourage.Celui-ci ne tient le coup qu'en étant aidé, relayé ou remplacé avec tact au moment des crises. Il faut savoir que tout le monde souffre dans de telles conditions de proximité et que le découragement doit être en permanence combattu. Il faut savoir aussi que ce que l'on vit dans ces relations extrêmes, est de l'ordre de l'expérience inoubliable, constructive et humanisante. Sandrine et Sabine sont des femmes d'aujourd'hui.

    Posté par Mth P, 31 mars 2008 à 19:16
  • Je l'ai vu . Beaucoup d'écho émotionnel en moi.
    Ketty ( ma soeur) est notre sabine à nous.

    Posté par la discrète, 31 mars 2008 à 20:45
  • @Kiki...oui, cela vaut la peine de voir ce très beau film

    @Mth...chaque phrase de ton commentaire est importante...
    Tu mets en plus l'accent sur quelque chose de capital, c'est que l'Etat (ou la société) ne prend pas au sérieux les personnes faibles qui la composent, ne dégagent pas de budget en suffisance
    Donc pas de structure à taille humaine (ou si peu), pas assez de personnel formé non seulement à soigner, mais à accompagner dans le relationnel,
    Et ce personnel évidemment sous-payé...Sandrine raconte qu'elle a dû se battre pour créer finalement cette "maison" à caractère familial ou se trouve sa soeur et quelques autres malades (pas beaucoup)...et que elle a dû faire appel à sa notoriété pour y arriver finalement
    Mais les besoins sont immenses...
    Merci pour tes mots mesurés sur ce sujet grave

    Posté par Coumarine, 31 mars 2008 à 21:22
  • La discrète

    Oui je sais, je sais...et c'est à toi et à Tanette (et à d'autres encore) que j'ai pensé en écrivant ce billet...
    tendresses

    Posté par Coumarine, 31 mars 2008 à 21:24
  • Parce que mon enfant ressemble beaucoup à la Sabine d'avant dans ses attitudes, je suis sorti de ce film avec un mal-être qui ne m'a pas quitté de quelques jours, la peur qu'elle puisse un jour devenir la Sabine d'après.
    Le film est très fort, très dur.

    Posté par Rebert, 31 mars 2008 à 22:39
  • C'est simple... Pour l'Etat...

    Une assurance hospitalisation (et encore, il s'agit d'une assurance de type privé) n'intervient pas dans une hospitalisation en hôpital psychiatrique (du moins certaines assurances, peut-être pas toutes, je ne les connais pas toutes). De sorte qu'il faut parfois renoncer à une hospitalisation qu'on ne pourrait assumer financièrement. Et se soigner en ambulatoire. C'est très dur ! Et si on le fait quand même, quel terrible suicide financier!

    C'est tellement difficile. Cela demande une grande maîtrise de soi et met la famille fortement à contribution. Et je sais hélas, combien c'est épuisant pour la famille. Même quand on ne souffre que d'une souffrance mineure par rapport à ces maladies mentales tellement dures à vivre.

    Je ne sais pas si j'aurais le courage de le voir au cinéma, mais s'il passe un jour à la télé, je pense que je le regarderai. Effectivement, Sandrine Bonnaire est quelqu'un de fort à part.

    On peut toujours commenter sur la question psy, humaine, "je suis homme et rien d'humain ne m'est étranger"... Même si on n'a pas vu le film.

    Posté par MF, 31 mars 2008 à 23:11
  • j'en ai largement entendu parler, de ce film.
    J'ai tout de suite imaginé qu'il devait être fort, très fort...

    Posté par Val, 31 mars 2008 à 23:19
  • Rebert

    je sais aussi pour toi combien cela te touche...

    Je n'ai pas le pouvoir de te rassurer concernant ta fille...et je comprends ton angoisse qu'elle ne devienne comme la Sabine d'après...
    (J'aimerais savoir comment ça va pour toi...
    Si tu as deux minutes, écris-moi...)

    Posté par Coumarine, 31 mars 2008 à 23:29
  • @MF...c'est exactement cela: c'est une question de sous! Et cette question passe après ce genre de détresse
    Investir davantage de moyens...mais pas que dans le matériel et technique, dans l'humain, l'empathie, le respect des personnes

    @Val...oui très fort...je l'ai écrit, les gens sont collés au fauteuil quand le film est fini, et le silence témoigne combien ils sont touches!

    Posté par Coumarine, 31 mars 2008 à 23:33
  • Un poème... pour ne pas oublier... et promouvoir la dignité de ceux et celles qui souffrent ou côtoient la souffrance ...

    D'une jeune fille que j'ai connue, qui jouait du piano, mais n'a pas trouvé d'autre issue, malgré des soins intensifs , le soutien constant de sa famille et de ses amis, que de "partir" brutalement, prématurément dans un raptus d'angoisse...

    C'était il y a longtemps... Je m'en souviens encore... Et j'en ai connu d'autres puisque c'est mon métier ... Elle s'appelait Marion...

    *

    Je t'aime, inconnu d'argile
    perdu sur la liste des objets trouvés.

    Je t'aime, déserteur de mon âme,
    je t'aime en ces pentes
    plates
    et sereines,
    où le semeur de mon
    coeur
    sème
    loin des mâts de cocagne
    de ces villes éparses
    de ces villes paperasses.

    Tiens, j'ai tourné la page !
    c'est comme un oreiller qu'on
    retourne,
    parce que c'est mouillé,
    à cause des larmes.

    Je t'aime, distant étranger,
    perdu dans les vallées
    de mon silence,
    Où tu cueilles en tremblant
    des étoiles.

    Je t'aime,
    et cela en vain, Monseigneur.

    *
    ________________________

    Marion Grenard, Le mur du songe, Editions Solange Brault de Bourneville, Octobre 1999, p.24.

    Marion est morte le 29 Avril 1989 à l'âge de 21 ans.

    Les poèmes ont été publiés par ses parents.

    Posté par Mth P, 01 avril 2008 à 00:32
  • Lumineuse Sandrine qui parle si bien et tout en demi teinte de Sabine

    Posté par mab, 01 avril 2008 à 08:59
  • @MTh...mais dis, ce poème est magnifique...
    pas simplement par son contenu émouvant et d'autant plus qu'il concerne une jeune fille qui souffre et va mourir
    Mais au niveau de l'écriture (et toi comme moi, nous pouvons en juger hein!...c'est splendide!
    Merci de nous l'avoir donné en partage...

    @mab...oui...

    Posté par Coumarine, 01 avril 2008 à 09:25
  • beaujour coum

    et bien moi, je vais vous dire ....
    blablabla...
    -"quoi sylvie ? t'es pas bien" !
    -"si je suis bien !
    j'en ai seulement marre qu'il n'y ait d'écoute, ni de retombée que si une personne est célèbrement connue !
    combien de parents d'enfants handicapés
    combien de soeur d'enfants trisomiques
    combien de frère de soeur épileptiques
    combien de maraine de filleul autistes
    n'ont posé les memes questions, n'ont crié les memes souffrances, n'ont pleuré les memes constats d'échec ou d'espoir ?
    mais on ne les a pas entendu
    on ne les a pas regardé
    on ne les a pas écouté ...
    ils n'étaient pas célèbres, ils n'étaient pas connus du grand public !
    cela ménerve tout le taintouin que l'on fait autour d'un tel qui monte une association parc'que son fils, ou sa fille est morte de, souffre de...
    l'auraient-ils fait sinon ?
    tous ces bien pensants, étaient-ils à la manifestation du 29 mars samedi" ?

    -"bon sylvie, t'as tout dit" ?
    -"oui !
    "enfin non, faut pas mettre tout le monde dans le même torchon et surtout un grand merci à eux
    pour ce qu'ils font.
    au moins ils ont le mérite de faire quelque chose... (et loin de moi de remettre en cause l'acte par lui même, la beauté du geste, l'élégance des mots pour parler de la douleur)
    et en plus si cela peut faire avancer l'Etat
    c'est encore mieux" !

    Posté par rsylvie, 03 avril 2008 à 16:19
  • Sylvie...merci pour ton coup de gueule
    Et la tendresse avec lequel tu le donnes )
    je t'embrasse

    Posté par Coumarine, 03 avril 2008 à 16:53
  • ouf

    j'avoue avoir eu un peu peur de ne pas être comprise !
    mais j'me suis dit, franchise... franchise
    n'est-ce pas un des sujets du livre d'une certaine ...
    j'me rappelles plus, enfin un des sujets est :
    -sur la difficulté d'écrire ce que l'on pense... et de la manière dont cela peut être perçu !
    vrai pbm... qui pour moi n'en est pas un, mais au contraire est un challenge.
    car il permet d'apprendre à dire les choses, la manière de ne pas offenser, brusquer, chagriner, agresser,,,, bref
    il y a encore du pain sur la planche !

    Posté par rsylvie, 03 avril 2008 à 17:12
  • tu y es parvenue à merveille chère Sylvie!
    Tu me fais réfléchir
    Et il n'y a aucune agressivité dans ton commentaire
    j'apprécie...

    Posté par Coumarine, 03 avril 2008 à 19:50

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