Un couple infernal: sentiments (bons) et littérature - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

14 mars 2008

Un couple infernal: sentiments (bons) et littérature

Donc voilà, à propos de bonne littérature liée aux bons sentiments...

Les "bons "sentiments" c'est quoi exactement?
Ca pourrait être quand tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (trop gentil) et hop ça finit par un mariage entre le Prince charmant et la bergère, ou la Princesse et le crapaud et ça pleure beaucoup dans les chaumières... (mais ce que le conte ne dit pas forcément, c'est que c'est ALORS que tous les emmerdes commencent...)

Roman de gare, de métro, de couette avant dodo, de coin de table à la cuisine en surveillant une cuisson (tiens comme souvent lors de nos promenades sur les blogs...)
Nécessaires d'une certaine façon... autant qu'un film drôle, ou un film guimauve pour midinette, qui font oublier l'espace d'un court instant les explosions bang bang ou les dérives bling bling qui ont tendance à se généraliser, dès qu'on ouvre un journal, dès qu'on ouvre la télé...

La littérature "bons sentiments", c'est la littérature tartinée à coups d'amour, de beau, d'émotion, de tendresse...ça  commence toujours mal, ça fait frémir, trembler même, sinon il n'y aurait rien à dire donc à lire, et ça finit dans l'émotion, sortez vos mouchoirs...
L'amour est le plus fort, même si la maladie ou même la mort passent par là.

Je n'ai pas honte de dire que j'ai AUSSI besoin de temps en temps de lire ce genre de trucs bons sentiments, ça me restaure le moral, ça m'aide à croire en l'être humain. Ou alors c'est juste une distraction comme le film des ch'tis hahaha, hihihi que je vous recommande. (que ça fait du bien de rire!)

Il y a assez  de sombres écrivains qui écrivent dans l'obscurité de leurs chambres noires et désespérées... au secoursssssssss! j'ai besoin d'air et de lumière... rendez-moi mes arbres... rendez-moi les mots poétiques et tendres, la caresse simple, la parole fragile et si précieuse...

Et moi dans tout cela?
Il fut un temps où je croyais qu'écrire, c'était vomir
Vomir le plus noir, le plus sombre, le plus horrible, le plus terrible...
Ça marchait...ben oui! je suis même montée sur des podiums avec mes écrits désespérés

Alors j'ai exagéré, je croyais que c'était ça, écrire dans l'authenticité
J'avais tort. Je sais qu'il est plus simple, plus facile d'écrire le plus noir du noir du monde et des hommes, que de d'écrire résolument ce qui va toucher l'autre au cœur de son humanité. Cette écriture-là risque c'est vrai de virer vite au miel, au mièvre, au collant, à l'écoeurant 
Ecrire dans l'authenticité...c'est cela qui fait à mon humble avis la véritable littérature

Avec c'est évident, un souci particulier pour le "bien dire", le bien écrire
Mais cela, j'en suis persuadée, cela s'apprend, question  de persévérance...
Si l'on aime écrire, tous les jours sa petite dose, pour soi, humblement pour soi

Alors au bout d'un moment, invariablement on arrive dans l'authentique, dans la véritable émotion, celle qui fait grandir (vous comprenez ce que je veux dire? il y a des livres poignants qui font grandir), parce que forcément les faux semblants, ou les recettes de noirceur se dénoncent et s'annulent d'eux- mêmes

Obligatoirement!


Commentaires

    Et toi, Coumarine, comme tu situes ta propre production littéraire ?

    Posté par alainx, 14 mars 2008 à 16:03
  • Je suis tentée d'écrire que je n'aime pas les livres qui vomissent leurs bons sentiments et c'est paradoxal car j'ai l'impression de n'écrire que dans ce registre "l'hymne aux bons sentiments": un besoin de douceur dans un monde de brutes ?

    Posté par kloelle, 14 mars 2008 à 16:13
  • Nécessaire, les "bons sentiments" ? Je ne sais pas. En tous les cas, pas en littérature, je n'en suis pas "capable", ou si rarement…
    Pour ça, pour remplir le besoin de "ce genre de trucs" comme tu dis, il y a plutôt la télé, non ? Là au moins tu ne choisis pas, tu prends ce qu'on te donne, tu jettes aussitôt après, et une fois rassasié (ou écoeuré, c'est selon), tu te plonges dans "La route" (McCarthy) ou "Pardon mère (Chessex), par exemple…

    Posté par Vertumne, 14 mars 2008 à 16:14
  • Alain...j'écris dans l'authenticité
    Et dans l'émotion, vraie, pas factice, pas artificielle. C'est ma quête...

    Comme ici d'ailleurs, j'essaie d'être vraie
    Parfois je suis sombre (je l'ai été dans les premiers temps de mon écriture, il fallait que des choses sortent)...c'est vrai...mais je jamais je ne "joue" à la sombre

    Mon prochain livre, préfacé par Armel Job est "émouvant", très...tu en sais déjà quelque chose )

    Posté par Coumarine, 14 mars 2008 à 16:15
  • oh là là! je sens que la discussion va se révéler serrée...chouette

    Kloelle...si un livre "vomit" des bons sentiments, c'est que ce n'est pas de la littérature, mais des trucs guimauves
    Ce n'est pas du tout ce que tu fais...
    Je prétends (et je signe) que c'est plus facile d'écrire soooooooooooombre
    que les yeux fixés sur un chemin d'Espérance

    Vertumne...en fait je ne mets pas sur le même vocable les sentiments guimauves et les sentiments qui touchent le plus humain en nous

    Je réalise que j'ai amorcé un sujet difficile!!!!

    Posté par Coumarine, 14 mars 2008 à 16:21
  • Je suis assez d'accord avec toi : c'est vraiment facile d'écrire des horreurs... Je ne sais pas pourquoi ; sans doute l'écriture permet t-elle de lever des tabous, des interdits, des choses refoulées ? Il suffit de regarder les productions de certains écrivains réputés (ou celles de beaucoup de participants à PP...

    Posté par Sammy, 14 mars 2008 à 17:35
  • Je ne suis pas sûre que ce soit une question de facilité, (écrire sombre ou pas) mais parfois de complaisance. S'y complaire dans le sombre.

    Les "bons sentiments" a pour moi un sens péjoratif, un jugement de valeurs.
    Je préfère, comme toi, l'authenticité.

    Posté par Fauvette, 14 mars 2008 à 18:23
  • Moi, je prefere le vrai, en littérature!
    Ni de bons sentiments forcés. Ni de mauvais à souhait!
    Juste des réels!
    Des histoire simples de gens biens, avec leur travers et leurs défauts, leurs vices?, leurs démons...
    Ni plus ni moins!
    Là, si c'est bien écrit, je fond!

    Posté par Val, 14 mars 2008 à 19:06
  • @Sammy...tu as raison, souvent nous sommes étonnées de voir qu'une consigne d'écriture anodine, produit des textes durs, violents
    Et tu as raison encore, je suis sûr que par l'écriture on lève des tabous, on gratte des plaies
    J'en parle de cet aspect "thérapeutique" de l'écriture dans mon livre...

    @Fauvette...dit comme ça, c'est sûr que "bons sentiments" a une aspect péjoratif
    Et pourtant...
    Sandrine Bonnaire, en filmant sa soeur autiste a fait un film de "bons sentiments"
    mais dont la réalité est très douloureuse...

    @val...oui d'accord avec toi à cent pour cent!

    Posté par Coumarine, 14 mars 2008 à 19:21
  • Je retire ma très-officielle plainte déposée ici même hier au soir, elle n’a plus lieu d’être ;o)
    Je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis. J’ajouterai mon point de vue de correcteur de commentaires littéraires, car ton titre m’y a renvoyé instantanément. Combien d’étudiants (même certains présentant les concours les plus prestigieux) commentent avant tout les sentiments (lus ou moins bons) des textes qu’on leur propose, et cet écran de fumée les empêche de s’intéresser à l’écriture, qui elle seule donne ou non son caractère littéraire à l’histoire racontée.
    En te lisant, je me dis que cet écran de fumée des bons sentiments est sans doute bien pratique pour les écrivains qui n’ont pas envie d’aller plus loin que la littérature de gare ou à la guimauve. Ça évite que le lecteur aille voir plus loin…

    Posté par Franck, 14 mars 2008 à 19:35
  • Exact (je rejoins Franck dans ce qu'il dit...) prenons un exemple simple: les bons sentiments semblent se ranger sous la bannière du roman sentimental...

    A contrario, dans le roman policier, les plus mauvais sentiments (puisqu'ils conduisent au meurtre) seraient le fond de "commerce" o du roman en question. Or, on a de (très) mauvais romans policiers et de bons romans sentimentaux. La tension étant plus forte dans le roman policier, on aurait tendance à considérer ce genre comme plus intéressant que le sentimental, or, finalement, quoi de plus difficile que de faire un bon écrit sentimental? Cela vaudrait la peine d'être sous la couette et de lire un roman dont on se dit, tiens, finalement, ce n'est pas si mal que ça...

    Cela tient donc à autre chose, certainement à la qualité de l'écriture, encore qu'il y ait des romans policiers mal traduits (ou dans un style initial qui ne correspond pas à nos sensibilités, je pense à Patricia Cornwell qui fait de bons romans policiers, mais dans un style déroutant, fort "américain"), mais dont les "ficelles" tiennent le coup. Mais Cornwell par exemple, est moins tarte à la crème que Mary Higgins Clark.

    C'est donc une question de style, mais de clichés aussi, je crois. Le roman ou n'importe quelle production littéraire ou écrite gagne en qualité quand elle perd en lourdeurs, en clichés, en idées et images toutes faites. L'authenticité, ce serait aussi d'écrire avec sa propre originalité, sa voix propre, et c'est une quête qui n'est pas facile, bien sûr.

    Puisqu'AlainX te demande comment tu te situes par rapport à ton travail d'écriture - par rapport à tout ce que tu as déjà écrit... Moi, je (moi je o puis dire ce que j'apprécie en tant que lectrice. Ainsi, dans ton livre (papier) sur le blog, j'ai beaucoup aimé lire et relire certains textes de la Petite Sardine. Ils sont extrêmement pertinents (au sens linguistique du terme) dans leur impertinence. Aussi, j'aime moins quand tu écris noir de noir, sauf quand tu y mets une petite touche de férocité et d'humour (un peu à la Armel Job finalement - dont la Rose et moi, venons de lire quelques bouquins o disons qu'entre le noir de noir et les textes plus "consensuels", j'aime bien quand tu y mets cette touche d'originalité et d'humour un peu déjanté. (Oui, oui, c'est bon de rire et en même temps, il y a quelques belles paires de mots dans la Petite Sardine o (mais pas que, bien sûr!)

    Posté par Pivoine, 14 mars 2008 à 20:52
  • Mais j'aimerais compléter et poursuivre, il y a non seulement les lives qui font grandir (euh, ça justement, c'est quelque chose qu'une certaine pudeur m'empêchera toujours de dire o mais aussi, il y a les livres qui rendent heureux. Heureux et joyeux. Qui comblent. Parce que (je pense surtout au roman ici), ce sont des "sommes" romanesques quasiment parfaites. Plus ou moins bien écrites... Mais plus un livre me comblera, plus il y aura pour moi un côté jubilatoire au fait de le lire et de le relire jusqu'à en connaître des pages quasiment par coeur. Je ne sais pas si c'est "la littérature", disons que c'est "ma" littérature et que chacun a peut-être, sûrement même, sa propre littérature.

    Ex. (pour poursuivre la question de la littérature sentimentale, question qui me passionne comme tu t'en doutes o Les Anglaises ont nettement mieux "réussi" dans ce créneau que les Français... Il suffit de penser aux soeurs Brontë et à Jane Austen, reconnues aujourd'hui comme de véritables écrivains. Et pourtant, c'était de la littérature sentimentale et qui finissait toujours bien (même si pendant, ça se passait plutôt mal, ex. Les hauts de Hurlevent - ou de façon étonnamment réaliste, chez Jane Austen).

    Posté par Pivoine, 14 mars 2008 à 21:04
  • Authenticité

    Se dire, s'écrire dans ses bons et ses mauvais sentiments, reconnaître ses propres violences, ses propres peurs, ses propres désirs, sans se tromper soi-même,accepter de se livrer ou accepter de se taire quand c'est nécessaire, reconnaître ses chagrins mais savoir aller plus loin pour accueillir la joie quand elle vient, voilà le travail de toute une vie qui transparaît dans des écrits qui évoluent au fil de la vie de ceux qui osent s'écrire en prose ou en poésie par la symbolisation.
    Sur ces grandes pensées, bon week end!

    Posté par catherine, 14 mars 2008 à 21:16
  • Tu as peut-être remarqué que mes petites histoires n'ont jamais de méchants ni de méchancetés! Non que je n'en ai pas vus où connus! Mais qui aimerai lire que j'ai assisté à l'assassinat d'un chauffeur polonais par les vopos de la R.D.A où à la mort affreuse d'un automobiliste coincé par sa ceinture dites de sécurité dans sa voiture en feu!
    L'horrible où l'inconcevable sont autour de nous, partout visibles. Faut-il en rajouter?
    Amitiés Coumarine.

    Posté par Papa de Lili, 14 mars 2008 à 21:56
  • Et moi qui croyais,...

    Et moi qui croyais qu'il fallait vivre dans un environnement hostile et tel le petit poucet, raconter son épopée, pour enfin être couvert de gloire et de reconnaissance littéraire éternelle

    Vous croyez que mon histoire de mère de famille tranquille avec deux enfants, allant bosser tous les jours va passionner les foules

    Bonne soirée
    Fanfanc26

    Posté par fanfanc26, 14 mars 2008 à 22:11
  • @Franck...ce que tu racontes, c'est ce qui se passe souvent sur PP. Les gens réagissent à propos du CONTENU du texte et c'est très bien, ils disent s'ils ont été touchés
    Mais rares sont ceux qui perçoivent la façon (bonne ou moins bonne) dont est écrit le texte...oups je vais me faire taxer de prof à lunettes prétentieuse là!
    Mais il est évident que là se situe le texte "littéraire", dans la façon dont il est écrit AUSSI

    C'est pour ça que je te dis merci Pivoine pour ton intéressant commentaire...et tu as parfaitement raison: on peut écrire un très bon roman sentimental et un roman policier de gare

    D'autre part, c'est étrange que tu me parles des épisodes de La Petite Sardine qui se trouvent ici et que j'ai repris quasi tels quels dans le bouquin (pour y ajouter une note de détente)
    C'est écrit en langage parlé, pas du tout littéraire...or ça passe, et même très bien...je croyais que l'éditeur me demanderait de couper ça, et non! il y tenait à mes aventures de la petite sardine!
    Maintenant il est possible que je me fasse critiquer par ces passages qui ne font pas sérieux! On verra...

    Posté par Coumarine, 14 mars 2008 à 23:06
  • "Vous croyez que mon histoire de mère de famille tranquille avec deux enfants, allant bosser tous les jours va passionner les foules..." dit Fanfanc26.

    J'aurai envie de lui dire OUI...mais !
    A mon avis, tout sujet est porteur.
    L'essentiel me paraît être la trame, la technique, à savoir :
    - le type de construction, la progression, le retour en arrière, l'aller et retour
    - la peinture des personnages
    - Le non respect des trois unités du théâtre (Action-Temps-Lieu)
    - La richesse du vocabulaire (néanmoins accessible)
    - Et...la magie ! La capacité à nous faire lire en trois dimensions ! au lieu de deux...

    Posté par Maky, 14 mars 2008 à 23:13
  • @Pivoine...j'ai réagi à ton comm dans la foulée de ma réponse à Franck...

    @Catherine...tu parles surtout ici de l'écriture dans les écrits autobiographiques...
    Et j'aime beaucoup la façon dont tu dis les choses...
    Bon WE à toi aussi

    @Papa de Lili...exact...vous écrivez dans l'authenticité, vous touchez le profond de l'âme humaine, aussi dans sa légèreté, son besoin d'humour
    Pour moi, je vais vous dire...vous êtes un GRAND! parce que ce n'est pas facile à écrire de cette manière sans verser justement dans le mièvre-

    @fanfan...tu plaisantes j'espère? toutes les "odyssées humaines" sont intéressantes...toutes!
    Et en racontant vos histoires toutes simples, vous rencontrez le vécu des autres...
    Vous êtes un miroir rassurant: c'est aussi cela écrire!

    Posté par Coumarine, 14 mars 2008 à 23:14
  • yèèèèèèèèè
    Macky!
    Je sens que je vais t'inviter à devenir admin sur PP (zut, tu n'y écris pas...mais ça fait rien, je manque d'effectifs))
    parce que ce que tu viens d'écrire là, c'est génial et montre que tu as le sens du texte, le sens de l'écriture
    A lire et à relire
    Tiens je passerai cela aux participants de mes ateliers d'écriture...!!!
    (merci)

    Posté par Coumarine, 14 mars 2008 à 23:18
  • Après maky je n'ai rien à ajouter il a tout dit et bien dit.

    Posté par mab, 15 mars 2008 à 07:56
  • écrire dans l'authenticité... comme au théâtre, mettre cartes sur table avec sincérité et justesse... ne pas tricher... et puis parfois on n'y arrive pas vraiment, c'est difficile, non parce qu'on a envie de tricher mais parce qu'aller au fond de soi prends du temps et demande du courage...
    tu sais quand je viens chez toi je sais qu'à chaque fois je vais avoir une belle leçon de vie et ça me prouve à quel point les mots sont beaux quand ils sonnent authentiques...

    Posté par Le Chat, 15 mars 2008 à 10:58
  • D'accord avec les commentaires de Catherine et de Maky... Ecrire combine un outillage de mots, des mécaniques subtiles et des plans secrets dont on ne sait jamais vraiment comment ils s'articulent, dont on ignore s'ils sont la fin ou le moyen.
    J'aime ce billet car il explore et récapitule nos sources d'inspirations... Humblement, je pense que toutes les formes d'écriture sont nécessaires en littérature, que chacune implique, afin de montrer qu'elle est parfaitement maîtrisée, une nuance, un contraste qui permet d'enrichir le motif. L'eau de rose mérite bien quelque fortifiant puisé à la source du destin, et le noir s'accomode très bien d'une pincée d'ironie. Enfin le bon sentiment nourrit toujours en son sein un démon roublard que la plume de l'écrivain peut convoquer à la fête des mots... L'authenticité n'est-elle pas le reflet de la vie, ce composé de choses et d'autres, d'éternité passagère et de passagers en quête d'infini ? Grandir, c'est parfois revenir à l'essentiel et se rapetasser au coeur immobile...
    Merci pour ces réflexions stimulantes... Alex

    Posté par iskander, 15 mars 2008 à 12:59
  • "Ecrire dans l'authenticité...c'est cela qui fait à mon humble avis la véritable littérature"

    Cette phrase nécessiterait que tu précises ce qu'est l'authenticité...
    est-ce l'expression émotionnelle de soi ? sa mise en mots par l'auteur ? (ce qui réduit la littérature au discours du "je"...)

    Mais alors il faut qu'elle soit brute de décoffrage pour être "authentique"...
    tout travail sur l'écrit par l'intellect éloignera de l'authenticité.

    Et puis, quelle est "l'origine" des sentiments dans l'acte d'écrire.
    L'auto-émotion guette l'auteur.
    Est-elle authentique à tes yeux ?

    Pour écrire "authentiquement" un personnage crapuleux, il faut le devenir soi-même ?

    Par exemple, pour reprendre ce que citait Pivoine, "la petite sardine" préside-t-elle d'une écriture authentique ? Et en quoi ?

    (mes questions ne veulent pas te mettre en porte-à-faux [ce qui n'aurait guère de sens!!] c'est juste que je ne saisis pas tout.... que veux tu je ne suis pas un écrivain !)

    Posté par alainx, 15 mars 2008 à 20:45
  • Alain

    Tu m’obliges à faire une réflexion plus complète sur le travail d’écriture…
    Tes questions sont exigeantes, merci de les poser

    Et je vais tenter non pas d’y répondre (chacun se fait SA réponse perso) mais de donner mon avis, qui vaut ce qu'il vaut

    L’authenticité d’un auteur se rencontre tant dans le blog (qui s’écrit au « JE »), dans le récit autobiographique (idem) que dans un roman, une fiction...
    Il y a des récits en « je » qui sentent le superficiel, la construction arbitraire, l’exagéré, le texte pour se rendre intéressant! Cela ne s’explique pas par des arguments: on ne démonte pas scientifiquement ce qui fait qu'un texte sonne juste. Même la critique du livre partira sur des arguments d’émotion de celui qui la fait, quand bien même il la fait sur un ton mesuré qui se veut neutre. La critique bien faite parlera aussi de la manière dont l'auteur a rendu une atmosphère, des personnages, une époque...la critique abordera aussi le style du texte

    Le lecteur qui ne se laisse pas éblouir par la réputation d’un auteur à la mode, ne s’y trompe guère…il reconnaît ce qui le touche, parfois profondément…il reconnaît le « vrai » même si le contenu du livre est dur, douloureux...ce qui importe c'est qu'il touche l'HUMAIN!

    Bien sûr chacun peut se laisser toucher par des choses différentes, selon son état du moment, ses préoccupations, ses sujets d’intérêt etc.

    Si on décrit un personnage « crapuleux » ou abject…je crois vraiment qu’il faut, durant le temps de l’écriture, se mettre réellement dans la peau d’un personnage de ce type…au même titre qu’un comédien, qui accepte de grossir ou de maigrir pour interpréter un personnage, ou d'apprendre l'art martial ou le piano

    Cela ne veut pas dire que l’auteur EST ce personnage, mais qu’il se documente, puis accepte d’entrer dans sa peau…pour le rencontrer comme il est …pour pouvoir le décrire, le faire parler le plus authentiquement possible…

    Ce qui n’est pas facile bien sûr. Cela ressemble à un jeu, à un défi…qui peut être dangereux aussi, certains se sont détraqués ou perdus à ce genre de jeu.
    Quand on est "en écriture" on quitte sa vie normale le temps de l'écriture (une heure, deux heures ou plus...le tout c'est de pouvoir rebondir, et redevenir celui ou celle qu'on est

    Un texte qui sonne authentique peut être écrit de manière très maladroite, dans une écriture quelconque et lourde …pour moi, ce ne sera en aucun cas pas un texte littéraire

    L’écriture originale, qui peut jouer dans tous les registres est une écriture travaillée, soignée.
    C'est affaire de talent, mais aussi de travail

    Donc pour moi, il y a le contenu (qui doit sonner authentique, mais AUSSI la façon dont il est rendu…donc le style, le travail d’écriture…

    Et tant mieux s’il y a des écritures différentes, cela évite de se lasser…

    Quant à la Petite Sardine, ces textes de type ‘blog » ne sont pas littéraires : ils tranchent nettement sur le style du reste de mon livre (qui est de type "classique", contrairement au suivant qui délibérément et pour mon plaisir, adopte une écriture beaucoup créative et originale..

    Mais ils ont leur raison d’être dans le livre, qui parlent des blogs dans tous leurs aspects, même outranciers

    L’éditeur a dont accepté d’intercaler, comme je le proposais, ces textes ‘comiques » dans le corps du texte plus sérieux du livre

    Voilà ce n’est qu’en embryon de réponse

    Je suis contente d’avoir l’occasion de m’exprimer à ce sujet, car je suis obligée de clarifier ma pensée

    Posté par Coumarine, 15 mars 2008 à 21:39
  • Merci Coumarine, d'avoir pris le temps de répondre aussi longuement....
    Que tu en sois contente me permettra d'y revenir ... car le sujet m'intéresse....
    mais bon.... je vais pas abuser ici...
    Bien qu'il me reste des questions !!

    Posté par alainx, 16 mars 2008 à 18:30
  • Alain...c'est quand tu veux...
    J'aime beaucoup cet échange (aussi sur le billet suivant...il est "vivifiant"!

    Posté par Coumarine, 16 mars 2008 à 20:53
  • Les mots ...

    Je découvre votre blog et j'aime ces mots . Pour moi, l'écriture est une mise à nu , je crois qu'il y a toujours une part de nous dans les mots ... j'aime ce genre de débat . Je repasserai.
    Bonne journée

    Posté par Bruno, 18 mars 2008 à 08:27
  • merci Bruno
    Soyez le bienvenu ici
    Je crois avoir lu que vous partagez la passion des mots...

    Posté par Coumarine, 18 mars 2008 à 21:57
  • Je passe

    Bonjour
    On a du se croiser une fois ou deux pour une bonne cause, et je repasse ici pour voir les nouveaux papiers peints, c'est bien, je vous engage à continuer.
    Sourire sabbatique

    Pasmonkov

    Posté par pasmonkov, 22 mars 2008 à 10:15
  • me suis demandé qui vous étiez...
    suis allée voir
    mince...il y a des choses que j'aime...beaucoup
    Des images et des mots...
    je reviendrai, ça c'est sûr

    Posté par Coumarine, 22 mars 2008 à 10:32
  • Grandir

    La véritable émotion qui fait grandir ..
    Lorsque je dis Oui à la Vie d'un coeur Joyeux
    Pour simplement vibrer ..en accord.

    Posté par lilou, 26 mars 2008 à 14:23

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