Rafales de questions, avec ou sans réponses - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

20 septembre 2007

Rafales de questions, avec ou sans réponses

Que s'est-il passé aujourd'hui?
01_wohe0018Et si j'oubliais qui je suis? d'où je viens? Où je vais? D'ailleurs, est-ce que je vais quelque part? ou alors... c'est depuis toujours que j'avance sans repères? Et si je me mettais à vivre à reculons? Et si je pleurais un bon coup, une fois pour toutes? Et si je  cessais enfin de pleurer? Pourquoi faut-il toujours marcher dans des sillons embourbés, où sont mes chaussures de randonnée? où se cachent les chemins de traverse? Est-ce fatiguant de vivre? C'est Jésus le fruit de tes entrailles? Qui viendra à l'heure de ta mort? Tu as déjà vu  ce type? C'est celui à la casquette rouge? C'est pas lui qui t'a mordu au catéchisme? Mais tu sais que tu es une très vilaine fille, que tu iras en enfer pour les siècles des siècles? Est-ce qu'on mord ainsi Jésus?

12_pk39Qui dit mieux? Pourquoi il parle sans rien dire? et pourquoi il ne parle que le dimanche? Avec un air inspiré? Et des gestes constipés? C'est un conspirateur? Mais il se croit où celui-là?  Vous voyez sa bouche en cul de poule? Vous sentez son haleine de fin du monde et que tout ça sent drôlement mauvais? Que dites-vous? Vous avez sauvé les meubles? Vous avez semé du parfum de remplacement? des odeurs de secours? des ersatz d'effluves? La bonne graine dans la bonne terre? Est-ce que ça sent la rose? les pets de vaches? Le groin de cochon? Les vacances de rêve dans un bidonville exotique?

masquesEst-ce que ça ira mieux demain? Est-ce que ça ira mieux hier? ou avant hier? Du temps où tu étais morte et enterrée dans un cercueil rempli de prières enluminées? Il a dit quoi le prêtre? qu'il avait couché avec toi? Qu'il te remerciait pour tes bons soins? Pour tes bons seins? Mais c'est une folie pas vrai? Tu étais cachée dans l'armoire, non? Là tout au fond avec des boules quies? T'as oublié l'heure solennelle? Les battements de tambour ne t'ont pas réveillée? Mais comment c'est bon dieu de bon sang possible?

magritmasques Faut-il absolument tuer pour défendre son beefsteak? Pourquoi tu le cuis pas mieux ce foutu beefsteak? T'as vu qu'il est rouge de honte et de sang avarié? Tu t'en fous? C'est pas ton affaire? tu veux des gens motivés? Motivés pour du chiffre d'affaire? ou pour des rafales de mitraillette? Tu ne veux pas savoir? tu marches au feeling? A la tête du cochon? Attention, tu vois pas où tu marches? Ça suffit cette comédie? Tu peux pas changer de disque rayé? Dix fois c'est pas mieux que trois? Trois fois trois ça fait neuf, plus un ça fait dix, on est d'accord?

Oui, on est d'accord. On est d'accord sur tout. Brave petit toutou...


Commentaires

    J'adoooooooooooore !

    Tu as vu dans ma réponse dans ma maison, j'attends de relire maintenant avant de commenter, enfin ici et quelques autres belles maisons... Pas mal en effet, la longueur d'onde
    Bref, juste là, comme ça, à ultra chaud : je suis over amoureux de ce billet !

    Posté par D&D, 20 septembre 2007 à 17:52
  • Oh, mais je ne sais plus où donner de la tête Coumarine !

    Posté par Fauvette, 20 septembre 2007 à 17:53
  • D&D..over amoureux du billet???
    ben...je préfèrerais over amoureux de ...
    Non je dirai pas tout haut...
    Tu sais D&D, c'est écrit en écriture quasi automatique...laisser venir ce qui vient et à peine retravailler (juste ce qu'il faut...j'adore écrire comme ça, et je suis souvent la première étonnée de c qui sort et qui me parle beaucoup...

    Fauvette...oups...c'est vrai? c'est une logorrhée???

    Posté par Coumarine, 20 septembre 2007 à 19:14
  • ben NON pour une fois je suis pas ok !
    en fait je sais pas pourquoi mais j'ai pas envie de dire OUI.
    si tu as raison, c'est du FAREl (normal j'aime, je m'en inspire, j'ai toujours aimé les silhouettes épurées...)
    -NON, je veux pas être un PANURGE, je veux juste comprendre.. mais j'ai peur de m'égarer sur les chemins. Suivre, c'est tellement plus facile.
    -Oui, a prendre ma destinée en main, mais si je me trompais, si je faisais le contraire ?
    -non, oui, noui, ouin... ouin ouin...
    redevenir le petit chérubin qui suce son pouce.... qui a des étoiles plein les yeux

    et coum. dessine moi un mouton, sous la lune...

    Posté par rsylvie, 20 septembre 2007 à 19:22
  • Coumarine est en pleine révolution ou ébulition ou les deux à la fois.
    C'est très bon pour la santé .Continue.

    Posté par Charlotte, 20 septembre 2007 à 20:50
  • Comme dirait Jean-Paul Dubois : "dans mes entrailles il y a le repas que j'ai mangé hier soir"

    Posté par Loïs de Murphy, 20 septembre 2007 à 21:01
  • .....★.

    Whaaaa! ça change! j'aime enOrmemeeeeent!

    )))

    Posté par juju.k, 20 septembre 2007 à 21:14
  • Chouette texte, décalé et dynamique, un texte pour aller arpenter la forêt de Soignes à grandes enjambées.

    Posté par Bernard/Asterie, 20 septembre 2007 à 21:23
  • C'est toi l'artiste peintre, Syl...moi je sais pas tenir un crayon en main...
    Mais enfin j'y penserai, au mouton..

    Charlotte, je continue à qui mieux mieux...j'adore!

    Lois de Murphy...ben dans mes entrailles à moi, il y a des relents de catéchisme )

    Ah Bernard..la forêt de Soignes m'inspire des interrogations carrément existentielles (et nombreuses!!)

    Posté par Coumarine, 20 septembre 2007 à 21:35
  • Toutes ces questions, je ne sais pourquoi, me mettent mal à l'aise, elles ont une couleur de désespoir.
    "C'est une écriture quasi automatique", est-ce que ça veut dire que tu laisses parler ton subconscient?
    Qui c'est celui-la qui ne parle que le dimanche?

    Posté par dan, 20 septembre 2007 à 21:37
  • Dan, oui, j'écris sans trop réfléchir...je laisse venir ce qui vient...tu sais que mes textes (moins ici) sont souvent fort sombres...on n'aurait pas dit ça hein, en me voyant,moi la souriante...

    Posté par Coumarine, 20 septembre 2007 à 21:55
  • Je vois dans cette libre expression venues de tes entrailles un joyeux et exubérant mal-être. Il cherche à se dire, et je crois que c'est bon...

    D'ailleurs, si tu l'écris (le crie), c'est bon.

    Posté par Pierre, 20 septembre 2007 à 22:11
  • L'écriture automatique.
    L'inconscient qui s'exprime, peut être...
    Pour nous déjà, le texte est beau. Por toi il a certainement une autre splendeur... il te parle, dis-tu. Je le comprend tout à fait.

    Ecrire automatiquement pour ensuite lire le résultat et y trouver de troublantes significations.

    Je t'embrasse, Coumarine.

    Posté par val, 20 septembre 2007 à 23:00
  • Pierre, l'accent est davantage mis sur l'exubérance que sur le mal-être...crois-moi (ça m'étonne de donner cette impression...)

    Val, oui ça ça me trouble: j'écris et après quand je me relis, je me dis: mais pourquoi j'ai écris ça? Ca m'interpelle drôlement..c'est parfois comme si "ça" écrivait en moi
    Je t'embrasse aussi chère Val

    Posté par Coumarine, 20 septembre 2007 à 23:09
  • Depuis l'entrée en matière, il y a Gauguin qui se promène dans ma tête.

    Posté par Walrus, 21 septembre 2007 à 10:20
  • Mais d'où te viennent ces questions ? T'as attrapé le virus ou quoi ? T'a vu des gens hier ? Qu'est-ce qu'ils t'ont dit ? Tu veux pas répondre, hein ?

    Posté par Amanda, 21 septembre 2007 à 10:44
  • J'aime beaucoup ce texte.
    Le foisonnement de questions appelle généralement...un autre foisonnement de questions.
    Il en est de même avec les réponses, elles appellent d'autres questions.
    Le questionnement est une jungle ou tout pousse cent fois plus vite que ce que l'on coupe. Le chemin taillé à coup de machette se referme inéxorablement derrière le coupeur jusqu'à la prochaine taille.
    Ou l'on se pose des questions et le bal ne cesse jamais, ou l'on ne s'en pose pas.
    Au dela du texte lui-même, d'excellente qualité, je suis fascinée par les les illustrations qui l'accompagnent...

    Posté par Aédia, 21 septembre 2007 à 10:52
  • Tous ces mots! Toutes les phrases s'inscrivent dans la mémoire comme des guirlandes bleues, rouges... l'histoire ailée s'envole.
    Je suis fait de mots, de songes et peut-être d'un peu, si peu, de réalité.

    Tellement beau et emporté par le souffle de... Coumarine... pour la vie à venir.

    Posté par jacques, 21 septembre 2007 à 11:05
  • ça bouillonne, sans barrière, sans "qu'en dira t on", sans se regarder le nombril, c'est bon, c'est vivant... c'est comme le théâtre/le jeu, le vrai, le bon, celui qu'on offre sans avoir peur de lâcher prise... c'est voyage qu'on offre à ceux qui veulent prendre le train avec nous pour une destination inconnue...

    Posté par Le Chat, 21 septembre 2007 à 11:17
  • Walrus...Gauguin...Gauguin...il y de l'idée...je dois creuser..retourner voir les peintures pour m'y reconnaitre, peut-être...

    Amanda...ben oui j'ai voulu poser mes questions personnelles, après vous avoir écoutés...

    Aedia, oui, c'est évident, les réponses appellent toujours d'autres questions, suaf quand on les musellent, ce qui n'est pas dans ton caractère, ni dans le mien d'ailleurs..

    Posté par Coumarine, 21 septembre 2007 à 13:27
  • Jacques...on est fait de si peu de réalité finalement..et de beaucoup de songes...mais il y en a peu qui le savent...

    Le CHat, oui c'est exactement ça!!! j'ai écrit sans tenir compte du qu'en dira-t-on, sans aucune peur de lâcher prise...parce que je SAIS que c'est toujours bon pour moi, alors je n'ai plus peur
    Merci beaucoup de ton passage...

    Posté par Coumarine, 21 septembre 2007 à 13:29
  • tous ces mots qui s'entrechoquent et se courent apres sans jamais se rattrapper wouuu ça déménage!
    contractions expulsion reprise de souffle et on recommence et sortira ce qui sortira, ce qui murit en silence, ce qui parle en dedans.
    ça fait un peu tourner la tete mais on en reprendrait bien un peu de cette bouffée d'oxygène

    Posté par chrysalide, 21 septembre 2007 à 16:33
  • Du coq au coq...

    Cohérence dans le flux de nos contradictions de surface. Au fond on sait. Au fond on trie. Mais il faut bien exhumer le brol sur le parapet de temps en temps. La méthode est bonne, une idée, pensée,perception,formulation,émotion après l'autre, comme une banquise de pingouins qui ne craindraient ni les errances du Titanic , ni la fonte des glaces...Quand on sait nager, c'est comme le tricot, ça s'oublie pas ... Et si on coule... on sait un tout petit peu pourquoi. C'est chance de savoir tout ça... Douloureux un peu aussi, mais quand la douleur fond, quelle jubilation et quelle virginité dans l'iceberg des mots... Des coqs sur une banquise, il faudrait essayer ?

    Posté par Mth P, 21 septembre 2007 à 17:28
  • Chère chère MTH...
    sache que je SAVOURE comme un bonbon précieux chacun de tes commentaires...
    Et c'est tellement vrai ce que tu dis: cohérence dans nos contradictions de surface...
    La surface est incohérente, justement, elle se mélange les pinceaux
    Mais comme tu le dis: au fond, tout au fond, (pourvu qu'on soit attentive à sa voix) on sait
    Moi je sais ce que mes mots incohérents ont dit, peut-être malgré moi
    Mais ça, l'explication rationnelle je la garde pour moi, de peur qu'elle ne sabote le fond de moi...

    Posté par Coumarine, 21 septembre 2007 à 20:47
  • Chrysalide, un trop plein d'oxigène fait en effet tourner la tête...
    Tes mots me parlent chaque fois beaucoup
    Merci

    Posté par Coumarine, 21 septembre 2007 à 20:49
  • Section Plongeurs Plongeuses

    Un petit nouveau chez les CAUSEUSES , il plonge profond lui aussi …
    http://charlesjulietsurcauseuses.blogspot.com/

    Posté par Mth P, 21 septembre 2007 à 23:10
  • Merci MTh , j'ai été voir...le blog est magnifique...
    On joue Lambeaux je vois...
    Tu sais que je l'ai vu l'année dernière à Lyon dans le cadre de l'APA, j'en ai parlé sur le blog
    J'en ai été complètement retournée...

    Posté par Coumarine, 22 septembre 2007 à 09:13
  • je viens d'aller sur le site de Charles Juliet, j'aime beaucoup la phrase "écouter l'autre c'est le faire exister" elle est si vraie, donner la parole à l'autre, écouter tout ce qu'il a à dire, aussi bien que ce qu'il ne dit pas, c'est lui laisser la place pour ETRE

    Posté par chrysalide, 22 septembre 2007 à 11:28
  • Chère Coumarine,
    Mais "over amoureux du billet", ne serait-ce pas une pudique synecdoque ?
    & le commentaire de Mth P est un délice...
    Sinon, j'ai beau relire, maintenant, je ne vois rien à "ajouter"... J'ai trop attendu ?... Pas sûr...
    Là, ici, maintenant, c'est suffisant de résonner... Je rererererelis... Et je rérérérérésonne... Quand même rare !

    Posté par D&D, 22 septembre 2007 à 15:44
  • c'est ça D&D, lis et relis et rerelis encore...
    laisse résonner, surtout ne raisonne pas...
    Et sois présent au RV de mon prochain billet...ça va encore résonner..et pas qu'un peu...

    Chrysalide, il faut lire toutes affaires cessantes "Lambeaux" de Charles Juliet
    J'en ai parlé sur mon blog l'année dernière, en juin je crois...je l'ai vu joué: c'était remarquable et très poignant
    Charles Juliet se trouvait là et nous a parlé de cette représentation, qui était une première...

    Posté par Coumarine, 22 septembre 2007 à 16:44

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