Le changement ultime - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

21 septembre 2006

Le changement ultime

m_deepinside

De changement en changement ardemment souhaité, construit dans la persévérance, mais redouté quand même justement pour l'inconnu qu'il suppose...je vais inexorablement vers le changement ultime, l'inconnu définitif, à savoir la mort.

J'ai réalisé cela ce matin avec une acuité qui m'a soudain déchirée de part en part.

Envie de boire un filtre magique.

Je jure que je vivrai à fond, intensément, sans me perdre dans des mesquineries de pacotille, sans m'accrocher à des barbelés qui m'écorchent tout en m'interdisant l'accès aux chemins de liberté

Photo de Lilya Corneli


Commentaires

    Pour toutes les années qui nous restent à vivre, VIVONS le plus pleinement possible...pour que au seuil de notre mort, quand nous nous retournerons (je pense que tout le monde se retourne un court instant) nous puissions nous dire : j'ai eu une vie riche et remplie, j'ai appris, j'ai donné, j'ai partagé et j'ai profité aussi.

    Posté par Annick, 31 juillet 2008 à 13:12
  • J'adore ce rose-thé, ta bannière est très belle et ton texte très fort...

    Posté par Tristana, 21 septembre 2006 à 18:09
  • Texte et illustration. Très beau !

    Posté par obni, 21 septembre 2006 à 19:35
  • que reste-t-il de ces résolutions un fois prises ou écrites et qu'en reste-t-il dès que s'interpose celui ou celle qui ne va dans le sens escompté et tout à coup se cabre? de ces obstacles, de ces bêtises, de ces vétilles, les meilleures résolutions devraient avoir raison si,une fois pour toutes, nous étions capables d'échapper à la tracasserie, aux futilités, tiens jusqu'à cette bouteille de bordeaux que je n'arrive pas ouvrir.

    Posté par patrick, 21 septembre 2006 à 19:57
  • Clôtures Visibles...

    Clôtures Visibles... Conclusions hautement inimaginables et pourtant... Certaines images affleurent comme le papier photo humide dans le bain révélateur, à l'abri de la lumière...On peut toujours continuer à faire d'autres photos, encore plus ressemblantes, de plus en plus...
    Miroir des certitudes, compagnon indéfectible de la conscience d'être et de sa négation. Couleurs criantes que l'on rince... désespérément. Ton sentiment traversé est de la même "trempe" que le notre. Tu en parles à temps... bien synchrone dans l'émotion qu'il trimballe. Je te perçois 5/5.

    Posté par MthP, 21 septembre 2006 à 20:35
  • Merci Tristana...je transmettrai à l'ami qui a fait la bannière

    Obni...tu me flattes...disons que venant de toi, le "connaisseur", ce compliment me fait plaisir


    Patrick..tiens si tu le souhaites, je viens t'aider, non pas à ouvrir cette bouteille de Bordeaux, mais à la déguster, rien que toi et moi..
    euh...c'est la première fois que je te vois ici, alors j'y vais à fond hein...à fond la caisse
    (et tu as raison conceant les résolutions, mais ici il s'agit d'une VRAIE résolution, tu veux que je la répète?
    "Je jure que je vivrai ...etc

    Posté par Coumarine, 21 septembre 2006 à 20:59
  • Mth...il me semble qu'il y avait longtemps, non?
    bien synchrone dis -tu...?
    chez moi ce soir, c'est juste le sentiment de l'urgence
    l'urgence de vivre urgemment
    Parce que tout finit de la même manière pour tout le monde

    Posté par Coumarine, 21 septembre 2006 à 21:03
  • Toi aussi tu nous fait réfléchir )

    Posté par cassy, 21 septembre 2006 à 23:23
  • C’est une bonne intention. Courage !

    Posté par Victor Flyte, 21 septembre 2006 à 23:28
  • oups...ce soir, pas trop le moral

    Bises à vous, Cassy et Victor

    Posté par Coumarine, 21 septembre 2006 à 23:34
  • J'ai pensé comme toi, Coumarine.

    En raison d'une absence dont je finis par me demander si elle n'est pas inguérissable, et d'une seconde qui me pèse moins mais me laisse sans secours, je n'y parviens plus. Je regrette profondément mon ancienne sérénité lucide.

    Et désormais bien malgré moi je "m'accroche à des barbelés qui m'écorchent", alors que comme toi j'avais cette résolution chevillée au corps de "vivre à fond, intensément".

    Profite à fond si tu y parviens et ne laisse pas les autres te polluer ta route.

    Posté par gilda, 22 septembre 2006 à 00:06
  • Quel titre radical

    la photo est belle et gênante a la fois......quand a t'ont inconnu définitif, a savoir la mort, un mauvais cauchemar qui t'as sûrement déchiré...

    bois, mais pas trop.....quoique....des fois....

    les barbelés écorchent, mais quitte a se faire saigner, que ce sois pour s'en débarrasser...

    Posté par SanAntonio, 22 septembre 2006 à 01:36
  • Et puis un jour on passe de l'autre côté du miroir.
    Chaque journée vécue devient un cadeau précieux et empoisonné auquel il faut donner du sens.
    Bon, je suis pas sûre d'être très claire sur ce coup là, mais c'est pas nouveau, n'est-ce pas ?

    Posté par MP, 22 septembre 2006 à 08:54
  • te rencontrer à nouveau, coumarine, sur un texte, parce que bref, parce que son intensité ne cherche pas l'émotion mais la trouve inévitablement, en écho profond des terreurs humaines
    garde-moi une gorgée du filtre
    sincèrement,
    lh.

    Posté par lo, 22 septembre 2006 à 13:01
  • finalement ce qui t'a le plus déboussolée, c'est quoi ?
    avoir d'un coup perçu dans tes tripes la certitude de la fin qui nous est réservée, (dans le fond si ce n'est dans les formes!) ou bien plutôt que l'on se perd facilement à s'escrimer à la gestion de petits riens ingérables, qui nous bouffent notre envie de profiter à fond des jours qui se présentent à nous ?

    si c'est la mort, il est vain d'avoir peur d'une chose inéluctable, vain dans le sens où si la peur est censée nous servir de système d'alarme, ici, elle ne sert à rien
    mais je doute que ce soit ça qui te chagrine... chais pas pourquoi.

    ou plutôt que ce moment se rapproche ? que du coup tu te rends compte qu'il n'est peut-être plus temps de remettre à demain, ou à après-demain des choses que tu as envie de faire, de dire, de créer... ?

    alors oui, il faut te le jurer, aujourd'hui !
    et recommencer, demain, après-demain et tous les jours qui te restent à passer sur ce globe qui nous supporte

    c'est la lutte intemporelle entre nos aspirations émotionnelles et notre quotidien...

    je pense que tu as déjà la solution, à ta portée :
    tu as ta bulle, ton endroit où tu sais pouvoir te ressourcer, te recentrer sur ce qui t'importe, à toi. Uses-en, abuses-en !

    et continue ton chemin, en illuminant de ce savoir précieux ton entourage

    Posté par pati, 22 septembre 2006 à 13:07
  • Je ressens un malaise en lisant ce texte, en regardant ce tableau...
    Peut-être arriverai-je à le comprendre, à l'exprimer, à m'en extirper ?
    Bizarre

    Posté par Miss Line, 22 septembre 2006 à 13:15
  • carpe diem

    je crois que tu connais la formule: la mort et le soleil sont les deux choses qu'on ne peut regarder en face...meme si on peut faire semblant...Ce n'est pas ton cas Coumarine, qui nous rapelle, ce qu'on aimerait oublier,que nos vies sont des fils si ténus...cependant que l'araignée nous tisse...Brrrrr

    Posté par farid, 22 septembre 2006 à 14:58
  • C'est un beau serment Coumarine, cette promesse là, faite pour toi même, te conduira sûrement vers plus de bonheur...et comme tu le dis, vers davantage de liberté, d'indépendance et de confiance.
    Je te souhaite du fond du coeur de t'en approprier, pour toi seule, le sens, et d'en mesurer les retombées. j'espère que tu sais ma sincérité...

    Posté par ségolène, 22 septembre 2006 à 15:16
  • Mourir: ce n'est rien .Cela se passe en une fraction de seconde :tout à coup on est mort alors que juste avant on était encore vivant.
    Mais vivre ce temps avant la mort est sans doute le moment le plus terrible de la vie et cela d'autant plus si la souffrance, la violence, la haine sont aussi présentes.

    Posté par Charlotte, 22 septembre 2006 à 15:34
  • Ton cri est intense et m'atteint. Pourtant je ne sais pas si l'on peut vivre à fond sans cesse. Ne serait-ce que pour éviter les "barbelés" et les sables mouvants des "mesquineries de pacotille", il me faut parfois passer beaucoup de temps à louvoyer, négocier, temporiser, concéder... En revanche, j'essaie de ne pas me tromper sur les priorités, les cadeaux de la vie et de profiter totalement des moments précieux.

    Posté par Forestine, 22 septembre 2006 à 16:28
  • Le grouillement de la délériction...

    L'image ( synchrone ?) qui me vient : la montée glougloutante d'un sang privé de berges ou d'une eau salée que l'on ne voit pas encore, comme une foule qui s'approche, dans le fin-fond de soi.On sait qu'elle existe, elle est familière et pourtant parfaitement inconnue dans ses aspects visuels et psychiques. La "catastrophe a déjà eu lieu"... Elle est répertoriée dans les possibles...C'est l'attente et le sentiment d'un grouillement de plus en plus distinct et inévitable qui submerge la pensée "par vagues de moments"... Et quand cet état de conscience s'installe un peu trop durablement ,on peut avoir l'impression d'un piège de plus en plus assourdissant. A un moment même, le risque est grand de perdre la perception de ses propres limites personnelles, comme une dilution involontaire dans le magma universel, une dilution sans traces... Sauf le souvenir fléchissant d'un grondement hémorragique.

    Posté par MthP, 22 septembre 2006 à 18:50
  • Déréliction ...

    Déréliction ...

    Posté par MthP, 22 septembre 2006 à 18:51
  • Je comprends très bien le sentiment d'angoisse mais la mort est la fin naturelle de la vie, on ne doit pas en avoir peur.
    On doit avoir peur du temps gaché à ne pas être heureux.
    On vit à fond lorsqu'on est en parfaite harmonie avec soi-même, du bonheur , rien que du bonheur je te souhaite Coum!

    Posté par César, 22 septembre 2006 à 18:53
  • Inégaux devant la mort...

    Inégaux devant la mort... La mort pendant la vie existe aussi... Indéfinissable agonie du sentiment d'exister, c'est moins une question d'"harmonie" ( c'est un mot trop valise pour rendre compte de ce qu'il contient en détails infimes, voire invisible le composant) que d'homéostasie toujours menacée du dedans comme du dehors. On peut souhaiter l'absence de malheur, c'est la moindre des prévenances.Quant au bonheur... Encore un mot-balise du genre mirage à croire... "Equilibre" plutôt... reste à savoir entre quoi et quoi... il est fastidieux d'en faire l'inventaire, les ingrédients sont rarement les mêmes pour chacun alors la généralisation... on est loin des certitudes... Celle du couperet ne pose aucun problème, elle est d'amblée visible.

    Posté par MthP, 22 septembre 2006 à 20:44
  • Egalité devant la mort...

    Je m'en irai dormir dans le paradis blanc
    Où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps
    Michel Berger

    Dur d'admettre que personne n'en est jamais revenu et qu'on y va tous, inégaux dans la vie.

    Posté par Papillon, 22 septembre 2006 à 21:52
  • Mot valise mot balise??

    Liberté d'expression c'est quel genre de mot MthP?

    Posté par César, 22 septembre 2006 à 22:12
  • d'accord avec toi MthP, pour les mots "valise" que peuvent être harmonie, bonheur, paix intérieure, on peut même y rajouter équilibre...

    se positionner face à ce qu'on deviendra un jour ou l'autre, un petit tas de poussière, est une affaire individuelle et il est vrai que nous sommes inégaux face à cet inéluctable... tout comme on l'est face à la vie, d'ailleurs.

    restent des "lignes de conduite" qu'on se fixe consciemment ou non et qui aident à affronter notre vie et notre mort.
    pour certains ce sera leur foi en un Dieu, pour d'autre une négation passionnée du futur, le carpe diem, pour d'autres encore ils ne pourront jamais aborder sereinement leur inévitable futur.

    pour ma part je ne vois pas ça comme une "montée glougloutante d'un sang privé de berges ou d'une eau salée que l'on ne voit pas encore". tes mots (très beaux !) induisent une idée angoissante qui m'est étrangère. je ne dis pas qu'elle n'existe pas apparemment, c'est la peur numéro un dans les tripes de bon nombre de gens... je dis juste que ce n'est pas la mienne. est-ce pour l'avoir approchée de près, cette mort qui obsède tant de monde ? je ne sais pas.

    je suis sereine face à MA mort, et je consacre l'énergie dépensée à lutter contre ce devenir à mieux m'équilibrer, comme tu dis
    j'essaie de distinguer ce que je nomme le bonheur, ces suites de moments fugaces, presque éthérés qui ont l'intrigante faculté de souvent passer inaperçus, si tant est que nous soyons distrait des choses simples... ils tissent la toile sur laquelle je me repose, et me permettent de mieux supporter les aléas d'un quotidien vite contraignant.
    ils colorent mon univers personnel et me font me dire que la vie est belle, aussi...

    tu parles aussi de mort pendant la vie. alors là c'est un autre dossier et là, je reconnais avoir peur de re-connaitre ça un jour.

    Posté par pati, 22 septembre 2006 à 22:17
  • Belle prise de conscience, mais le pas moins dur reste à faire. Je me souviens d'une résolution prise il y a bien 10 ans, à laquelle je n'ai jamais dérogé : ne plus mordiller les branches de mes lunettes. Je suis pas peu fier. Pour le reste... Or il se trouve, chère Coumarine (pardon pour ce démonstratif ostentatoire et le pléonasme qui n'arrange rien dans la parenthèse), que je me sens au présent d'une nouvelle résolution, niveau plus ardu, celle, moi aussi, de vivre moins, enfin plus, bref, je me comprends. Je te serre les coudes, donc, et trinque avec toi à la vie.

    Posté par théo, 22 septembre 2006 à 22:18
  • Bonsoir à tous
    Après une journée loin de mon écran, vécue intensément je vous l'affirme...je découvre tous vos messages, si riches

    @Gilda...non je ne laisse plus personne polluer mes chamins (enfin j'essaie). Le probléme c'est que souvent je pollue moi-même mes propres chemins...

    @San Antonio, ou la photo m'a à la fois parlé et gênée moi aussi...j'y ai vu l'image de la mort
    Tu as raison , parfois il faut accepter de saigner à fond pour épurer une plaie

    @Mth...passer de l'autre côté du miroir, voilà un théme qui m'accroche (comme les barbelés)
    Ca t'arrive de douter aussi de ce que tu es train de vivre? ou se trouve la réalité? ici? ou dans le rêve? l'imaginaire? C'est parfois très fort chez moi...

    Posté par Coumarine, 22 septembre 2006 à 22:20
  • @Pati...finalement je vais te dire...je m'en fous de ma mort...mais pas de ma vie
    Je râle qd je perds mon temps...à des mesquineries de pacotille...tu vois ça?
    Et oui j'ai ma bulle...je crois que je suis une solitaire...même si j'aime les gens, vraiment (comprenne qui pourra!)

    Miss Line, moi aussi je ressens un tel malaise, que cette image m'a fait penser à la mort, et à mon désir de vivre, faramineux je t'assure, malgré...les barbelés

    @Lo...je te dis rien, sinon que étrangement, va savoir pourquoi, je suis heureuse de ton passage, ici...je sais que tu comprends, je me suis si souvent "retrouvée" dans ton écriture sensible

    Posté par Coumarine, 22 septembre 2006 à 22:27
  • @Farid...notre vie tient à un fil...ce matin sur l"autoroute, un camion a soudain déboité sur la droite au moment où j'arrivais. J'ai fait un écart, ma voiture a tangué! Mon coeur a battu la chamade, et s'est dit que oui , la vie ne tient etc..etc...

    @Ségolène...je ne cherche pas le bonheur, je cherhce la liberté intérieure...
    (merci)

    @Charlotte, tu me fais penser à tous ces gens qui meurent torturés, ou dans la guerre...


    @Forestine...celle qui vibre à "Femmes qui courent avec les loups" ne peut que vivre intensément, même dans les petits moments de la vie. Je crois que tu es de cette trempe, comme je le suis ben oui!

    Posté par Coumarine, 22 septembre 2006 à 22:36
  • @trop fatiguée ce soir,Mth pour commenter tes mots, surtout que je crois que Pati l'a fait après...je dois encore la lire
    Mais tu sais que je trouve toujours de la "magie" dans tes mots même si je ne les comprends pas de premier abord ;-((

    @coucou César super de te voir! euh tu as lu ce que j'ai écrit à Charlotte? Je ne cheche pas le bonheur (avant tout) mais la liberté intérieure (je crois que je vais faire une note à ce sujet)


    @Mth, tu dis encore:
    La mort pendant la vie existe aussi
    OUI OUI OUI, suis d'ac avec toi, et c'est ça que je ne veux pas (ou plus)

    Posté par Coumarine, 22 septembre 2006 à 22:41
  • @Papillon...personne n'en est jamais revenu...attends les progrès de la science! on en verra encore des vertes et des pas mûres...

    @äti, merci de rebondir sur les mots de Mth...et je vois que tu relèves en fin d'intervention la phrase qu'elle écrit, qui me touche le plus...

    @théo mdr...mon Dieu, que cela fait du bien J'ai pris aussi une importante décision:
    J'ai décidé de ne plus faire de boulettes de papier avec les serviettes en papier dans les dîners de pacotille
    Je n'y arrive pas...

    Posté par Coumarine, 22 septembre 2006 à 22:47
  • Clin d'œil à Pati qui écrit : "je suis sereine face à MA mort".

    "Nous pouvons regarder la mort en face ; mais sachant, comme quelques-uns d'entre nous le savent aujourd'hui, ce qu'est la vie humaine, qui pourrait sans frissonner (en supposant qu'il en fût averti) regarder en face l'heure de sa naissance ?"
    Baudelaire - Les Paradis artificiels.

    Posté par théo, 23 septembre 2006 à 01:16
  • C'est d'avoir écouté et vu des gens mourir que me viennent certaines images précises dont j'ai essayé à chaque fois d'imaginer l'aspect sensoriel. L'idée de quelque chose qui s'écoule comme une débacle à l'intérieur de la conscience et parfois du corps me paraît plausible ( les mots rares utilisés par certains pour expliquer leurs sensations). Je n'ai pas peur ,moi non plus, du moment de ma propre mort (impression de l'avoir déjà vécue plusieurs fois- et me laisser partir ne m'a pas effrayée, au contraire). Ce qui est douloureux à penser, c'est cette limitation éventuelle de la volonté pour pouvoir régler la distance avec les autres, avec leur angoisse, leurs initiatives toujours décalées voire inappropriées.

    Le liberté d'expression. On la transporte dans une valise aussi, plus ou moins lourde. Quand on meurt on la laisse tomber brusquement. Si elle s'ouvre, quelqu'un lira peut-être dedans, c'est sa liberté aussi. On ne peut rien garantir, cher Cesar.

    Posté par MthP, 23 septembre 2006 à 08:00
  • Dérangeant mais bien écrit, comme toujours.

    Posté par mab, 23 septembre 2006 à 08:39
  • Quelle fut la nature de cette fulgurance ? Et surtout quelle en fut la cause ?
    Parfois - mais avec une régularité presque métronomique - il m'est donné d'entrevoir cet instant ultime qui sera le mien, sensation empreinte d'un brutal effroi qui, après m'avoir atteint, s'en ira peu à peu comme un cauchemar s'estompe après le réveil. Sensation à chaque fois due à un simple mot, une image fugace, à un vague son, au loin...
    Tu vivras donc à fond, intensément... Moi, ces éclairs me confortent dans mon aspiration à la lenteur.

    Posté par Vertumne, 23 septembre 2006 à 14:41
  • Vertumne, ce n'est pas contradictoire
    J'ai toujours été une fougueuse, une enthousiaste, une "sensuelle" (càd dans les sens).
    Vivre dans la lenteur, en savourant chaque moment comme un bombon qui fond dans la bouche...ah oui! cela me convinet!

    Posté par Coumarine, 23 septembre 2006 à 16:57
  • En passanr par ici...

    Les applaudissements imbéciles et les huées fanatiques ne méritent pas l'attention.
    Dévoiler le ressentiment profond est important que l'on soit philosophe, artiste ou simple passant.

    Posté par jean-philppe, 23 septembre 2006 à 18:25
  • Ma chère MthP, nous avons au moins une chose en commun, c'est l'accompagnement des mourants vers leur repos éternel.
    Sache qu'avant d'être prof de sports j'ai travaillé à Necker Paris en assistance aux personnes en phase terminale, je peux te dire que la majorité part dans la dignité et le soulagement. PROFITE de la vie.

    Posté par César, 23 septembre 2006 à 19:43
  • Commun des Mortels...

    Ce qui m'intéresse "ici "concerne la tentative individuelle et collective de représentation de ce qui se joue dans l'intime de soi lorsqu'il est question d'imaginer ou de vivre la mort,celle des autres nous servant parfois de miroir.On meurt tous d'un arrêt cardio-respiratoire et si on est dans le fin-fond du désert ou dans une région sous-médicalisée, il peut y avoir de grandes différences entre les chances techniques d'être prolongés au delà du naturel. On appelle ces moments de "Détresses Vitales". Dans les situations où la mort est sinon annoncée, tout au moins statistiquement prévisible, il y a encore de grandes nuances à prévoir dans les façons de finir. Pour l'accompagnement ( courant)des mourants tel qu'il se pratique aujourd'hui dans les pays nantis, avec le soulagement plus ou moins efficace de la douleur, la plupart parmi les personnes sont maintenues dans un coma qui n'a rien de naturel ,et dans lequel il leur devient impossible de "penser clairement " le passage, c'est pourtant un des voeux les plus légitimes que de ne pas se voir souffrir physiquement et psychiquement à ce moment unique et irréversible. L'essentiel de la pensée de la mort se déroule souvent bien en amont. Il en est qui pensent à la mort dès qu'ils sont nés ou précocément, cherchent à la rejoindre de façon manifeste et morbide. Il en est qui y pensent le moins possible, qui l'éludent de leur champ de conscience, qui la dénient aussi. La confrontation en est d'autant plus violente et angoissante. Ce qui me frappe le plus dans ces moments particuliers c'est la qualité des silences et des regards... Impressions de déjà vu, de déjà révolu et blackout sur les mots verbaux. On est très en deçà de ce qui pourrait s'échanger car il y a une sorte de coupure plus ou moins franche, au seuil de la séparation, entre le mort en sursis et les autres. Je ne crois pas à la sérénité devant la mort, je crois plutôt à une sorte d'indifférence, un "lâcher prise", un processus d'auto-anesthésie personnel qui redouble l'anesthésie pharmacologique de l'angoisse, l'abstention thérapeutique chimique est très rare dans nos pays favorisés, il y a souvent une perfusion pour hydrater lorsqu'on renonce à le faire par la bouche ( cela demande une disponibilité et une patience qui est rare, d'autant plus que la sensation de soif disparaît facilement chez les personnes âgées et que les troubles de déglutition s'installent). La belle mort dit-on (pour soi ), c'est la crise cardiaque ! : on a pas le temps de dire Ouf ! Que c'est fait... Est-ce pour cette raison inavouée que certaines personnes se shootent à tout (travail, nourriture, excitants, stress...)pour préparer inconsciemment le scénario ? Je n'ai aucune certitude cher César sur les façons qu'ont les autres de vivre leur mort, à l'avance ou en plein dans l'épreuve. Je crois sincèrement que nous zappons beaucoup en matière de proximité dans ces agonies plus ou moins longues et que les vrais accompagnements sont rares statistiquement et de plus en plus professionnalisés. Je n'ai pas envie de raconter des histoires à ce propos et je souhaite simplement que cette piste de réflexion proposée par Coum. permette de se faire une idée plus variée dans l'argumentation que peut l'être, pour vous comme pour moi cette pensée de la mort dont la singularité empêche structurellement qu'elle soit commune. La partager n'est pour moi qu'une consolation anticipée. Arrivant à l'âge où j'apprends de plus en plus souvent des morts liés à l'âge, la question devient récurrente et occupe "naturellement" l'espace de ma pensée et je fais un effort pour ne pas la refouler trop vite. "On ne refait pas sa vie, on continue seulement /On dort moins bien la nuit, on écoute patiemment / De la maison les bruits, du dehors, l'effondrement " ( Chanson EICHER ).

    Posté par MthP, 23 septembre 2006 à 20:48
  • Facile, trop facile de palabrer sur la mort, assister des gosses en fin de vie c'est différent Madame, car ces enfants là ils ne se posent pas tant de questions, ils sont innocents et leur vie est déjà terminée.
    Des gosses du monde entier viennent mourir en France, seuls, sans bla bla bla, Madame, et croyez moi ces anges là, on a du mal à les oublier.
    Bonne soirée

    Posté par César, 23 septembre 2006 à 21:15
  • J'ai parlé de la mort aujourd'hui même, pas de la mienne...non mais celle des autres... Celles qui me hantent !

    Bises ma chère, vivre ici te donne d'autres chemins de liberté, je n'en doute pas une seconde

    Posté par wictoria, 23 septembre 2006 à 21:19
  • Mince de mince...
    Ouf de ouf
    Jamais je n'aurais pensé que ma petite réflexion poignard allait susciter des commentaires aussi intéressants et fournis...
    Je fais quoi là maintenant?
    J'ai lu attentivement Math, tu donnes à réfléchir...


    César, tu en quelqu'un de vraiment intéressant par le parcours qui est le tien


    Wictoria...tu vas écrire sur PP?? Je t'y attends hein!

    Posté par Coumarine, 23 septembre 2006 à 22:11
  • Oubli-Blabla ? Bonne question, Réponse à construire sans exclusive...

    Oubli- Blabla , c'est la version -dérision
    ou la version-médicament selon qu'on le revendique ou qu'on le reproche... Je n'y vois qu'un phénomène de culpabilité projeté à l'extérieur et un mouvement
    de prestance à respecter même sans adhésion.
    Fausse route donc que votre agacement César.
    Et toujours l'idée que d'exprimer le point de vue n'est pas à considérer comme une annulation du point de vue de l'autre. Pas de hiérarchie des expériences, Merci, on n'est pas aux enchères...
    Echo en ombre et lumière. Contraste sans rupture si possible.Sinon, renoncer à parler de la mort en public pourrait être la voie et la voix la plus sage. La mort dépassionne car elle abrase tout,et
    n'a pas d'égard pour ceux grands et petits qui la subissent. C'est
    un constat limité dans l'espace autant qu'un événement marquant pour chacun. Encore une fois, témoigner, expliquer ce qu'on en comprend peut parfois aider et
    servir à rester au plus près, ce n'est pas du luxe quand les catastrophes surgissent. Une grande majorité parmi les gens meurent à l'hôpital entourés d'inconnus qui se relaient et/ou
    de familles très diversement impliquées affectivement et concrètement
    ( quelles qu'en soient les raisons ). Ne pas le dire serait
    à mon sens malhonnête,mais cela ne veut pas dire que certains accompagnements sont pas réussis. Ils sont pour tous souhaitables même si le décalage entre la volonté de la personne et la réaction de l'entourage est toujours prégnant.
    Je ne crois pas que l'endurance silencieuse soit toujours le reflet d'une dignité préservée, je pense sincèrement qu'il y a, même chez les enfants, une part de résignation, voire de détachement conservatoire. Mais dans les dessins la vérité n'a pas de masque. Et c'est très très troublant.

    Posté par MthP, 24 septembre 2006 à 15:45

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