J comme...J'aimerais - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

11 avril 2006

J comme...J'aimerais

van_gogh

J’aimerais apprivoiser le bonheur comme un fruit juteux que l’on croque  au plus chaud de l’été.

J’aimerais au delà des doutes interminables, au delà des questionnements souvent stériles, reprendre jour après jour le chemin de ma vie, comme un parcours initiatique qui me serait éminemment personnel, ou comme un mystérieux et passionnant mystère à élucider.
Non pas une fois pour toutes, me laissant figée comme une statue dans un parc immobile, me laissant assise au bord de la route à regarder le voyage des autres.
Un mystère, surtout s’il est passionnant, ne s’élucide jamais.

J’aimerais au sortir de mes hivers cycliques et trop souvent récurrents, je l’avoue, repartir vers le ciel comme l’amandier au printemps…l’amandier robuste dans ses branches rassurantes, élancé dans l’éclatement  blanc de ses pétales. Floraison absolue et déraisonnable…quel bonheur !

J’aimerais ne jamais oublier de  marcher tête levée vers le ciel, parce que c’est souvent là que « cela » se passe, les histoires de bleu du ciel, d’arbres en fleurs, d’oiseaux qui volent en vagabonds, la liberté des nuages, même orageux, et puis la danse immobile des étoiles. Même les poussières dans les rayons du soleil ressemblent à des petites perles de lumière.

J’aimerais traverser courageuse et lucide, l’éphémère des moments heureux, accepter que à peine l’été commence-t-il, les jours raccourcissent déjà. Faire œuvre de mémoire sacrée, de thésaurisation pour que le chant puisse naître au plus fort des tempêtes. Il faut bien émonder arbres et buissons pour que la floraison suivante puisse surgir de la douleur. Je veux y croire…J’y crois…

J’aimerais ne jamais, jamais m’embourber dans les convulsions mesquines et rageuses, ne jamais me perdre dans les ciels glacés de mes susceptibilités, ne jamais me coincer dans les  boîtes à sardines des fokon et des ondoi assénés comme impératifs obligatoires. J’en appelle à la révolte !

J’aimerais, quand les questions surgissent nombreuses, violentes et douloureuses, ne pas croire que le malheur est vivant. C’est juste un passage…je veux y croire…

Je pense soudain à une femme debout.
Peut-être que c’est moi
Suis-je en train de naître, ou de mourir ?
Les deux sans doute…les deux


Commentaires

    bonjour cela me fait plaisir que quelqu un ose ne pas ceder a l exploitation du malheur comme muse... bravo, on sait que c est dur, l ecriture porte moins, le bonheur ne paie plus, mais bordel il faut y croire, c'est un pari pascalien, et moi aussi j en suis !

    Posté par lunar, 11 avril 2006 à 16:56
  • les moments heureux sont toujours éphémères mais on continue d'espérer et, alors, ils reviennent, comme les saisons ou les oiseaux migrateurs, avec régularité et c'est ce qui fait qu'on continue à vivre.

    Posté par bailili, 11 avril 2006 à 17:54
  • Moi aussi j'aimerai. Bonne soirée Coum !

    Posté par cassymary, 11 avril 2006 à 20:01
  • J'aimerais la révolte des nuages, le chant des aubes sereines...

    Posté par Vertumne, 11 avril 2006 à 21:39
  • Les moments malheureux aussi sont éphémères
    Mais l'important n'est-il pas ailleurs que dans ces mesurettes ? La vie vaut la peine d'être vécue point. Il faut se placer en plein courant pour en prendre plein la tronche : du froid, du chaud, du laid, du beau...et assumer ...une certaine...insignifiance. Vivre. Waouw.

    Posté par Claudée, 11 avril 2006 à 21:45
  • C'est assez vrai ça Lunar, ce que tu dis...comme si on écrivait mieux dans la douleur, dans la souffrance
    Mais bon on fait ce qu'on peut hein!

    Posté par coumarine, 11 avril 2006 à 22:07
  • Yep Balili...bienvenue...j'ai cru voir que les saisons, ça te connaît...

    Posté par coumarine, 11 avril 2006 à 22:08
  • Coucou Cassy...bonne soirée à toi aussi...


    Hello Vertumne...dis donc c'est où que tu restes si longtemps sans venir (et sans écrire pffffff???)
    Pourtant j'aime ce que tu dis...la révolte des nuages, le chant des aubes sereines
    Ah oui! j'aime...!

    Posté par coumarine, 11 avril 2006 à 22:10
  • Claudée qui aime Armel Job (ah! non! c'est votre mari je crois) et Luc Baba
    Diable, j'aime aussi ce que vous venez écrire ici...il y a du tempérament là dedans...
    "Il faut se placer en plein courant pour en prendre plein la tronche : du froid, du chaud, du laid, du beau...et assumer ...une certaine...insignifiance. Vivre. Waouw."

    Ah oui! cela me plait ça!!!

    Posté par coumarine, 11 avril 2006 à 22:13
  • J

    J comme j'aimerais écrire aussi bien, et aussi beau que ce texte. Merci

    Posté par parisgotte, 11 avril 2006 à 22:36
  • ....tu me l'enlèves du clavier, Parisgotte, pile ce que je voulais dire...

    Mais on n'est pas tous pariels et c'est tant mieux si non, où serait la différence qu'il faut cultiver et qui fait le charme...
    A +++

    Posté par Nicky49, 12 avril 2006 à 01:41
  • Moi ce que j aimerai toujours c est la joie,le jeu,et les joues de mom jules!Charlotte

    Posté par charlotte, 12 avril 2006 à 03:07
  • J'aime que tu sois debout et que tu vives, la mort attendra

    Posté par Asterie, 12 avril 2006 à 08:46
  • C'est parce que le bonheur est éphémére qu'il est précieux...et tu t'écris délicieusement cela.

    Posté par Popeline, 12 avril 2006 à 08:52
  • Tout a été dit, alors juste un petit coucou...

    Posté par Caroline, 12 avril 2006 à 10:23
  • J'aimerais... accepter d'être celle que je suis...

    Est-ce que j'entends cela aussi ?

    Quelle merveille de texte, Coumarine, je suis toujours aussi jalouse de ton abécédaire, et je t'embrasse.

    Posté par Traou, 12 avril 2006 à 18:07
  • Merci à tous pour votre passage...
    Traou, je suis très touchée, moi, par ta note de ce jour...je pensais faire un lien
    Je te maile

    Posté par coumarine, 12 avril 2006 à 18:13
  • J comme

    Je te lis tous les jours Coum.
    Même si je laisse pas de trace de moi.

    Posté par Yojik, 12 avril 2006 à 22:22
  • Merci Yojik...
    Je suis revenue chez toi, depuis que je t'ai vu à la Une...t'es vraiment sympa

    Posté par coumarine, 13 avril 2006 à 09:24

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