Cela fait mal parfois - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

15 mars 2006

Cela fait mal parfois

Il y a tous ces mots que j'ai là et qui ne sortent pas, qui m'oppressent, qui me gonflent, qui se dérobent.

Des mots qui se dérobent, sont des mots criminels...ils me tuent les salauds

Bon.

Suffirait que j'empoigne mon stylo...

Ca sort pas comme je voudrais

Alors je barre, je rature, je re-barre, je corrige, le papier souffre.

Moi aussi.

Je voudrais que mes mots soient fluides, coulent, s'écoulent en harmonie, en dehors de moi, que je puisse les contempler...et respirer librement

Mais non. Je suis en grave danger de tumeur.

Les mots se pressent dans ma gorge, résistent.

Nausée. Envie de vomir.

Prendre le clavier.

Taper avec rage, confondre les touches, deleter, encore et encore

Recommencer. Laisse moi tranquille, ne me dérange pas, essayer de nouveau

Mince c'est presque un acouchement

Cela fait mal parfois...vachement


Commentaires

    j'aime bien quand tu t'engueules avec tes mots surtout quand le résultat en est ce petit texte magnifique

    Posté par clem750, 16 mars 2006 à 08:37
  • je suis sans voix...
    je conçois, j'entrevois même ce dont tu parles.. mais je ne le connais pas.
    et à force de lire ça sur d'autres espaces d'écriture, en d'autres lieux d'accouchement tortueux, j'en arrive à me demander pourquoi.

    pour ne pas faire trop long ici, j'ai décidé d'en faire une entrée sur mon espace...d'où la présence d'un trackback...

    je dirai donc juste qu'aujourd'hui si cette impression ne m'habite pas, ça peut peut-etre s'expliquer par une bonne connaissance de moi-même, je dirais... je n'ai plus vraiment de choses à ejecter de moi, je l'ai fait, déjà, ce travail-là...
    mais même quand j'ai été en plein dedans, quand j'ai dû forcer mon petit ego à se regarder en face, et à extirper ce qui pourrissait en dedans de moi, j'écrivais déjà, et n'ai jamais eu cette sensation de... comment dis-tu ? de douleur. cela voudrait-il dire que mes écrits ne viennent pas d'assez loin? sont-ils trop tièdes? je me pose sérieusement la question...
    ou est-ce que je ne commence à écrire que quand tous mes mots se sont organisés dans ma tête... je ne sais plus, du coup...
    ma prose coule en général de façon fluide... trop ?

    pati, interrogative...

    Posté par pati, 16 mars 2006 à 09:19
  • Attends Pati...je crois qu'il y a maldonne là.
    J'ai simplement parlé, de la difficulté que j'ai parfois quand les mots ne viennent pas comme ils devraient, que mes écrits ne coulent pas comme je le voudrais...de là la "douleur" qui n'est pas existentielle, mais simplement la "douleur" de l'écrivant qui perd ses mots, dont les mots lui échappent...Heir j'ai travaillé sur un texte qui ne venait pas comme je voulais
    Je n'ai pas du tout mais pas du tout voulu parler de ce qu'on appelle l'écriture cathartique
    Zut, ça m'embête qu'on ne comprenne pas ce que je veux dire...bien sûr mes mots ici EXAG7RENT, forcent un peu, mais c'est auusi une façon d'écrire, et d'essayer d'acrire beau comme le souligne Clem (merci à toi)

    Posté par coumarine, 16 mars 2006 à 09:44
  • Meuh

    Meuh non, Pati, il va de soi que si ton texte est tout près dans ta tête avant de prendre ton crayon, il sortira de façon plus fluide. Je pense que Coum évoque la difficulté de trouver le mot adéquat, la tournure de phrase propre à exprimer ce qu'elle veut dire et que tout va de travers.

    Posté par telle, 16 mars 2006 à 09:55
  • ...

    Eh oui les mots sont des traitres qui prennent un malin plaisir à dire autre chose que ce que nous voudrions dire. Quel écrivant ne connait pas cette dérision?
    "ce qui se conçoit bien s'exprime clairement", disait Pascal qui avait un sens de l'humour certain...

    Posté par baramine, 16 mars 2006 à 10:57


  • oui, j'avais bien relu ton entrée, coumarine, et j'ai bien compris tes mots... malgré tout, c'est entré en résonnance en moi, car même ce frein-là, je le connais mal... d'où mon interrogation d'écrivaillonne débutante... serais-je par trop fainéante, à ne pas trop retravailler mes textes ? à les laisser brut de taille, tels qu'ils sont sortis de moi ?

    ton billet m'a donné envie d'écrire un 'tit truc sur ces bobos d'écrivains, quand ta plume ne veut pas fonctionner comme tu le souhaites, que ce soit dans la forme ou dans le fond.

    (coum ? t'as eu tellement de mal à écrire que ton clavier est tout en désordre, quel coquin, ce clavier de mélanger toutes ces petites touches... ;op)

    merci à vous deux en tout cas pour vos éclaircissements

    Posté par pati, 16 mars 2006 à 11:00
  • Moi j'apelle ça une cocotte minute intérieure: ce besoin viscéral d'écrire, cet élan vers la feuille de papier et...... Rien, aucune traduction possible, les mots sonnent faux, ou sont mal-dits, ou mal exprimés. Alors on rature, on change un mot, puis 2 puis trois...et on rage de pas y arriver, parce qu'écrire c'est se remettre en phase avec soi-même, et quand on y arrive pas, on est comme orphelin... Mais heureusement,même si l'angoisse monte de ne jamais y parvenir, on finit toujours par y arriver... Une autre fois.... Elle me plait cette entrée coum )

    Posté par cassymary, 16 mars 2006 à 13:24
  • Hello Cassy
    Je ressens fort ce que tu écris là
    Parfois ce besoin OPPRESSANT d'écrire, qui me prend la nuit, et les mots ne sont pas à la hauteur de ce que je veux exprimer, ils sonnent à côté de la plaque, et comme tu le dis si bien, on devient soudain orphelin, ou comme si on avortait d'un foetus mal formé...
    Pouvoir alors lâcher preise, et reprendre le lendemain ou plus tard...parfois comme des cubes qui s'emboitent, tous les mots reviennent en force, et le texte est là, accompli, sous mes yeux émerveillés

    Posté par coumarine, 16 mars 2006 à 14:38
  • Ce qui est intéressant en écriture, ce sont les lapsus ( lapsi):ces drôles d'intrus!...ces mots qui en disent long et qui sortent tout à coup d'un trou.Et on est tout content quand on a retrouvé d'où ils viennent.
    Bon accouchement!Charlotte

    Posté par Charlotte, 16 mars 2006 à 14:41
  • Et si on laissait un peu de calme à la poésie ? (ou à la prose, je ne suis pas sectaire...)
    Qu'elle ait le temps, endormie en nos circonvolutions secrètes, de s'éveiller avec la force ou la douceur qu'elle porte en elle et de poindre là, ensoleillée, où on ne l'attendait pas vraiment ?

    Posté par Vertumne, 16 mars 2006 à 15:02
  • "je suis en grave danger de tumeur"
    ....
    ????
    ai-je mal compris ? les autres commentaires n'y font pas allusion, serait-ce une "image" ?
    ????

    Posté par nuages, 16 mars 2006 à 16:38
  • Ecrase-les, les salauds......

    Posté par l'homme, 16 mars 2006 à 18:10
  • Je peux pas les écraser, l'Homme, je les aime les mots, même quand ils sont un peu salauds

    Posté par coumarine, 16 mars 2006 à 19:06
  • Nuages?
    Que veux-tu dire?
    Ben c'est une image bien sûr...

    Posté par coumarine, 16 mars 2006 à 19:08
  • j'ai déjà ressenti ça bien des fois!

    Posté par winon, 16 mars 2006 à 19:09
  • parfois je me dis, ça y est, je le tiens "l'oiseau bleu".. et au matin, il est devenu "moineau gris"... L'envie de dire, jusqu'à en avoir mal, l'impression qu'on va enfin trouver d'"autres mots", plus proches, plus vrais.. On a tant à dire.. et une fois devant le clavier ou le stylo à la main, on se sent vide, démunie... "encre
    espace captif" (MLB.. Coum')... toutes les couleurs ont disparu du feu d'artfice qu'on sentait monter en soi... Mais les mots reviennent, dès qu'on renonce, "comme des oiseaux moqueurs".. et parfois, parfois, ils se font complices;. Et là...

    Posté par Alauda, 16 mars 2006 à 21:19
  • Bonsoir Winon, bienvenue

    Alauda, j'aime beaucoup ta comparaison de l'oiseau bleu qui ne s'avère être au matin qu'un moineau gris....cela m'est arrivé bien des fois

    Posté par coumarine, 16 mars 2006 à 22:07
  • Les mots et le reste

    Coumarine, je suis là. Je ne perds pas une virgule de ce que vous écrivez. Vous êtes géniale même quand vous courez après les mots.

    Posté par Sourissette, 17 mars 2006 à 08:44

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