Histoire d'une adoption (1) - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

29 janvier 2006

Histoire d'une adoption (1)

Je commence ici pour xuan-lay, parce qu'il me l'a demandé, le récit de l'adoption de notre cinquième fille

Hier j'ai demandé à ma fille la permission d'en parler sur ce blog, elle me l'a donnée, elle me lira, et ajoutera ses commentaires

Nous avions mon mari et moi déjà 4 enfants: deux filles, puis le garçon tant attendu par mon mari, le seul qui allait perpétuer le nom, puis encore une fille née dans des circonstances vraiment difficiles et je mesure mes mots

Rien ni personne ne nous prédestinait à adopter un cinquième enfant, j'avais les bras, le coeur, et la maison déjà suffisamment remplis de rires d'enfants, de disputes, de cauchemars la nuit, de difficultés. le jour..

Mais un jour,  appel de détresse: une paroisse du centre la ville cherchait des familles d'accueil pour trois enfants dont la mère avait quitté le foyer, sous un coup de déprime, laissant les enfants au père. Ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait (le couple avait d'énormes difficultés d'entente) et l'homme pour rester avec ses enfants avait perdu son emploi.

Il paniquait donc, ne voulait pas que cela se représente et faisait appel à l'accueil en famille pour ses enfants. Deux petits garçons avaient déjà trouvé une famille d'accueil, restait la petite fille placée temporairement chez un couple sans enfant, mais qui ne voulait pas la garder car elle n'était forcément pas adoptable, et ce couple avait une grande peur de s'attacher à une enfant dont il devrait tôt ou tard se séparer

On en a parlé avec nos enfants, qui tous ont été enthousiastes à l'idée de vivre quelque temps avec un bébé de quelques mois...seul notre fils s'est mis à pleurer parce qu'il aurait préféré un garçon, il allait se sentir vraiment minoritaire dans cette famille de filles...on pouvait le comprendre...

Nous sommes allés chercher l'enfant chez le couple qui l'avait accueillie depuis une ou deux semaines je ne sias plus, et qui nous ont avoué qu'ils ont fait les GESTES qu'il fallait pour elle, mais qu'ils ont refusé de s'attacher à elle (de lui parler, de lui sourire, comme font tous les parents du monde devant leur enfant)

Il s'est avéré très vite que M. était retardée dans son développement, elle ne souriait pas, ne fixait rien...j'ai eu peur de me trouver en face d'un enfant autiste, mais non le médecin nous a rassurés, il ne s'agissait que d'un énorme retard, et pire que cela, d'un véritable retrait devant un monde trop menaçant, un monde sans affection

Comme quoi un enfant de quatre mois peut déjà "refuser" de communiiquer, parce que trop douloureux...

(à suivre)


Commentaires

    et les adoptés ?

    Ce que je trouve curieux, c'est qu'on a souvent la perception des parents adoptifs sur les adoptés, mais jamais le contraire.

    Je vous invite donc par souci d'objectivité et d'humanité vraie de les entendre eux memes à travers leurs voix et leurs livres : Dis merci, de Barbara Monestier," J'ai été volée à mes parents" de Céline Giraud, et aussi "l'adoption et sa face cachée" de Christian Demortier

    Posté par costas, 28 novembre 2007 à 19:26
  • fort émue

    bonsoir à tous,je suis la fille de coumarine.je ne vais pas trop parler de mon histoire pour le moment car coumarine va le faire ptit à ptit.je suis déjà terriblement émue par ce début d'histoire j'en ai les larmes aux yeux.et oui,mon histoire est longue et interesante.Et pour moi la plus belle histoire d'une petite fille qui n'a pas eux la chance de grandire avec sa maman biologique comme tant d'enfants le souhaiteraient.mais qui a eux une ENORME chance d'avoir grandi dans un foyer avec 4 enfants de bas âges et 2 parents extraordinaire et une patience enorme.Et pour ça maman je te dis encore MERCI

    Posté par safillecoumarine, 29 janvier 2006 à 19:29
  • Oui, tu as beaucoup de chance d'avoir trouvé une telle maman et je crois qu'elle en a de t'avoir trouvée.

    L'adoption est un sujet qui me touche beaucoup, dans la mesure où notre famille a été refusée par les services de la DDASS pour la simple raison que nous pouvions avoir des enfants naturellement et que nous avions ce projet depuis le début de notre couple. Un psychologue sans aucune humanité en a grossièrement conclu que, si nous désirions adopter depuis 10 ans, c'est parce que cette envie cachait quelque chose de "pas normal"...nous avions surement quelque chose à nous reprocher à vouloir ainsi nous "racheter".
    Ce jugement à l'emporte-pièces m'a blessée (et je pèse mes mots). Notre quatrième enfant sera donc de nous biologiquement.

    Je suis évidemment ravie qu'il n'en ait pas été ainsi pour vous, la nécessité faisant loi.

    Posté par telle, 29 janvier 2006 à 21:24
  • Merci

    Bonsoir coumarine

    Merci d’avoir accédée à ma demande. Je souhaite du fond du cœur que l’ouverture de ce livre de la mémoire, ne provoquera pas en vous l’angoisse de moments difficiles.
    Acceptez pour moi, de saluer votre fille, qui par son autorisation, nous ouvre une partie de sa vie privée et chose formidable, a même l’extrême gentillesse de nous faire part de son émotion. Ma première réaction, un rien automatique, est une comparaison avec mon histoire personnelle.
    A mon avis, votre chemin vers l’adoption est un chemin plus difficile psychologiquement, que celui qu’ont vécu Mom et daddy. Vous preniez effectivement le risque de vous attacher sentimentalement à cet enfant, à qui vous ne désiriez dans un premier temps que tendre une généreuse main d’espoir et elle pouvait également souffrir par la suite de cette séparation.
    Avec le plus grand respect que j’ai pour vous, je me permets une réaction, à la crainte au combien naturelle, que votre fille soit dans un premier temps diagnostiquée d’autiste. L’autisme est un syndrome difficile à vivre pour les personnes qui en sont atteintes et tout aussi difficile à assumer pour les familles. Mais mon expérience du syndrome, me fait dire que l’amour que vous portez certainement à votre fille aurait été aussi intense si se fut le cas.
    Respectueusement merci et certainement comme d’autres personnes, je vais attendre avec impatience le suite de cette belle histoire pour comprendre d’une façon plus objective le sentiment d’une maman face à l’adoption.

    xuan-lay

    Posté par xuan-lay, 30 janvier 2006 à 00:00
  • J'ai lu... je suis émue.
    Bises mon amie.

    Posté par Pralinette, 30 janvier 2006 à 07:35
  • Quel émouvant début d'histoire, Coum et M....
    Ce récit me conforte dans ma conviction que le bébé est, bien avant sa naissance, un petit être qui COMPREND les choses...Il ressent les états d'âme et s'adapte à sa façon...
    Seul l'AMOUR peut déplacer des montagnes!
    L'amour, ce don de soi qui ne se calcule pas, mais qui se vit!
    Bisous, Coum!

    Posté par colette, 30 janvier 2006 à 10:14
  • L'expérience de famille d'accueil:je l'ai connue aussi,pendant 6 mois avec un adolescent de 17 ans, lui-même (d'origine indienne) adopté par un couple composé d'une exreligieuse et d'un homme dépressif!
    Pour mes enfants, ce fut une expérience enrichissante.Pour moi,stressante, difficile.

    Belle ton histoire.J'attends la suite avec impatience.Charlotte.

    Posté par Charlotte, 30 janvier 2006 à 11:51
  • Dis, Coum., le petit de mot M...Oh, qu'il est beau! Cadeau!

    Posté par floraise, 30 janvier 2006 à 17:17
  • Vivement la suite...

    Posté par caroline, 30 janvier 2006 à 17:30
  • une mère adoptive peut aimer mieux qu'un mère biologique qui n'y est pas prete ou qui parfois n'en n'a pas envie ou pas les moyens psychiques. on peut comme tu le dis si bien se sentir abandonné(e), auprès de sa propre mère défaillante, de ces mères dont le coeur est un caillou, dont les mains ne sont que griffes, dont la bouche ne distribue que blessures au lieu de baisers. une mère est tout simplement celle qui peut et veut donner son amour à un enfant, le sien ou celui d'un autre. bien sûr le lien sanguin compte mais ne fait pas tout. je donnerais parfois beaucoup pour que le sang qui circule dans mes veines ne soit pas le même que celui de ma mère... beaucoup de bonheur à M. et à tous les autres

    Posté par mercidemavoirrem, 19 juillet 2007 à 18:52

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