Suivre le courant de la rivière...vers l'embouchure - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

18 janvier 2006

Suivre le courant de la rivière...vers l'embouchure

Vivre consciemment, je veux dire s'investir consciemment dans l'instant présent...pour ne pas être vécu, comme emporté dans un tourbillon, qu'on se prend en pleine face et qui coupe la respiration....

Tous ces tourbillons... du temps qu'il fait ou ne fait pas, des mille choses à faire, celles qu'il faudrait absolument faire sans retard, celles surtout à ne pas faire, à ne pas oublier de faire, qui s'accumulent par manque de temps ou d'embouteillages ou de la mauvaises humeur des autres ou de ma nervosité matinale ou vespérale. Tourbillons de toutes ces pensées parasites qui s'agitent comme des insectes contre la vitre sans trouver l'échappée vers le ciel

Être vécu, c'est suffoquer, c'est mourir à petites doses de stress, loin très loin de soi...

Donc vivre consciemment, à fond dans l'instant, que l'on soit seul ou avec les autres, sans jamais perdre le contact avec le profond de soi-même, là où, comme un foetus au placenta, je vais me nourrir à la substance même qui fait que je suis moi, de plus en plus moi, de mieux en mieux moi..

Quand je suis dans cette conscience profonde de moi, alors je suis capable de gérer (oui je sais le mot est à la mode) en pleine liberté mon temps, sans être stupidement accrochée à des activités ou des soucis qui me rongent, sans batifoler de gauche et de droite avec le sentiment de perdre mon temps et le vrai sens des choses (mais qu'est-ce que je fais ici, j'ai d'autres choses à faire, et je ne les fais pas, je me laisse à nouveau emporter par mes "drogues" inutiles qui me bouffent mon temps mais surtout moi qui finit par me mépriser...c'est plus fort que moi, et merde...et surtout je perds le contact avec moi-même, avec ce que je veux ou ne veux pas faire de ma vie. C'est ce retour aux sources que je vais régulièrment rechercher quand je pars quelques jours à Hurtebise

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Vivre consciemment donc, et pourtant...en même temps, être capable de lâcher prise...

Il faut parfois un sacré courage pour accepter de perdre le contrôle, sur les événements, ça c'est sûr, (les événements douloureux qui surviennent comme des coups de tonnerre dans un ciel bleu sont nos meilleurs professeurs dans ce domaine), mais aussi sur les autres (les enfants par ex quand ils prennent d'autres orientations que celles qu'on avait rêvées pour eux (pour nous?), mais aussi par rapport à nous-mêmes

Je veux dire ceci: parfois il me faut du courage pour accepter de me COULER dans l'instant, dans le courant de ma vie, sans me perdre (perdre le souffle) dans des combats inutiles et stériles

On a tous pu faire cette expérience: au plus fort d'une crise douloureuse (physique ET morale d'ailleurs), quand on est capable de lâcher prise de la lutte CONTRE la douleur, de se couler DEDANS, de respirer AVEC elle, sans plus opposer une résistance rigide, qui crispe le corps ou l'âme encore davantage...alors, la douleur en quelque sorte s'apprivoise, on ressent profondément qu'elle fait partie de nous, qu'il ne sert à rien de la nier (comme on fermerait la lumière dans la chambre d'un malade en s'imaginant qu'il ne souffre plus puisque qu'on ne le voit plus souffrir)

La douleur perd alors son aspect mauvais, aliénant, dans lequel je me perds moi-même

Je me souviens avoir essayé de vivre cela (sans y parvenir à chaque instant) au moment des contractions de mes accouchements (pas de péridurale!). Cela faisait une sacrée différence, comme si le fait de me rassembler dans la douleur me permettait de rester "entière", comme souple, en fait VIVANTE

Je tente aujourd'hui de vivre cette façon d'être par rapport à mes douleurs de l'âme, anciennes et présentes.

Il me semble parfois que toutes les réponses que l'on cherche parfois si désespérément en dehors de soi dans la religion par ex, et même parfois dans des relations où l'autre prend possession de votre âme, vous domine, ne sont que des réponses qui rassurent à bon compte, mais elles sonten quelque sorte pathétiques dans leur raccourci ridicule de l'humain vaste comme le monde et dont en définitive je ne suis qu'une petite historiette dans un petit livre vite ouvert, vite refermé

NB Ces réflexions me sont venues à la lecture des intéressantes réflexions faites par Alainx ...accrochez-vous! pas facile ni à lire, ni à comprendre (je me suis laissée couler dans son texte pour le saisir, sans me crisper sur les termes ou les tournures de phrases...héhé)


Commentaires

    C'est beau ce que tu écris là.
    Lacher-prise... je n'y arrive pas.. toujours sous contrôle.

    Dès fois c'est mon corps qui parle pour ma tête.
    La semaine dernière j'ai été malade comme celà faisait longtemps que je n'avais pas été.
    Beaucoup de travail. Mon mari m'a dit "tu ne tiendras pas". Je lui ai dit "Mais si je vais tenir".
    Quatre jours plus tard, mon corps m'a obligé à rester au lit, fiévreuse, la gorge douloureuse.

    Et là du coup j'ai lâché prise je me suis laissée faire et sans culpabilité ni remords j'ai prévenu mes patrons que j'étais malade et que je n'irais pas travailler.

    Posté par Annick, 01 juillet 2008 à 21:18
  • ..... jolie , tès jolie reflexion.....

    Posté par zack braff, 18 janvier 2006 à 12:55
  • J'ai lu Alainx et je t'ai lu: je réfléchis beaucoup depuis!Charlotte

    Posté par Charlotte, 18 janvier 2006 à 17:26
  • Ton texte correspond à une réflexion que je me faisais ce soir...

    Et les derniers textes d'Alainx portent en effet à une certaine méditation.

    Posté par Idéaliste, 18 janvier 2006 à 23:25

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