Donne-moi ton visage... - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

14 décembre 2005

Donne-moi ton visage...

Une femme Madame Tout le Monde...

Cette femme souffre sans doute très fort, car elle a décidé d'en finir...Elle a pris une solide dose de somnifères. Elle est là, dans sa maison, couchée, inconsciente, elle ne bouge pas, elle part dans son sommeil sans réveil.

Dans la maison, il y a un chien, son chien, qui s'inquiète. Sa maîtresse ne bouge plus, il a beau aboyer, non décidément elle ne bouge pas. Le chien pressent que quelque chose ne tourne pas rond. Le chien ne s'embarrasse pas de manières, je suppose que c'est un chien grand et fort...

Le chien "l'engueule" au visage, la secoue de tous côtés, à droite, à gauche, en haut en bas

Le chien lui arrache le nez, les lèvres, la bouche, les mâchoires, la peau des joues...

Le chien est content et rassuré, sa maîtresse s'est réveillée, en hurlant, du sang partout, mon dieu que s'est-il passé, elle a mal, sa figure plaie entière, ensanglantée

Et elle défigurée à jamais...c'est simple, elle n'a plus de visage et donc plus de vie sociale possible, sinon enfouie dans un foulard.

Alors, les médecins que rien n'arrête, ont décidé de lui refaire un nouveau visage, louable entreprise, pour cette femme en souffrance

Sauf que ce n'est pas SON visage qu'ils commencent à reconstruire...non, il est trop abîmé celui-là, trop en lambeaux. On va tenter une première mondiale: lui greffer le visage d'une femme décédée, son nez, ses lèvres, sa peau, tout un morceau de visage copié-collé sur la future greffée

Cette histoire me laisse songeuse: pourrais-je vivre avec le visage de quelqu'un d'autre...pourrais-je encore être MOI? ou devrais-je m'aligner sur la vie, le caractère d'une femme dont j'aurais pris les traits?

Recevoir un organe greffé, ce n'est déjà pas si facile, mais alors un visage? Ce sont les traits de visage et le nom que l'on a qui font notre identité profonde...

Et puis le mal-être qui avait conduit cette femme au suicide, va-t-il être résorbé avec cette posssibilité de vivre par traits différents interposés?

mivisagefemme1


Commentaires

    Voilà en effet une opération chirurgicale qui pose bien des questions en ouvrant des sujets de réflexion essentiels pour nous humains, un vaste champ de pensées.

    Posté par Olivier, 14 décembre 2005 à 14:54
  • ...

    Je pense que ça valait la peine de tenter l'expérience. En espérant qu'elle aura une aide psychologique efficace pour surmonter les épreuves à venir.
    Elle n'avait rien à perdre. Elle était défigurée. Une partie de visage d'une autre était disponible. Pourquoi pas ?
    Ce qui est plus gênant, c'est la médiatisation extrême de ce fait, la mercantilisation, la médecine-spectacle.

    Prochaine étape : la greffe de cerveau. Dans cent ans ? Non pas me greffer un nouveau cerveau (puisque toute la personnalité, les souvenirs... sont dans le cerveau, n'en déplaise aux tenants des chakras et des "énergies" dans le foie ou la rate), non, implanter mon cerveau dans un nouveau corps tout neuf, et hop, c'est reparti pour 60 ans de rab !

    Posté par nuages, 14 décembre 2005 à 16:07
  • L'instinct, coumarine, l'instinct de survie est plus fort que tout. C'est lui qui fait accepter ce que nous, dans l'absence de cette souffrance d'être défiguré, nous ne connaissons pas. Se battre au-delà de notre apparence. Tu sais, de toute façon, elle aura des traces de cette chirurgie.
    Un ami a été brûlé grièvement à 18 ans. Son nez, sa bouche et ses oreilles avaient fondu. Je ne l'ai connu qu'après, mais j'ai vu ses photos d'avant. Effectivement, il était autre. Lui même a refusé qu'ils le reconstruisent comme avant. Son accident l'avait transformé aussi dans son regard sur lui. Et son nouveau visage (non, il n'est pas défiguré, judste différent) est celui de sa nouvelle vie.

    Posté par Mouette, 14 décembre 2005 à 17:28
  • c'est vrai que cette histoire laisse songeur. En tous cas elle renforce mon aversion envers les chiens.

    Posté par phil, 14 décembre 2005 à 18:25
  • Etre ou ne pas être?

    J'étais un personnage
    Sans maquillage,
    Sans trucages.
    J'avais une image...

    Un soir d'orage,
    Ce fut le naufrage.
    Un chien sauvage
    Me dévora le visage,
    Me laissant pour bagage
    Un visage en otage.

    Quel saccage!
    Adieu visage paysage,
    Adieu visage langage!
    Devrai-je vivre en cage
    Sans partage?

    Donne-moi ton visage,
    Moi qui n'ai plus d'âge!
    Donne-moi le courage,
    Gomme ma rage!

    Je serai un personnage
    Avec fignolage,
    Avec collage.
    Mais,EN MOI, j'aurai mon image...

    Posté par colette, 14 décembre 2005 à 18:37
  • Et quid de ceux qui se font ravaler la façade marquée par les années et qui ne se ressemblent plus mais paraissent plus jeunes.Cà, c'est un truc de riche.
    Je m'incline devant l' exploit chirurgical dont on parle actuellement.Il répare.
    D'autre part,j'ai connu à Kigali une femme noire sans nez, des enfants sans main,etc.Leur famille les envoyait s'exhiber sur la place publique pour mendier l'argent des blancs.Ils étaient battus s'ils rechignaient.Cà , c'est un truc de pauvre.
    C'était horrible à voir et mettait très mal à l'aise.
    Charlotte.

    Posté par Charlotte, 14 décembre 2005 à 21:31
  • Je ne mets pas en cause la chirurgie esthétique qui répare, qui aide à mieux vivre...comprenez-moi bien
    Je me pose simplement la question de savoir comment c'est de vivre avec le visage qe quelqu'un d'autre...
    Le visage n'est-il pas la marque absolue de la personnalité de quelqu'un?
    Rester moi tout en recevant l'apparence d'un autre...
    Celui dont on avait greffé une main, a demandé qu'on la lui retire (l'opération avait pourtant parfaitement réussi) Il ne supportait pas d'avoir deux mains différentes, il avait l'impression que cette main avait une vie autonome, la vie du receveur...

    Posté par coumarine, 14 décembre 2005 à 21:43
  • C'est étrange mais je crois que j'adorerai ça...
    Avoir un bout d'un autre, devoir en être digne... Et puis moi qui n'ai jamais vraiment reconnu mes traits dans un miroir, peut-être enfin ?...
    En tous cas ça ne me choque pas.
    La main peut-être plus, parce que c'est vraiment un organe entier, l'interieur comme l'extérieur, c'est peut-être plus perturbant... Quoique.

    Posté par Céline, 14 décembre 2005 à 22:09
  • Pouvoir se cacher derrière ce masque finalement...

    Posté par Céline, 14 décembre 2005 à 22:10
  • Céline, tu écris:
    "C'est étrange mais je crois que j'adorerai ça...
    Avoir un bout d'un autre, devoir en être digne... Et puis moi qui n'ai jamais vraiment reconnu mes traits dans un miroir, peut-être enfin "

    Pourrais tu steplé expliquer davantage, Céline? Cela m'intéresse beaucoup, tu sais

    Posté par coumarine, 14 décembre 2005 à 22:23
  • je crois que l'adaptation serait très difficile en effet c'est vraiment particulier unique singulier le visage... je ne connaissais pas les circonstances de l'accident... sur la tentative de suicide... j'en suis toute chamboulée... cela, puis le chien, puis la vie, quand même, un autre visage... comment va-t-elle retrouver un chemin... compliqué...

    Posté par malisan, 15 décembre 2005 à 02:35
  • Je ne connaissais pas le détail de cete histoire...
    Effectivement, avoir un autre visage, alors que c'est ce qui nous permet d'être identifié par les autres, ça laisse songeur. J'imagine, si je voyais quelqu'un ainsi transformé, qu'il me faudrait un certain temps pour faire coïncider sa personnalité inchangée et ce visage inconnu.

    Bon... heureusement qu'il reste internet pour communiquer sans visage ;o)

    Posté par Idéaliste, 15 décembre 2005 à 08:34
  • Oui c'est ça, l'Idéaliste, tu mets le doigts sur ce qui sera difficile pour les proches de cette personne: faire coïncider sa personnalité que l'on connait et qui (normalement reste inchangée) avec ce visaage inconnu...
    Pas simple...

    Posté par coumarine, 15 décembre 2005 à 09:04
  • Cette femme était dévisagée au sens propre du terme, 38 ans, obligée de vivre avec un masque en permanence et je ne parle pas du reste, de l'impossibilité entre autre de s'alimenter sans voir une partie des aliments s'échapper entre ses dents parce que plus retenus par ses lèvres absentes. Qu'est ce qui est le plus difficile ? vivre sans visage ou vivre avec une partie du visage d'un autre ? Dans les deux cas de toute façon le suivi psychologique s'impose. Rien n'est gagné dans cette histoire ni l'acceptation par la tête, ni l'acception par le corps de ce greffon.
    Pour ce qui me concerne, je suis admirative (le mot est faible) de cette prouesse chirurgicale et je suis aussi persuadée que cette femme sera plus entourée que jamais, en tout cas par tous ceux qui ont voulu lui donner une nouvelle chance.
    En revanche, je crains énormément la médiatisation et l'acharnement souvent déplacé des médias à son encontre. Je crains tout particulièrement le jour où elle sortira du milieu hospitalier qui est un cocon pour le moment. J'espère qu'elle y aura été bien préparée.

    Posté par mirae, 15 décembre 2005 à 10:16
  • Ce qui est singulier, c'est que la partie basse du visage greffé vient d'une doneuse qui s'est suicidée....
    (si on en croit la presse et le fait que les chirurgiens n'ont pas démenti...).

    Personnellement j'admire l'exploit chirurgical et les audaces réparatrices tentées.

    Cela me rappelle les premières transplatations cardiaques, c'étaient les même débats... comment peut-on vivre avec le coeur d'un autre, sans avoir des troubles psy insurmontables... Comment des médecins ont-il osé !!
    et si l'âme était dans le coeur !!
    Aujourd'hui c'est d'une grande banalité...

    En fait il y a un moyen de résoudre la question... se flinguer... plus de problèmes existentiels...

    Quant aux chiens !
    Suis bien content de pas en avoir... !

    Posté par Alainx, 15 décembre 2005 à 10:58
  • Au fait ! Coumarine,
    Pourquoi preter au chien ce genre de sentiments et pas d'autres ??
    Genre : ce chien qui sa maitresse maltraitait sans cesse à cause de sa dépression et ses pensées suicidaires, la croyant morte, s'est dit, je vais la bouffer cette bonne femme qui m'en a fait voir de toutes les couleurs !

    Je dis ça par provoc, évidemment, car le chien n'a pas de pensées élaborées, c'est un animal qui doit se vivre dans un rapport dominant/dominé. Là il devenait le dominant et s'est sans doute "servi son repas". Peut etre qu'il était sans manger depuis un bon moment ?

    Posté par Alainx, 15 décembre 2005 à 11:03
  • Au fait, Alain!
    La façon dont je parle du chien, est uniquement une façon "littéraire" de parler de lui.
    J'aurais pu choisir de me placer du point de vue d'un chien qui n'a plus rien bouffé depuis un certain temps
    J'ai eu un grand chien (un golden retriever) et il est EVIDENT qu'un chien doit garder sa place de chien, ne jamais lui permettre de devenir le "chef de meute"
    On a trop tendance actuellement à traiter le chien comme un autre enfant...il ne faut pas s'étonner alors qu'il prenne les rennes et en vienne à mordre cruellement ses maîtres ou (c'est encore plus atroce ) les enfants

    Posté par coumarine, 15 décembre 2005 à 13:07
  • Mirae...le mot dé-visagé prend en effet ici son sens le plus littéral...j'aime bcp réfl&chir au sesn des mots
    Pour cela que j'ai utilisé le meot: engueuler en parlant du chien
    Quant à la médiatisation, elle est normale en ces temps ou les médias sont devenus omnipuissants

    Posté par coumarine, 15 décembre 2005 à 13:10
  • Je ne connaissais pas non plus les circonstances de "l'accident". C'est incroyable ce chemin de vie... Est-ce qu'elle va avoir envie de se battre pour vivre ainsi, elle qui voulait mourir ?...

    Posté par Traou, 15 décembre 2005 à 20:01
  • pour ma part je pense que de toutes façon avant de lui faire cette greffe les médecins ont dù en parler avec elle, et si elle a accepté c'est qu'elle savait que c'était l'unique chose à faire pour ne plus vivre avec son masque. De plus la greffe concerne la partie inférieure du visage, je pense que si le sourire est important dans un visage, ne dit on pas que les yeux sont le miroir de l'âme ? ALors je pense que c'est à travers son regard qu'elle saura exprimer sa personnalité. Il est certain qu'un bon soutient psychologique lui sera indispensable, et sans doute en avait elle besoin bien avant cette chirurgie. je lui souhaite de tout mon coeur des jours bien meilleurs.

    Posté par Gourmande, 16 décembre 2005 à 01:01
  • Les médecins en ont parlé avec elle Gourmande, et même plus que cela, un protocole écrit très élaboré a été signée, c'est même une obligation légale, et les chirurgiens n'ont pu opérer qu'avec certains accords des autorités.

    Posté par Alainx, 16 décembre 2005 à 12:58
  • Merci pour l'info Alain, je m'en doutais bien. Ne vivant pas en France je n'ai pas eu l'occasion de suivre les nouvelles à la télé, mais j'en ai tout de même eu des échos.
    Les "première" font toujours beaucoup de bruit, et puis c'est comme tout, ça devient "banal" avec le temps.

    Posté par Gourmande, 16 décembre 2005 à 14:06
  • Je reviens à ce que MOI j'ai voulu partager ici
    Non pas de la préparatiion de cette opération côté patient( psychologique, éthique, médicale...)
    Non pas de son caractère extraordinaire ou de sa future banalité...
    Je voulais simplement réfléchir pour moi-même sur ce qui fait qu'une personne se sent dans sa peau de personne singulière et unique, en m'interrogeant sur comment je réagirais MOI si les circonstances m'avaient conduite à devoir "recevoir" les traits de qqun d'autre

    Posté par coumarine, 16 décembre 2005 à 16:25
  • Je ne savais pas qu'une tentative de suicide avait fait office de prélude à cette opération. Ca en change effectivement l'enjeu.

    Dans d'autres circonstances, plus accidentelles ou de maladie, je ne sais pas si les implications (en cas bien sûr d'opération parfaitement réussie et sans trop de séquelles), seraient si lourdes qu'on le dit, sauf pour quelqu'un dont le visage est important par métier (un acteur par exemple). Je ne pense pratiquement jamais à la tête que j'ai, je regarde les autres. Bien sûr en cas d'opération on peut supposer que les proches auront besoin d'un temps d'adaptation, mais ensuite.
    L'apparence est-elle donc si importante que ça ?
    Je me reconnais davantage dans ce que j'écris (encore que, parfois on se surprend), les photos que je prends, les échanges que j'ai avec les autres, que dans le reflet que je croise dans le miroir et que je n'ai pas choisi, pas plus que mon sexe, ma taille ou ma couleur de peau (le poids on peu effectivement y être pour quelque chose).

    Posté par gilda, 16 décembre 2005 à 19:26
  • tu as raison Coumarine, tu parlais de ce que tu ressentirais TOI, alors je pense que c'est un bon sujet de réflexion pour tout le monde. Il serait peut-être intéressant que chacun de nous viennent dire ce qu'il pense, comment il vivrait cela. Nous sommes tous différents et ce qui est important pour un ne l'est pas pour l'autre. Je vais moi aussi me poser la question et essayer d'y répondre, mais ce n'est peu être que le vécu qui nous donnerait la vrai réponse.

    Posté par gourmande, 18 décembre 2005 à 01:17
  • L'absence de regard tue

    Cette histoire de visage reconstitué est une tentative de sortir d'un cauchemar personnel dont on ne connaît pas les effets futurs. Lors d'une hospitalisation paternelle dans le service du Dr Dubernard, nous avons croisé sur le palier des fumeurs l'un des hommes qui a eu les bras d'un autre greffés et qui tirait tranquillement sur sa clope en nous reparlant de sa drôle d'aventure...Sa gratitude envers la médecine semble illimitée malgré les souffrances endurées et les traitements contraignants subis. Le jour de cette rencontre, j'ai compris qu 'il y avait eu avant tout une aventure humaine bien plus qu'un exploit scientifique.Il n'y avait plus que cela qui semblait compter pour cet homme : il avait été sauvé moralement et physiquement ( il avait eu les deux bras dilacérés suite à un accident, il était artificier) grâce à l'implication d'autres êtres humains. Mais il se peut que tous les greffés ne réagissent pas de façon aussi positive. Pour cette femme , le contexte est très différent et il s'agit d'une double reconstruction, à la fois physique et psychologique, deux combats menés de front. Il faut savoir que notre propre visage est celui que nous voyons le moins ( en proportion de temps) pendant notre vie par rapport aux autres, et que nous devons déjà l'accepter tel qu'il est ( comme le reste du corps) . Nous voyons notre propre apparence dans le regard de l'autre qui le valorise ou s'en détourne. Le problème des grands défigurés apparenté à celui des handicapés est souvent celui du regard qui ne veut pas voir et qui se détourne. Alors comment s'accepter soi, si l'on est pas regardé en tant qu'humain par l'entourage ? Il m'est arrrivé dans mon travail de soigner des gens très difformes et très enlaidis par la maladie, c'est auprès d'eux que j'ai véritablement senti et éprouvé dans la chair et le ressenti mental, la plus grande part d'humanité . Celle-ci est en chacun de nous et il faut parfois aller la débusquer très loin au risque certain d'une souffrance qui n'est pas forcément et en permanence désespérée. Et s'il y a échec à la guérison ou à la rémission des souffrances , ce n'est jamais seulement une fatalité . L'environnement compte beaucoup et je suis persuadée que l'absence de regard tue...

    Posté par Marie.Pool, 19 décembre 2005 à 15:38
  • bravo

    moi qui ai une grande admiration à tout ce qui touche à la médecine, je suis restés sans voix quant à cette greffe du visage je ne peux que dire bravo à toute l'équipe qui a participé à cette intervention

    Posté par lili, 31 mars 2007 à 16:18

Poster un commentaire