Le porte bonheur - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

09 décembre 2005

Le porte bonheur

Il y a des gens qui s'égarent dans des chemins de traverse...ils viennent dans les chemins de Coumarine. Ils viennent y chercher ce qu'ils n'y trouveront pas: du sexe, du cul (wouaw monsieur google va encore m'amener du monde en plus!)

Ils tapent: bas nylon (par ex) et arrivent chez moi, parce qu'un jour dans un petit texte comme ça, tout simple, tout innocent, j'avais écrit ce mot

Il y a deux mois environ, pour faire plaisir à ces lecteurs inattendus, et pour qu'ils ne repartent pas déçus d'être ainsi venus chez moi, je leur avais "offert" un conte "Le morceau de ciel" afin qu'ils puissent l'imprimer et le lire à leurs enfants le soir au coucher...ben oui, je trouvais que c'était très gentil

Aujourd'hui, j'ai décidé de leur offrir un petit texte érotique, un texte qui a été publié dans une petite (toute petite) anthologie de textes érotiques ... Et voilà, ils n'auront pas des images de cul, mais ils auront le plaisir (!) de savourer un moment littéraire, yèèèèèèèèèèè

Le porte bonheur

Il la voulait bien lisse et amidonnée, corsetée d’interdits, comme sa mère. Elle a consenti à tout pour lui plaire.

Il la voulait en chemisier blanc, jupe bleue plissée de vertu, pensionnaire rescapée de l’Institut de la Sagesse. Elle passait beaucoup de temps à lui narrer les épisodes de sa jeunesse très studieuse.

Il la voulait vernie de politesse, maquillée de bonnes manières, jambes docilement serrées pour ne permettre à personne de soupçonner ses trésors féminins, bras croisés pour la même raison. Elle faisait chaque matin sa gymnastique bien-pensante pour raffermir les muscles destinés à préserver sa vertu.

Mais un jour, elle s’est baissée innocemment pour ramasser un gentil trèfle à quatre feuilles. Geste anodin ? Non ! Geste explosif ! Car les yeux sidérés de «il » ont vu deux rondeurs blanches et nues qui s’offraient soudain sans défense, en narguant son désir d’homme. Et son désir a enflammé son sexe en ivresse. Sa tendre et sage amie s’est allongée sur l’herbe striée de fulgurances. Et dans le jardin de sa mère, des gémissements d’extase ont suspendu pendant de longs moments le vent dans les feuilles, le vol dansant des papillons.

C’était la première fois que le jardin criait ainsi…


Commentaires

  • Oh oh

    Ils repartiront un peu moins sur leur faim, les paumés du petit google.

    Merci pour eux !

    Car nous, hein, on ne vient pas par hasard, hein ?

    Posté par telle, 09 décembre 2005 à 22:41
  • Autant dire que je ne m'attendais pas du tout à ca ce soir que je suis comme qui dirait sous le choc.

    Posté par zacki, 09 décembre 2005 à 22:43
  • Bon d'accord Zacki..elle va remettre ses bigoudis, et toi tu vas te remettre de ton choc.
    Oups, je voudrais pas que tu sois comme qui dirait victime d'une crise cardiaque, hein )


    Telle...héhé

    Posté par coumarine, 09 décembre 2005 à 23:56
  • Voilà qui renforce ma conviction que dans ce domaine, les mots sont tellement plus jolis que les seules images!

    Posté par Sabine, 10 décembre 2005 à 14:58
  • et si on écrit "pipi caca boudin prout prout"... qu'est-ce que ça va nous amener comme lecteurs grâce à Monsieur Gouguêul ?

    Posté par nuages, 10 décembre 2005 à 18:35
  • Les chemins de Coumarine mèneraient-ils à toutes les jouissances? Orgasme intellectuel,volupté des sens?...
    Ah, si Pagnol pouvait encore écrire, il emprunterait ton texte érotique pour pimenter son nouveau roman "Les jardins secrets de Coumarine"...Sûr!
    Ta petite élève te dit que son prof a bien du talent!

    Posté par colette, 10 décembre 2005 à 19:06
  • Sens Beurre ni Cor Ni chons

    On nous prend pour des demeurées et des qui n'ont pas trouvé le Graal . On nous neutralise nos orgasmes à coup de clichés nauséeux , mais on ne nous la fait pas ici la danse des canards qui frétillent du groin... On poétise le truc façon : " oh non- non- non ! vieux tire-bouchon... tu n'auras pas ma rose,au parfum des coeurs bleus de tout temps elle se repose "...

    Bravo Coumarine. Coucou à ce cher Zacki le gentil séquoïa...qui rougit ? Diantre les gourgandines ont vraiment de coquines chansons !

    Posté par Marie.Pool, 10 décembre 2005 à 20:35
  • Un gros clin d'oeil à toi Marie.Pool (tu me fais bien rire...)

    Chuuuuuuuuuut Jean avec tes Pipi-caca-boudin-prout, je devrai encore écrire des contes pour endormir les enfants des chercheurs de cul

    Posté par coumarine, 11 décembre 2005 à 09:47
  • Sabine, les mots...mais aussi les images, les sons, les odeurs, tout ce qui touche aux sens est porteur de vie, d'émerveillement
    Disons que je suis moi, très sensible aux mots...

    Posté par coumarine, 11 décembre 2005 à 09:49
  • Elève Colette, tu sais tout le bien que je pense de toi!!!!
    (bisous)

    Posté par coumarine, 11 décembre 2005 à 09:49
  • C'est tout à fait délicieux......

    Posté par Traou, 11 décembre 2005 à 16:18
  • Eh bien je trouve ça...

    Joli et frais comme tout... Fantasmes érotiques? Oserais-je dire, teintés de délicatesse féminine???

    Posté par Pivoine Blanche, 11 décembre 2005 à 19:11
  • il est bien joli et évocateur, ce petit texte

    Posté par phil, 11 décembre 2005 à 20:57

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