C'est quoi ton nom? - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

27 octobre 2005

C'est quoi ton nom?

Mais qui c'est? Je le connais mais je sais plus où je l'ai vu? C'est pas la personne que j'ai rencontrée la semaine dernière au théâtre? ou alors à la librairie? Mais non, je crois que c'est au restaurant, ou alors elle participait au dernier séminaire...?

Si la personne s'appoche de moi pour me saluer comme une vraie connaissance, je m'affole un peu, faut que je donne le change, que je fasse semblant de ne pas être en recherche éperdue de son nom. C'est un peu la panique, faut que je m'en sorte honorablement sans que il ou elle ne rende compte que je ne sais plus qui il ou elle est...

Comme si la personne s'était réduite à un petit souvenir dans ma tête, c'est tout...

Si subitement, e retrouve son nom, le reste s'enclenche aussitôt: je la vois dans son environnement, je me vois lui parler, j'entends notre conversation, en bref, je retombe sur mes pattes ...OUF je sais qui c'est, je dirai les bonnes paroles, je ferai les bons gestes, je peux poser les questions idiotes et passe partout: "mais qu'est-ce que tu deviens?"

Ne pas avoir de nom, être réduit à un numéro tatoué sur la cuisse ou l'avant-bras, c'est ne pas exister, ou exister comme un homme ou une femme sans valeur, qu'on méprise

Il   y a des gens, qui ne me "nomment" jamais, qui s'arrangent pour ne jamais prononcer mon prénom, ni dans les mails, ni au téléphone...je suis simpelment "TU"

Mais le TU c'est   moi peut-être, mais ça peut être tout le monde

Ou n'importe qui...

Je n'aime pas du tout quand on me nomme pas

Et je n'aime pas quand on ne signe pas de son prénom, d'ailleurs la personne qui fait cela en général est soit très pressée, soit irritée contre moi et c'est sa façon de prendre ses distances


Commentaires

    quel pouvoir

    Eh oui! Quel pouvoir il a , le nom!
    Je le tais...il creuse un peu plus le fossé. Je le prononce...il renforce le lien. Je l'ai oublié? Ca me torture...

    Posté par floraise, 27 octobre 2005 à 17:10
  • En l'occurrence, mon nom est celui d'un "revenant", qui vient te dire un grand bonsoir, Coum !

    Posté par Vertumne, 27 octobre 2005 à 21:20
  • Bonsoir Floraise...et bienvenue...

    Vertumne...heureuse du grand bonsooir que tu viens me donner ce soir.. j'espère que tout va bien pour toi

    Posté par coumarine, 27 octobre 2005 à 22:21
  • Mais oui !

    Chère Coumarine,
    Mais oui, je viens régulièrement visiter ton blog, mais tes textes ne m'inspirent pas toujours de réflexions et de commentaires.
    Mais non, je ne suis pas fâché, pourquoi le serais-je ?
    Et oui, dans ton dernier commentaire sur mes posts "Fuir" 1 et 2, tu as raison, sur les causes de la peur et de la fuite... et ces causes, ces raisons, j'en suis parfaitement conscient, je les connais très bien, trop bien, mais ça ne suffit pas de savoir... il faut aussi affronter ces peurs, plus facile à dire qu'à faire, surtout dans "le feu de l'action", surtout quand le moment se produit par surprise...
    A bientôt
    Jean (nuages)

    Posté par nuages, 27 octobre 2005 à 23:18
  • J'ai croisé récemment dans la rue un homme qui dans son métier a de la notoriété car il l'honore avec talent. Nous nous étions déjà vus à plusieurs reprise, moi anomyne et amie d'amis ou de connaissance professionnelles.

    J'étais contente de le voir et amusée de la coïncidence, sans réfléchir je l'ai salué d'un bonjour en souriant et sans attendre davantage de sa part, ai poursuivi mon chemin. Il m'a répondu puis a fait demi-tour, est revenu vers moi, en me disant en substance je sais qu'on se connaît mais je ne sais plus d'où.

    Ce jour-là j'étais sapée avec de vieilles fringues pourraves, je faisais bricolage, ménage et rangements et travail de dans ma cuisine et n'étais sortie en l'état que pour chercher un livre bien précis dans une librairie italienne. Il avait donc bien du mérite.

    Que dans le doute dont tu parles ("mais qui c'est ?") il ait fait cet effort de revenir vers moi, m'a infiniment touchée. Peut-être plus d'ailleurs que s'il m'avait "remise" instantanément en me reliant à l'une de nos connaissances communes.

    Posté par gilda, 31 octobre 2005 à 00:50
  • Quand j'étais plus jeune.. j'avais l'impression de connaitre telle ou telle personne (et je me disais et si c'est un client ?)... alors je leur disais bonjour... et ainsi j'ai dit bonjour à un homme que je croisais à la cafétéria du quartier... mais ce n'était pas un client... et celà a durée des années... c'était juste "bonjour" et un sourire... et je ne me souviens toujours pas où j'ai pu le voir la première fois...

    Bonjour "sans nom" parce que son nom je ne l'ai jamais connu..

    Posté par Annick, 12 juin 2008 à 13:15

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