Allez, on disait que c'était NOTRE place... - Coumarine, Petites paroles inutiles

Coumarine, Petites paroles inutiles

Inutiles peut-être...mais oh! combien nécessaires. Une femme parle du quotidien de sa vie, de ses humeurs, de ses souvenirs, de sa passion pour l'écriture, pour les livres. Elle réfléchit sur l'actualité, rit de ses travers, rêve dans la poésie.

27 mai 2005

Allez, on disait que c'était NOTRE place...

Ma rue est un chantier depuis 6 mois déjà. Cela commence à faire long. Elle ressemble à une "rue" en Afrique...de la terre, des ornières, de la poussière qui vole partout les jours de soleil, de la boue dans laquelle on patauge et s'enfonce les jours de pluie... bottes alors obligatoires

On y circule difficilement en voiture, pas possible d'ailleurs durant les heures de travail, place aux tracteurs, bulldoozer, gros camions, et tout et tout

Le soir, timidement et à du 3 à l'heure, je grimpe la petite côte, j'essaie d'éviter les ornières, paf, je racle le sol, je continue et je vais me garer sur un bout de ma pelouse...quand j'ai fait les grosses courses, faut comprendre que je n'aime pas me garer trop loin...

Ce matin, comme depuis trois mois à la fréquence de tous les quinze jours, arrive chez moi pour un atelier que j'anime, une personne en fauteuil roulant, conduite par un voisin complaisant...

Je vous assure, elle doit le VOULOIR pour arriver jusque chez moi...dix fois le fauteuil risque de "verser" à droite ou à gauche, dix fois le fauteuil se trouve confronté à un gros caillou puis un autre et un autre qui le malmène et lui rend la vie impossible

Ce soir, devant NOTRE garage, les ouvriers -oh! miracle- ont aménagé un tout tout petit espace sur lequel il est possible de garer une voiture. je vois ça, j'ai envie de chanter des cantiques, tellement je suis contente

Quand soudain, horreur et désespoir, la voisine profite de cet espace-miracle pour garer SA voiture devant MON garage

Je me suis vu éprouver des sentiments primitifs de possession: C'EST MA PLACE!!! Bouge-toi de là!

avec des sentiments tout aussi primitifs de colère: merdalor!!! quel toupet!!!

Il m'a fallu trois minutes pour me calmer, me dire que c'était pas grave, qu'elle a de jeunes enfants,que ce n'est facile pour personne, qu'il vaut mieux faire preuve de patience et relativiser...

La voiture se trouve toujours là...pas grave: c'est NOTRE place

Bon WE petite voisine...


Commentaires

    Dès fois des petits riens peuvent nous mettre hors de nous-mêmes..

    des touts petits riens mais qui à ces moments là sont de grands quelque chose.

    Posté par Annick, 22 mai 2008 à 17:47

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